‹ De la liturgieChapitre 5 sur 21 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

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— I>eM Proses ou H<''4|U4*no4*i* et de leurn nuteurM.

w Apres la Collecte, disent les anciens Sacramentaires soit manuscrits, soit imprimés, suit l'Apôtre. Quoicjue celte Leçon soit quchpiefois prise dans les autres livres de lAncien et du Nouveau Testament, néanmoins, parce que le plus souvent elle est puisée dans les Épîlrcs de saint Paul, les anciens ouvrages la désignent sous le nom de lApôtre. De là aussi vient l'appellation (rÉpîlrc donnée communément à cette lecture, bien (jue ce soit quelque lois, non pas un chapitre des Epîtres, mais un fragment d('> Prophètes, ou des autres livres de l'Ecriture sainte. Walfrid Strabon écrit 2 qu'on ne sait pas d'une manière certaine, par qui fut ordonnée la lecture des Epîlres et des Evangiles avant la célébration du saint Sacrifice. « Pourtant, ajoute-t-il, on pense que cette prescription vient des premiers successeurs des Apôtres ; on lut l'Evangile, parce (jue la célébration du saint Sacrifice y est

' De regno Dalinai., liber '2, cap. 6. — - Cap. 1%,

recommandée ; on lut les Epîtres de l'Apôlre, parce que la manière de l'offrir s'y trouve indiquée. » Que si l'on veut parler de la lecture de l'Ecriture sainte en général, il est constant que l'Eglise a reçu cette pratique des Apôtres, et c'est un rite de l'ancienne loi qui fut conservé. En effet, Moïse i, après avoir immolé des victimes, prenant le livre de la loi, le lut devant l'autel en présence de tout le peuple. Egalement les Lévites 2 lisaient la loi devant tout le peuple d'une voix haule, et de manière à être compris de tous. Notre-Seigneur Jésus-christ 3 étant entré, suivant la coutume, dans la Synagogue un jour de sabbat^ se leva pour lire les Ecritures. Saint Paul ^ reproche aux Juifs de ne point entendre le sens des Prophètes, qu'on leur lisait tous les jours de sabbat. Or, ce même Apôtre nous apprend que les Apôtres avaient conservé cet usage, lorsque les fidèles se réunissaient pour le Sacrifice. Cum convenitis, écrit-il aux Corinthiens ^, unusquisque vestrûm psalmum habet^ doctrinam habet. Passage que certains interprètes entendent du chant des psaumes, et des Leçons qui précédaient la Messe. Ailleurs ^ il s'exprime d'une manière plus explicite, Cum lecta fuerit, dit-il, apucl vos epistola hœc, facile lit in Laodicensium ecclesia legatur ) et eam qux Laodioensiuni est vos legatis. Et ailleurs encore ^. Adjuro vos per Dominum ut legatur epistola hœc omnibus sanctis fratribus. Quoiqu'il ne prescrive point de faire cette lecture pendant le saint Sacrifice, toutefois il est assez probable qu'on la réservait pour le moment, où les fidèles se réunissaient, afin de participer aux divins mystères, surtout si Ton considère que nous ne voyons nulle part, que, dans ces temps, des réunions publiques des fidèles aient eu lieu autrement que pour le Sacrifice de la Messe. Ce rite est clairement indiqué dans la hturgie de saint Jacques, qui recommande de lire tous les jours, à la sainte Messe, les oracles sacrés de l'ancien Testament, des Prophètes et de l'Incarnation du Fils de Dieu. C'est ce qu'attestent également les anciens

• Exod. 24. — '^ Esdrae, cap. 8. — ^ Luc, cap. 4. — ^ Act., cap, 13. — " Epist. 1, cap. 14. — ^ Ad Coloss., cap.- 4. — " Epist. 1, ad Thess. circa finem,

