‹ De la localisation dans les maladies cérébralesChapitre 5 sur 24 · I II. — LOCALISATIONS FONCTIONNELLES DANS LE CORPS STRIÉ · texte numérisé non relu

I II. — LOCALISATIONS FONCTIONNELLES DANS LE CORPS STRIÉ

Si j’avais eu pour but d’exposer l’état actuel de la physiologie du cerveau, j’aurais consacré quelques développements aux ganglions (corps strié, couche optique, tubercules quadrijumeaux). Mais ainsi que je l’ai déjà dit, je n’emprunte à la physiologie que les seules notions qui peuvent être immédiatement utilisées pour le diagnostic du siège des lésions cérébrales. Aussi serai-je ici forcément

très-bref : que le corps strié soit en rapport avec la motilité, c’est un fait que prouvent à la fois les expériences (1) et la clinique. Mais les caractères différentiels de l’hémiplégie produite par la lésion de cet organe ne sont pas encore suffisamment établis pour avoir permis, jusqu’ici, de la distinguer de l’hémiplégie causée par une lésion de la couche optique. Je sais bien qu’on a voulu leur assigner quelques différences : M. Gintrac a dit que, toutes choses égales, la paralysie faciale serait plus marquée quand la lésion occupe le corps strié que lorsqu’elle siège dans la couche optique. Mais ce fait aurait besoin d’être vérifié avant d’être admis comme exact.

Dans leurs expériences sur les animaux, quelques physiologistes ont trouvé le corps strié excitable. M. Burdon-Sanderson a même prétendu, il n’y a pas encore fort longtemps, que l’excitation de la

(!) Les deux noyaux du corps slriéont pu être détruits chacun isolément par M. Nothnagel {Virchoio’o Archiv. Bd. LX), qui a pratiqué ses expériences seulement chez le lapin. Après la destruction des noyaux lenticulaires, les animaux sont privés du mouvement volontaire. Il admet, en conséquence, que ces noyaux constituent un carrefour où passent tous les nerfs des impulsions psycho-motrices. Quant aux noyaux caudés, ils seraient en rapport avec les monvoments combinés qui peuvent être excités par une inOuence psychique, mais qui peuvent continuer automatiquement. MM. Carville et Duret n’ont pas fait d’expériences sur ces derniers noyaux; mais les résultats qu’ils ont obtenus après l’ablation du noyau caudé ne paraissent pas en parfaite harmonie avec ceux de M. Nothnagel. — Sur rhistorique de la méthode des injections inlerstitelles, voir un article que j’ai publié dans la Gazette médicale de Faris, 1873, ‘ p. 251,

surface des hémisphères n’agissait que sur les corps striés (!). En excitant ces organes chez un chien, avec le courant induit, M. Ferri er a obtenu la contraction de tous les muscles de l’autre côté du corps, d’où pleurostotonos très-rigide (la contracture des fléchisseurs l’emportant sur celle des cotenseurs); chez le lapin, le pleurostotonos n’est pas très-marqué ; mais il y a rotation de la tête vers le côté opposé et contraction des muscles des mâchoires. M. Nothnagel (lùVc/ioia’s Archiv. Bd LVII) a même décrit chez le lapin, sous le nom de nodus cursorius, un point dont la piqûre détermine un mouvement de propulsion. Ces faits ne paraissent pas avoir leur analogie dans la .pathologie humaine.

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