ANALYSE DES CATÉGORIES. — CHAP. JI. A
rément on ne yerra point nettement la relation , la réciprocité : mais ce n'est pas en tant qu'oiseau qu'oa lui iittribue Taile, c'est en tant qu'animal ^é, De même pour le gouverna d'un navire; ce n'est pas en tant que navire qu'on le lui attribue ; c'tft en tant que machine ^owemaiisée , munie d'un gouvernail (ini^ocXiov im^aXitdTQu). Aristote forge id ces différents mots de ^eparrovi ini^oc^i^TQv^ xe^ a- Ximv, pour montrer cette trace delar^^^tion. Il faut en outre avoir le soin, quand U n'y a pas de mot spécial f de ne s'arrêter qu'aux chosea relativement auxquelles le relatif existe ; car si au Heu de premlre oelles^là, on en prend d'autres qui ne soqt qu'accidentelles, (7, a» ^7) (eàv icpoçTt t^^v <Ti>(Aêeê7i- Tffhm «Trq^i^oTai noà (jlt} TÇpoç avTQ t ^eysTai)) toute relation clisparaH. Par exemple , si Von attribue esebve à homme ou à bipède ,' au lieu de l'attribuer à maître, il n'y a plus 4c réciprocité (oùx âvTiçpécpei)} car l'esclave n'est pas à l'homme, ^ l'animal bipède, mais au maître, qui n'en est pas moins homme, et être à deux pieds , mais qui n'a pas d'esclave à ces titres. Toutes les fois donc que le iMHq qui soutient la relation a été bien discerné, la réciprocité est facile, ainsi que l'attribution
7, b, 1 5. lia dernière propriété des relatifs, c'est qu'ils coexistent naturellement (a|ta t^ f Mxei elvat) ; car du moment qu'il y a double, il y 9 moitié , et réci[»x)queroent : du moment qu'il y a esclave , il
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y a maître, et réciproquement. De plus, ils se détruisent également les uns les autres (<?jvavaipcî • aUTjXa); car s'il n'y a pas double, il n'y a pas moitié, etc. Toutefois, cette propriété ne semble pas appartenir à tous les relatifs. En effet, la chose à savoir, l'objet de la science (to eittçTiTov), paraît antérieur à la science qui le sait. Bien rarement, pour ne pas dire jamais, la science est simultanée à l'objet su. De plus , l'objet détruit , il n'y a pas de science ; mais la science peut fort bien ne pas être, et que l'objet à savoir soit encore. Ainsi, la quadrature du cercle , en supposant toutefois que . ce soit là une chose susceptible d'être sue (eïye èç-iv èxiçTîTov), la quadrature du cercle existe comme chose à savoir, mais la science n'en existe pas encore : de même pour la sensation; l'objet à sentir, l'objet senti (to atcrôviTov), paraît antérieur à la seinsation. L'objet sensible disparaissant, fait avec lui disparaître la^ensation,'mais non pas réciproque* ment. La sensation n'est coexistante qu'à l'être qui sent (ocjjLaTco aÎGÔr.Twcô), mais ne l'est point à l'objet senti.
Ainsi donc, la plupart des relatifs, mais non pas tous, sont simultanés et coexistent. Les commentateurs ont levé cette difficulté en distinguant ici, d'après la doctrine si connue d'Aristbte^ l'acte de la puissance, le fait de la possibilité. £ti fait, l'objet senti n'est point antérieur à la sensation : il ne devient objet senti que du moment où la sensation
ANÀLYSB DES CiiTÉGORIES. — CHAP. 11. -ifili
$y applique : auparavant ^ il n'est qu'objet sensible, objet à sentir, c'est-à-dire qu'il n'est senti qu'en puissance , et non point en fait.
U faut donc ici avoir toujours le soin de comparer l'acte à l'acte y la puissance à la puissance : il &ut prendre garde dépasser de l'acte àla puissance, de la puissance à l'acte; autrement, h. nature des relatifs ne serait pas bien comprise.
8, a, i3. Mais on élève une objection , un doute (flliropiav Tivà) , contre cette définition des relatifs , et l'on demande si elle ne comprend pas , outre les relatifs , quelques substances dans cette catégorie. S'il suffît» en effet, pour être relatif, d'être dit relativement à quelque autre chose d'une façon quelconque , il sera bien difficile de démontrer que cette définition ne s'applique pas à des substances, soit premières , soit secondes ; les prepiières y échappent certainement ; la plupart des secondes aussi; mais quelques-unes de ces dernières semblent y rentrer (éiu' evîoN Àè tûv STeuTepcov oùaiûv Ij^ei â(if ia€7iTY)(riv) : ainsi la main , la tête , sont dites la main, la tête de quelqu'un, et sembleraient par là des relatif, bien que ce soient des substances secondes partielles. C'est que la définition (6pi<ypç) des relatifs donnée plus haut, est insuffisante ([ATI ûcovûç àico^e JoTai).
U faut donc lui en substituer une plus complète, et dire que les relatifs sont les choses pour lesquelles l'existence se confond avec leur rapport même, quel qu'il soit, à 4ine autre chose
466 DEUXIÈME PARTIE. —- SECtION I.
(oîç To eîvai TauTov êç-tv t(^ irpoç t( irtoç Ij^eiv). îl iitiporte
de ïie pas confondre cette seconde définition avec la première.
La seconde définition donnera cette conséquence , que , connaissant d'une manière déterminée , précise (acpwpidiJiivûx;) , un relatif, on connaît aussi/ de la même façon y la chose à laquelle il est relatif. Si je sais que telle chose. est le double, je sais aussi sur-le-champ quelle est cette chose et Faulre, dont elle est le double. Je le sais déterminément et noii indéterminément (âçwpiçfxevwç oùx aoptçtdç); autreuiôht, ce serait une simple conjecture et hon point une science réelle ('j7roXy]\|/iç , oùx eTTiTïfp). î*ôur la main , la tête, et toutes choses de ce genre, qui sont des substances, je puis fi>rt bien Savoir <^es choses, sans savoir précisément à quoi elles se rapportent, à qui elles sont : c'est que ce ne sont pas là des relatifs. « Il serait bien « difficile, au rgste, de se prononcer nettement « ici sans un long examen : mais il n'est pas sans a utilité d'avoir discuté ces objections. »
En substituant une nouvelle définition à Tandenne, que les commentateurs grecs appellent la définition platonicienne, Àristote a partagé les relatifs en deux classes : les relatifs communs et les relatifs propres. C'est ce que les^Sdl^olastiques > et, à leur suite, les commentateurs du seizième siècle, ont appelé les felatîfe secundum dlci et secundum esse. La* distinction du Stagirite n'est pas, en effet , de* moindre importance. Entre les