LIVRE PREMIER
Le syllogisme ainsi connu et analysé en luimême, il reste à montrer quelle en est Fapplica* tiou à la science, et par quelle méthode l'esprit arrive à connaître quelque chose avec certitude ; en d'autres termes , il reste à expliquer ce que c'est que la démonstration , et quels procédés elle emploie.
Ch. I, p. 71, a, 2. Le premier principe que pose •Aristote, et qui sert de fondement à la théorie entière , c'est que tout apprentissage intellectuel , soit qu'on acquière la science pour soi, ou bien qu'on la transmette aux aulres (^t^acTxa^ia r, (^aOYioriç iiovoTiTwcY)) , provient toujours, et sans aucune exception, d'une connaissance antérieure; et, en termes scholastiques , de prénotions. On peut s'en convaincre par l'examen des méthodes que suivent les mathématiques, et toutes les autres sciences : la logique (xal Tcepl toùç ^oyouç) ne procède pas autrement en syllogisme, et en induction, l'un partant de principes accordés, universels; l'autre, du particulier, évident par lui-même. Les autres raisonnements, qu'on pourrait appeler de Rhétorique , se
rapprochent sous ce rapport de ces deux • là ^ l'Exemple de llnduction, FEnthymêrtie du syllogisme. Il ne faut pas , du reste, entendre ce principe , comme Platon l'entend dans le Ménon (t& êv Tw Mivwvt àîTopTijjLa). Ce ti'est point ici une réminiscence. On peut dire à la fois , sans contradiction , qu'on sait en un sens, et qu'en un sens aussi, on ignore ce qu'on, apprend. Il n'y aurait absurdité que si l'on disait qu'on sait une chose de la façon même qu'on Tapprend (71, b, 8). Mais on peut foil; bien savoir la cliose d'une manière générale , et l'ignorer d'une manière particulière; savoir, par exemple , que tout triangle a ses trois angles égaux à deux droits , sans savoir spécialement , et autrertient que par l'induction , que cette figure renfermée dans un demi-cercle est un triangle.
Ch. 2, p. 71, b, 10. Savoir une chose d'une manière vraie et stable, et non point d'une manière accidentelle et sophistique , c'est savoir la cause de cette chose, qui la fait être telle qu'elle est,sans qu'elle puisse être autrement. Or, il n'y a qu'un moyeu desavoir ainsi, c'est la démonstration; et la démonstration (âiro^eiliç) , c'est précisément le syllogisme qui fait savoir (<yuX^oYi(r|jiov eTCiçTopvixov). 11 suit de là que la démonstration doit, de toute nécessité, partir de principes plus conniis que la conclusion; et que ces principes doivent être vrais d'abord , primitifs , immédiats; qu'ils doivent être antérieurs à la conclusion, et que c'est d'eux, comme causes , que la conclusion doit sortir.
ANAIY8B TÊB t^ÊRN. ÂSfàtY. •— tlT. I. CEIAP. V. '279
Mais ici je dois laisser ()arler Aristotë, fiuisqu'il s'agit de la base métné sur laquelle il a construit toute la théorie de lacquisition de là caertitude.
Ch. a , p. 7 1 , b , 9. « Nous croyons savoir Une chose d'unetnanière absolue, et non point d'une oianière sophistique et accidentelle , quàtid iious pensons connaître la cause qui produit cette chose, que nous savons qu'elle en est la cause, et que la choses ne saurait être autrement. Savoifest évidemment à peu près cela. En effet, ceux qui savent et ceux qui Ue savent pas , ont cette différence que les uns croient être , et que les autres sont réellement dans ce cas , que la chose qu'ils savent ne peut absolument point être d'une autre façon. Qu'il j 'ait utle autre manière encore de Savoir, c'est ce que nous dirons plus tard : ici nous affirmons qu'on sait par démonstration, rappelle démonstration le syllogisme scientifique (êTCicyïi/.ovtxov) ; et j'appelle scientifique, celui qui, par cela même que nous le connaissons , nous apprend quelque chose. Si donc, savoir est bien ce que nous disons , il faut nécessairement que la science, acquise par démonstration , repose sur des choses vraies , primitives , immédiates, plus notoires, antérieures, et causes de la conclusion; car c'est aitisi qu'elles seront les principes de ce qui est démontré. Sans elles , il peut bien y avoir syllogisme; mais il n'y flursi pas démonstration » car le syllogisme ne don-
