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CHAPITRE XII

Qu'est-ee que les Diptyques? — lL<eui* usa§^e« — ,Qu'on y écrivait les noms des vivants et des morts. — Qu'en cet endroit on lisait seulement les noms des vivants. — Pourquoi dans le Canon fisàit-on mémoire^ de quelques saints? — Observations sur saint Cosme et saint Damien. — Usages divers des églises dans cette commémoration des saints. — Oraison 'Hang IGITUR OBLATiONEM ; ses différentes Tormules cliez les anciens.

Puisque nous avons plus d'une fois déjà parlé des Diptyques, et que, dans plusieurs manuscrits, le Mémento porte ce titre : Oratio super Diptyca, nous voulons expliquer ici, en peu de mots, ce qu'étaient ces Diptyques et quel était leur usage dans le saint Sacrifice. Le nom de Diptyques vient de Ptychis, qui signifie pli, d'où il suit que les Diptyques sont des tables ayant

' Lib. 1. — 2 Gemma anim., lib. 1, cap. 107.

deux plis ^ Hériberi Rosweyd a rassemblé - une foule de témoignages des écrivains païens, pour établir leur usage dans la vie civile. Il y avait aussi des Triptyques et des Penteptyques^ c'està-dire des tables à trois et à cinq plis 3. Gothofred assure * que les Grecs ont quelquefois appelé Polyptyques les registres publics, parce qu'ils avaient plusieurs plis: ce mot a été employé dans ce sens par saint Grégoire le Grand 5, par Cassiodore ^, par Marculphe 7, et par beaucoup d'autres auteurs latins. Or. il y avait dans les églises trois sortes de Diptyques, sur lesquels on écrivait les noms. Les premiers étaient particuliers aux évéques , tous ceux qui avaient gouverné une église y étaient inscrits, pourvu qu'ils eussent eu une foi pure et des mœurs irréprochables. Les seconds étaient pour les vivants; on y tvrivait le> noms de ceux qui. encore vivants, occupaient quelque haute dignité, qui avaient fait quelque bienfait A l'Eglise, ou s'étaient acijuis des droits ;\ sa reconnais.^ance. En tôte était le nom du pontife romain, puis ceux des autres patriarches et de l'évéquc de cette église, ceux des membres du clergé, ensuite se lisaient ceux de l'empereur, des princes, des magistrats et du peuph fidèle. Les troisièmes étaient réservés à ceux qui étaient morl^ dans la communion de lEglise. Les témoignages des anciens Pères, que nous avons rapportés plus haut «, montrent que l'usage des Diptyques et la coutume de les lire pendant le saint Sacrifice de la Messe, remontent aux Apntres ou A leurs successeurs immédiats. Relativement aux Diptyques du premier genre, sur lesquels on inscrivait les noms des évéques morts avec une réputation de sainteté, cette insertion était pour ainsi dire une sorte de canonisation, et voici comment s'exprime à ce sujet saint Denys •> : « La récitation des tables sacrées, dit-il, exalte

• C'étaient, dit (ioar, deux tables unies ensemble, à peu près de la même manière qu'on représente les Tables de Moïse. On appelait, ajoute-l-il, quelquefois poîypttjiiues des livres qui se repliaient sur eux-mêmes, par opposition au nom de volume, qui désignait les livres dont les feuilles, attachées par un roté, s'enroulaient, lolvehantur, autour d'un cylindre de bois. Eucbolog. 2. G., p. 143. — * Onomast. ad vit. Patr. - ^ Turnebus, lib. 0, Advers., cap. '23. — * Ad lib. '2, de Discussorib., lib.. 10, Codicis. - ' Lib. 7, Epist. 40, Indict. "2. — * Lib. 5, Epist. 16. — ' In formulis. — " f.hap. 8. - " In cap. 3, Ecries. Hierarrh,