Pères.' « Nous nous réunissons, flil "TerluHJen *, pour lire le< i^ûntes Écritures. ï)'EI ailleurs ^ : ^i Ou la foi, dit-il^^oirt &nimi*e par ' i'àêsmsonneynent (Andxjectione) de rÉcriture ^aime;- » ' ou, suivatil la leronde Pamélius, « par la lechtre {interlecNfme) tle 1 Ecrit ure sainte; » paroles quole contetlo montre évidemmeni sb rapporter an saint Siirrilico; ainî^i (jue d'au 1res qui'k^ stiiv(»nt. Ixiint'Ji^^riir*^, tli-erivanl-le Sacrifiée des dirétil'ns,' dit :•« Onf lir. salivant le temps, les eoFunienlaii-es de<? ApiMres, ou les éeriis des Prophète.^. » SaiulCyprien • fait mention des Lecteinrs, qui étUiertt char^TS de lirv^ le^ Écritures dans l'E.qiise. « Ensuite, <''crii saint Denis dans sa description de la divine litutprie *, on Irt los saintes Ecriture^. »' Cette niéUie leclnre est recoiuffiandix^ dan^ les Constitutions apostoliques, dans k?s Litun?ies<le saint Iktsilc. de sairtt ChrysostOmc cl dans les' autres, comme une partir importante du saint ffiinistm, par laquelle les fidèles sont préparés à frarticiper \\\\x Sacrements ilivins. Saint Au^nistin '•. parlanl(U''la Me.^^se du jour de PAtpies, dit: « Lorscpie Jésus salu.i le pi'U|)le, il se lit Un crand silence, et on lut solennellement k> Écritures. » Ailleurs 7, il donne la raison pour laquelle on lii lEpitre et l'Evanirile. « On lit l'Ecriture sainte, dit-il, i^our (pu nous l'entendions, et que nous en RMirions quelque profil. I)aii> I Epitre nous n'inercions Dieu de la vocation des Gentils ; lEvangile nous invite îi la Table sainte: » c Voiiâ tenez d'entendre les paroles de l'Apôtre, dit-il dans un endroit «, paroles remarqua^ blés et diprnes dd votre attention. i> Enfin, ailleurs encore •\ il dit: <r Vous avez entendu la lecture de 1 Apôtre, » Il s'exprime de la niérnc manière dans plu.sieurs autres de ses sermons. iKuil'exorde d un Sermon' sur le jeône'^\ saint Léon dit cpiil veut commencer i)ar les pïiroles de l'Apôtre, et expli^iuer celles qu^ju vient de lire, à savoir: cf'Ecœ nunc tcmpus nccc/U(i/Ak\ oco' nnnc (lies salufis. » « Lorsque, écrit saint Jean Chrysostôme ^^ le Icrleur dit: Voiei ce f/ur Uit ie Seifincior, et que le diacre re-

• Apolog.. rap. 30. - ^ Ad l'xor., Lib. '2, cap. 5. - ^ Apol. 2. - * Epist. 3î fl 3Ï. — ' Eccles. Hicrarch., cap. 3. — •• De Civilat. Dei. lib. 3, cap. 8. -

Serm. 33, de Verb. Domini. — ^ Scrm. 10, Pc vcrbis Aposlob. — ' Scrm.' '»' |)p Teinp. — '" Serin. \, Oiiadrap. — ' Homil J in 2 ad Tbew.

commande le sitenœ, ce n'e&t pa-s pour iioîiofer=le Lecteur' qu'il le fait, mais par respect pour celui qui nous parleà tous par la bouche du 'Lecteur. »• Ailleurs i, le même -saint , s'adressant à ceux qui 'fréquentaient les spectacles,. leur reproche de r-egarder le saint autel, sur lequel s'accomplissaient les redoutables mystères, avec ces mêmiCs yeux qui se sont » rassasiés de^représentation^ obscènes-,- et d'entendre la lecture des prophètes et de l'Apôtre avec ces mômes, oreilles, qui ont avidement écouté ,des comédies, infâmes. Or, , sans invoquer ici- d'autres, témoignages plus -récents, il résulte de ceuxtque nous v,enons de rapporter, que l'usage de lire l'Ecriture sainte à l'église, et- en particulier au -commencement de la Messe, a été établi par les iAp{>tres euxmêmes, et non par le pape Alexandre -I^',- -ainsi rque 'quelques auteurs l'ont prétendu. •>^'-} ..<^K*A>i?Mj::^r< ^ïr^rt ^t ^^. ,.-,.^.2^ r»!-