280 DEUXliSMS PARTIE. — • SECTION I.
fc nerà pas de science. Il faut qu'elles soient vraies a et réelles , parce qu'on ne peut savoir ce qui «n'est pas; par exemple, que le diamètre est « comraensurable. Il faut qu'elles proviennent de n principes primitifs , indémontrables , parce qu'on a ne saura rien, si l'on n'en a pas la démonstration; a car savoir les choses de la démonstration autre- « ment que par accident , c'est avoir ladémonstracc tion. Il faut, en outre, qu'elles soient causes , plus (t notoires, etantérieures.: causes, parce que nous ne « pensons savoir que quand nous savons la cause : a antérieures, puisqu'elles sont causes: et antérieua rement connues, non pas seulement de cette <c façon qu'on en comprenne le sens , mais « qu'pn sache positivement qu'elles sont. Antéa rieures et plus notoires peut, au reste, se ce prendre en deux sens : car l'antérieur dans la « nature , n'est pas le même que l'antérieur pour « nous; le plus notoire dans la nature, n'est pas le • tf même que le plus notoire pour nous. J'entends « par antérieur et plus notoire relativement à nous, « ce qui est le plus rapproché de la sensation; « mais d'une manière absolue, c'est au contraire « ce qui en est le plus éloigné. Le plus éloigné, « c'est le général : le plus proche, c'est le particu- Qc lier; et ces deux choses sont tout-à-fait opposées a l'une à l'autre. Venir de primitifs , c'est donc ve-* « nir des principes propres de la chose) car prince cipe et primitif, c'est, à mon sens, tout un. Le « principe de la démonstration est la proposition
ANALTSB DES DERK. ANÀLYT. «— UV« 1* CHAP. V, 28f
K immédiate : la proposition immédiate est celle « qui n'a pas de proposition antérieure à elle. La « proposition est Tune des parties de renonciation, <x une pour une; dialectique , quand elle prend « indUféremment l'une des deux ; démonstrative , « si elle s'attache spécialement (d)pt<7[i.evcdç) à une <c seule, pour prouver qu'elle est vraie. L'énoncia- « tion n'est elle-même qu'une portion de la contra- « diction : la contradiction est l'opposition où « aucun intermédiaire ne pourrait trouver place. « Une partie de la contradiction , c'est ici l'affîr- « mation d'une chose par rapport à une autre ; là, c c'est la négation d'une chose par rapport à une « autre. J'appelle thèse du principe syllogistique « immédiat, la proposition qu'il n'est pas nécessaire « de démontrer, mais que ne doit point nécessai- «rement posséder celui qui veut apprendre.
« L'axiome , au contraire , est celle qu'il doit né- « cessairement posséder, et l'on sait qu'il est des « choses de ce genre auxquelles ce nom s'applique tf spécialement. I/hypothèse est la partie de la « thèse qui admet Tune des parties de l'énoncia- « tion , avec l'existence ou la non-existence de la « chose : sans cette condition , ce n'est plus une « hypothèse, mais une définition. Ainsi, la défini*
< tion est une thèse (dpurpç Osgiç ici). Ainsi, l'arith- « méticien admet que l'unité est la quantité in*
< divisible ( â^ioipcTov ) ; mais ce n'est pas une
< hypothèse; car il ne faut pas du tout confondre
«oes deux expressions; par exemple , ce qu'est « runilé et que Tuaité est. »
J'ai traduit tout ce qui précède d'abord à cause du principe méoie qui y est exposé ^ et ensuite^ à cause des définitions qui terminent ce passoire, et qui sont d^une grande importance pour l'inteUi* gence de ce qui va suivre*
Aristote conclut que ces principes du syllogismei ces primitifs sur lesquels se fonde la démonstration , doivent être bien autrement certains ^ bien jdus fermement crus que la cbose démontrée elle-même (72 , a , 28 et 39) ; il ajoute que les principes opposés directement à ceux*là^ c'est-à-dire , les principes qui servent au syllogisme de Terreur contraire à la science (t^ç ivavtiac iitofniç), doivent être aussi y par cela même, parfaitement connus de celui qui connaît les autres, et qui doit être absolument inébranlable dans sa croyance {ip^ràmvçfri).
Ch. 3j 'jckjhf 5< Ici l'on fait deux objections, et l'on dit : si l'on doit connaître les principes comme on le prétend, il n'y a pas de sdeoce^ car tout ne peut se démontrer : d'autres reconnaissent bien que la science est possible , mais ils ajoutent qu'alors tout est démontrable. Ces deux objections se fondent, l'une et l'autre, sur ce faux principe, que toute science vient de la démonstration, ce qui n'est pas vrai (71 9 b, 19), puisque cdle des notions immédiates n'en vient pas. La démonstration circulaire n'est pas possible, car alora ub
AIVAIYSS DES DOIN. ANALTT. ^ UV. I. GHAP. V. 2SS
néme principe serait antérieur et postérieur pour les mêmes choses («(la iç fixera xdci vçepa tji aink f ûv aituv); il serait plus et moins connu que lui-mémeé Oii arrive*t«on par cette prétendue méthode? A dire qu'une chose est , si elle est. Une démonstra^ lion de ce genre n'est pas difficile (oSt» èï isàtixa ^a^iov itx^i). La démonstration circulaire n'est applicable qu'aux termes réciproques (eocv dXk/ikmi firrrttti) , ainsi qu'on l'a vu dans le Traité du syllo* gi8me(èvtt)rç irepl fPÙXoyut\»joi^. 7?, a^ i4)-
Ce passage, dans lequel Aristote rappelle les Premiers Analytiques sous un noiÂ^i n'est plus le leur, depuis le temps de Galien au moins , a été discuté plus haut (page 4^1 et io5).