ceux qui ont vécu saintement, et qui, par des eflorts constants, sont arrivés à la perfection ; elle nous engage, elle nous pousse à acquérir, en suivant leurs traces, cet état bienheureux, ce repos céleste ; elle les célèbre comme s'ils étaient vivants, car, ainsi que l'enseigne la théologie, ils ne sont point morts, puisque la mort les a fait passer à une vie meilleure. » Aussi l'Eglise a-t-elle toujours veillé avec sollicitude à ce que l'on n'en retranchât point les noms des saints évoques, à cause des calomnies de certains hommes pervers, ou même à raison de quelques préventions erronées d'hommes d'ailleurs estimables. Rayer le nom des Diptyques était une peine réservée pour ceux-là seulement qui étaient tombés dans l'hérésie, ou qui avaient mérité par quelque crime d'être séparés de la communion des fidèles. On connaît les longues disputes qui eurent lieu au sujet du rétablissement du nom de saint Jean-Chrysostôme sur les Diptyques. Plusieurs refusaient de l'y rétablir, parce qu'il avait été déposé par Théophile d'Alexandrie, et que, bien que le jugement prononcé contre lui fût inique, il était mort sans avoir été réintégré. Théodoret raconte à ce sujet i que les évoques d'Occident n'avaient point voulu recevoir à leur communion ceux d'Egypte, d'Orient, du Bosphore et de Thrace, avant qu'ils n'eussent rétabli le nom de ce très-saint évêque sur les tables des évoques défunts. Saint Cyrille, neveu de Théophile et son successeur sur le siège d'Alexandrie, refusa longtemps de réhabiliter sur les Diptyques la mémoire de saint Chrysostôme, comme il appert par ses lettres et celles d'Atticus, rapportées par Nicéphore 2 ; mais il céda enfin, de peur d'être lui-même séparé de la communion de l'Éghse romaine. D'après ce même usage, Adrien II, dans son Epître commonitoire au concile de Troyes, recommande aux évoques d'inscrire sur les Diptyques de leurs églises le nom de son prédécesseur, le pape Nicolas d'apostolique mémoire, et de le réciter au saint Sacrifice. Plusieurs faits du même genre se rencontrent dans les Actes des conciles et dans les Epîtres des anciens Pères. Et non-seulement les évêques, mais les conciles

• Lib. 5, Hist., cap. 34. - 2 Lib, U,

eux-mêmes étaient inscrits sur les Diptyques. Dans le cinquième concile général, assemblé à Constantinople, les fidèles demandèrent plusieurs fois que les Diptyques fussent portés à l'ambon. Les qioatre conciles sur les Diptyques, criaient-ils : Ze'o/i, cvêque de Rome^ sv/r les Diptyques; les Diptyques à l'ambon. C'était afin qu'ils y fussent lus publiquement, et que le peuple pût entendre le nom des quatre conciles œcuméniques, celui du pape Léon, celui de Macédonius et d'Euphémius rétablis sur ces tables. « Au moment de la lecture des Diptyques, toute la multitude courut se placer autour de l'autel, dans un grand silence, et, lorsque le diacre eut récité les noms des conciles et ceux des saints évoques Euphémius, Macédonius et Léon, tous s'écrièrent à haute voix : Gloire à vous, Seigneur ; ceci terminé, on acheva le saint Sacrifice dans un grand recueillement. » L'empereur Justinien, dans sa lettre à Epiphane de Constantinople ^, dit : « Que personne n'essaie de nous inquiéter, comme si nous avions fait, ou si nous voulions faire quelque chose de contraire aux quatre conciles, ou comme si nous permettions à quelques personnes de les attaquer, et que nous eussions l'intention de rayer des Diptyques de l'Eglise ces vénérables assemblées. »

Mais en parlant des Dipty(iues, nous ne devons pas oublier de faire remarquer qu'outre ces tables, qu'on récitait publiquement à l'église, il y en avait d'autres sur lesquelles on inscrivait les noms de tous ceux qui recevaient le Baptême. Pour n'avoir pas fait cette distinction, plusieurs auteurs ont avancé que le diacre au saint Sacrifice récitait les noms de tous les fidèles. Or, ceci est absurde , car lorsque la foi se fut répandue partout et que le paganisme eut été détruit, il aurait fallu des mois, des années entières pour faire cette récitation , surtout dans les grandes villes qui alors comptaient les habitants par centaines de milliers. On faisait donc un choix, et, parmi les noms des vivants ou des défunts qu'on récitait pendant le saint Sacrifice, on n'admettait que ceux qui avaient des titres particuliers à cette distinction. Goar, dans les dilférentes leçons de la Liturgie

< Codex, lih. 7, de Summa Trinit., ^ 5.