Ge fut aussi une coutume des anciens Pères de-lire publiquement) à l'Eglise^' lorsque les fidèles s'y réunissaient pour la, Messe; non^seulement les écrits des Prophètes €t des Apôtres, ■ mais cneore 'les lettres des souverains pontifes et des autres* évêques, surtout vOelles qu'on > nommait pacifiques, bu ■cor)vmumcatoires\ GeS'lettres conservaient L'unité, la paix et' la communion entre te cape, chef universel de l'Eglise, et les autres évoques, et fort-i^ •fiaient les membre&dela communauté catholique dans la' profession d'une même foi; tellement , qu'il était facile, par-, ces 1-ettres seules, de distinguer les orthodoxes ides hérétiques. On les envoyait d'une église à une autre, afin que les fidèles sussent avec quels évêque^ ils devaient commzi^ni^r... G' est. pour, cette ^raison que saint Augustia cous apprend 2, .qu'il n'avait point écrii d'Epîtres coimnuniaitoires, aux ponatis tes, -qui, séparés depuis longtemps, de la>communion. catholique à cause de leurs erreurs,^ ne* devaient plus recevoir- de ces sortes de lettres^ mais seulement des lettres j^r^we^,- telles ^qi^e les chrétiens peiiveni en .adresser même aux païenS'. Comme il était i-mpossible de communier avec les églises trop éloignées parie baiser de paix, l'Eucl^aristie.ou les Eulogies,,on,Ieur envoyait, ces, lettres pour

' Homih (le David et Saul. - ^ Epist. 162. ' ■' '''"-^

ùtre le signe et le symbole de cette communion réciproque. Considérez, dit à ce sujet saint Chrysostùme ^ comment la même foi réunit tous les fidèles et ceux qui sont rapprochés, par le baiser de paix, et ceux qui sont éloignés, par des lettres de communion. » Saint Jérôme assure 2 (jue la lettre du pape saint Clément aux Corinthiens était lue publiquement dans les églises. On voit dans Eusèbe ^ une lettre de ce genre, que l'église de Smyrne adresse à tous les catholiques, et dans laquelle elle racontele martyre de saint Polycarpe. Quelquesciiapitres plus loin '*, le même historien, parlant des lettres de saint I)eni>deCorinthe, ajoute que, parmi des lettres, il en est une adressée aux Lacédémoniens, qui contient la règle de la vraie foi et recommande la paix et l'unité. Ailleurs ^, il rapporte la lettre, (|ue les églises de Vienne et de Lyon écrivirent aux églises d'Asie et de Phrygie au sujet des martyrs de la Gaule. Dans la conférence tenue ti Cartilage pour la justification de l'élix et de Cécilien, nous lisons que pour obéira ledit de Dioctétien, on avait livré aux païens, avec les livres saints, les lettres 5^//i</<//o//r.v qu'on lisait à l'église. Saint Augustin éirit, en parlant des Donatistes''': « Ils apprennent des livres saints à quelles églises siiint Paul a adressé ses Kpîtres, et ils voient qu'ils n'ont aucun évèque dans ces églises. Or, cpioi de plus inqiie et de plus insensé que de dire au lecteur, (jui vient de lire ces mêmes Epitres : La paix soit avec vous^ et de rester .réparés de la paix et de la communion des églises, aux- (juclles ces Epîtres ont été écrites ? »

