Traité des opérations des voies urinaires
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senl dans l'urèthre. Depuis je retire loujours la sonde évacuatrice, ou bien en y injectant de l'eau (ainsi je ne peux pas être surpris par un petit gravier fixé dans un de ses yeux et pouvant accroclier l'urèthre), ou bien après y avoir mis le mandrin en métal avec lequel les graviers arrêtés dans les yeux sont chassés ou cassés.
Pendant des années, des chirurgiens ont prétendu que l'évacuation était inutile, que les graviers étaient rendus très facilement par le malade. Il est vrai qu'ils ne se servaient que du brise-pierre à mors plats. Avec cet instrument, ils faisaient, comme cela s'est appelé pendant un certain temps, l'effritement de la pierre, ils en grattaient la surface. Je crois que souvent avec le brise-pierre à mors plats ils cassaient si peu à chaque séance , que les fragments s'évacuaient sans difficultés , et l'évacuation artificielle n'aurait ramené qu'une bien faible quantité de pierre. Mais quand ils fragmentaient la pierre, les morceaux s'engageaient facilement dans le canal. C'est la période d'arrêt des graviers dans l'urèthre. En tous cas, les élèves, auxquels pendant des années on a enseigné qu'il ne fallait pas faire l'évacuation artificielle, doivent être bien surpris du changement complet actuel, et peut-être se demanderont-ils si cela existait et se faisait, quand on leur disait que c'était inutile.
La sonde dont je me sers depuis 1865, est du calibre 23 à 26, a un bec court à courbure allongée (fig. 23), aussi son introduction est très facile. Elle présente deux grands yeux latéraux : l'un commence à 1 centimètre du bec; l'autre, plus éloigné du bec, est plus dans la courbure, il a la même longueur que le premier. Ces deux yeux sont en partie l'un devant l'autre. La largeur
I''ig. 23. — Sonde évacuatricc munie de son mandrin mdlalliriuc (loxible.
des yeux est la plus grande possible, sans atteindre à leur milieu le diamètre de la sonde.
Chaque sonde évacuatricc est munie de son mandrin de Leroy d'ÉtioUes. Ce mandrin, qui glisse à frottement dans lasonde A,B(fig.23), doit pouvoir être poussé jusqu'aTextrémité du bec au delà des yeux. Il est constitué : i° par une portion de métal plein qui occupe la partie droite du pavillon de la sonde; 2° par un ressort de montre enroulé sur lui-même (C, fig. 23) portant une petite masse d'acier dont la surface plane terminale est taillée en lime. Cette portion souple s'engage dans la courbure de la sonde, et y permet la rotation du mandrin sur lui-même. Si un gravier est fixé dans un des yeux, la surlace en lime étant poussée contre lui par la rotation, la lime use le gravier juste au niveau du bord de l'œil. Alors la portion saillante du calcaire tombe dans la vessie, l'autre est repoussée dans l'extrémité du bec.
Ainsi, l'accident si justement craint par tout chirurgien qui veut faire l'évacuation des graviers, l'impossibilité de retirer la sonde parce qu'un gravier fixé dans, un des yeux accroche le col de la vessie ou l'urèthre, est absolument évité.
Avec cela il faut avoir une bonne seringue munie de sa canule la plus large.
Le sujet étant dans la position propre à la lilhotritie, ou couché horizontalement, le siège sur une planche de 50 centimètres carrés, pour empêcher le retrait du bassin en arrière, on introduit la sonde évacuatrice. Le liquide contenudans la vessie s'échappe en entraînant des graviers, puis on fait l'injection. Le liquide doit arriver rapidement dans la vessie. Mais la main qui manie la seringue doit
reconnaître la légère résistance qu'oppose la vessie dès qu'elle est pleine. 11 ne faut jamais surdistendrela vessie, (.le me suis étendu très longuement sur le modus faciendi des injections vésicales dans mon Traité des opcratiom des voies urinaires, pages 390 et suivantes, et à propos de l'évacuation des graviers, page 502.)
Celte injection évacuatrice mal faite, distendant la vessie, luttant contre ses fibres, produit sûrement une irritation consécutive violente du tissu des parois vésicales, qui provoque des phénomènes de cystite, avec contracture plus ou moins énergique.
Mais l'injection bien faite par une main qui reconnaît la résistance de la vessie dès que celle-ci commence à lutter contre l'arrivée du liquide, n'a aucune action fâcheuse consécutive. Presque toujours je sens cette résistance avant que le malade manifeste l'envie d'uriner.
En tous cas, sitôt cette sensation de résistance perçue, brusquement, tenant avec la main gauche le pavillon de la sonde, onretire la seringue. Immédiatementle liquide chargé de gravier s'échappe au dehors. On répète cette injection jusqu'à ce qu'il ne sorte plus de gravier, l'eau s'échappant toujours à plein jet du pavillon de la sonde. ■ S'il reste dans la vessie des morceaux de pierre trop gros pour passer par la sonde, on les entend et on lessent qui viennent choquer la sonde, pendant qu'on fait l'injection.
Lorsque la vessie se contracte bien, qu'elle n'offre pas un bas-fond profond en arrière du col vésical, ce procédé d'évacuation m'a toujours très bien réussi. Les graviers sont rapidement évacués. Bien des fois quatre ou cinq injections m'ont suffi pour évacuer tous les débris
d'une pierre de "2 centimètres de diamètre. Dans ces conditions de la vessie, lorsqu'il ne reste pas de gros morceaux de pierre qui viennent s'engager ou s'appliquer sur les yeux de la sonde, le résultat complet est certain.
D'après mon expérience personnelle, lorsqu'une pierre est tout entière réduite en fragments assez petits pour passer par la sonde, la vessie se contractant bien et n'ofranl pas un bas-fond très profond en arrière du col, l'évacuation de tous ces graviers est bien plus facile et bien plus rapide par ce procédé, qu'en se servant des aspirateurs.
Je n'ai jamais fait une séance de lithoiritie sans terminer les injections évacualrices, en me servant d'eau phéniquée au millième, dans le but de prévenir l'intoxication urineuse'. Je me sers de l'eau phéniquée quand les graviers ne sortent plus. Très souvent j'ai remarqué que par ces injections il sortait à nouveau des graviers. Cette eau phéniquée qui agit manifestement sur les mucosités du catarrhe vésical en les concrélant, en les détachant de la surface vésicale, ainsi que je l'observe constamment, agit de la même façon ici sur la légère couche de mucus de la paroi vésicale qui retient les petits fragments et les poussières de calcul. Les mucosités chargées de petits graviers devenues libres, grâce à l'eau phéniquée, sont entraînées au dehors par le flot du liquide.
Même dans le cas de bas-fond vésical profond en arrière du col, ou de vessie se contractant incomplètement, ces injections évacuatrices ont l'avantage d'entraîner facilement au dehors les poussières résultant du