de saint Jean Chrysostôme, publie d'après un manuscrit de la bibliothèque du roi très-chrétien, ayant plus de deux cents ans d'antiquité , la formule suivante pour la commémoration des vivants : « Souvenez-vous de moi, Seigneur, » dit le prêtre, et le diacre répond : « Que le Seigneur se souvienne de vous et de « tous les fidèles, du très-pieux Joseph, patriarche universel, » (c'est-à-dire évêque de ConstantinopJe, l'auteur schismatique ne fait aucune mention du souverain Pontife) « de Philothée « d'Alexandrie, de Marc d'Antioche, de Théophile de Jérusalem, « du prêtre vénérable N. . . qui vous offre ces dons sacrés, de « tous les prêtres qui environnent l'autel, du respectable corps « des prêtres, des ministres et de tout le clergé. Qu'il se sou- (( vienne de nos très-pieux et très-chrétiens empereurs, qu'il « leur donne le salut, la puissance et la victoire ; de la très- « pieuse et très-dévote dame, la religieuse Hypomènes, de la « très-pieuse et très-dévote dame, la religieuse Eugénie, de nos « très-dévots et très-pieux maîtres, l'empereur Jean et l'impéra- « trice Marie. Qu'il donne la paix à l'univers et l'assistance à son ' (( Eglise, qu'il se souvienne de nos frères captifs et qu'il les « délivre, qu'il accorde succès et courage à l'armée qui le sert, « le salut à tout le peuple fidèle, qu'il se souvienne de tous et « de toutes. » Cette formule était courte, je ne doute pas qu'il n'y en eût de beaucoup plus longues. Je parlerai plus loin des Diptyques sur lesquels on inscrivait les noms des fidèles trépassés.

Au Mémento des vivants, il est dit : qui vous offrent : Pro se suisque omnibus^ pro redemptione animarum suaruin^ pro spe salutis et incolumitatis suœ, et on ajoute : qui communient^ communiGantes^ avec les saints et vénèrent leur mémoire. En effet, l'Eglise qui milite sur la terre communie avec celle qui triomphe dans le ciel. L'usage de rappeler le souvenir de la sainte Vierge et des saints pendant le Sacrifice, est fondé sur la coutume universelle et immémoriale des églises, ainsi qu'il appert par toutes les Liturgies. Saint Cyrille de Jérusalem, décrivant nos saints mystères, dans sa cinquième Catéchèse mystago-

gique, dit que le célébrant y fait mémoire des saints Patriarches, Prophètes, Apôtres et Martyrs, afin que Dieu , par leur intercession, écoute plus favorablement nos prières. « Les fidèles savent, écrit saint Augustin i, en quel endroit on réciteà l'autel les noms des martyrs, et dans quel autre on récite celui des vierges qui sont morles. » Ailleurs ^ : « Lorsque, dit-il, nous faisons à l'autel du Seigneur mémoire des saints martyrs, ce n'est pas afin de prier pour eux , comme nous le faisons à l'égard des autres fidèles défunts, mais plutôt c'est afin qu'ils intercèdent euxmêmes pour nous, et nous obtiennent la grâce de marcher sur leurs traces. » « Les martyrs, dit-il dans un autre endroit ^, sont nommés à lautcl dans un moment où l'on ne prie pas pour eux ; quant aux autres fidèles qui sont morts, on prie pour eux lorsqu'on en fait mémoire. » Nicolas Cabasilas traite quelque part ^ de cette commémoration des saints dans l'Eglise grecque. Voici comment elle a lieu chez les Maronites : « Rappelons-nous « en ce moment le souvenir de Noire-Seigneur et Sauveur Jésus- « Christ et de toute cette admirable dispcnsalion de grâces et de « bienfaits dont nous avons été l'objet, souvenons-nous de notre « père Adam, d'Rve notre mère et de tous les saints qui ont été « agréables à Dieu, depuis Adam jusqu'à nos jours, en particu- « lier et nommément de la très-sainte et admirable Vierge Marie, « mère à jamais bienheureuse de notre Dieu, des Prophètes, des (( Apôtres, des Martyrs, des Confesseurs, des Evoques, des saints '( Pères, des Docteurs, des Religieux, de toutes les Vierges et de « saint N..., sur l'autel duquel nous allons oflrir. »

Dans le Canon de la Messe romaine, après les noms de la sainte Vierge et des Apôtres, on récite ceux de douze martyrs. On ne parle point des confesseurs; soit parce que les martyrs, ayant versé leur sang pour la foi. rappellent d'une manière plus vive la mort et la Passion du Sauveur, dont ce Sacrifice est la représentation ; soit parce que le Canon aurait été composé avant qu'on célébrât la mémoire des confesseurs, ce qui, comme on

