‹ De la lithotritie périnéale, ou, Nouvelle manière d'opérer les calculeuxChapitre 9 sur 14 · DE LA L1TH0TR1TIE PÉRINÉALE · texte numérisé non relu

DE LA L1TH0TR1TIE PÉRINÉALE

constitué, voici comment il faut procéder. Le col est alors dilaté, néanmoins il faut bien se garder de porter le doigt jusque dans la vessie; j’ai dit ailleurs ipie cette exploration faite sans ménagement suffisait pour déchirer le col. Il faut cependant s’assurer que le trajet est libre; dans ce but, on introduit doucemeut la petite tenette n° 1, les cuillers regardant l’une à gauche, l’autre à droite. Une fois parvenue dans la vessie, on ouvre largement la tenette et, par un mouvement de rotation, on place l’une des cuillers dans le bas-fond ; quelques petits mouvements permettent de saisir la pierre, ou bien on acquiert la certitude que le volume du calcul est considérable et que l’instrument est trop petit pour le fixer.

Si la petite tenette a pu prendre le calcul, c’est que celui-ci est peu volumineux au moins dans l’une de ses dimensions. La résistance qu’on rencontre à la pression renseigne tout de suite sur le degré de résistance de la concrétion; il faut une pierre très-molle pour qu’un instrument aussi faible puisse l’entamer.

Lorsqu’il s’agit par hasard d’une très- petite pierre, ou bien encore de fragments consécutifs à une litho— tritie uréthrale qui n’a pu être continuée, cette petite pierre ou ces fragments peuvent être extraits immédiatement. La tenette est si délicate, quelle ne peut ramener que des concrétions peu volumineuses. Dans tous les cas, il faut franchir le col avec ménagement,

MANUEL OPÉRATOIRE

lentement, pour s’assurer si la pierre peut être extraite sans déchirure clu eol ou si elle doit être abandonnée momentanément pour être ensuite fragmentée.

Lorsque les divers renseignements que je viens d’énumérer ont été fournis au chirurgien par l’exploration avec la petite tenette, on procède à La fragmentation, on exécute la lithoclastie.

J’ai pour habitude d’employer mon casse-pierre, mais comme je l’ai dit plus haut, j’ai toujours à ma

Fig. 23.

disposition des tenettes variées, et même un brisepierre conformé comme celui de Heurteloup, mais plus court et plus volumineux.

Le casse-pierre doit être bien graissé et introduit

DE LA L1T110T1UTIE PÉRINÉALE.

lentement ; la voie est encore peu libre et il laut éviter les fausses routes, les contusions du col. Cette première introduction demande beaucoup de ménagements, elle est aussi délicate dans son exécution qu’elle devient facile pendant le cours de l’opération (fig. ‘23).

On rencontre ordinairement la pierre tout de suite. Il faut se rappeler que l’instrument ne permettant pas de fixer le calcul à cause de la disproportion qui existe entre ses branches et les dimensions présumées de la pierre, il convient d’attaquer franchement la concrétion avec le bec du casse-pierre afin de la détruire, de la gruger par une action d’autant plus efficace que les tentatives se sont multipliées. C'est une œuvre de patience, il faut y mettre du temps et se bien garder des mouvements brusques. -

Lorsque, par une série de pressions, on a acquis la certitude que le calcul a déjà été écorné à plusieurs reprises, ou bien encore que la pierre a été éclatée en totalité, il faut retirer le casse-pierre et introduire de nouveau la petite tenette. Les fragments moyens, les débris de toutes sortes seront successivement extraits; de plus, on s’assurera facilement qu’il reste encore des fragments assez gros pour ne pouvoir pas franchir le col; ces derniers devront nécessiter une nouvelle intervention du casse-pierre.

C’est par une série de fragmentations et d’explora-

MANUEL OPERATOIRE

tions suivies elie-mêmes d’extractions qu’on arrive à débarrasser définitivement la vessie. Pendant toutes ces manœuvres, il est bon et pour écarter les parois vésicales et pour déplacer les fragments calculeux, il est bon, dis-je, de faire de temps en temps des injections froides dans l’intérieur de la vessie. Ces injections seront faites par le périnée au moyen d’une seringue à anneaux sur laquelle on aura adapté une grosse sonde de gomme, ou bien encore une sonde volumineuse de caoutchouc vulcanisé.

Je dirai en passant et à propos des injections, qu'il faut abandonner cette idée, d’ailleurs très-répandue, que des irrigations peuvent avoir pour résultat d’entraîner les débris calculeux, et par suite, de débarrasser la vessie. Il n’en est rien, l’injection la mieux faite ressort sans entraîner la moindre parcelle de pierre; il est donc inutile de multiplier des tentatives qui seraient au moins inutiles si en se renouvelant elles ne devenaient dangereuses.

Je le répète, il faut n’employer les injections que comme un moyen de faciliter la manœuvre des instruments; elles modèrent l’hémorrhagie et rendent certains fragments plus accessibles.

Pour en revenir à la fragmentation de la pierre, je dirai que cette manœuvre s’est beaucoup simplifiée depuis que je me sers du casse-pierre que j'ai définitivement adopté (voy. fig. 21 et 22). Dans l’origine, il

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