L'opinion commune des savants, malgré quelques contradicteurs, est que ce fut saint Jérôme, qui régla l'ordre et la série des Epîtres et des Evangiles, qu'on devait lire chaque jour au saint Sacrifice de la Messe. Il donna le litre de Co)ncs au livre dans lequel il transcrivit ces lectures ainsi 'distribuées. Pamélius l'a édité dans ses Z.i7 i<;Y/?V/i/ es '. Toutefois Corneille Schulting ^ prétend avoir vu un manuscrit du Cornes beaucoup plus complet

' Huniil. 30, in 2, ad C.urinlli. - - De >ni|»t. Kcclcsiasl. — '' Lib. \, chap. 15. - * Cap. '23. - ■• Lib. 5, cap. I. - '• Ej.isl. IGO. - " Tom. 2. - •• Bibliolti. ecclesiast. inil.

que celui de Pamélius ; il n'a pu, dit-il, le faire imprimer à cause des frais d'une pareille entreprise. Les anciens liturgistes citent cet ouvrage sous le nom de Leotionnaire, quelques-uns sans en indiquer l'auteur, d'autres, en l'attribuant formellement à saint Jérôme, et même en rappelant le titre que ce docteur lui avait donné. « Le Cornes ou le Lectionnaire que saint Jérôme a composé, » dit le Micrologue i, « Nous croyons, écrit Bernon de Richeneau 2, que saint Jérôme est l'auteur du Lectionnaire, ainsi que nous l'atteste la préface placée entête du Cornes lui-même. » Cette préface ne se trouve point dans l'édition de Pamélius. Également, Hugues de Saint-Victor dit ^ : « Saint Jérôme a composé le Lectionnaire, dont se sert aujourd'hui l'Eglise, et c'est le pape Damase qui en a prescrit l'usage. » Quelques auteurs prouvent encore que cet ouvrage est de saint Jérôme, parce que tous les Pères qui l'ont précédé, parlent seulement de la lecture de l'Ecriture sainte en général, tandis que ceux qui l'ont suivi assignent des lectures déterminées pour chaque jour. Mais qu'il y eut, même avant ce saint docteur, des leçons spéciales assignées à certains jours, c'est ce que démontre le Canon ou Cycle pascal de saint Hippolyte, sur lequel des Leçons déterminées sont indiquées dans les cases séparées. Gilles Boucher ^ a publié la traduction latine de ce cycle avec des annotations. Gruter a édité dans ses Inscriptions ^ le texte grec ; il l'avait copié sur celui qu'on avait gravé sur le piédestal de pierre, découvert, il y a une centaine d'années, dans les ruines de Rome avec la statue du saint martyr, et qui se voit aujourd'hui à l'entrée de la bibliothèque du Vatican. Saint Augustin, contemporain de saint Jérôme, nous apprend aussi que de son temps on lisait à certains jours, dans l'église d'Afrique, des Leçons fixes et déterminées. «. Votre Sainteté, écrit-il ^, se souvient que notre coutume est d'exphquer l'Evangile de saint Jean, suivant l'ordre des Leçons, mais, comme la solennité de ces saints jours, dans lesquels on récite à l'église certains passages déterminés de

< Cap. 25. ~ 2 Cap. 1. - 3 De Offici. Ecoles, lib. 2, cap. II. - * De Doctrinâ Temporum. — ^ Pag. 140. — ^ Exposit. in Epist. Joann.