' De Virginit., (,ap. 4. — - Tract. 84. in .Toann. — •' De verb. Apost., serra. 17. — ^ In Exposit. Litnrp., cap. 33.

sait, n'avait point lieu dans les trois premiers siècles. Au 1V% saint Grégoire de Nysse fit l'éloge de saint Basile le jour anniversaire de sa mort, et celui de saint Athanase fut également publié par saint Grégoire de Nazianze. Dans ce môme siècle mourut saint Martin, auquel on rendit un culte presqu'aussitôt après sa mort, ainsi que nous l'avons observé ailleurs, aussi est-il le seul d'entre les confesseurs, qui ait un office particulier dans les plus anciens Bréviaires, parce qu'il est le premier auquel l'Eglise ait rendu un culte public. Pourquoi est-il fait mention dans cet endroit des saints martyrs Lin, Clet, Clément et de ceux qui suivent, plutôt que des autres martyrs? C'est ce dont on ne saurait assigner une raison bien évidente ; peut-être y a-t-il un motif particulier pour chacun d'eux. Or, tous ceux qui sont ici nommés ont souffert à Rome, ou dans des pays soumis immédiatement au patriarchat de Rome. Cette considération m'a longtemps embarrassé ; je ne voyais point pourquoi on rappelait ici, seuls parmi les Orientaux, saint Cosme et saint Damien, qui étaient Arabes, et qui ont souffert le martyre dans la ville d'Egée. Mais j'ai enfin trouvé qu'il y avait eu dans trois pays différents deux frères des noms de Cosme et Damien, les uns en Arabie, où ils furent mis à mort pour la foi ; les autres furent des confesseurs qui vécurent en Asie, enfin les troisièmes qui furent martyrisés à Rome. Il existe un précis historique sur ces derniers, édité à Vienne, en Autriche, traduit sur un manuscrit grec par Simon Wangnerek. Dans la Menœa, il est fait mémoire de ceux d'Arabie le dix-sept octobre, de ceux de Rome le premier juillet, et des saints confesseurs le premier novembre. Mais comment se fait-il que les Latins n'honorent que ceux de l'Arabie le vingt-septième jour de septembre, dans lequel le MartijrologG romain en fait mention ? Comment les Actes de ces divers martyrs ont-ils été mêlés ? C'est ce qu'a examiné longuement Reinold i, qui indique en môme temps les erreurs de Baronius dans ses Notes sur le Martyrologe au sujet de ces saints. 11 est à croire que les Actes de ceux de Rome furent perdus, et qu'on mit à leur place ceu}ç

' In Prœf. Apolog. praedic. Syntagmat,

des deux frères Arabes, dont le martwe avait été plus célèbre. Les uns et les autres avaient également exercé la médecine, et, comme ils traitaient gratuitement les malades, ils avaient également reçu le surnom à.'Anargyri. Cette similitude de noms et de profession a donc pu facilement les faire confondre les uns pour les autres. Florentin en parle dans son Martyrologe ^ et il remarque avec raison que ceux de Rome avaient une église dans la ville et que l'ancien calendrier, ainsi que le Sacramentaire de saint Grégoire, indiquait leur fête le cinquième jour d'avant les calendes d'octobre. Je pense que ces derniers sont ceux dont le Canon de la Messe fait mention. Après les Apôtres le Missel ambrosien ajoute les saints suivants : Sixte, Laurent, Hippolyte, Vincent, Corneille, Cyprien, Clément, Clirysogone, Jean et Paul, Cosme et Damien, Apollinaire, Vital, Nazare et Celse, Protais et Gervais, Victor, Nabert, Félix et Calimère. Dans le Sacramentaire manuscrit du conseiller Petau, après les noms de saint Cosme et saint Damien, on a ajouté les suivants : Denys, Rustique et Eleuthère, Ililaire, Martin, Augustin, Grégoire, Jérôme, Benoît. Un manuscrit palatin de la bibliothèque du Vatican, du même âge que le précédent ^^ donne ceux-ci : Ililaire, Martin, Augustin, Grégoire, Jérôme, Benoît, auxquels une main plus récente a ajouté : Uldaric et Adelbert. Un manuscrit de cette même bibliothèque 3 indique les suivants : Donat, Ililarin, Laurentin et Pergentin. Un autre ^ ajoute : Ililaire, Martin, Augustin, Jérôme, Ambroise, Benoît, Isidore. Enfin les noms de saint Hilaire, saint Martin, saint Augustin, saint Grégoire, saint Jérôme et saint Benoît se lisent dans l'ancien Sacramentaire édité par Ménard. Mais ces additions furent l'œuvre de quelques églises particulières, car l'ordre romain n'admit jamais que les martyrs, dont les noms se voient encore aujourd'hui dans le Canon, et les confesseurs en furent toujours exclus. C'est pour cela que certains auteurs ont pensé, avec assez de vraisemblance, que les Evangélistes saint Luc et saint Marc n'étaient point dans le Canon, parce qu'il n'est pas certain qu'ils aient soulTert le marl^TC. Ccr-

