I. Prolég. aax catég.. ch. 5. Manascr. igSg
a. David, ch. 3. Jbid.
DS L'AOTBSNTICrrÉ BB t^ORGANON. — - CHAP. II. 21
qui, dans Tordre intellectuel, nous garantirait des pensées fausses , et dans la pratique, des actions mauvaises. Cette opinion de David, qui assigne à la logique un but tout pratique , a été généralem^it partagée par les commentateurs ; et cette fausse direction a certainement eu une grande et fâcheuse influence sur les développements de la science.
Au seizième siècle , l'enthousiasme des péripatéticiens , accru sans doute par les attaques même dont leur maître était l'objet, alla si loin qu'il les amena à soutenir que non^seulement le syllogisme était la forme de la science, mais qu'il en était même le moyen unique. H est difficile de se faire une idée ju&te de toutes les louanges folles dont rOrgaoon ainsi considéré fut l'objet. La préface que le vieux traducteur français Canaye, sieur des Fresnes, a mise en tête de son ouvrage, est fort curieuse à cet égard. « L'Organe % comme il « l'appelle en s'excusant toutefois d'employer des « mots inusités et semi-barbares ; l'Organe est pour « lui le premier des livres humains , parce que « c'est le seul instrument par lequel nous appro- «cfaonsy dès cette vie, au plus près, de ce divin « degré de cognoissance parfaite dont nous joui- € rons en la vie éternelle.» Ailleurs, l'Organe « est « un glaive devant lequel nulle fausseté ne peut
I . L'Organe, on rinstrameiit da dùcoim, précisé de TOrgane d'Aristote» par Canaye, neor des Freines, Paria x58(^, in-folio, et réimprimé âLMsanne, 1617.
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<i aubfitôter. C'est avec cet instrument qu'o^ difr « cerne le vrai et le faux en toutes choses. »,
Cet éloge outré de FOganon était répété dç mîUe manières dans les écoles, dans les co|n^IenT taires , dans les logiques. Aussi , lorsque Bacon et Gassendi , et surtout Loc^e j re^poussèrent pet em-t ploi du syllogisme çoname une absurdité , avaientr ils parfaitement raison ; mai^ ils eurent tort de supposer que réellement on en eût £g^t Jamais un pareil ^age ; la chose était impossible 9 et les. lo-» gicîens mêmes, qui le préconisaient avec tant d'ai> ofeur, ne l'avaient jamais adopté et appliqué. Il suftisaît de jeter les yeux sur.les œuvres du Stagi* rite pour se convaincre que cette prétendue mér thode n'était qu'un rêve de qudques esprits faux de l'École y qui ne méritaient certainement pas qu'on les prît au sérieux. Mais cette importance attribuée à l'Organon, qui en avait une toute diffiérente ^ eut des suites funestes : c'est certainement elle qui a fait si long-temps regarder la logique comme un art d'application ; et td était alors le préjugé général, que les réformateur^ et les adver« saires les plus sagaces du pérîpatétisme durent le subir; Campanella ', par exemple, appelle toujours )a logique l^nstrument du sage, Tart qui le dirige dan$ les opérations de son àme.
Cette question , du reste , est de la plus grande importance puisqu'elle touche à la nature même