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Trois-Enfanls, comme l'enseigne Garzias dans son Commentaire sur ce Canon, mais un verset avec Alléluia, presque conforme à celui ([ui, dans le rite romain, se chante apr^s le Répons. Quant au Répons, les églises d'Espagne le chantaient après la lecture de l'Ancien Testament, (|ui, dans la Liturgie, avait lieu avant l'Epllrc. On répondait : Amen, après l'Epître, et immédiatement suivait l'Evangile. In usage presque identique se retrouve dans le rite amI)rosien, car après la Leçon tirée de l'Ancien Testament, on chante ce qu'ils appellent Psalmcllc, morceau qui répond au (iraduel romain; mais cela n'empêche piis que dans ce rite on ne chante encore un verset avec V Alléluia après l'Epftre. Chez les .Maronites, apns la lecture de l'Apc^tre, le célébrant dit cette I)rière : ^ (lloire soit rendue au Dieu de saint Paul, des Prophète- « et des Apôtres. Que la miséricorde du Seigneur .<îoit sur le^ « Lecteurs et sur les auditeurs, sur cette cité et sur tous .se< « lial)ilants dans tous les siècles. Amcju Alléluia. Alléluia. « ApjHjrtez des offrandes, entrez dans le temple du Seigneur • adorez-le dans h; sanctuaire de sa sainteté, et confcisoz en l< « bt^nissanl le nom tout-puissant de celui «pii vous donne la vie. « Alléluia. »
Au traité de la clirine Psalmodie'^, j'ai rassemblé plusieurs témoignages au sujet de V Alléluia. On le chante, A certaines épo(|ues de l'année, ii la suite du Répons et on l'accompagne d'un Verset. Dans le temps pa.scaL on omet le Répons et on ne chiinte (pie V Alléluia avec son Verset. L'auteur i\u Livre de la vie et de la mort des Prophètes, édité parmi les ceuvres de saint Epiplian(\ dit que le pro|)hele Aggee est lepnNuiercpn ait fait enlendr» y Alléluia, lors(ju'il eut vu la reconstruction du temple. Mais |r Psautier nous montre (pie ce fut David qui le premier chanl.i cette hymne. Cassiodore dit à ce sujet ^ : <^ C'est donc à ce psaum» que remonte I origine de cette sainte et glorieuse parole; bien que plusieurs écrivains hébreu.v eussent (l(»j.1 composé He> ouvrages, elle ne se lit nulle part ailleurs. C'est le souhait d» l'Eglise, la joie de nos saintes .solennités; elle embellit les modu
• (.hap. Ib, 11. - ' In I*!>al. iUi.
lations des Chantres, elle retentit dans les palais du Seigneur, et, comme si la foi ne pouvait s'en rassassier, des tropes nombreux et variés le répètent toujours avec un nouveau charme. » L'Aileluia se lit aussi dans le Livre de Tobie i ; je ne sache pas que ce mot se rencontre autre part dans tout l'Ancien Testament; mais dans le Nouveau, saint Jean nous apprend, dans son admirable Apocalypse 2, qu'il a entendu dans le ciel des chœurs des vertus célestes chanter Y Alléluia^ afin de nous montrer que c'était du ciel que l'Eglise avait reçu ce noble et saint cantique. Quelques auteurs, s'en rapportant à Sozomène ^, ont cru que l'Eglise romaine ne chantait V Alléluia que le jour de Pâques; c'est un des reproches que Michel Gérulaire adresse aux Latins. Le cardinal Humbert, dans sa Réponse, dit que nous le chantons toute l'année, à l'exception des neuf semaines qui séparent la Septuagésime de Pâques, exception fondée sur l'usage que nous ont transmis nos pères. Saint Augustin assure que sur ce point les coutumes des diverses églises étaient différentes. « Ce n'est pas, dit-il ^, un usage universellement observé dans l'Eglise, qu'on ne chante V Alléluia que pendant cinquante jours; car, si partout on le chante