' Ad diem 27 septemb. - ' N" 495. - - N° 4772. - * N- 4770.

is manuscrits ajoutent le nom du saint dont on célèbre la 3 ce qui est imité des Liturgies de saint Basile et de saint ?ysostôme. Dans la Vie de Guillaume, abbé de Saint-Alban, thieu Paris rapporte qu'Innocent III, consulté s'il était permis nsérer dans le Canon de la Messe le nom du saint dont l'église ssède les reliques, répondit que cela lui semblait juste et con- •me au droit. Mais nous avons montré plus haut qu'on ne vait rien ajouter au Canon.

Dans l'oraison suivante, Hanc igitur oblationem, le célébrant ie Dieu de recevoir favorablement son offrande, celle de toute famille, c'est-à-dire de tous les assistants qui offraient autrefois [ présentant des offrandes, et qui aujourd'hui offrent d'esprit et î cœur, il demande ensuite la paix en ce monde, la délivrance 3 la damnation perpétuelle et la félicité éternelle du ciel. Ces iroles : Diesque nostros in tua pace disponas, et le reste de cette raison ont été ajoutés par saint Grégoire le Grand, au rapport u diacre Jean et d'Anastase. Aux fêtes de Pâques et de la entecôte, on fait dans cette prière une recommandation spéciale es nouveaux baptisés ; on la trouve dans les plus anciens maascrits. LeMisselgallican de la reine de Suède indique souvent .es changements ou des additions qu'on doit y faire. En voici quel- [ues exemples :

Au troisième Dimanche de Carême pour le scrutin des élus : (Nous vous supplions. Seigneur, d'agréer cette oblation que te nous vous offrons pour vos serviteurs et vos servantes, que « vous avez daigné compter, choisir et appeler à la vie éternelle « et au bienfait de votre grâce. » On récitait les noms des élus, après quoi on ajoutait : « Nous vous conjurons de les préparer ce par le don de votre Esprit-Saint à leur reconnaissance dans les « eaux du Baptême, afin qu'ils reçoivent dans sa plénitude la « grâce des sacrements. »

Au Jeudi-Saint : « Nous vous supplions, Seigneur, de recevoir c( favorablement cette oblation de toute votre famille, qui vous « l'offre en mémoire du jeûne de ce jour de la Cène du Seigneur, % dans laquelle Notre-Seigneur Jésus-Christ transmit à ses

« Apôtres ie mystère de son corps et de son sang et leur apprit « à le célébrer, afin que par votre grâce elle mérite de vous « oflrir encore pendant de longues années ces dons qu'elle a reçus « de vous : Diesqiœ iwstros in tua pace.^ etc. »

Dans la messe de la Pàque anniversaire, par laquelle ceux qui avaient été baptisés l'année précédente, célébraient l'anniversaire deleurrégénération : « Nous vous supplions, Seigneur, d'accueillir « favorablement cette offrande de vos serviteurs et de vos ser- « vantes, qui vous l'offrent en mémoire de l'anniversaire du jour « où vous les avez adoptés pour vos enfants, et pour lesquels « nous vous adressons dhumbles prières, vous demandant de « conserver en eux les bienfaits que vous leur avez accordés, et « de leur donner la récompense des biens éternels que vous leur « avez promise. Diesqice nu.stros^ etc.

