‹ De la logique d'Aristote (volume 2)Chapitre 60 sur 87 · I. Tofiqaety Ut. x , eh. i , s , p. xoo · texte numérisé non relu

I. Tofiqaety Ut. x , eh. i , s , p. xoo

a. Topiq. , lir. i , ch. i , p. lOi» a,. i8.

ttSa PHKmlERB PAfiTIB.

les Tc^ques aient été composés , comme rassure M. Brandis^, à une époque où la petisée d' Aristote n'était définitivement arrêtée, ni sur le» Analytiques, ni sur les CajCégories. Les différences signalées par le philologue allemand sont vraies; mais elles sont assez légères pour qu'on puisse les attribuer toutes à ces changements inévitables d'expression , dont ne peut se défendre un auteur, quelque pénétré qu'il soit d'ailleurs d'un sujet antérieurement traité.

M. Brandis a soutenu aussi , comme plusieurs autres critiques, que les Topiques se compoâen'l de trois parties distinctes, et il ajoute que la dernière, qui consiste dans le huitième Uvt^ , a été composée, ainsi que les Réfutations des sophistes, * long^temps après l'Analytique ^ , tandis que les deux premières, qui, du reste, se tiennent fort étroitement , l'auraient été long-temps avant. Cette assertion ingénieuse ^ mais dont rien ne dér montre.rexactitude, paraît s'accorder peu avec le début des Topiques, où Aristote, cherchant quelle peutct^^e l'utilité de cette science, reconnaît positivement, parmi les services qu'elle peut rendre, les services tout pratiques de la discussion , 'jc^hçrkç èirzù^zii 5. C'est là précisément l'objet du huitième livre , et il est difficile de douter que déjà , en com*

X. Brandis, Dissertation sur TOrganon, p. a 56. a . Brandis , Dissertation sur rOr|paiioa , p. 954* 3. Topiques, Ht. x ^ cli. 2 , p. 10 1 » a ^ 17 et 3o.

DB L'AUTHBPITICITi DB l'uBOAHOU. — GHAP. XI. \2&

posant le premier livre , Aristote n'eût dans la pensée le sujet du huitième. La rédaction aurait pu, il est vrai y en être ajournée; mais oa ne connaît aucun fait à l'appui de cette dernière hypothèse.

Une remarque qui paraît avoir, en général, échappé aux érudits , c'est que tous les livres des Topiques sont enchaînés l'un à l'autre par des rapports grammaticaux, par la conjonction &è« Cette preuve de connexion serait fort légère si elle était réduite à elle seule; mais elle acquiert du poids, si on la rapproche de la coi)pexion des idées qui est fort étroite, et qu'il 'était impossible d'indiquer plus clairement que par des liens mêmes de grammaire.

On a déjà remarqué ' que c'était de la même manière que les Réfutations des sophistes tenaient aux Topiques; mais ici il n'y a même point matière à discussion : la liaison de ces deux traités est de toute évidence , et il serait inutile de s'y arrêter plus long-temps.

Oo voit donc, d'après ce qui précède, que les Analytiques, les Topiques et les Réfutations des sophistes/ormeraien t une série d'ouvrages conçus par Aristote et composés dans cet ordre. Ceci est attesté de la manière la plus positive par deux passages des iieyx^i <w>9içMcoi. Dans le premier qui se trouve au

u Bokle, «dit. d'Aritt., tom. 3 , p. 5o5. — ScmMl Petit, Obserrat. ,

424 i»i(siai!aE partie.

chapitre second ' j Fauteur récapitule les genres divers de discussion qui sont au nqmbre de quatre, selon qu'ils ont pour but d'instruire , de discuter, d'essayer les forces de l'interlocuteur, ou de disputer : ^i^acncaXixol , ÂiaXe^Tixol, Tcetpaçucol, epiçixol , et il ajoute ce qu'il a déjà parlé dans les Anaa ly tiques du genre démonstratif; qu'il a traité «r ailleurs du dialectique et de l'exercitif, et qu'il « ne lui reste plus à parler que du dernier genre , ce celui de la dispute. » Le mot ailleurs signifie évidemment les Topiques dont l'objet est précisément celui qui est ii]^iqué ici. Il est impossible de résumer plus nettement le sujet et l'ordre des traités qui précèdent les Réfutations des sophistes.

Le second passage est moins formel que celuilà; mais il le confirme de point en point. C'est le passage si connu qui termine les Réfutations des sophistes^, et où Aristote résume sa logique, avant de montrer quelles difficultés il a rencontrées danj^ une carrière que personne ne lui avait ouverte.

On peut se demander à quelle époque de sa vie Aristote a composé l'Organon et ses diverses parties ; mais cette question est fort difficile à résoudre avec quelque exactitude. Rien de formel

X. Réfatftdoiis des sophistes , ch. a > p. i65 , b , 8. m^\ (aIv oSv tûv

foottxûv «V ToTc âXKoiÇ' icipi ^k xm dé^civtortxûv mU éptortxâv vûv 'kl'^tù^. ^ 9. &«faUtions des soplûstes , ch. 33 , p. i83 , a , 3s ^ tt b , y 3. ^

DB L*AUTHIlfTIGIT< DB L'OKGARON. ^ CHAP. XI. 4 25

n'indique dans Fouvrage lui-même le moment précis où le Stagirite y travaillait. Il nbus apprend bien , à la fin de sa Logique % qu'elle lui a coûté de longs et pénibles travaux : Tpi6^ ^uTOuvTeç TroXùv ^p^vov eiEovo(i(Aev , et l'ouvrage seul suffirait à l'attester; ^mais, quand ont commencé ces travaux? quand ont-ils fini? Rien ne nous l'apprend. Les éditeurs d'iUristote les plus laborieux ^ , n'ont pu recueillir sur ce sujet que de bien vagues renseignements ; et pour rOrganon en particulier , quoi qu'on puisse, sans crainte d'erreur, le regarder cofome Ton des derniers ouvrages d'Aristote , le champ des conjectures est encore fort vaste.

Deux indications seulement pourraient fournir quelques données sur l'époque de la composition des Topiques et des Réfutations des sophistes* Dans l'un et dans l'autre de ces deux passages , il s'agit des Indiens. «Nous devrions souhaiter ^ «dit Aristote^, pour le bien seul de la chose, « que nos amis fussent doués de justice , « quand bien même nous n'y serions pas perc sonnellement intéressés, quand bien même ils < soldent dans les Indes. » Et ailleurs 4 : «t Un « Indien, dit-il , peut être noir de tout le corps , et « avoir cependant les dents blanches ; il sera donc

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