pendant ces jours, il est des lieux où c'est l'usage de le chanter encore dans d'autres temps. « 11 dit ailleurs ^ : « Que didinierV Alléluia solennellement à certains jours est une coutume qui repose sur l'ancienne tradition de l'Eglise. « Saint Grégoire nous apprend ^ que quelques-uns avaient murmuré, de ce qu'il avait commandé de chanter Y Alléluia après le temps de la Pentecôte; il répond ainsi à leurs plaintes : « Que Y Alléluia doive être dit dans le temps que j'ai marqué, c'est un usage établi, au temps du pape Damase, par saint Jérôme qui l'avait .emprunté à l'église de Jérusalem. » Ce qu'on doit entendre en ce sens, qu'alors seulement on prescrivit de chanter pendant l'année YAllehoia^ qui jusque-là ne s'était chanté que pendant ce temps pascal. Mais pourquoi ne le dit-on pas pendant les neuf semaines dont nous avons parlé plus haut? C'est ce dont les
« Cap. 13. - 2 Cap. 19. - ' Lib. 7, cap. 19. - * Epist. 119, cap. 17, - ^ In Psal. 106. - « Lib, 7, Epist. 63,
écrivains ecclésiastiques donnent plusieurs raisons. Théophile Renaut les a toutes résumées dans son Traité De aitnbutis Christi K Au temps de saint Benoît, on n'omettait Y Alléluia qu'au commencement du Carême, ainsi qu'on le voit par la Règle de ce saint patriarche 2; mais peu de temps après s'établit la coutume de l'omettre depuis la Septuagésime, comme il appert par l'Antiphonaire de saint Grégoire, dans lequel, au lieu de V Alléluia, est indiqué un Trait composé de quelques Versets, ou même d'un psaume tout entier. Ce nom vient de Trahendo, traîner, parce qu'on le chante en traînant, gravement et en allongeant les notes. « Lorsque nous chantons \ Alléluia, observe l'abbé Rupert^, c'est une jubilation plutôt qu'un chant que nous faisons entendre. Nous prolongeons les neumes sur une syllabe de ce mot admirable, pour que l'esprit étonné soit rempli de cette suave harmonie, et ravi là où les saints triomphent dans la gloire et se réjouissent sur leurs trônes. » Sous ce nom de Neume, les musiciens désignent les notes prolongées, qu'on chante à la fin de Y Alléluia, et dont parle saint Bonaventure, quand il dit ^ : « Nous avons coutume de chanter une longue suite de notes à la fin de Y Alléluia sur la^yllabe A, pour rappeler la joie des saints qui est interminable et inefTable. » — « La modulation du chant de Y Alléluia, dit Etienne d'Autun ^, exprime les louanges que les fidèles adressent à Dieu et les actions de grAcesavec lesquelles ils soupirent vers les joies éternelles. La parole est courte, mais les sons sont longtemps prolongés. y> Les anciens appelaient yWW//ïtion^ cette longue suite de notes sans paroles, qui se trouvent à la fin de l'Alleluia. D'autres les désignaient sous le nom de srrjuences, parce qu'elles sont comme une suite, un complément de cette hymne. Amalaire rappelle ces deux noms. « Cette
' Secl. 2, cap. 11, num. 294 et seq. — ' Cap. 15. - ' De Divin oIT. lih. 1, cap. 35. - * De Exposition. Miss., caj». 2. — ^ De Sacrani altar., cap. 12. — •» « La jubilation, dit saint Augustin, est un son de joie sans paroles. » (In Psal. 90). Et ailleurs : « Cette jubilation est un langage inefTable ; et î\ qui peut-on mieux adresser un tel langage qu'à Dieu, qui est lui-même inofTaMe ? S'il faut le louer, les paroles nous maniiuenl. Que nous reste-t-il donr que de nous laisser aller à la jubilation, afin que le cœur se réjouisse sans paroles, et que l'étendue de l'amour ne soit point restreinte par des svllabes. » (In Psaj. 32).