Ch. 4) 7^9 a, m. Puisqu'une chose sue absolument ne saurait être autrement qu'on ne la sait, il s'ensuit que ce qui est su par démonstration est nécessaire. La démonstration est donc le syllogisme formé de données nécessaires (ii énayiiLaitù^ ipa <ruXXoyt(T[jt.<^ içw -h iTroJei^tç). D'où viennent les démonstrations? Mais, avant de répondre à cette question , Aristote croit devoir définir trois termes dont il aura fréquemment à se Servir, to xoLTk itovToç, l'attribution universelle, tô xaft' «ûro, la chose en soi , et to xaO^ou , l'universel (78, a, a8). n entend par attribut universel ce qui est à tout individu, et non pas limitativement à tel ou tel: ce qui est dans tout temps, et non pdnt dans tel ou tel temps. Ainsi, animal se disant de tout homme (xflrrà irecvtàç «vOpc&irou), il suffira que td individu
soit homme pour qu'on puisse dire de lui qu'il est animal (78 , a, 34). Une chose en soi est celle qui est essentielle à une autre (ev tw ti éçiv Owapj^ci). Ainsi la ligne dans le triangle, le point dans la ligne. Kod' aûTô a quatre sens principaux : d'abord celui qu'on vient de dire, et c'est, comme on le voit, ce qui entre dans la définition essentielle de son sujet. En second lieu, c'est ce dont le sujet entre dans la définition essentielle des attributs (&otç Tôv evutrapjç^ovTwv aÙToTç aÛTOc èv tw ^ycji cvuirap* )^ou(7t Tû t( ért Jti^^ouvti). Ainsi la ligne, le nombre, dans la défflntion de la ligne droite , du nombre pair ou impair. 3^ Kaô' aÛTo est encore ce qui n'est pas dit d'un sujet, c'est la substance. 4^ Enfin, c'est ce qui est par soi-même à une chose , et non point par l'intermédiaire d'une autre chose. S'il tonne quand je marche , ce n'est pas une chose en soi, c'est un simple accident ((ruptêeêrixoç) ; car ce n'est pas parce que je marche qu'il tonne. C'est une, simple coïncidence ((juveêv), <pa(jt.cv, touto).
Reste à définir le troisième terme xa6<{Xou, déjà souvent employé dans la théorie du syllogisme, mais qui prend ici un sens un peu différent. « J'appelle universel , dit Aristote , ce qui est i( à tout le sujet, et en soi {-mlV auro), et en tant a qu'il est ce qu'il est (^ aÙTo). Il est clair que tout « ce qui est universel est, de plus, nécessaire dans ce les choses où il est. Du reste, être en soi, ou être « tel en tant qu'on est tel (f etÙTo) , sont deux ei- « pressions identiques : ainsi , le point et la direc-
AMALTSE bES DtiRN. ANALTt. "— L^V. I. dHAP. Y. 98S
« tion droite sont à la ligne en soi; car c'est en « tant qu'elle est ligne. Deux angles drcMts sont la « valeur du triangle en tant que triangle; car eu c soi, le triangle est égal à deux angles droits. L'uniff versel est donc ce qui peut être démontré du « premier objet, quel éfa'ïi soit (toD tu^^ovtoç), du pri-< « mitif ( lup^Tou ). Ainsi , av^r deux angles droits « n'est pas universel à la figure : pourtant, on doit « démontrer d'une figure qu'elle a deux angles c droits, mais ce n'est pas de toute figure quelcon* c que : et celui qui démontre ne prendra pas in- « différemment toute figure ; ainsi, le quadrilatère tf est bien une figure, mais il n'a pas ses angles « égaux à deux droits. Le premier isoscèle venu a « bien ses angles égaux à deux droits; mais l'iso» c scèle n'est pas primitif, puisque le triangle lui est « antérieur. Donc ^ le primitif quelconque dont on « pourra démontrer qu'il a des angles égaux à « deux droits, ou qu'il a telle autre propriété, ce « primitif est universel, etda démonstration de cet « universel est en soi : pour les autres, on peut « dire en quelque façon que . la démonstration ff n'est pas en soi. L'universel ne peut s'appliquer à « l'isoscèle , puisqu'il y a encore quelque chose « au-delà de lui. »
Ch. 5, 74, a, 5. Cette considération du primitif universel est de grande importance , et fort souvent on se trompe en croyant éire arrivé à la démonstration de l'universel primitif, sans avoir réellement poussé jusqu'à lui. Pour ne point s'y
tromper, c'est d'écarter toutes les cireoMtMees accidentelles pour aller juscpi'à la chose essep* tielle. Ainsi 9 que l'on démontre d'im triangle isoscèle en airain qu'il a ses angles é^aux à deux droits : vous pouvez lui enlever ses qualités d'iso» acèle et d'être en airain ; mfU vous ne pouvez lui enlever sa figure 5 ssg^ limite (ivepaTo^); c'est ià le primitif, et quel primitif? Le triangle; el la dé* monstration ne s'attache qu'à cet universel (tourov
Ch. 6, 7/1, b| 5. Puis donc que la science démonstrative ne peut venir V^ ^^ principes néoes* saires , et que les choses en soi sont celles qui sont essentiellement nécessaires aux autres oin^sesy il s'ensuit que le syllogisme démonstratif devra se tirer des choses en soi. La preuve que la dér monstration repose sur ce caractère de nécessité, c'est que, quand nous voulons faire une objection à un adversaire y nous disons que son assertion n'a rien de nécessaire 4'une manière générale « si elle peut être autrement , ou du moins d'une ma^ nière particulière , relativement à l'objet en qiiesr tion ( evex« y^ mi Xt^you ) ( 75, a, i ). Il se peut y dirat«on peut^'ètrey que la conclusion soit nécesMire, sans que le moyen qui la donne le soit aussi. C'est ainsi qu'on a tiré une conclusion vraie de prémisses qui ne l'étaient pas, Mais quand le moyen est nécessaire y la conclusion l'est également, de même que^ de prémisses vraie39 ^^ ^^^ toujours le vrai. Mais ce aérait se tromper que de croir^e qp'on
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ptat obtenir yne cooolusioB nécessaire , aut ment que par un moyen nécessaire; car s'il Tétait pas y on ne saurait pas la cause nécessai ou l'eiistence nécessaire, de la chose. Il faut ab lonont 9 dans les démonstrations , que le mo} scdt Ittinnéme au dernier extrême, et le prem au moyen.
