‹ De la lithotripsieChapitre 14 sur 43 · CONSIDÉRÉ SPÉCIALEMENT SOUS LE RAPPORT · texte numérisé non relu

CONSIDÉRÉ SPÉCIALEMENT SOUS LE RAPPORT

DE

I/OPÉRATSON BU BIOIŒEMT.

Lorsque l’on pratique le cathétérisme dans le but de donner issue à l’urine , et que l’iirètre n’est pas rétréci , la forme et la courbure de la sonde sont d’une médiocre importance , car toutes pénètrent , depuis la droite jusqu’à celle en S romaine. Entre ces deux extrêmes chaque praticien adopte une forme qui lui devient familière; mais s’il s’agit de reconnaître la présence d’une pierre dans la vessie , la courbure de la sonde n’est plus chose indifférente : lorsqu’elle est très-prononcée , lesmouvemens de l’instrument dans la vessie sont bornés, on ne peut en incliner le bec à droite et à gauche, à plus forte raison l’on ne peut le porter dans le bas fond , et la pierre n’est touchée que par la convexité de la courbure, c’est-à-dire par une portion de la sonde qui ne permet pas d’apprécier le volume et la forme du calcul; si la vessie est profonde, et c’est ordinairement ce quia lieu par suite de la tuméfaction de la prostate qui très-souvent accompagne la pierre, si le bas fond est fortement déprimé , si le calcul est placé dans l’une des parties latérales de cet organe , il y a des chances pour qu’il ne soit pas senti, car une sonde à grande courbure ne peut atteindre dans ces divers points de la vessie ; il faut donc pour pratiquer convenablement le cathétérisme exploratif que la courbure de l’algalie soit courte et brusque. Tolet avait vu et démontré par l’expérience de quel avantage est une sonde à courte courbure pour explorer la vessie ; mais il en fut de ce sage précepte comme de beaucoup d’autres choses utiles qui tombent si complètement dans l’oubli , qu’il leur faut être inventées de nouveau pour revoir le jour.

Desault enseignait que les sondes ordinaires suffisent pour explorer la vessie : « les vraies praticiens, lisons-nous dans Bichat, n’emploient que des algalies ordinaires et jamais ils ne se méprennent sur le contact

Je la pierre. » Nous avons vu en effet la plupart des chirurgiens sortis de l’ccole de Desault se servir pour la recherche de la pierre des sondes fortement courbées avec lesquelles on pratique le cathétérisme e'vacuatif : mais c’était là une fausse application des paroles du maître, car les sondes dont il faisait usage étaient presque droites et ne présentaient qu’une courbure courte et peu prononcée.

Deschamps conseille de faire usage d’une sonde en S pour découvrir plus facilement les calculs situés au bas fond de la vessie; la courbure de cette sonde, en plongeant dans cette partie de l’organe, peut bien quelquefois faire sentir des calculs au-dessus desquels aurait passé une autre sonde si le bas fond était très-déprimé ; mais ce ne serait que par la convexité de la courbure que l’on pourrait les toucher, et l’on ne pourrait ainsi acquérir de notion sur leur volume, tandis que le bec de la sonde exploratrice à petite courbure porté dans la partie la plus déclive de la vessie fera sentir plus distinctement le calcul, et donnera le moyen d’en apprécier le volume.

Pour remplir d’une manière convenable le but auquel on la destine , une sonde exploratrice doit être courbée suivant un angle de 45° au moins, la longueur de la partie courbe ne dépassera pas i 7 à 18 lignes. (Y . fig. 1 o.)

Fig. 10

Deux autres dispositions moins indispensables que celles-ci peuvent contribuer à rendre une sonde commode. Ce sont un robinet pour retenir le liquide et le laisser échapper à volonté ; une boîte a liège a pour recevoir la canule de la seringue destinée à faire l’injection. Ces dispositions se trouvent dans la sonde que M. Hcurteloup a désignée sous le nom de recto-curviligne, dénomination vicieuse en ce qu’elle peut convenir à toutes les sondes, à l’exception de celle en S romaine, puisque toutes sont formées d’une partie droite et d’une partie courbe ; cette sondé , je l’appelle seulement exploratrice.

On aurait tort de ne pas faire usage, pour découvrir la présence d’une pierre dans la vessie, de toutes les ressources qui sont à la disposition du chirurgien ; car si, dans la plupart des cas, il est lacile le sentir les corps étrangers (pie contient cet organe, il arrive parfois

qu’ils échappent à des recherches multipliées. Il y a des circonstances dans lesquelles on s’explique pourquoi le calcul n’a pas etc senti ou n’a pu l’être qu’après plusieurs recherches vaines. Ainsi , lorsque cette concrétion est enchatonnée , et qu’elle ne se montre à nu dans la vessie que par un point très-peu étendu, lorsqu’elle est contenue dans un kyste ( Tornamira, Meckel), il n’est point extraordinaire que la sonde ne puisse la découvrir, ou qu’elle ne la fasse sentir que d’une manière fugace et incertaine ; il arrive même qu’après la taille on ne retrouve plus ces calculs dont la sonde avait démontré l’existence d’une manière assez distincte pour déterminer à pratiquer cette opération.

L’un des faits les plus remarquables de ce genre est relaté par Schenkins. Un homme, éprouvant tous les symptômes de la pierre, fut taillé; sa vessie ouverte, on ne trouva point de corps étranger^ il mourut peu de jours après , et l’on découvrit trente-deux calculs contenus chacun dans un kyste particulier.

M. Belmas, dans son Traité de la cystotomie sus-pubienne, rapporte un fait du même genre , moins extraordinaire peut-être à cause du moindre nombre de pierres , mais cependant très-remarquable. Un médecin de la ville de Sens éprouvait tous les symptômes de la pierre. MM. Dubois et Béclard ayant reconnu la présence de ce corps, M. Souberbielle ouvrit la vessie par l’appareil latéralisé, mais toutes ses recherches pour trouver le calcul furent inutiles. Persuadé cependant qu’il en existait un, l’opérateur fit beaucoup d’instances pour que le malade permît que l’on pratiquât la taille sus-pubienne; il s’y refusa, retourna chez lui, continua de souffrir et mourut. L’on trouva à l’autopsie un calcul du poids de près de deux onces, adhérant à la muqueuse ulcérée du sommet de la vessie. Un fait semblable se trouve rapporté dans une Dissertation sur la pierre , p. 44- Paris , i y 36.

La vessie peut être séparée par des cloisons en plusieurs cavités, dans lesquelles se développent des calculs inaccessibles à la sonde. Ce corps peut être contenu dans une portion de la poche urinaire, formant hernie. Il peut être recouvert et retenu par des fongosités, à la formation desquelles il a lui-même donné lieu en ulcérant le point de la muqueuse avec lequel il se trouvait habituellement en contact; ou bien enfin, et c’est là ce qui a lieu le plus fréquemment, les calculs peuvent être fixés dans une cellule formée par l’ccartement des fibres musculaires, ayant pour enveloppe extérieure les membranes muqueuse et celluleuse qu’ils refoulent en se développant.

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