jubilation, dit-il i, que les Chantres nomment séquence, rappelle à [lotre esprit cet état bienheureux dans lequel nous n'aurons plus besoin de paroles, mais où la pensée seule fera connaître ce qu'on i dans l'esprit. » Egalement, VOrdo romain indique ces noms. :( Vient ensuite, dit-il, la jubilation qu'on appelle séquence. »
C'est de là que le nom de séquences fut aussi donné aux ^roses, que l'on chante quelquefois dans l'Eglise romaine, et 3lus souvent dans d'autres, après VA lleluia^ parce qu'elles tenaient ieu de séquences. « L'abbé Notger, dit Raoul de Tongres ^', a composé quelques séquences pour remplacer les neumes de 1'^/- IcMa. » Et peu après il ajoute : « On ne doit retrancher la jubiation ou les neumes du Graduel et de Y Alléluia^ que lorsqu'elles loi vent être remplacées par le chant d'une séquence. » — ;< Lorsqu'on doit chanter une séquence, dit Hugues de Saint- ^^ictor 3, le dernier Alléluia n'a point de neume; elle est remplacée par la séquence. » — « On ajoute la séquence, dit Guibert le Tournai ^^ et l'on ne prolonge point le second Alléluia; la séquence en tient lieu. » Corneille Schulting parle longuement les auteurs de Proses ou séquences 5, et donne son opinion, sur lacune, opinion qui n'est pas toujours exacte. En effet, il prétend que plusieurs ont été composées par les papes saint Gelase 3t saint Grégoire et par d'autres Pères. Or, le style même de ces Proses démontre qu'elles sont l'œuvre d'auteurs plus récents. Le ïentiment commun est que ce fut l'abbé Notger ^ qui le premier composa des séquences, et qu'il offrit à Lituvard, évêque de Vermeil, un volume dans lequel il les avait réunies; c'est ce que
' Lib. 3, cap. 16. - 2 Proposit 23. - -■ De Myst. Eccl., cap. 7. — -^ De Officio Episcop., cap. 23. -- ^ Biblioth. Eccl., tom. 1, pars 2, cap. 6 et 7. — s « Une précieuse découverte faite par l'abbé Lebœuf dans un manuscrit de la bibliothèque du roi, fait remonter plus haut l'institution des tropes qui, à le bien prendre, ne formeiit point un genre différent des séquences. C'est un exemplaire du Liber Vontificalis, à la suite duquel se trouve une Vie du pape Adrien II, plus complète que dans les manuscrits édités. On y lit que ce pontife ordonna que, même dans les monastères, à la messe solennelle, aux princii)ales fêtes, on chanterait non-seulement le Gloria in excelsis, mais encoi'e après l'Introït ces hymnes intercalées que les Romains appellent : Festivœ laudes et les Français Tropes. Le même pape voulut aussi qu'avant l'Évangile on chantât ces mélodies qu'on appelle séquences, et comme, ajoute la chronique : « Ces chants festifs avaient été premièrement
raconte le moine Ecchérard dans la vie de cet abbé K On dit qu'Adam de saint Victor, qui vécut au XIP siècle, en composa également un grand nombre. Dans la suite, elles se multiplièrent à l'inGni, et parmi elles il s'en trouva de ridicules et d'absurbcs. En elTet, on n'avait pas sur ce point observé les décrets du concile de Milève et du troisième concile de Carthage, qui défendaient de rien réciter, dans l'office public à l'église, qui n'eût été auparavant approuvé en concile, et cbacun voulut introduire des choses de sa façon, parce que, dit Raoul, tout homme se complaît dans ce qui est son œuvre. L'église de Lyon en a de particulières presque pour toutes les Messes. Le Missel de Norwége et ceux de quelques autres églises en contiennent également qui leur sonl propres. Jod Clictovée en a transcrit le plus grand nombre 2. Dans l'Eglise romaine, on n'en chante que