‹ De la liturgieChapitre 7 sur 21 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Que (lôs le temps <1oh Apôlro» on linstlt PKvmif^ile ù Pé^llMO. — 0<^ iK* fut 4|ii4' pliiM tnni 4|ii(^ les <lin4*r4''(4 i*ui*<'iit t'Iiiii'fçért *1«* oett«» looliii'e. — I>ivoi*i>i rltOH <»l>Morv<^H pur eoux. (|ul lisent et ceux cfiii ^eoiitent*

— lI«>iiii4'iii*M i*4'ii4liiM nu livi*«^ cleM I\vitii;;^ile8 ù l*é- KliH<% (likiiM les conciles, en public et en piirtieiiller.

— Aiiel*'!! uHfi;;e «les MoIncH» — Éîkernioiis, lioniélles, ni<»iilll<»iiM riilles fkii peiipl*' sipr*''»* Pl-I\ iiii^Ile. — <^ii(^l<|iieH niotH Miii* l*ikbM4>liiti(»ii solennelle des p«'nlleiits.

Que l'usage de lire les Evangiles à l'église remonte à la plus haute antiquité, c'est ce dont conviendra facilenient quiconque a parcouru les écrits des anciens Pères. On commença à les lire dans les assemblées puhJiiiues des fidèles, aussitôt qu'ils furent composés. C'est, en eflet, ce que saint Paul insinue de l'Evangile de saint Luc, quand, parlant du frère (jui l'accompagne dans ses voyages, et il ajoute ' : Cujus laus est in EvanycHa pcr omnes cœlcsias, paroles (ju'on doit entendre, non pas de saint Barnabe, comme font les Grecs, mais de Saint Luc, ainsi que l'allestent saint Jérôme et d'autres saints docteurs. Saint Ignace, martyr, favorise ce sentiment, car, dans sa Lettre aux Ephésiens, il emprunte les paroles même de saint Paul, quand il dit : • Ainsi le témoigne saint Luc : Cujus laus est in EvangeliA». » Eusèbe parle d'une manière plus claire ^; après avoir dit que saint Marc écrivait son Evangile à la prière des fidèles de Rome, il ajoulr : « Ce que saint Pi(3rre a\fint connu par une révélation de l'Esprii- Saint, heureux ilc voir les bons sentiments de ces fidèles, i approuva de son autorité l'ouvrage de saint Marc, afin (|u'on le

ad r.orinU»., ca|>. 8. - • llisl. Eccl., lib. '2, cap. 15.

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lût désormais dans les églises. C'est ce que rapporte Clément, dans le VP Livre des Institutions, et ce que confirme encore le témoignage de Papias, évêque d'Hiéraple. » Ainsi s'exprime Eusèbe, avec lequel, en ce qui concerne la lecture de l'Evangile à l'église, sont d'accord saint Justin martyr, saint Cyprien, que nous avons cités au Chapitre précédent, et bien d'autres Pères, dont il serait superflu de rapporter les paroles dans une chose si évidente. Qu'on n'oppose point le XVP Canon du concile de Laodicée, qui prescrit de lire l'Evangile avec les autres Ecritures le jour du Samedi; car, peut-être que, dans cette province, c'était l'usage de le lire seulement le Dimanche, le Mercredi et le Vendredi, qui alors étaient plus solennels que les autres jours, et dans lesquels, ainsi que nous l'avons dit ailleurs, on célébrait le saint Sacrifice, et que, par ce décret, ces Pères ont eu l'intention d'étendre cette lecture au Samedi; peut-être aussi y eut-il quelque raison particulière à cette contrée, raison que nous ignorons, qui motiva cette ordonnance. Le premier concile d'Orange, tenu sous Léon P'", ordonna i que les Evangiles, qu'on ne Usait auparavant qu'en présence des fidèles, seraient lus aussi devant les catéchumènes. Le concile de Valence, en Espagne, décida également 2 : « Que les saints Evangiles fussent lus avant l'offrande et pendant la Messe des catéchumènes, après la Leçon de l'Apôtre, en sorte que les salutaires préceptes de. Notre-Seigneur Jésus-Christ, ainsi que les instructions du prêtre, puissent être entendues, non-seulement des fidèles, mais des catéchumènes, des pénitents et même de ceux qui n'appartiennent point àl'Eghse; » c'est-à-dire que l'Evangile, qu'auparavant on lisait après la sortie des catéchumènes et des autres qui ne devaient point assister aux mystères, fût lu désormais en leur présence et qu'ils pussent l'entendre. Qu'on n'objecte pas non plus ce que dit saint Grégoire dans sa Lettre à Jean de Syracuse, à savoir : Que l'usage des Apôtres était d'offrir le saint Sacrifice en récitant seulement l'Oraison dominicale, d'où Morin conclut ^ que pendant I plusieurs années, on ne lut point l'Evangile au saint Sacrifice de

' Can. 18. — 2 Can 1. — ^ Pars exercit. 9, cap. 1, n° 12.