Ch* 7, 75, a, 38. Une conséquence de ceci , c' que les principes doivent être homogènes à la ei dusioii , et qu'on ne peut conclure d'un genr un autre (il oXXou y^ypriç (UTaCovra) : par exemf eondure arithmétiquement de prémisses géoB triques. Ceci toutefois se peut dans certains cas < Ton en dira plus loin la raison (ch. iode celivi Mais Ton peut affirmer qu'il faut que le genre di conclusion et celui des prémisses soit absolumi le méajl^ou le soit, tout au moins, sous le rapp dont fW%e sert; car il faut de toute nécessité c les extrêmes et le moyen soient du même ges On peut passer, du reste, d'un genre à un gei sobalteme ou supérieur ( ftorepov inA Oâfrepov ) , l'optique à la géométrie , de l'harmonie à l'ari mélique.
C3i. 8, 75, b, aa. Une autre conséquence i dente, o*Qst que la conclusion de la démonstrat est nécessairement une chose éternelle (iièm) n y a done pas , à proprement parler, de démo tration des choses périssables ( ni , pour elles , science véritable : il n'y a, pour ainsi dire , c démonstration et seienoe d'accident, parce q
âSS bEUXlÈME PARTIH. — SECTION I.
n'y a point, dans ces choses, d'universel îndé{ dant des circonstances et du temps (iwyrè xàl tï Il convient de s'arrêter quelques insti sur ce principe d'Aristote , l'un des plus gri 81 des plus importants de tout l'Organon. De] le Stagirite, personne n'en a contesté la vérité | fonde : le christianisme l'a lui-même adopté c toute son étendue, et l'a fait tourner à son pr Bossuet^ admirateur sincère du génie d'Arist exposant à son royal élève quelques principe philosophie et de logique, insiste Surtout celui-ci : et dans un langage aussi nerveux fcelui dû philosophe grec, il paraphrasé et duit, pour ainsi dire, la pensée du précep d'Alexandre: a Le fruit de la démonstration e « science : tout ce qui est démontré ne peut « autrement qu'il est démontré : ainsi, tog|| v^ a démontrée est nécessaire, éternelle, immua a et comme l'entendement humain ne la fait ] « il s'ensuit qu'elle est éternelle , et par là indé] « danté de tput entendement créé... Les prc « sitions claires et intelligibles par elles-méme£ « dont on se sert pour démontrer les autres, s « pellent axiomes et premiers principes,... et si a vérités démontrées sont éternelles , à pins f «r raisoni celles qui servent de fondement à la <r monstration. » Ici le témoignage de Boss nr'est que l'écho du témoignage, unanime de t les siècles et de l'humanité entière.
^ Cette propriété suprême des vérités démenti
AH ALT8K OBS DSRIf • AH ALTT. — iTT. 1. CBAP. Y. 2811
appartient .aussi aux définitions, piflsque toute définition n'est qu'un principe de démonstration , ou une démonstration dont la forme seule diffère (6^1 ^loc^pouoa ), ou enfin une conclusion de démonstration.
Thémistius a prétendu changer ici Tordre du texte, et il y a introduit une portion du cha* pitre XI. Ce changement ne parait pas devoir être accepté, bien qu'il ait pour lui le grave assentiment de Zabarella : d*autres sont dans le même cas.
Ch. 9^ p. 75, b, 37. De l'homogénéité nécessaire de la conclusion et des prémisses , il résulte que la chose démontrée ne peut l'être que par les principes qui lui sont propres; de plus, ces prin* cipes propres ne sauraient eux-mêmes être démontrés (76, a, 16), et la connaissance de ces principes spéciaux , dans chaque genre, sera la connaissance suprême dont toute la déduction dépendra (xupta xffvTCftv). On n'est donc sûr de la démonstration que quand on est sûr aussi d'avoir ces principes propres des choses.
Ch. 10. Ainsi, les principes (âpx^^ç) dans chaque genre, sont ce qu'il est impossible de démontrer. On accepte les principes, on les emploie (Xa|&€ocveTa() ; on ne démontre que le reste. Les principes peuvent être, ou spéciaux à chaque science, comme on l'a dit, ou communs à plusieurs (toc {tàv lÂia Ta èï xoivà). Ainsi, le principe de définition de la ligne droite est un principe spécial de géométrie. Que des quantités égales I. 19
296 DtVxAoÈ FARTffi. -^ dECTIOir I.
restent égales, qliand on leur enlève ube quant égale j c^est là un principe commun. Dans toi Jémonàtrâtiôtt y il j à donc trois choses :
genre de Tobjet démontré, les ai&iômes commi par lesquels on démontre, et les modificatk spéciales de Tobjet (ri itaOv)). Dans ces trois clas sont renfermées toutes les recherches de la scien de quelque manière qu'on les fa^se. On a dit p haut ce qu'étaient la thèse et l'axiàme.