rEvcingflc, a dêrairgé ctet"tfrdte,"'jé siiis cibTigé" rtidi-m^mc de m on écarter pour qirelqirè terrtps;- cependant, j'ai l'inlontion do lo reprendre bientôt. » Etplns loin ^ : (»' Nous avons interrompu, dit-il, Tcxposition de cette' Epîtrb,* parce que pendant ces Jours (le fêtes, on lisait certaines Lbçons particulières qii'il fallait expliquer. » Or, il est à croire* que les' au très égKses observaient aussi cet' usai^, qui,- dès lors, était en* viguè'ur dans l'église (l'AfTique; Quïint h saint Jérôme, ce fut ' à' i' iTistiijation du papb Dainase qu'il composa ^otiX('C/î07î^îmrp;co'potitife lé fit observera Rome, d'mHl passa dau^ies'autrôs églises/ If 'fut ordonné par le concilô de Ltiodicéc' ^ bt par' ic troisièniè coddilc ifb (larihage ^ qil'oh ne déVaitdire'dans l'église lr|ué'ir5?lhTeî*' cano»niques de 'l'Ancien et du Noureali' Testament, et 'ne point faire trsagô des autTes.Lc fjuutrièuie 'conci-le' de Tolède^ tbmmanda de fairt) H la' Méssbdcs 'lectutrS'do l'Apocalyse, depuis t^ûlpte^ •jusqu'A la'Pèniecf)te. Knfin, le preui ier concile de Hragues-^ décida (pie, durts touti^s les églises, on derait'faire les- m(>nie.S" lectures • l(^s- jours des Vigileset des fêtes; ' '••

'" C'était là coutume autre foi?; dé lil-e fEpître ci i hvangiio à 1 amî)'ott';''é'était d(Î7a àufesi que Tévêque adressait 'ses ihstriictioris au '|)(^uple ; aiissî h^s'ancièns Pères l'appellent par liorineUt*: le tribunal de l'Eglise. SaiWt Cypricn, parlant de Cécnîén,qii*ilàvdît oi'donné Lédeur après (juif eut cdrtfeW' ia foi": « Poiivions-rtôùs mieiix faire; dit-il, ^\qûO de le mettre .^ur lepupitrè", c est-à-drrè, sur 'le tribunal de l'Eglise, pour (iuc, pTa'cé sur ce lieu élevé," d'ôii t(i'ut lél)eiiple pfille v'oiY, il Mf tés précef)l(3S" eV V Évangile du 'Seigneur, (Vu^ifi^Vàlique avec l^nt de cÔutàge'ct de' fidélité'."» a 'Dé rautr(i'c(j'lé', dit saint Prudenc^e,' "^ l^ât 1c trrbànâl élevé, siir lajucl monte îuvéque et d où il 'annonce là parole 'de Dieu. ^ «'Eiifin, écrit Grégoire 'de Tours,' ^, je jette rnès regards sli'r Te tri buhàl. » Sidoine 'Appolliiiairc l'appelle A )'a dans les vcrè' siif- Vants^

• Tract. 9, ejusdoin exposit. — - Can. 5'J. — . * Clan. 'n. — ' Caii. 10. ^ Can. 20." — ^ K\). :Vi. ~ ~ î/ïynl! de s.iînrili|)i)ol. — *" tt'c^loria m'aii.. Hh. cap. 2. — '^ Carm. U<

-yt

Seu te conspicuis gradibus venerabilis arae, Concionaturum plebs sedula circumsistit*