la Messe. En eiiet, ceci doit s'en tendre seulement des années qui précédèrent la composition des Evangiles, autrement il faudrait dire que saint Clément et Papias, qui vivaient du temps des Apôtres, auraient avancé une fausseté; car nous avons vu qu'au témoignage d'Eusèbo, ils assuraient que l'Evangile de saint Marc, ayant été approuvé par saint Pierre, était lu dans les églises; ce qui, sans aucun doute, dut également avoir lieu pour les Evangiles de saint Matthieu, de saint Luc et de saint Jean. Et de fait, puisque les Ecritures, d'après l'antique usage de la Synagogue, étaient lues dans les réunions, la piété des fidèles envers le Seigneur, leur amour pour le divin Rédempteur, nous portent à croire qu'ils durent, dès le commencement de l'Eglise, lire publiquement l'histoire de sa vie, écrite, sous l'inspiration de Dieu, par des hommes de la plus respectable autorité. Cette lecture fut dès lors une fonction sainte, et pour la remplir on institua l'ordre des Lecteurs, qui, ainsi que nous l'avons démontré ailleurs, furent chargés de lire publiquement dans l'église et l'Evangile et les autres Ecritures; ce qui eut lieu jusqu'à ce que, dans la suite des temps, la lecture de l'Epilre eût été dévolue aux sous-diacres et celle de l'Evangile aux diacres. Il est certain que ces derniers lurent l'Evangile, longtemps avant que les autres n'eussent été chargés de l'Epître; car ce n'est qu'à la fin du VllI' siècle, qu'on trouve des témoignages qui attribuent cette fonction au sousdiacre, tandis que des auteurs fort anciens nous apprennent que l'Evangile était lu parles diacres. C'est ce qu'on voit dans les Constitutions apostoliques K « Comme diacre, vous lisez l'Evangile de Jésus-Christ, » écrit saint Jérôme à Sabinus. Le concile de Valsons, tenu en 5'iO, le second suivant les uns, le troisième suivant d'autres, s'exprime ainsi ^ : « Si quelqu'infirmité empêche le prêtre de prêcher par lui-même, qu'il fasse lire par leS' diacres les Homélies des saints Pères 3. En effet, si les diacres sont dignes de lire les paroles que Notre-Seigneur a prononcées dans l'Evangile, pourquoi seraient-ils indignes de réciter publi-l

' Lil). 2, cap. 57. — 'Can.2. — " Cet usage de faire prêcher les lutmélics des] saints Pères par les diacres, nous explicpie pourquoi, en lète de ces homélies, dans les

iement les explications que les saints Pères en ont données? » tint Isidore dit i qu'évangéliser est une fonction du diacre. )zomènes atteste 2 que le livre des saints Evangiles n'était lu ins l'église d'Alexandrie que par l'archidiacre, dans d'autres ir les diacres, et dans plusieurs par les prêtres seulement, et j'aux fêtes solennelles c'était l'évoque lui-même qui le lisait. )utefois, les savants observent que ce n'était point par leur •di nation que les diacres étaient chargés de la lecture solen- 3lle de l'Evangile. Bien que les anciens Sacramentaires disent l'ils remplissaient cette fonction, on ne voit pas cependant, ms le rite de leur ordination, que nulle part on leur ait au trois remis le livre des Evangiles, ni qu'on ait prononcé la formule ijourd'hui en usage : Recevez^ au nom du Seigneur^ le pouvoir ? lire V Evangile dans V Eglise de Dieu, tant pour les vivants le pour les morts. » Bien plus, quoique cette formule se lise ms VOrdo romain, elle manque néanmoins dans plusieurs majscrits, et Durand dit ^ qu'elle n'existait pas dans le Rituel de église du Puy, dont il était évêque, et qu'iU'ajoutâ de sa main la marge, afin que son église se trouvât d'accord avec les itres. Et qu'on ne dise point, avec quelques scholastiques, que était une erreur particulière à ce diocèse, car, à cette époque, usieurs églises concordaient avec lui sur. cet article. Or, la dson pour laquelle les anciens Pères chargèrent les diacres de re l'Evangile, vient de la sainteté et de la majesté de ce Livre Lcré qui, réclamant un profond respect et une grande vénéraon, a toujours été lu avec pompe et appareil; il était donc con- 3nable et parfaitement convenable à la sagesse ecclésiastique, ii'une fonction aussi importante ne fût plus confiée aux Lecteurs, ni, le plus souvent, étaient ordonnés fort jeunes, mais qu'elle it 'dévolue arux diacres, que leur ordre rapprochait davantage 3 la dignité du sacerdoce.

L'Ordo romain décrit ainsi les cérémonies avec lesquelles

iciens manuscrits, on rencontre souvent la formule dont on se servait pour demander bénédiction, les diacres ne pouvant les lire ou les prêcher devant le célébrant, sans oir demandé et obtenu la bénédiction. — ' De Divin, off., lib. 2, cap. 8.— 2 Hjst^ ccl., lib. 7, cap. 19. — ' 4, Sent, distinct. 24, qu. 3.