A la Dédicace d'une nouvelle église: « Nous vous supplions, « Seigneur, de recevoir favorablement celte offrande de votre (( serviteur ou de votre servante, que vous offrent ceux qui dé- « dient cette église, et d'exaucer nos prières ; que vos yeux « soient ouverts jour et nuit sur cette maison. Ce temple élevé « en l'honneur de ces saints martyrs, de ces saintes ou de ces <( saints confesseurs. Dieu clément, daignez le dédier. Dieu « miséricordieux, daigner lilluslrer. Dieu propice, daignez li « remplir de votre majesté; écoutez avec bonté toute volrt « famille, lorsqu'elle viendra avec empressement vous offrir ses « hommages dans cette enceinte ; exaucez tous les désirs qu( (( forme le cœur de ceux qui l'ont fait construire, comblez tou> « leurs vœux, nmltipliez le nombre de leurs années elle bonce heur de leurs jours, pour que, vivant de longues années, il> « puissent embellir encore celle demeure d'ornements plus pré- « cieux. Diesque nostros, etc. »

A la Messe que doit dire un prêtre le jour anniversaire de sa consécration; c'était, en effet, un usage de nos pères decélébroi l'anniversaire de son ordination ou de sa profession, si l'on était religieux ; ce rite s'est conservé pour l'anniversaire de la consécration d'un évoque ; on appelait ce jour îiakilis^ et pour

désigner le jour delà naissance charnelle, on disait natalis genumus. « Je vous supplie, Seigneur, d'agréer cette oblation (( que je vous offre en ce jour, moi votre serviteur, en mémoire « de celui dans lequel, sans aucun mérite de ma part, mais par « le seul effet de votre miséricorde, vous avez daigné (( m'élever à cette dignité de la prêtrise. Dlesque nostros, etc. »

Au jour de la consécration des vierges, qui avait lieu soit le jour de l'Epiphanie, le Lundi de Pâques ou à la fête d'un Apôtre : « Nous (( vous supplions. Seigneur, de daigner sanctifier cette oblation « de votre servante, qui vous l'offre en ce jour de sa naissance^ « dans lequel l'unissant à vous, vous voulez par votre bonté la « couvrir du voile sacré; afin que lorsque vous viendrez, vous, « son seigneur et son époux, elle puisse vous plaire et aller à « votre rencontre avec une lampe qui ne s'éteigne point. »

Dans la Messe pour ceux qui fournissent les Agapes : « Nous « vous supplions. Seigneur, d'agréer l'oblation de votre service teur, qui vous l'offre avec ses pieuses aumônes qu'il verse « dans le sein des pauvres, pour lequel nous vous adressons » d'ardentes prières, afin que vous lui accordiez de longs jours, « afin que, pendant un grand nombre d'années encore, il puisse « exercer envers les pauvres ces mêmes œuvres de miséricorde « et vous offrir ses solennels hommages. »

Au trentième jour ou à l'anniversaire du mariage : « Nous vous (( supplions, Seigneur, d'agréer l'oblation de vos serviteurs, qui « vous l'offrent en mémoire du trentième jour, ou du jour anni- « versaire de celui où vous avez daigné les unir par les liens du « mariage, et pour lesquels nous demandons à votre auguste « majesté, qu'ils vieillissent ensemble dans la paix, qu'ils voient ce -les enfants de leurs enfants jusqu'à la quatrième génération, « et qu'ils vous bénissent tous les jours de leur vie. »

Au jour anniversaire de la naissance: « Nous vous supplions, « Seigneur, d'agréer l'oblation de votre serviteur, qu'il vous offre « en mémoire du jour de sa naissance, dans lequel vous avez « voulu que, quittant le sein maternel, il parût en ce monde « pour y connaître le Dieu vivant et véritable, et pour lequel nous

« adressons d'humbles prièresà votre majesté, afin qu'elle daigne (c lui accorder longue vie, pour qu'il puisse pendant de longues <( années encore vous présenter ses hommages, parvenir à une « heureuse vieillesse, et vous bénir tous les jours de sa vie. »

Pour un défunt : « Nous vous supplions, Seigneur, d'agréer « l'oblation de notre servitude, que nous vous offrons pour a l'àme de votre serviteur, pour laquelle nous adressons d'hum- « blés prières à votre majesté, afin que vous daigniez la placer « au nombre des saintes âmes qui vous sont agréables : Diesqive <( nostros, etc. «

Le même manuscrit contient encore une foule d'autres additions du môme genre ; mais les exemples que nous venons de rapporter sont plus que suffisants pour en donner une idée.

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