11 avait aussi reçu le nom de Cathedra, chaire, d*où vient le nom d'église cathédrale. Ambon est un mot grec qui désigne un lieu élevé, montagneux, ou bien le sommet d'une montagne, ou enfin toute éminence qui s'élève dans une plaine; on s'en servit pour désigner la tribune de l'église, dans laquelle, outre les lectures dont nous avons parlé, on récitait les dyptiques, et d'où l'on adressait les instructions au peuple. C'est à tort que Strabon lui assigne une étymologie latine, et prétend qu'il vient d'awbiendo, aller autour. Là aussi montaient les chantres, qui devaient chanter le Graduel et les autres pièces de chant; d'où ce décret du concile de Laodicée i ordonnant que personne ne doit chanter, sinon les chantres désignés qui montent à l'ambon et chantent sur un parchemin. Le concile In ^r^6^/o 2 condamne l'abus qui s'était introduit dans quelques éghses, où des laïques montaientà l'ambon, et remphssaient les fonctions de Lecteurs et de chantres. Or, il y avait une différence entre l'Epître et l'Evangile; c'était sur le degré inférieur qu'on lisait la première, l'autre au contraire était lu sur les degrés supérieurs. « Le sous-diacre qui doit Ure l'Epître, dit XOrdo romain, ayant vu les prêtres se retirer derrière le Pontife, se rend à l'ambon pour lire ; toutefois, il ne monte pas jusqu'au degré supérieur, lequel est réservé pour celui qui doit lire l'Evangile. » Dans certaines églises, il y avait deux rangs de degrés, l'un vers l'Orient, par lequel on montait, l'autre du côté de l'Occident, par lequel on descendait. Quelquefois un côté était réservé au sous-diacre, l'autre au diacre. Des ambons, qui rappellent la forme ancienne, se voient encore à Rome, dans les églises de Saint-Clément, de Saint-Pancrace et de de Saint-Laurent extra muros. Jadis la lecture de l'Epître et de l'Evangile était une fonction du Lecteur, comme il est manifeste par les textes de saint Cyprien que nous avons cités. C'est ce que démontre également le premier concile de Tolède, ordonnant «^

' Can. 15. - ^ Gan. 33. - ^ can. 2.

— lis —

que les pénilcnls ne soionl puinl admis à faire partie du clergé, a moins que la nécessité n'exipre qu'ils soient ordonnés Portiers ou Lecteurs, encore, le pénitent aduiis à ce dernier ordre ne devra lire ni l'Epitre, ni 1 Evangile; or, cette restriction serait sans objet, si cette lecture n'eût pas été à cette époque une fonction du Lecteur. Ajoutez à cela, que dans lordiuationdu sousdiacre, telle qu'on la voit, soit dans le concile de Cartilage, soit dans celui d'Aix-la-Chapelle, soit dans VOnlo romain, on ne trouve rien qui ait Irait à celte lecture de l'Epître-, c'est ce (juc Ilallier ' et Morin- ont longuement démontré. Autrefois, l'ordination du Lecteur se faisiiit par la tradition du Leclionnaire, ce (|ui s'observe encore aujourd'hui; dans I Eglise orientale, on lui remet également le livre des Epîtres de siiint Paul, (piil lit A l'église dans les réunions publicjues. On ignore ii (luelle époque les sous-diacres ont commencé à lire l'Epître. Je pense que cela eut lieu au Vlll'' siècle. En ellél, Amalaire, qui vécut au commencement du IX' siècle, s'exprime ainsi •* : « Je me demande sur quoi s'appuie l'usage de notre église, dans laquelle c'est le sousdiacre (jui, le plus ordinairement (ce u était donc pas toujours lui), lit l'Epître à la Messe; en elfet, celti^ fonction ne lui est attribuée ni dans son ordination, ni dans les écrits canoniques. Le nom même qui lui est donné ne la suppose pas.... Mais, continue-t-il un peu plus loin, lors(|ue nos Pères curent décidé (juc l'Evangile serait lu par le diacre, ils voulurent (|ue le sous-diacre fût aussi chargé de lire lEpitre. » Toutefois, Amalaire ne dit point à quelle époque a commencé cet usage; pour moi, je crois que les diacres furent chargés de lire l'Evangile, avant que la lecture de l'Epître fiU dévolue au sous-diacre; c'est ce qui sera | démontré plus bas, (|uand nous parlerons de lEvangile. Ce que nous disions plus haut, que c'était vers le VIII'' siècle que les sous-diacres avaient commencé à lire l'Epître, est encore conlirmé par le concile de Heims, tenu en 813, dans lequel il est dit*: (( Qu'on a lu, en présence de tous, les Epîtres de saint Paul, afin