anciennement on chantait lEvangile : « Le diacre ayant baisé les pieds du pontife et demandé sa bénédiction, vient devant l'autel; il baise le livre des Evangiles, prend dans ses mains le livre dans lequel il doit lire, et appuyant le bout sur son épaule droite, il se rend àl'ambon. Deux sous-diacres le précèdent, soit avec deux encensoirs, soit avec un seulement; ils lèvent le couvercle de l'encensoir, que tient le dernier sous-diacre, et y mettent de l'encens. Deux accolytes portant des cierges l'accompagnent; arrivés auprès de l'ambon ils se séparent, afin que les sous-diacres et les diacres, avec l'Evangile, puissent passer au milieu d'eux. Les deux sous-diacres portant les encensoirs montent à lambon, avant l'Evangile, et, descendant aussitôt par l'autre côté, ils reviennent se placer près des degrés où doit descendre le diacre. Celui d'entre eux qui n'a pas d'encensoir présente son bras gauche; le diacre y dépose le livre des Evangiles, pour(|ue le sous-diacre d'olfice puisse l'ouvrir à l'endroit qu'on doit lire. Lors(|ue le livre est ouvert, le diacre monte sur le degré supérieur de l'ambon, et dit : Dominus vobiscum. Alors li; pontife, le clergé et tous les fidèles se tourvent vers l'Orient. Le diacre continue : Scquoilia sancti EvawjcUi; il fait ensuite le signe de la croix sur son front et sur sa poitrine; l'évéque et • le peuple en font autant, et tous se tournent vers le lieu où se lit l'Evangile. A ce moment tous déposent leurs bâtons^ et on ne garde sur sa tète ni couronne, ni aucun autre ornement. Le diacre se tourne vers le midi, parce que c'est là que les hommes sont réunis; autrement, il se tourne vers le nord. Pendant qu'on chante l'Evangile, les acolytes déposent leurs chandeliers sur le pavé, jusqu'à ce que ce chant soit terminé. Quand la lecture de l'Evangile est finie, le peuple fait de nouveau le signe de la croix, le diacre descend, un sous-diacre reçoit le livre des Evangiles, qu'il tient devant sa poitrine par dessus sa chasuble; il le porte à baiser à l'évêque, aux prêtres suivant leur rang, à tout le clergé et même à tout le peuple; après quoi le volume est remis à sa place. » Jai voulu transcrire tout au long ce passage pour •montrer, réunies dans quelques lignes, les diverses cérémonies

qui accompagnaient anciennement la lecture de l'Evangile. On y trouve plusieurs choses dignes de remarque : d'abord le diacre, avant de lire, demande la bénédiction au célébrant, c'est-à-dire la permission de lire. « Car, écrit l'abbé Rupert i, personne ne doit usurper la fonction de prêcher, sans en avoir la mission et la permission, et comment pourront-ils prêcher, ceux qui n'ont point reçu de mission ? » Or, cet usage de demander la bénédiction avant de faire une lecture publique est fort ancien, puisqu'on trouve dans certaines Homélies manuscrites cette ancienne manière de la demander : Bénissez-moi, mon Père 2. Quant à la bénédiction ordinaire : Que le Seigneur soit dans votre cœur et sur vos lèvres, etc., elle se lit dans la troisième Messe du même Ordo romain. Aujourd'hui le diacre porte d'abord le livre des Evangiles sur l'autel, puis, s'agenouillant sur le degré inférieur, il récite la prière Munda cor meum. Ensuite il prend le livre sur l'autel, demande la bénédiction au célébrant et, après lui avoir baisé la main, il se rend au lieu où il doit lire l'Evangile. La prière, Munda cor meum^ se voit presque textuellement dans la Liturgie de saint Jacques; on la récite avant l'encensement. En parlant du saint Sacrifice, Ethérius et Béat^ disent : « Lorsque le diacre prend l'Evangile sur l'autel, il dit : Laus tibi^ et tout le peuple répond : Laus tlbi^ Domine Jesu Çhriste^ rex œternœ glorix. » Le livre étant pris sur l'autel, on s'avance processionnellement jusqu'à l'ambon; des cierges allumés précèdent en signe de joie et d'allégresse; ce rite, attaqué par Vigilance, fut vigoureusement défendu par saint Jérôme. D'après l'usage, on porte également de l'encens, comme on le voit dans les plus anciennes Liturgies. Dans quelques églises, observe Durand ^, on porte aussi la croix. Les sous-diacres et les autres ministres

' Lib. 1, cap. 12. — '^ Benedic, Pater, plus tard on a dit 5enedzcîïe, ce qui a lieu lorsque le diacre prie le célébrant de bénir l'eau. Cette coutume de parler au pluriel aux personnes qu'on respecte, inconnue jusqu'au temps de saint Jérôme et de saint Augustin, qui, on écrivant aux souverains Pontifes, leur disent : Tua sanctitas, semble avoir pris naissance vers la fin du v^ siècle, car saint Grégoire le Grand en fournit de nombreux exemples. Il écrit à des évêques ; Beotitudo vestra, Reverentia 'Cestra. Dans la confession de Cluni, citée plus haut, au lieu de : Et tibi, Pater, on lit : Et Vohis, Pater. — ^ Advers. Elipand., lib. 1. — ■* Rational., lib. 4, cap. 24,

