‹ De la lithotripsieChapitre 8 sur 43 · II · texte numérisé non relu

II

Cependant la rétention d’urine persistait, et celte circonstance me faisait craindre que le calcul ne se reproduisît : cette crainte s’est réalisée; une pierre que j’ai

tout lieu de croire de formation nouvelle existe dans la vessie de M. M , et

cette fois elle est accompagnée d’un catarrhe vésical tellement intense, et d’une telle altération de la santé, que l’on ne peut songer a tenter aucune opération. C’est du moins ce qui résulte des renseignemens que m’adonnés M. le docteur Dumont, qui, dans un voyage a Limoges, a sondé le malade.

Peut-être je m’abuse; mais il me semble que l’on voit ici , pour ainsi dire, la tumeur du col de la vessie se développer et la rétention d’urine survenir de la manière que j’ai indiquée. La vessie sans doute avait beaucoup perdu de son énergie maladive; mais sa force contractile était encore supérieure à ce qu’elle est dans l’état naturel. La rétention n’était donc pas due à une paralysie de la poche urinaire , d ce qui le prouverait d’une manière plus positive encore , c’est que , quand on introduisait dans la vessie une sonde ou une tige pleine, on voyait l’urine couler avec force entre les parois de l’urètre et l’instrument : comment expliquer ce phénomène , si ce n’est par le déplacement cl’un obstacle formant une sorte de soupape mobile.

L’excessive contractilité de la vessie et les tiraillemens du col de cet organe , que l’on ne peut éviter de produire alors dans la manœuvre opératoire, ne donnent que rarement lieu à la rétention d’urine; il en •résulte plus ordinairement une série de phénomènes, sur lesquels je reviendrai dans un autre endroit.

RÉTENTION INCOMPLETE d’üRINE. PIERRES MULTIPLES. BROIEMENT. SORTIE DU DÉ- TRITUS, PARTIE SPONTANÉMENT, PARTIE ARTIFICIELLEMENT, GUERISON DE LA

PIERRE ET DE LA RÉTENTION d’üRINE.

Obs. IV. — M. Fi'.âtre, de Paris , âgé de 72 ans, ressentait depuis 5 ans les symptômes de la pierre, lorsqu’il se mit entre les mains de M. Ileurteloup, qui déjà avait pratiqué sur lui quatre ou cinq séances de litliotritie avec la pince à trois branches droite, lorsqu’il partit pour Londres, me laissant l’opération a terminer. Je trouvai dans la vessie de M. F... un très-grand nombre de pierres, molles, dont le détritus sc déposait sous forme de mortier, ce qui, joint a la rétention incomplète d’urine, rendait Irès-difficiic l’issue des débris du calcul , cl faisait paraître la guérison comme fort douteuse aux yeux de M. Ileurteloup luimème, ainsi qu’il me l’écrivait d’Angleterre a celte époque. Il fallait, apres chaque séance, favoriser la sortie des fragmens, ainsi que celle des mucosités abondantes qui sc déposaient dans la cavité de la vessie, au moyen de la sonde évaluatrice et des injections ; plusieurs fragmens engagés en partie dans les yeux de cette sonde furent broyés dans sa cavité. J’employai seize séances avec la pince a trois branches droite, pour debarrasser M. F...; plusieurs eurent lieu publique-

( la )

ment dans l’amphilhéâlrc de la Charité, aujourd'hui il est {juéri tout à la fois, et de son calcul et de la rétention d’urine.

Celte opération a présenté une autre particularité, que j’ai déjà publiée dans un journal de médecine , et que je veux, reproduire ici • car elle a été présentée d’une manière fausse et méchante dans un pamphlet déguisé sous une forme scientifique, ayant pour titre de la Lithotritie urélrale. Voici le fait : dans une des opérations, au moment où je retirais le foret sur les branches de rinstruinent pour en augmenter l’écartement, la tête, longue de trois lignes et épaisse de deux lignes et demie, se détacha de la tige avec laquelle elle était soudée, et tomba dans la vessie. Le malade n’éprouva aucun accident, ne se douta même pas de ce qui était arrivé, et s’en retourna , partie à pied , partie en omnibus,. de la rue Sainte-Anne , où j’habitais alors, à l’extrémité du faubourg Saint-Martin , comme il avait coutume de le faire après chaque opération. J’espérais que celte tête s’engagerait dans les yeux de la sonde évacuatrice , et que je pourrais l’extraire par cette voie; mais il n’en fut rien , et elle resta dans la vessie presque jusqu’à la fin de l’opération. Plusieurs fois il m’est arrivé de la saisir avec ma pince, et il ne m’était pas difficile de la reconnaître en la percutant avec le foret. Je la lâchais alors , car il n’y avait pas place pour deux têtes de foret entre les branches fermées de la pince , et j’aurais craint de déchirer le canal eu la tirant au dehors dans cet état d’écartement des branches. Cependant , lorsqu’il ne resta plus qu’un petit nombre de fragmens, je résolus de faire l’extraction de celle portion détachée, et je l’opérai avec facilité au moyen d’une pince à trois branches ordinaire, garnie d’une tige entièrement cylindrique destinée à faire reconnaître la nature du corps saisi.

L’auteur de la brochure citée prétend que j’ai cherché à cacher ce fait. Si je l’eusse voulu, rien ne in’eût été plus facile; car il n’avait eu aucun témoin. Mais pourquoi l’aurais-je caché? Ce qui appartient le plus justement à l’opérateur dans cette circonstance , ce n’est pas assurément le manque de la soudure , mais l’extraction de la tête du foret et la guérison du malade. La leçon de franchise et de bonne foi que l’on prétend me donner porte donc à faux; mais j’ose croire qu’elle n’en paraîtra pas moins une anomalie piquante à ceux qui sont à même de connaître ou qui voudront rechercher quelle a été la conduite constante de celui à qui on l’adresse et de celui qui se permet de la donner.

CALCULS NOMBREUX ET VOLUMINEUX. RETENTION COMPLÈTE D’URINE. TROIS SÉANCES

I1E BROIEMENT AVEC LE LITHOTR1BE DROIT. IMPOSSIBILITE D’INTRODUIRE L’iN-

STRUMENT DROIT. EMPLOI, SANS SUCCES, DU REDRESSEUR DE L’URETRE. ABANDON

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