‹ De la localisation dans les maladies cérébrales [electronic resource]Chapitre 9 sur 24 · I. — SIGNES PHYSIQUES · texte numérisé non relu

I. — SIGNES PHYSIQUES

Je ne parlerai pas des signes physiques tirés de rinspection du crâne (ecchymose, plaie des téguments, fracture). Mais il est d'autres signes physiques : soit une tumeur de la voûte comprimant un point de Tencéphale ; si cette tumeur est apparente au-dehors, elle indiquera d'une manière assez précise quelle est la partie du cerveau qu'elle comprime à sa face profonde. Non-seulement les tumeurs de mauvaise nature peuvent percer au dehors; mais même les échinocoquesont parfois aminci et perforé la boîte crânienne. Des cas de ce genre ont été publiés par M. Reeb, Recueil de Mém., etc., 1871, et par M. Westphal {Berliner klinische Wochenschrift 1873.

Signes physiques tirés de l'exa)nen (A) de V appareil oculaire : Une lésion située derrière l'orbite pourra déceler approximativement son siège en amenant soit de l'œdème des paupières par oblitération du sinus caverneux, soit des paralysies des muscles de l'œil, voire même en refoulant l'œil en avant. Ce sont des cas exceptionnels.

Quant aux signes tirés de l'examen objectif des yeux (examen avec le miroir), ils ne peuvent malheureusement, dans l'état actuel de la science, nous fournir aucune donnée sur le siège de la lésion cérébrale. Telle est la conclusion à laquelle arrive M. Annuske dans un mémoire extrêmement

développé {Ârchiv fur Ophthalmologie Bd. XÏX, 3" partie) : La névrite par étranglement indique une augmentation de pression intra-eranienne, quelque soit le siège de Taffection qui cause cette augmentation de pression.

La névrite vraie est, dans la plupart des cas, le résultat d'une propagation directe d'une inflammation des méninges de la base aiguë ou subaigue.

L'atrophie simple n'a pas davange de valeur à notre point de vue; elle peut exister isolée; et dans le cas où elle est symptômatique d'une lésion cérébrale, elle se rencontre quelqu'en soit le siège. . Toute névrite est ordinairement suivie d'atrophie de la papille, même quand la névrite n'a pas atteint le bout oculaire du nerf optique.

La névrite ainsi que l'atrophie du nerf optique sont dans la plus grande majorité des cas doubles^ quand même le processus morbide qui les produit ne siège que dans une seule moitié du cerveau. Car, une fois la cause de la névrite donnée, son développement paraît dépendre seulement de conditions locales : ouverture plus ou moins grande du trou optique, rigidité plus ou moins grande des gaines du nerf optique, etc.

Nous verrons plus loin que les signes subjectifs fournis par l'examen de l'œil sont beaucoup plus importants (1).

(1) L'examen ophlhalmoscopique peut au moins servir à éviter l'erreur grave qui consisterait à admettre à tort que des symptômes cérébraux et des symptômes oculaires coexistant ctiez un malade,

, (b) De r oreille. — V existence d'un abcès de Foreille n'est pas une circonstance à négliger^'vu la fréquence assez grande des accidents cérébraux consécutifs à Fotite; malheureusement, comme nous le verrons plus loin, les abcès qui peuvent se développer dans le cerveau ne sont pas nécessairement contigus à raffection du rocher. Cette circonstance nous oblige à n'être pas trop affirmatif sur la localisation de Taffection cérébrale.

(c) Autres signes physiques. — En F absence de signes objectifs, il y a parfois d'autres signes physiques à rechercher; parfois le siège du maximum d'intensité d'un souffle a pu, dit-on, servir à déterminer le siège d'un anévrysme intracranien.

Les notions que l'on retire des signes physiques, malgré leur apparente précision, ne sont en somme, quand il s'agit du cerveau, c'est-à-dire d'un organe aussi complexe, que des notions grossières. Ils peuvent nous apprendre si c'est le lobe antérieur, postérieur ou moyen qui est lésé ; mais ils ne nous renseignent pas sur la localisation la plus intéressante. Dans une fracture comminutive de la région temporale, alors mémo que nous verrions à découvert la plaie du cerveau, serions-nous bien avancé ? Si ce n'est au point de vue de l'application

Sbntli(îs entre eux par un rapport de causalité. Soit une embolie de la rétine chez unhémiplégique : en l'absenced'examen ophthahnoscopique, on pourrait supposer que l'amaurose unilatér^ile est êous la dépendance de laéslion cérébrale.

du trépan, la localisation topographique à peu dimportance. Ce qu'il est intéressant de savoir, c'est si les centres moteurs sont touchés : les signes fonctionnels seuls peuvent nous rapprendre.

Page 1