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marchent dans l'ordre indique par les Rituels. Chez les Grecs, cette procession, qu'ils appellent entrée du saint Evangile^ se fait avec beaucoup de solennité. Le prêtre, prenant sur l'autel le livre des Evangiles, le remet au diacre, et tous deux, sortant du sanctuaire par la porte septentrionale, se rendent au lieu désigné, où le prêtre récite i Oraison de l'entrée. Alors le diacre demande au prêtre de bénir la sainte entrée : Benedic sanctum introitum; après quoi il s'approche de l'évoque ou du prêtre et lui présente le livre à baiser. On chante un module, après lequel le diacre élève et montre le saint Evangile en disant : Saplentia. Becti; puis il dépose ce livre sur l'autel. On récite alors quelques oraisons, quelques bénédictions; on ht l'Epître, et le diacre, dans cet intervalle, placé à la porte du sanctuaire, redit jusqu'à cinq fois : Attendamus. Bientôt il encense l'autel, reprend le livre des Evangiles, reçoit la bénédiction, et, après avoir fait une profonde inclination à l'Evangile, il se rend à l'ambon, précédé de llambeaux et d'encensoirs. Le prêtre dit à haute voix : Sapientia. Rccti. Audianius sanctum Evangellum ; (Voici les oracles de ^ la sagesse. Debout, écoutons le saint Evangile). Lorsque le diacre 1 dit : Lectio sancti Evangelii, le chœur répond : Gloria tibi^ Domine, et le prêtre ajoute de nouveau : Attendamus. Après avoir lu l'Evangile, le diacre revient aux portes du sanctuaire, remet le livre au prêtre qui lui dit : La paix soit avec vous. Dans la Liturgie des Ethiopiens, le diacre parcourt également l'église en disant à haute voix : Levez-vous, écoutez l'Evangile et la bonne nouvelle de Jésus-Christ Notre-Seigneur et Rédempteur. » Le prêtre ayant reçu l'Evangile, l'encense trois fois, et, après la bénédiction et l'entrjée solennelle, il chante lui-même l'Evangile, environné de cierges et avec les autres cérémonies usitées dans cette église. Lorsque le souverain pontife chante solennellement la Messe, l'Epître et l'Evangile sont lus en langue grecque et en langue latine. Sept acolytes, avec des chandeliers et des cierges alluujés, précèdent le diacre qui doit lire l'Evangile en latin et qui est toujours un cardinal; ils l'assistent pendant cette lecture. Ensuite un diacre grec lit le niême Evangile en grec. Léon d'Ostic

— !I5 — i-apporte < que cet usage de chanter lEpître et l'Evangile en grec et en latin était observé dans le monastère du Mo„t-C Ln Un homme digne de foi ma assuré que cela se pratiquai enc^e aujourdhu. aux fêtes solennelles, dans le monastère d Sa ^ Dems, en France. Le diacre annonce dabord le titre de TEvang le, PU.S fa,t e s.gne de la croix sur le livre, ensuite il se s gne u.-même sur le front, sur la bouche et sur la poitrine ce que font également les assistants d'après un ancien usage On "e signe sur le front, parce que c'est le siège de la pude r et po montrer qu'on ne, rougit point de l'Evangile : „ Je suis si e loi "ne de rougir de la croix, dit saint Augustin ., que je trace etgn" non sur quelque partie cachée, mais publiq ement s r Ton ront » sur la bouche et sur le cœur, parce que, suivant la rtele de 1 Apôtre CordecredUur aclJuslUiam, oreaa.n œnftsZÏ aésalutem. Le peuple répond : Gloire é vous, Seigneu. Zlll qui es la même chez les Grecs et chez les Latins ., No s loT dons, d. l'abbé Rupert 3, nous répondons : Gloire à vLlZ |?n.«r, glorifiant ainsi le Seigneur de nous avoir feit entendre les paroles de salut. >> . "*"■ entendre

C'était encore une ancienne coutume, que dès que le diacre commençait 1 Evangile, tous déposassent leurs MoZ * S dont Anialaire^, Honorius«, Durand ' et d'autres auteurs' plus modernes donnent plusieurs raisons, mais en insistant urtô sur les raisons mystiques. Je pense que la véritabte^est ceie qu insinue Anialaire, quand il dit : « Jusqu'à ce momen ^ nous appuyions sur des bétons, mais alors nous les quUtens e nous demeurons humblement debout, comme il convLi Tdes serviteurs devant leur maître. „ Hugues «parle dans lé même

• Chronic. liber 1, cap. 32. - '^ In Psalm. lï\. - s d, nj • ^^ ,, .

tou. ce .„.ps'.ns applun^":!™ ï ' f I,::,: I Ta™ i,' T""' T'"" pujer sur des bâtons. Poui' nlus de cn,nr,nditr„lu r , '^'' "^^^ede s'aples appela redinatoria. Ce TtJJZZ'l^oZ '" '"'"" '" ^"'""'' '' »"

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sens : « Considérez, dit-il. qu'à cet endroit le peuple dépose ses bâtons, quitte ses rcclinatoria, découvre sa tête et se lève pour écouter la lecture; » ce que Hildeberl a consigné dans le vers suivant ^ :

Plebs baculos ponil, stat, rete^itque caput.

La même raison, quia déterminé les anciens Pères à prescrire que les fidèles fussent debout pour écouter la lecture de l'Evangile, les a également engagés à faire déposer les bâtons, dont on se servait pour soutenir le corps. C'était encore pour le même motif que les pénitents quittaient leurs bâtons pour faire leur confession, ainsi que nous l'apprend \Ordo romain 2. Or, c'est une coutume fort ancienne de se lever tous pendant la lecture* de 1 Evangile, afin d'être devant le Seigneur comme des serviteurs prêts à exécuter ses ordres, à obéir à ses commandements, qui nous sont transmis par l'Evangile. L'usage abusif de s'asseoir pendant ce temps s'étant introduit dans quelques églises, le pape Anastase, au rapport du Livre des Pontifes, ordonna que toutes les fois qu'on lirait lEvangile, les prêtres ne devaient point s'asseoir, mais être debout et inclinés par respect. iNicépbore Calliste*^ bk\me l'usage de l'église d'Alexandrie, dans laquelle l'évêque ne se levait point pour entendre l Evangile, « ce que, dit-il, personne n'a jamais vu faire, ni entendu dire d'aucune église, depuis la l)lus haute anti^iuité. » Précédemment ^, il avait raconté que Théopliile, surnommé l'Indien, avait réformé dans les Indes plusieurs choses, qui n'étaient point conformes aux règles, et en particulier l'usage de demeurer assis pour entendre l'Evangile, contrairement à la volonté de l'Eglise. C'est Philostorge ^ qui raconte ces réformes de Théophile, auquel il donne de grandéloges, parce que, comme lui, il appartenait à la secte des Ariens, ce que Nicéphore n'a point assez remarqué, puisqu'il insère cette vie dans son histoire, sans avertir où il la puisée. Saint Isidore

