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446 DEUXIEME PAETIE. -* SECTIOM I.
TYÎ; ÙTçdfletùç) : le second, le sujet d'attribution {^suhjectum prœdicationis ^ en grec Tviç xaT^iyopiaç). Ici se représente encore le double cs^ractère des Catégories, puisque le premier de ces sujets est réel, physique, tandis que l'î^utre est tout moral , tout logique.
Après avoir exposé ce que sont en eux-mêmes le sujet et l'attribut , Aristote passe à leurs rapports , et établit comme règle générale :
Que, lorsqu'une chose est attribuée à une autre, prise comme sujet, tout ce qui s'applique à l'attribut s'applique également à son sujet. Ainsi, homme peut être attribué à tel individu, mais animal l'est à homme : donc animal sera également l'attribut de l'individu; car un individu homme est à la fois homme et animal.
Puis, Aristote ajoute deux remarques à cette règle générale, c'est que : i** dans les choses de genres divers , et non subordonnés entre eux , les différences sont aussi d'une autre espèce; a® dans les genres , au contraire , qui ont entre eux quelque rapport de subordination (tôv ûtc' SXkfîktx, rerayjjievcov), les 4ifférences peuvent être identiques. Ainsi, pour l'animal et la science qui sont de genres divers et non subordonnés, les différences sont spécifiquement autres, puisque l'animal est ou terrestre, ou aquatique, ou volatile, différences qui ne vont pas du tout k la science : dans les genres subordonnés ,. au contraire, toutes les
di£Gérences de l'attribut peuvent être en nombre égal celles du sujet lui-même.
li^est besoin de faire remarquer ici que cette doctrine se lie intimement à celle du Syllogisme, et lui est tout-à-fait indispensable. Cest la base de la £suneuse règle de omni et de nullo^ xarà
Après avoir ainsi classé les choses qui peuvent servir de sujets et d'attributs , et par conséquent aussi les mots qui les représentent, Aristote rçvient à la division qu'il a faite plus haut entre ceux-ci , et il pose en principe que les mots , pris séparément , ne peuvent exprimer qu'une des dix choses suivantes : i^ substance; 2^ quantité; 3^ qualité; 4° relation; 5® lieu; 6** temps; 7° situation; 8^ manière d'être ; 9^ action; 10^ passion ou souffrance. Par exemple, la substance, c'est homme, cbeval; la quantité: de deux coudées, de trois coudées {^itnrf^à , TpiwTîj^u) ; la qualité : blanc, grammatical ; la relation : double , demi , plus grand; le lieu : dans le Lycée, dans la place publique; le temps : hier, demain; la situation: il est couché , il est assis ; la manière d'être : il est chaussé , il est armé ; l'action ; il coupe , il brûle ; la passion ou souffrance : il est brûlé, il est coupé.
Voilà la proposition fondamentale des Catégories. Comment Aristote y est-il arrivé? Rien ne nous rapprend. U faut ici l'accepter telle qu'il la donne , sauf à en apprécier plus tard la réalité et la valeur.
Ainsi, Aristote parti de simples distinctions
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entre les choses et entre les mots, arrive à cette conclusion que les mots, indépendamment de leur combinaison, dont il s'occupera plus tard, ne peuvent représenter les choses que sous dix aspects différents; et comme les mots ne sont que l'image des choses (6(jLot(â(jwcTa, ôu(/.êo>.a twv irpay- [xaTtov. — De Interpret., ch. i , p. i6, a, 7 ), il s'ensuit que les choses, ou pour prendre le mot qui les comprend toutes, l'être, ne peut avoir que ces dix modes d'existence. Ce sont donc à la fois les catégories de la pensée et les catégories de l'être (al xar/iyoptat tou ovtoç).
Aris?tote ajoute que les mots pris à part, comme ils le sont ici, n'expriment ni vérité ni erreur, et ne forment par conséquent ni affirmation ni négation, puisque toute affirmation et négation doit être vraie ou fausse.
C'est avec cette énumération des Catégories que commence la Oetopia proprement dite, c'esl-Jidire la seconde section des commentateurs, et l'examen détaillé des catégories*
Catégorie de la substance , % ttîç oùdiaç KaiToyopta.
Ch. 5, p. a, a, ir. La substance, proprement dite, la substance première et supérieure, est celle qui ne peut ni être dite d'un sujet, ni être dans un sujet; ainsi, un homme, un cheval.
La substance réside donc essentiellement dans l'individu, et n'est point ailleurs, comme l'avaient
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prétendu Platon et d'autres écoles. Aristote, sans désigner ici son maitre, fa certainement en vue, comme le prouvera bien mieux encore la suite de cette discussion. ;
La substance se divise en substance première et substance seconde : la première comprend les individus ; la substance seconde comprend , d'abord les espèces dans lesquelles se répartissent (uTrap/ouciv) les substances premières , les individus ; et ensuite, les genres de ces espèces (xalïTa ts xal Ta tûv
Les premières substances sont la base et le principe de tout le reste ; car elles servent à tout de sujet, ou d'attribution, ou d'inhérence (rà 8'SXkix, ravra lÏTOt xaO' uxosceifuvcov XeyeTai tôv -irpcoTcùv oùaiôv i èv uiToxeiixivaiç aÙTaiç eçiv. ) Sans elles , rien ne serait (jA^n oùaûv ouv tûv irpciTCdv oùdiûv a^uvafov twv o^Xciiv Ti elvau)
Ainsi , le particulier (xà xaô' exaç-a) , l'individuel , est,- pour Aristote, le fondement de toute sa doctrine, tandis que, pour Platon, c'est au contraire le général , FuniverseK II e$t impossible de trouver une opposition plus complète.
L'espèce est plus substance que le genre, car elle est plus voisine de la substance première , (i^yiov Tfiç wp<&T7iç oùaïaç) de l'individu. L'espèce est au genre ce que la substance première est à l'espèce : l'espèce sert de fondement au genre (iiToxeiTai ïip To eî^oç Ti]) yevei). C'est qu'en effet pour définir la substance première , un individu homme» par
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exemple, on se fera beaucoup mieux comprendre en prenant l'espèce homme qu'en prenant le genre animal.
Du reste, les espèces ne sont pas, Tune relativement à l'autre, plus ou moins substances; elles le sont également (ovSàv (jloXXov îrepov Irepou où<7ia £çtv);et de même, les substances premières ne le sont entre elles ni plus, ni moins: l'homme, le bœuf, sont également substances.
Après les substances premières, on ne saurait corppter d'autres substances que les substances secondes, espèce et genre, parce que seules, parmi les attributs , elles désignent la substance première. Ainsi, la définition de l'homme et de l'animai , qui sont l'espèce et le genre d'un individu homme, conviendra encore à l'individu; mais la définition d'aucune autre chose ne lui conviendra. De plus, les substances secondes, les espèces et les genres, sont à tout le reste ce que leur sont les substances premières : elles sont les sujets de tous les accidents.
3, a, 7. La substance ainsi divisée, Aristote passe à ses propriétés , et lui en reconnaît six , qni appartiennent, soit à la substance première, soit à la substance seconde.
La première propriété de la substance, et celle qui en quelque sorte la constitue puisqu'elle figure dans sa définition même, c'est de n'être dans aucun sujet. Cette propriété convient à toute la substance, première et seconde. La première.