' De maleria et form. ordinal., g IG. — - Desacris ordinal., pars 3, cxercit. 12, ^ cap. 2. - ' Lib. 2, cap. 11. - * Can. i.

que les sous-diacres, dont une des (onctions est de lire l'Apôtre, apprennent à bien s'acquitter de ce ministère qui leur est confié.» Anastase nous apprend que Benoit lll, qui occupait le siège de Rome en 856, retrouva un livre perdu, « dans lequel étaient les Leçons que les sous-diacres lisent à l'église chaque jour de station. Il y fit ajouter les Leçons grecques et latines, que les sousdiacres ont coutume de réciter le Samedi-Saint et le Samedi d'avant la Pentecôte. Il orna ce volume de tablettes d'argent artistement travaillées. » Par où l'on voit que c'est de l'Eglise romaine, que les autres ont reçu cet usage. C'est ce que confirme le Micrologue quand il dit i : « Les sous-diacres sont les seuls, parmi les clercs inférieurs, auxquels l'autorité de l'Eglise romaine permette de lire l'Epître pendant la Messe étant revêtus des ornements sacrés. Toutefois, cette fonction ne leur vient pas de l'ordination, mais c'est une concession qu'on a bien voidu leur faire. » Anciennement, dans plusieurs églises, l'Epître était précédée d'une Leçon tirée des prophètes, ce qui s'observait surtout aux fêtes solennelles, pour lesquelles le Cornes de saint Jérôme assigne en elïét diverses prophéties. On en rencontre encore aujourd'hui dans quelques Missels, qui sont indiquées pour la Vigile de Noël et pour les trois Messes de cette fête. Raoul de Tongres atteste ^' que ces dernières existaient également dans le Missel romain, avant la réforme des Franciscains. Ce rite est observé tous les jours dans les liturgies ambrosienne et mozarabe. 11 fut également en vigueur dans les Gaules avant l'adoption du Missel de Rome; Grégoire de Tours le témoigne. « Il advint, écrit-il ^, que ce Dimanche, après la prophétie, comme celui qui devait lire l'Epître était devant l'autel. » Quant à l'EgUse d'Orient, Pachymère nous apprend qu'elle observait également cet usage. En effet, voici .ce qu'il dit dans son exposition sur la Hiérarchie eccUsiastiquG de saint Denis ^ : « Ces lecteurs font ensuite la lecture de l'Ecriture sainte, des Prophètes, de l'Apôtre et du saint Evangile. » A la fin de l'Epître, les ministres répondent, au nom de tous les assistants : Deo gratias. Cette formule est fort

' Cap. 8. ~ 2 prop. 23. - « Miracul. sanct. MarU. lib. 1, cap. 5. - ^ Cap. 3,

ancienne, puisque saint Basile en l'ait mention * comme d'une prière fréquemment répétée par les religieux, et que saint Augustin 2 reproche aux Donatistes de se railler du Dco grattas des catholiques.

Tandis qu'après la lecture de lEpître le diacre se prépare à lire l'Evangile, le chœur chante un Répons nommé Graduel^ appellation qui vient, non des degrés de l'autel, comme le pensent quelques auteurs modernes, mais des degrés {gradibiis) de l'amhon ou pupitre, ainsi que nous l'apprend lOrdo romain : « Après l'Epître, dit-il, ceux qui doivent chanter le Graduel ou Y Alléluia se mettent sur les degrés inférieurs du pupitre. « On lit également dans une ancienne explication de cet Ordo ^ ; « Le Répons qu'on chante à la Messe, s appelle Graduel pour le distinguer des autres; ce nom lui vient de ce qu'on le chante sur les degrés, tandis que les autres se chantent où l'on veut. » Amalaire s'exprime dans le même sens : « Le Lecteur et le Chantre, dit-il, montent sur le degré, selon l'ancienne coutume. » Quant au nom de Répons, il vient de ce que celte sorte d'antienne doit répondre et concorder à la Leçon, ou, suivant Raban-Maur'', de ce que, lorsqu'un Chantre cesse, l'autre reprend, ou répond. Sdinl Isidore assure ^ que les Répons ont commencé en Italie; mais il ne dit point ((uel en est l'auteur, et à quelle époque ils ont commencé. Il en est qui prétendent que ce fut le pape Céleslin qui les institua; d'autres disent que ce fut saint Grégoire. Du reste, il est vrai que ce fut ce dernier (jui, dans son Anltplionaire, les distribua par ordre, indicpiant ceux (ju'on devait chanter dans les diirérentes Messes de 1 année; mais l'usage de chanter quehjues versets des psaumes, ou un psaume tout entier entre l'Epître et l'Evangile, est bien antérieur A saint Grégoire, au moins dans l'Eglise d'Afrique, ainsi qu'il résulte de plusieurs témoignages de saint Augustin. En effet, ce saint docteur énumère ^» ce qui a été dit dans l Epitre, dans le Psaume et dans l'Evangile. Ailleurs ' :