^ Lib. de Mysteriis Missœ. — ^ Ap. Morin., De pœni., lib. ï, cap. 18. — "^ Hist., ib. 12, cap. 3'i. - ^ Lib. 9, cap. 18. — ^ Hisi. ceci. lib. 3, cap. 5.

de Péluse s'exprime admirablement sur ce rite * : « Quand, en ouvrant le livre des Evangiles, on semble annoncer la venue du véritable pasteur, l'évêque se lève et dépose Xornement de sa puissance, reconnaissant ainsi que le Seigneur est le Dieu, le chef et le maître de tous les autres pasteurs. » En effet, chez les Grecs, l'évêque ne se contente pas de se lever à l'Evangile, mais il dépose son pallium, protestant par là de sa soumission et de sa dépendance envers le Seigneur, comme l'explique Siméon de Thessalonique. Maintenant, les religieux des ordres militaires et les cavaliers portent la main à leur épée, ou la tirent du fourreau lorsqu'on lit l'Evangile, comme pour attester qu'ils sont prêts à combattre courageusement et à verser leur sang pour sa défense. Mathias de Michovia 2, Alexandre Guagin 3 et d'autres historiens de la Pologne font l'éloge de cette coutume, observée alors dans ce royaume. Autrefois, lorsqu'on lisait l'Evangile à l'ambon, et qu'il y avait dans l'église un côté séparé pour les hommes et un autre pour les femmes, le diacre se tournait au midi, c'est-à-dire du côté des hommes; aujourd'hui, il se tourne du côté du nord. Le Micrologue pense que l'origine de ce changement vient des Messes privées, dans lesquelles le célébrant, ne lisant pas l'Evangile à l'ambon, le récite à l'autel, tourné du côté du septentrion. Voici ses paroles* : « Nous pensons que l'usage des prêtres, de ne point se tourner vers le midi pour lire l'Evangile, vient de ce qu'aucune loi ne les oblige de le Hre à l'ambon, comme les diacres; ces derniers, le lisant dans ce lieu, devaient naturellement se tourner du côté des hommes, plutôt que de celui des femmes. La pratique de l'Eglise étant donc que les prêtres récitent l'Evangile à l'autel, aucune raison venant des auditeurs ne les oblige à se tourner plutôt d'un côté que de l'autre. Jamais les femmes ne pénètrent jusque-là, et les religieux seulement environnent l'autel à droite et à gauche. Or, lorsqu'ils lisent l'Evangile, le livre est placé à gauche, ainsi que pendant le Sacrifice, afin qu'ils soient plus hbres à droite, pour recevoir les offrandes et consa-

• Lib. 1, Epist. 136. — 2 Chron. Polon., lib. 2, cap. 1. —^ In Miecisilao rege qui hune mor. introduxil. — ^ De eccl. observ., cap. 9.

crer les saints mystères. C'est ce qui fait qu'ils sont plutôt tournés vers le nord que vers le midi, lorsqu'ils lisent lEvangile. De là, je pense, est venue cette coutume abusive daprès laquelle, contre la prescription de YOnlo romain, les diacres eux-mt^raes, étant à l'auibon, se tournent vers laquilon et ne craignent pas de chanter l'Evangile plutôt du côté des femmes que des hommes. Cette coutume est maintenant tellement enracinée, que, dans plusieurs endroits, elle est regardée comme une règle. Mais, parce qu'au contraire elle est opposée à la règle et peu convenable, les plus rigides observalrurs des prescriptions ecclésiastiques s'élèvent avec raison contre elle. ^> Par où l'on ix'ul voir combien est Véritable, ce (jue nous avons eu occasion de répéter plus d'une fois dans le cours de cet ouvrage, à savoir : que parmi les observances ecclésiastiques, il en est beaucoup ayant aujourd'hui force de loi, qui, à leur origine, se sont introduites sous la forme d'abus. Les écrivains modernes ne pouvant se rendre compte de leur naissance, se fatiguent à chercher des convenances et des raisons mystiques, pour montrer quelles ont été sagement instituées. Or, de telles gens, comme le dit avec tant de raison saint Jérôme en parlant d'Origène, font de leurs élucubrations le produit de la sagesse de l'Eglise.

Après la lecture de l'Evangile, les fidèles autrefois répondaient Amen, au témoignage de Béleth i et de Durand 2; réponse ((ui se trouve prescrite dans la Liturgie mozarabe et dans la Hegle de saint Benoît 3. a L'Evangile étant lu, dit également .Mexandrr de Haies '», les assistants répondent : Amen, connue s'ils disaient : Que Dieu nous fasse la grâce de persévérer dans la doctrine de son saint Evangile. D'autres répondent : Dm (/ralias, rendant ainsi grâces à Dieu pour le bienfait d'une si sainte et si salutaire doctrine. « Maintenant nous répondons : Laus tihi, Chrùtc. Alcuin ajoute, d'après VOrdo romain, (ju'alors le peuple avait coutume de se signer, comme pour sceller par le sceau de la croix, et conservcT les divins et salutaires enseignements qu'il

' Divin. Oiï. rxpl.. cap. '^0. — ' Lih. i. <«p. '^i. — "^ Cap. 11. ' In » part Suium.r Tract, de Officiis Missa».