Ch. ïo, 76,b,'i3. rtlln*jà ni hypo thèse , ni pos « lar, qui par soi-même soit nécessaire, et qui do (c étl*e accepté comme tel ; car la démonstration « s'adresse pas à la pâ:role t^ktérieure , mais à la ( a tolc intérieure de l'âme , parce que c'est à celle a aussi que s'adresse le syllogisme. On peut te tf jours élever quelque objection contre la parole « dehors, mai^ on ne le peut pas toujours cont ce la parole du dedans. Ainsi donc , tout ce q « Ton prend comme démontré , sans l'avoir d c( montré soi-même, et qui est accepté par celui « qui Ton démontre, est une hypothèse, n^ «point absolue, mais relativement à cette p( « sonne seule. Si Ton prend ces données, sa « qu'il y ait aucune pensée à Ce sujet dans Tespi « de l'interlocuteur, ou bien même quand il y en tf une toute contraire, on fait un postulat de « propre pensée ; et telle est la différence de l'h t pothèse au postulat. Le postulat est ce qui est « demi contraire à la pensée de celui qu'on i; « struit, ou ce que l'on prend pour démontn
ANALTSB DBS DCR9. ANÀLTT.«<-L1?* I. CHAP. ▼. 394
« et qu'on emploie comme tel ^ sans l'avoir soi- « même démontré. »
Thémislius propose dans ce chapitre, et au début du suivant y un déplacement nouveau, qui n*est pas injustifiable assurément, mais qui ne parait point cependant assez certain pour qu'on doive l'admettre, plus que le précédent.
Ch. If, 77, a, 5. La démonstration reposant essentiellement sur Tuni verset, sur le général, on doit se demander ce qu'est le général. Pour le comprendre, il ne feut pas supposer des idées (st^v)), des espèces k part , et tout-à-fait isolées des individus. Le général n'est absolument qu'un mot qui s'applique à plusieurs objets {U hloxol irclX- \m akrfiU)^ mais autrement que par simple homo-» nymie ((tii 6pL(âvupi«v). Les principes communs que forme l'universel, sont les Kens de toutes \eê sciences entr'elles. Tel est le principe de contradiction , que rien ne peut être à la fois nié et affirmé (to fi.'ti èv^é^eoOar a[x.o( f âévoet xai âirofoévat), principe sur lequel s'appuie, sans cependant l'établir formellement, la démonstration ostensive : tel est le prfn* cipe corrélatif, qu'il faut de toute chose nier ou affirmer (airocv ^ f «vai t) âirof ovai), principe dont se sert la démonstration par l'imnossible. Ces principes communs ne sont pas les objets que les sciences démontrent; elles les emploient au con«* traire pour démontrer. La science qui s'en occupe spécialemeitt , c'est la dialectique, qui n'est pas limitée à quelques objets seulement (âfiopiaptivcav
292 DEUXlkn PAKTIE. — SECTION I.
TivoDv), à quelque genre, mais qui s'étend à tôt et qui est commune à toutes les sciences (iràcra Ce qui le prouve, c'est qu'elle emploie toujoi la formé interrogative, que ne saurait employei démonstration spéciale^ puisque, avec des p positiops opposées , comme les donne Tinterro tion , on ne saurait obtenir une même coûclusic c'est ce qu'on a fait voir dans le traité des sy] gismes (iv toîç Trepl ffuXXoytdjjLoiï).
Cette seconde citation du Traité du syllogis se rapporte au chap. XV du a® livre des Premi Analytiques (Voir ci-dessus, pag. 265). '
Ce chapitre où Aristote établit ce qu'est pc lui l'universel , le général, a ^ comme il est aisé le voir, une haute importance. D'abord l'éL repousse ici le système de son maître sur Idées (stÎYi): mais il ne s'arrête pas à cette futation qui doit être plus complète ailleurs, notamment dans la ]V[étaphysique. Il déclare jilus, que le général n'est pour lui que l'expressi vraie d'une pluralité, et qu^l n'a pas d'existence dehors de l'appellatioil applicable à plusieurs dividus. Ainsi, Aristote est nominaliste , et d se trouve tranchée par lui la grande question c divisa toute la philosophie du moyen-âge.
Ch. 12, 77, a, 3o. 11 résulte de ce qui a été plus haut, de l'emploi des principes spécia dans les sciences , qu'il faut aussi que les interi gâtions qui tendent à k connaissance, %oient ell mêmes spéciales, et qu'il ne faut pasplus mêler
AHALTSB DIS DUUf. AMAI.VT. — MV. I. CHAP. V. 295
genres divers en interrogeant , qu'on ne les méie pour la démonstration.
Dans ce chapitre Thémîstius et Zabarella proposent encore un léger déplacement qui ne parait pas indispensable.
Si donc il faut borner les démonstrations et les questions aux objets propres à la science dont on s'occupe, il s'ensuit qu'il ne faut pas discuter d'une science avec oes ignorants de cette science , et, par exemple, qu'il ne faut pas parler de géométrie avec des gens qui ne sont pas géomètres
Du reste , une question et une démonstration peuvent être étrangères à l'objet dont il s'agit, de deux façons. Ainsi, une question musicale n'est pas géométrique ; et supposer que les parallèles se rencontrent (au|&iriirreiv irapocXXiOouç), n'est pas davantage géométrique; mais c'est, comme on leroit, dans un tout autre sens.
Ici pourrait se terminer la première partie de ce livre des Derniers Analytiques. Dans tout ce qui< précède , Aristote a établi des principes généraux sur la démonstration , et sur les éléments essen^ tiels dont elle se compose.. Il continue cette théorie dans les chapitres qui suivent , et il finira par étudier les espèces diverses de la démonstration , et tracer les règles de chacune d'elles.