quatre, à savoir : celle du jour de PAques, qui commence par ces mots : Victimœ paschali, dont l'auteur serait Notger, suivant un savant moderne 3; la seconde est celle de la Pentecôte : Vcni, sancte Spiritus, qu'on attribue généralement au roi Robert, bien que quelques-uns lui assignent pour auteur IlermannusConlractus; la troisième, composée par saint Thomas d'Aquin, est le Lauda, Sînn, Salvatorem., qui se chante au jour de la fête du Saint-Sacrement; enfin, l'autre est celle de la Messe des morts : Dics ûw, dics illa, attribuée à divers auteurs. Léandre dit qu'elle fut composée par le cardinal Ursin, de l'ordre des Frères prêcheurs. Luc Wadding pense qu'elle est l'œuvre du franciscain Thomas de Celano. D'au 1res écrivains cités par Wadding l'attribuent, les uns k saint Bonaventure, les autres à Mathieu Aquaspartanus qui, dégénérai des Frères m i-
« établis par le seigneur (iré::^oire I", cl plus lard par Atlrion, aide de lalihé « Alcuin, ami du grand empereur Charles, tpii prenail un singulier plaisir à cesclianla. « Mais comme ils tombaient déjà en désuétude ,par la néjiligence des chantres, « l'illustre pontife, dont nous parlons, les rétablit en l'honneur et gloire de N. S, u J.-C, en sorte cpie désormais on cra|do\a pour les chants de la messe solennelle « non ptus seulement le Livre des Antiennes, mais aussi le Livres des Tropes. • Il résulte de cet important passage <|ue les séquences existaient déjà au temp» d'Adrien II, qui sié{.'ea en 8G7, et que ce pa[>e en renouvela l'usage déjà an( ien. (V..Dom Guerang, lost. Liturg., tom. l", pap. 2G0.) — ' Cap. 16, et seq. apud Goldas». Rcnim Alatnan, lom. 2. — -' Klucidatorium, lib. i. — ' Hcrrera de orig,, et jirogress. riluum Mis. lib. 2, cap. 12.
ncurs, fut élevé au cardinalat. Possevin dit i qu'on l'attribue à Augustin Bugel, piémontais de l'ordre de Saint-Augustin, et il ajoute que le véritable auteur est Hurabert, général des Dominicains. Arnold Uvion 2 assure qu'il est des auteurs qui la font l'œuvre de saint Grégoire; enfin, d'autres veulent que saint Bernard en soit l'auteur 3. Pierre Gavel observe ^ que c'est à tort qu'on récite cette séquence à la Messe des morts, parce que cette Messe ne doit avoir ni Alléluia^ ni séquence, puisque ce sont des cantiques de joie; ce qui peut se prouver par ce que nous avons dit plus haut, que les séquences avaient été substituées à la neume qui suivait Y Alléluia. D'où l'on peut conclure que le Dies irx ne doit point être attribué à un des anciens docteurs, mais à quelqu'auteur plus récent, vivant à l'époque où des changements commencèrent à s'introduire dans les rites ecclésiastiques. Dans la vie de Paul, abbé de Saint-Alban, les Proses sont appelées Troparia.
Dans l'Eglise grecque, la lecture de l'Epître se fait avec d'autres cérémonies que dans l'Eglise latine : après des antiennes et des oraisons, on chante le Trisogion,. puis V Alléluia avec deux versets tirés des Psaumes, versets qu'ils nomment Prokeiinenoîi ; ensuite on lit l'Epître, après laquelle le chœur chante de nouveau \ Alléluia. ^
' In Apparat, sacro. — - Lign. vit., liber 5, cap. 70. — ^'* Aux quatre Proses, dont on vient de parler, il faut ajouter le Stabat Mater, récenomeut inséré dans le Missel Romain, et qui se chante le jour de la Compassion de la sainte Vierge. ïl est attribué à Innocent III par les uns, à saint Bonavenlure par d'autres, enfin, quelques auteurs' pensent qu'elle est l'œuvre du bienheureux Jacques de Benedictis. (Fornici inst. Liturg. cap. 24.) — ^ Lib. 2, cap. 115.