venait de recevoir. Enfin, le célébrant et le diacre baisent le livre des Evangiles, qu'autrefois le sous-diacre présentait à baiser à tout le clergé et au peuple, en signe de vénération et de communion avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, dont il contient la doctrine. « L'Eglise, dit à ce sujet Jonas d'Orléans i, observe encore un autre usage religieux; je ne sais s'il en est de même auprès de VOUS; c'est qu'après la lecture de l'Evangile, le livre saint qui le renferme soit honoré et vénéré parles pieux baisers de l'évoque, du prêtre et de tout Tordre sacré des clercs. Or, pour qui ce signe de respect, sinon pour celui dont nous croyons que l'Evangile renferme les paroles? » En effet, le livre des Evangiles est le type, la figure de Jésus-Christ, dont il contient les enseignements; c'est pourquoi, dans les conciles, ce même livre est placé avec grand appareil sur un trône élevé. Saint Cyrille d'Alexandrie nous apprend, dans son Apologie à Théodose, que ce rite avait été observé au concile d'Ephèse. « Le saint concile, écrit-il, réuni dans l'église de Sainte-Marie, établit, pour ainsi dire, Jésus-Christ pour son président; car les divins Evangiles avaient été placés sur un trône élevé, comme pour faire retentir aux oreilles des Pères ces paroles : Jugez selon la droiture ^t la vérité- » Nous lisons la môme chose dans les Actes des autres conciles. De là aussi vient l'usage de jurer la main sur l'Evangile, comme si l'on reconnaissait que Dieu y est présent; de là encore la coutume de porter l'Evangile à son cou comme un précieux talisman. Le huitième concile ordonne ^ de rendre aux saintes images les mêmes honneurs qu'à l'Evangile. « Nous voulons, dit-il, que l'image de Notre-Seigneur Jésus-Christ reçoive les mômes honneurs et les mômes hommages que le livre des > saints Evangiles. » Ce décret fut porté contre certains évoques dl3S Gaules, qui convenaient qu'on devait vénérer le livre des Evangiles et les croix, et qui prétendaient qu'on ne devait point le même respect aux images.

Nous ne devons pas omettre de parler ici des diverses cérémonies, avec lesquelles a lieu le chant de l'Evangile chez lés

' De cuit, imag., lib, 1, in Pr?p.f. adv. Claudium Tauiinensem. — - Cap. ^,

Maronites. Avant ce chant, on met de lencens dans l'encensoir en récitant certaines prières. Ensuite le prêtre dit : Pax omnibus vobls. Le peuple répond : Et cum spiritu tuo. Le diacre continue : Soyez attentifs. Le prêtre ajoute : Au temps du {/oiivernement de Notre- Se igneu7\ de notre Dieu, de notre Rédempteur Jésus-Christ, il parla à ses Aprtres et à la foule qui le suivait. Le peuple répond : Bénissez-nous, notre Père. Le prêtre alors, se tournant vers les assistants, fait sur eux le signe de la croix et dit : « Que la main de Notre-Seigneur Jésus-Christ, que son bras « plein de force et de puissance, que la vertu mystérieuse de sa (( majesté sainte, que cette vertu qui renferme en elle toutes les c( bénédictions, tous les bienfaits, qui s'est reposée sur les Apô- « très dans le cénacle de Jérusalem et les a sanctifiés, qui lésa « bénis sur le mont des Oliviers, descende, habite et se repose « sur tous, mes frères, sur ceux qui vont lire et sur ceux qui « vont écouler; qu'elle les garde tous, qu'elle veille sur ce lieu « et sur les fidèles qui Ihabitent, toujours, à cha(|ue instant, « dans tous les siècles. » Le peuple répond : /h/î(^;?. Le prêtre continue : « Donc au temps du gouvernement du Seigneur Jésus- « Christ notre Rédempteur, le Verbe de Dieu qui s'est incarné « pour nous, voici ce qui arriva; » le peuple dit : « Seigneur « notre Dieu, ayez pitié de nous. » Le prêtre lit ensuite l'Evangile, après quoi il baise le volume sacré en disant : « Et que le paix et la sécurité soient toujours avec chacun de nous.)) Amen. répond le peuple. Enfin, le prêtre ajoute : « Louanges, grùces cl u bénédictions soient rendues et à Notre-Seigneur Jésus Chrisl. « pour les paroles de vie qu'il nous a données, et à Dieu le Père '< qui l'a envoyé pour nous sauver, et au Saint-Esprit maintenant « et à jamais. Ainsi soit-il. >>

Rupert enseigne ^ que l'Evangile est la plus importante de.^ (Ulférentes parties de la Messe, que c'est à lui que tout doit spirituellement se rapporter. Pierre Cirvel 2 affirme la même chose: il dit que, parmi les autres parties de la Mes.se, l'Evangile est comme la base et le fondement, .servant à faire comprendre l<'

' l)e hivin. uiï.. r,\y ult. — - Kx|>. Miss., in Projernio.