Ch. i3, 78, a, i3. Il faut distinguer deux grandes classes de connaissance, et par cons^*
294 DKUXXÉMS PAailB. — SBCTION I.
quent^ de démonstration ; d'abord» celle du sm fait (£rn), et ensuite, celle de la cause du fait {^v Ces deux Ordres de connaissance peuvent^ resle^ être cherchés tantôt dans une même sciei tantôt dans des sciences distinctes. Quand c'est «eule science qui les donne tous deux, il peu présenter deux cas : ou les propositions sont im diates et réciproques , et alors si le moyen es cause de la majeure , on a la^démonstration d <:ause}s'il n'en est quel'effeti on a lade'monstral du simple fait , Sr^ et l'upe peut se changer d l'autre: ou bien, les propositions sont médiate ncui réciproques, et alors on n'a que, la démo tk^tion du feit qui ne peut jamais donner celle la cause. Soit k démontrer, en premier lieu , simple fait que les planètes sont proches , en f nànt pour moyen l'absence de scinlillation. r j^nètes , Bue pas sciutiUer, A. être proche (78 3o). B est à r, car les planètes ne scintillent p mais A est aussi à B, car ce qui est proche ne se tiUe pas^ connaissance qu'on peut d'ailleuj:*s acq rir, soit par Ifs sens^ soit par l'induction : on cooelut nécessairemept qu'A est à F, et Toi démontré par là que les planètes sont proches la terre» C'est le syllogisme du simple fait, et n pas du< tout de la causer car les planètes ne se .pas proches^ parce qu'elles ne scint^Lllent pi mais au contraire , elles ne scintillent pa$s pai qu elles sont ptpches* On peut , du reste , parce pimmère démonstration^ obt^r <:eUe de la cai
▲IfALTSS DIS DIBN. ANALTT.^-LIT. I. CUÀP. T. 295
et rédproquement Soit encore r les planètes, B être proche, et ▲ ne pas scintiller» B est à r, et A e«t aussi à 3 : on en conclut que A est à r, c'està-dire , que les planètes ne scintillent jpas, et c'est le syllogisme de la cause. Ainsi, dans le premier cas , le moyen B n'était qu'un effet; dans le second, il est cause^ On démontre de même que la lune est un si^roide à cause de ses accroissements réguliers (j9ifa\fwiàiiç ^là Tfiv aù^Hatm).
Dans les sciences direrses, il faut aussi distinguer scMgaeusemept ces deux démonstrations.
Quand ces sciences sont subalternes , la supérieure donne la cause {jSf b» 37); l'inférieure ne donne que le fiait : ain$i la géométrie et l'optique « la stéléométrie et la mécanique^ Tarit hrpédque et l'bar^ manie* raslrcmomie et la mél^rologie (ta 9«i^d- (lA^a). Ck>mmeoa le voit, c'est la science qui est )a plus soumise aux sens qui donne le fait (ociaOuTui^v), la plus mathématique qui donna la cause. Dans les sciences non subalt^nes, l'une donne le fait par l'observation, l'autre donne la cause par le raisonnement : ainsi le médecin sait fort bien (79, a, 1 5) que les plaies circulaires sont les plus lentes à guérir; mais c'est au géoinètre 4^ lui en dire la raison.
Ch* i4f 79f Af '7- D'après tout ce qui précède, on peut Toir sans peine que la première figime du syllogisme est aussi la plus propre à la science (mniioMix^ pLoX^ra) ; c'est elle qu'emploient tontes les sdenees mathéouitiques : aritbnM§tjque,
géométrie, optique, et toutes celles qui i cherchent la cause. « C'est en effet le plus se vent, et pour la plupart des questions, dans cei ce figure que se forme le syllogisme de la caui « C'est donc elle surtout qui procure là scienc a car savoir la cause est le point le plus élevé (] a pMÔTaTov) de la connaissance. On doit «jouter, c a core, que c'est aussi par cette seule figur^qu' ce peut chercher la science du simple fait. G tf dans la seconde figure, il n'y a pas de syllogisi rt afïirmatif (xàtTiYopiKoç) ; or la science d^ fait < « toujours une affirmation. Dans la dernière « gure, il y a bien de laffermatif , mais il n'y a { « de général , d'universel, et le fait est nécessaii «r ment universel : car, que Thomme soit un ai ff mal bipède, ce ne peut jamais être là un fait « mité (inj). Enfin, la première figure n'a pas l « soin des deux autres , et c'est au contraire p « elle, que les deux autres accumulent et accroi (c sent leurs démonstrations, jusqu'à ce qu'ell «t aient atteint les principes immédiats. Donc é^ « demment , la première figure est la forme s « prême de la science. » '
Ch. i5, 79, a, 33. Ce n'est pas à dire cependa que la démonstration ne puisse , avoir lieu da d'autres figures; et, lorsqu'elle est négative , el se forme dans la seconde aussi bien que dans première.