* Rc^Mil,. cap. Gd. — 2 In psal. 13'2, — " Ap. Cass. in Lilurf,'., cap. 21. — *• Lib. 1, cap. ;î3. — » De Kccl. ofTiC; lil». 1. cap. 8. — " Scrm. 33. de Veibia pomili. — ' Serm, 8, île Verb. Ajwsl.

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« Nous venons d'entendre, dit-il, l'Apôtre, le Psaume, l'Evangile; toutes ces divines Ecritures concordent parfaitement. » Ailleurs encore i : « Nous avons, dit-il, écouté la lecture de l'Apôtre, ensuite nous avons chanté le Psaume, puis l'Evangile vient de nous raconter la guérison des dix lépreux. » La plupart des Liturgistes anciens et modernes, en parlant de l'antiquité du Graduel, s'embarrassent dans une difficulté assez sérieuse, à cause d'un décret du quatrième concile de Tolède, tenu en 633, sous le pontificat d'Honorius. En effet, ce concile, encore que saint Grégoire le Grand eût depuis longtemps prescrit le chant du Répons après la lecture de l'Epître, ce concile, dis-je, ordonne 2 que l'Evangile suive immédiatement l'Epître, sans qu'aucun Répons vienne les séparer. Voici le texte : « Dans certaines églises d'Espagne, on a coutume de chanter des Louanges après l'Epître et avant l'Evangile. C'est donc grande témérité de mettre avant ce qui ne doit être placé qu'après ; car ces Louanges suivent l'Evangile pour la glorification de Jésus-Ghrist, glorification, da reste, annoncée par l'Evangile lui-même. Qu'à l'avenir donc tous les prêtre* gardent fidèlement cet ordre, et nous menaçons d'excommunication ceux qui oseraient encore l'interveTtir. » Bernon'de Richenau croit ^ que le Graduel commença vers cette époque, que les Espagnols, choqués de cette nouveauté, voulurent y résister, et qu'ensuite il fut réglé par l'autorité de l'Eglise romaine, que le Répons et Y Alléluia seraient chantés avant l'Evangile. Cette pratique de l'Eglise romaine, ajoute Strabon ^, fut ensuite reçue dans toute l'Eghse latine. C'est ainsi que tous, par ignorance de fait, tournent cette difficulté sans la résoudre. Le Canon cité se rapporte au rite mozarabe, dont se servaient alors les éghses d'Espagne, et dont elles firent encore longtemps usage, et parce que quelques prêtres s'avisaient de lo modifier, les évêques de ce concile, que présidait saint Isidore de Séville, eurent raison de mettre un terme à cette licence. Relativement aux Louanges qu'on chantait anciennement après l'Evangile, dans le rite mozarabe, ce n'était point le cantique des

• Scrmo 10, de Vorb, Apost, - ^ Can. 12. - " Cap. 1. - * Cap^^,

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ST. r.'lCHAEL'S ^

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