vrai sens, dans lequel doivent être entendus tous les autres passages de l'Ancien ou du Nouveau Testament, rapportés dans un office quelconque; il est à ces diverses parties ce que le sujet est à une science, ce que le centre est aux lignes qui convergent vers lui. Cependant il serait assez ditficile de trouver ces rapports dans tous les offices, à moins de sens violentés et d'explications mystiques, qui, le plus souvent, sont arbitraires, et dont on ne saurait déduire aucune preuve raisonnable; en effet, comme le dit saint Denis, la théologie symbolique n'est point argumentative. Ajoutez que souvent les Evangiles furent changés dans quelques Messes, sans qu'on touchât le moins du monde aux autres parties. De plus, ce n'est pas toujours la même raison qui a déterminé à prendre plutôt tel Evangile que tel autre dans une Messe. De fait, ainsi que Fa remarqué Béleth i, quelquefois on l'entend selon le sens historique, comme dans l'Evangile de la Résurrection; quelquefois dans le sens allégorique, comme à la fête de l'Assomption. D'autres fois, on l'a pris à cause d'une circonstance; c'est ainsi qu'aux fêtes de la Sainte-Croix, on récite l'Evangile où il est parlé de l'entretien du Sauveur avec Nicodème, à cause de cette seule phrase": « De même que Moïse a élevé le serpent dans le désert^ ainsi faut-il que le Fils de VHomme soit élevé. » Enfin, d'autres fois on l'a choisi à cause d'un récit tout entier, témoin l'Evangile de la Circoncision.

Dans les monastères, c'est immédiatement après l'Evangile qu'a lieu la profession solennelle des religieux, suivant les cérémonies marquées dans leurs Rituels. Toutefois, cet usage n'est pas universel, car il est des congrégations où cette profession a lieu après l'Offertoire. C'était également après l'Evangile, qu'anciennement les enfants étaient offerts aux monastères par leurs parents. L'enfant qu'on offrait ainsi, devait avoir la main enveloppée dans la nappe de l'autel, ainsi que le recommande saint Benoît 2. Cet enfant offrait ce jour-là le pain et le vin pour le Sacrifice, rite que Ménard expose longuement et savamment dans sa Concordance des Règles ^^ où il démontre que les enfants ainsi

' ('-ap. 39, — . > Repul., cap. 59. - " Cap. 66.

offerts, bien qu'ils n'eussent point l'usage de la raison, étaient cependant tenus de rester dans le monastère, d'observer leurs vœux, et qu'ils ne pouvaient, lorsqu'ils avaient atteint l'âge de puberté, annuler la donation de leurs parents ou retourner au siècle. En effet, et ceux qui avaient fait profession volontairement et de leur plein gré, et ceux qui avaient été offerts par la piété de leurs parents, étaient considérés comme également tenus et obligés de rester dans le monastère. C'est ce qu'avait décidé le quatrième concile de Tolède, qui s'exprime en ces termes i : « On est moine par la dévotion de ses parents ou par la profession qu'on fait soi-même; quiconque est engagé par l'une de ces deux choses, est obligé de tenir ses engagements. En conséquence, nous refusons aux uns et aux autres de pouvoir rentrer dans le monde, et nous leur interdisons le retour au siècle. )) Je n'ignore pas que des auteurs modernes font beaucoup d'objections contre cette ancienne observance. Ils veulent à tout prix juger de l'ancienne discipline par celle de nos jours. Mais mon dessein n'est point d'entrer dans des disputes d'école, et d'ailleurs ce n'est point ici le lieu d'examiner ce point. 11 est indubitable que des enfants de sept ans, et même de cinq, étaient autrefois consacrés à Dieu, et devenaient Religieux de cette manière. Cet usage était encore en vigueur au temps de saint Bernard. Mais peu après il fut abrogé par le pape Célestin III, dont le décret est cité au chapitre : Cwn simus. De recjularibus.

« Ensuite, dit Uonorius ^', c'est-à-dire après l'Evangile dont il vient de parler, l'évèque fait une instruction au peuple. » Or, cet usage d'adresser soit une homélie, soit un sermon au peuple, immédiatement apjès l'Evangile, a été observé sans interruption depuis les temps apostoliques jusqu'à nous., C'est, sans contredit, à cette coutume que fait allusion Tertullien, quand, après sa chute, exaltant^ les révélations que Priscillc, l'associée de Montan, abusée par l'esprit de mensonge, prétendait avoir à l'église pendant le saint Sacrifice, il écrit : « Les Ecritures qu'on lit, les

' Çan. 48. — '^ Gom. anim.., cap. 25, lib. 1. — 'De Anim., cap. 19,

psaumes qu'on chante, ou les instructions qu'on fait et les prières qu'on adresse à Dieu, servent de matière à ces révélations. » 11 énumère ainsi tout ce qui avait lieu dans la Messe des catéchumènes, à savoir : le chant des psaurhes, les prières, les lectures et les instructions. C'est également ce qu'enseigne saint Justin, martyr!. Après avoir parlé des assemblées de chrétiens, qui avaient lieu le Dimanche, et dit qu'on y Usait les commentaires des Apôtres ou les écrits des Prophètes, il ajoute : « Ensuite le Lecteur s'arrête, et celui qui préside fait un sermon, dans lequel il instruit l'assistance et l'exhorte à imiter les belles choses qu'on vient de lire. » L'auteur des Constitutions apostoliques 2 recommande à l'évoque de faire une exhortation au peuple après la lecture de la loi, des Prophètes, ou de l'Evangile. Les témoignages de ce genre se rencontrent très- fréquemment dans Origène, saint Hilaire, saint Ambroise, saint Augustin, saint Gaudent, saint Chrysostôme, saint Cyrille d'Alexandrie, saint Chrysologue, saint Léon, saint Grégoire le Grand et les autres Pères dont nous possédons les sermons. On trouve aussi dans les conciles plusieurs décrets ayant trait à ce point, et Cassien montre cet usage par une histoire intéressante ^. Ferraris, docteur du collège ambrosien, a rassemblé, avec une grande érudition, tout ce qui se rapporte à cette question, dans ses deux livres. De ritu sacro/i'um concionum. Les Hébreux, auxquels nous avons emprunté beaucoup de nos rites sacrés, faisaient également une allocution au peuple, après avoir lu dans leurs Synagogues quelques passages de la loi ou des Prophètes ; c'est ce que nous atteste saint Lue, soit dans son Evangile ^, où il raconte que Jésus-Christ entra, suivant l'usage, dans la Synagogue, un jour de sabbat, qu'il y lut un passage du prophète Isaïe, après lequel il adressa la parole aux assistants ; soit dans les Actes des Apôtres s, où il raconte que les chefs de la Synagogue invitèrent Paul et Barnabe, après la lecture, à faire une instruction au peuple. Philon le prouve également : « Toutes les fois, dit-il 6, qu'ils vont à leurs temples,