Ch, ï6, 17, 79, b, 23, 80, b, 17. Si la démon tration donne la science, Topposé de la scieni
AJTALYSE DES DRRK. àNALTT. — LIT. I. CHAP. ▼. Mi
sera l'ignorance (ayvoia, iicarti) prodaite par le syllogisme. * Uerreur, qvand elle s'applique aux notions simples (àicXtiç ùiroXifj/ecdç), est simple aussi : elle est multiple , quand elle s'applique au syllogisme. Supposons en effet que A ne soit à aucun des B : si Ton établit par syllogisme que A est à B, en prenant V pour moyen, on se trompera syllogistiquement ; mais il se peut ici que l'une ^es propositions seulement ou toutes les deux , soient fausses. Le syllogisme de Terreur (ôicaryiTuoç) peut être affirmatif dans Ja première figure, ses deux propositions étant fausses, ou la mineure seule Tétant : il est négatif dans la première et la seconde; mais, dans la première, les deux propositions peuvent être fausses; et, dans la seconde, il Êiut que Tune des deux soit vraie. *
Outre cette cai^ d'ignorance t[ui est toute logique, il en est une autre dans laquelle la méthode n'est pour nen : elle est en quelque sorte naturelle; ce sont nos sens qui nous |bnt défaut, et causent notre erreur.
Ch. id, 8i, a, 38. « Il est évident que, si quel- « que sens vient k manquer , il faut aussi que « quelque partie de la science manque comme « lui , et qu'il soit impo^ible de l'acquérir , « puisque nous n'apprenons rien que par indue- « tion ou par démonstration. La démonstration « part du général; l'induction, au contraire, part « des cas particuliers; mais il est impossible d'at- « teindre les choses générales autrement que par
296 DEffXiiyfi PARTIS. — - SSCTlOOr I. .
<i elle , pui^ue c'est aussi par rinduction qu'on «rendra notoires leç chosis dites abstraites, en M prouvant que . certaines chpse^ appartiennent u à chaque genre et h constituent spécialement, flc bien qu'elles n^n soient pas réparées. Mais on a ne pourrait pas induire, si l'pn n'avait pas la «sensation; or, la s^nsatiop s'applique au;z « «hoses particulières , et il ne saurait y avoir de "m: science pour ces cbo«^4à. On ne saurait donc a k tirer des cbose^ générales sans l'induction , « et l'on ne «aurait rien faire de l'induction sans « la sensation ellerméme. »
Cfa. 19, 89, b, %Q. Les deux formes principales du syllogisme et de }g^ démonstration étant affirmative .et négative , ^it que d'ailleurs elles soient simplement dialectiques et probables, ou qu'elles soient complètement vraies /^losXescT^saof ii imr ikii- 66(av), on peut se demanfjer^t pour }es attributs d'un sujet, ou les sujets 4'aii attribut , il y a^ série k l'infini (114 a^rapov îevoi), ou s'il n'y en a qu'un nombre limité (ifOLlç-oLçbai i^aym)?0^ peut se faire aussi cette question à l'yard des moyiçnsy etcbereber si, entre deux esrtrémes donnés, U peut y en avoir une infinité?
Ch. ao, 82, a, 2f . D'aJpMïpd les moyens (tà ff.t'tc^ià) ne sauraient être inmiis, car alors l'attriblM^ ?.t le sujet ne «eraient jamais unissyUogistîquemeQt l'un à Kautre. Les attributions s'arnêteafit haut et Ji>a$
«tans les eat^govies du géoùÉifal jet telles ^
▲AALTSK D» imBK. ÂHàJU —- UY. 0. CHAP. V. 209
cilUer. S'il en était autrement , on ne pourrait jar mais arriver à une conclusiom
Gb. ai, Sa, a, 36. La série s'arrêtera également pour les sujets et pour les attributs» Si Ton établit que la série s'arrête pour la dénuMistration aifirmative , on Taura prouvé également pour la démonstration négative, qui dépend «d'elle et la suit. On peut considérer ceci dans les trois figures , et il en résultera que la démonstration peut se produire dans diverses figures ; mais le nombre des figures , c'est-à-dire des voies de démonstration (ôjoi), n'est pas illimité; et par conséquent, les démonstrations ne léseront pas davantage. Or, dans toutes les figures , il faut arriver à un primitif à qui l'attribut puisse s'aj^liquer, et qui ne s'applique lui-même à rien (8a , b , 35). Le simple raisonnement (XoytM&c) suffit pour établir oecL En étudiant les attributions essentielles (èv t$ ti iri naxïïfpfoifu^a ^ ch. aa , 8a, b, 37), c'est^-dire, celles qui constituçnt l'essence des choses , on peut se convaincre sans peine que ces attributions ne sont pas infinies; par conséquent, les démonstrations qui s'en forment ne peuvent l'être davantage. U Êiut, dans les catégories, quelque chose de primitif à qui le reste soit attribué. Comme l'on définit Ibrt bien la substance, il £aut que ses attributs ne soient pas infinis, car il est impossible à l'esprit de parcourir une infinité, quelle qu'elle soit (yx i' «wp« oÙK tçi ^le&Mtm yosSrcou S^y^t B). Analyti^piementCccMtXuTOÂK)^ on peut « con^aâncre
500 DED<MB PARTOE. — SECTIOfI I.
aussi , mais avec plus d^exaetitude et de briè^ que les attributs, ^it généraux , soit particul ne sont pas infinis. La démonstration ne s'a] que qu'aux choses qui sont en soi (xaO - aÛTà) ; les attributs en soi ne sauraient être infinis ; trementy il n^y aurait pas de définition poss et 9 puisque la définition est possible , les attri ne sont pas en nombre illimité.