' Apol. 2. — '^ Lib. 8, cap. 4. — ^ Lib. 2, Inslit., cap. 15. -- * Cap. 4. — Cap, 13. — « Lib, quod omuis probus.

qu'ils nomment Synagogues, les plus jeunes se placent suivant leur âge aux pieds des vieillards, et se disposent à écouter. Là, un homme désigné lit dans le livre, et un autre, choisi parmi les plus hahiles, explique ce qui pourrait paraître ohscur. » Cette fonction de la prédication appartient principalement et surtout à l'évêque, ainsi que le prouvent la pratique de l'ancienne Eglise, l'exemple de tous les saints évéques et la consécration épiscopale elle-même, dans laquelle on dit à 1 evèque élu : Recevez l Evangile, allez^ annoncez-le ait peuple qui vous est confie. Aussi saint Paul, écrivant à Timothée, le prie, Tadjure solennellement, par Jésus-Christ, par son avènement et son royaume, de prêcher fidèlement, d'avertir, de reprendre en toute patience et sagesse. Et il dit de lui-même dans la 1" Epître aux Corinthiens ^ : « 5i je proche rF^vangile^ je ne dois pas m'en glorifier^ je ne fais que remplir un devoir rigoureux. Malheur à moi^ si je ne le prêche pas. » Le concile de Trente, s'inspirant des anciens Canons, décide que l'évêque est tenu de remplir cette fonction par luimême, A moins qu'il n'en soit légitimement empêché. Il est manifeste que tout ce qu'il y a eu d'évêques recommandables par leur doctrine et par leur sainteté, ont reconnu celte ol)ligation; en ellet, toujours après la lecture de l'Evangile, montant eux-mêmes sur le pupitre ou en chaire, ils ont annoncé aux fidèles la doctrine du salut. Christian Lupus, dans ses Notes sur le XIX" Canon du concile In Trullo, rassemble à ce sujet une foule de témoignages. Quant à nous, ces quelques mots, jetés en passant, doivent suffire.

On lit, dans Ives de Chartres ^, le décret suivant du concile d'Orléans : « Que chaque jour de Oimanche et de fête, après le sermon qui se fait à la Messe solennelle, le prêtre avertisse le peuple de prier en commun, suivant l'institution apostolique, pour les dilférents besoins, pour le roi, pour les évêipies et les pasteurs des églises, pour la paix, pour la peste, pour les malades de la paroisse, (|ui sont retenus dans leurs lits, pour ceux qui sont morts récemment; que pour chacun de ces besoins le peupl('

• Cap. 0. - • Pars î, Décret., ca|». 120.

récite tout bas l'Oraison dominicale. Quant au prêtre, qu'il lasse les admonitions marquées pour chacune de ces prières. Ensuite il célébrera le Sacrifice. :» La même prescription est faite d'une manière générale dans les Gapitulaires de Cbarlemagne i. C'est ce que les Français appellent Prône, qui consiste surtout en quatre points. Premièrement, les prêtres chargés de la paroisse, tournés du côté des fidèles, leur indiquent les prières; en second lieu, ils enseignent au peuple les éléments de la foi, les commandements de Dieu et de l'Eglise, ainsi que l'indique le catéchisme romain. Troisièmement, ils annoncent les fêtes, les Vigiles, les processions qui doivent avoir heu dans la semaine. Enfin, ils promulguent les ordonnances, dénoncent les excommunications, publient les bans des futurs mariages et tout ce que le peuple doit connaître. Jadis tout ceci avait lieu avant la Communion, lorsque le prêtre avait dit : Pax Domini sit semper vobiscum^ comme nous le montrerons plus bas. Hincmar, archevêque de Reims, recommande à ses prêtres 2 de dénoncer l'excommunication contre certains pillards, non pas après l'Evangile, comme c'était l'usage, mais après l'Epître, parce que quelques-uns de ces coupables quittaient l'éghse aussitôt que la lecture de l'Evangile était terminée. C'était également après l'Evangile que, dans la plupart des églises, on réconciliait les pénitents publics et qu'on leur donnait l'absolution, comme le démontre Morin^; toutefois, dans quelques autres, les prêtres ne donnaient cette absolution qu'après la consécration, avant lOraison dominicale, témoin saint Optât de Milève, qui dit ^ : « En etfet, dans ces moments voisins, vous imposez les mains et vous pardonnez les fautes, puis bientôt vous retournant vers l'autel, vous ne pouvez omettre l'Oraison dominicale. » Nous avons donné ailleurs ^ quelques autres détails au sujet de cette absolution des pénitents.

« Lib. 1, cap. 165 9t 166. - -- Tom. 2, Epist. 7. - ^ De Pœiiit. lib, 8, cap. 14. — * Liber 2. — ^ yvre 1", ch, 17.

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