Ainsi donc les extrénles sont fixés; les mo le sont également; et il y a, par conséquent^ ] •les démonstrations , des principes {i^-^i^^ et n'est pas démontrable , ainsi qu'on l'a sou (Ttvaç Xeyeiy). Les démonstrations d'uâe n chose ne sont pas infinies. - ^ Ch. a3 , 84 , b , 3. C'est qu'en effet une nn chose peut être à plusieurs , sans qu'il y ait autre de commun entre ces diverses choses ; et rentre dans le principe , établi plus haut , que genre on ne peut passer a un autre pour h monstration. Pour qu'il y ait démonstratioi faut qu'il y ait un moyen qui unisse l'attribu sujet, ou qui l'en sépare; autrement, on n'ai que des propositions immédiates qui n'ont besoin de démonstration, précisément p qu'elles sont elles-mêmes sans moyen (a|jie(yat qu'elles servent d'éléments à la démonstra des auti^s. Ces* principes simples , géhérateui tout le reste, se retrouvent partout, sans être pendant identiques : ainsi, en fait de poids sera le minot ; en fait de musique, ce sera
AHALT8B DBS DBElf. ARALYT.— UT. I. CHAP. ▼. IMI
tenralle des tons (^leaw); en syllogisme, ce sera U proposition immédiate; en démonstration et en sdenoe, ce sera Tentendement (vouç).
Ici se t^minent les généralités relatives à la démonstration : on a exposé quel en est l'objet ^ et Ton a établi qu elle a toujours pour but ou un simple &it (^), ou une cause (juin). On a prouvé de plus que, ^posant sur des principes in* démontrables, il iBait nécessairement que les éléments dont elle se compose, propositions et moyen, attribut et sujet, fussent limités les uns relativement aux autres, parce que, autrement, s'il Êdlait parcourir l'infini, il n'y aurait, ni science, ni démonstration possible. Reste maintenant à considérer, en détail , les.diverses espèces que la démonstration peut offrir, selon qu'elle est générale ou particulière, affirmative ou négative, ostensive ou par impossible.
Ch. a4« 85, a, i3. D'abord, la démonstration générale (i^ xafioXou ôini^ei^w) vaut mieux que la particulière (i) x«rà \iifùç) Mais au premier coup d*oeil , on peut donner la préférence à celle-ci. Le propre de la démonstration, dit-on, est de faire savoir : or, celle qui fait le mieux savoir est préférable ; et c'est précisément la particulière qui fait connaître la chose en soi, et non pas la chose relativement à une autre chose. Ainsi, démontrer que cette figure est un isoscèle vaut mieux que de démontrer qu'elle est un triangle (85, a, 3f). De frfus , si l'universel n'existe pas en dehors des
3#2 OEUXIÈm PARTIE. — SBOTIOlf 1.
individus, il est clair que Tuni verset. est du ne étare , et que la démonstratioD qui s'adresse a individus, s'adres9e aussi davantage à* ia réati A cette objection (84> ^^ 7)f ^'on peut répondr que quand on sait le particulier ^ on sait moi que quand on sait l'universel. Par exemple , V sait moins ^ quand on sait que cette figure unisoscèle, que quand ot^sait qu'elle est triangle ; car, l'isoseèle a seslhigles égaux à de droits f non pas en tant qu'isoscèie, mais en V que triangle^ Avec l'universel , otl sait donc p coniment est la ehose> qu'on ne lésait avec le p ticuliar. Il n'est pas nécessaire de supposer ici (\ l'universel soit en dehors des objets , parce qt exprime quelque chose de distinct (Iv SfîkoX) existe, comme existe tout ce qui désigne au chose que des substances (p.vf n (mixaivei), une qt lité, une relation, une action. Si on lé prend 2 trement^ ce n est pas la faute de la démonstratic c'est la faute de celui qui comprend mal(oaxoua
On peut remarquer ici que cette opinion d'Ar tote sur la nature des universaux, s'accorde p\ faitement avec celle qu'il a déjà exprimée pi haut (page ^92).
Aristote accorde donc la préférence à la d monstration générale sur la particulière ; e donne eu effet la cause beaucoup mieux{a>T((0T6pQ parce que, au delà de ruoiversel, il n'y a plus cause, et que luniversel lui-même est cause, particulière peut, mener à l'infini; l'universe
AHALTSB M9 MEH. ANAtTT.-^ttr. I. CHAP. ▼. MS
donne le simple, et par conséquent, la limite (t& iirXûuv «al t^ itifoç). Or, l'infini ne peut être 9u; donc Funiverselest beaucoup plufi conoaissable (emryi^ liô^Xov). De plus, Id démonstration universelle Élit connaître plus de choses, puisque, outre la chose elle-même, elle en fait encoresavoir d'antres. Enfin, Tuniverselie contient la partioufière en puissance (Âuvot^ui), la particulière ne contient Funiverselle, ni en puissance, ni en acte; Tuniver* selle aboutit à l'entendement ( vovinf ), la particulière n'aboutit qu'à la sensation {tiç adEotm^v
Ch. a 5, 86, a, 33. La démonstration affirmative faut mieux que la négative {-h ^euerurfi t^< Teputtsciic ^tkxim); elle se fait avec moins de proposiçiops , puisque la négation suppose toujours l'affirma* tion , et que Taffirmalion , au contraire , n'a pas besoin de supposer la négation. En effet , bien que l'une et l'autre n'aient également que trois termes et deux propositions , Tune pourtant suppose uni*^ quement que la chose est, tandis que la n^alive doit snpposer que la chose est, pour prouver en* suite qu'elle n'est pas. L'affirma tite est ausM plus persuasive (mçtÎTepov), dlese fait mieux comprendre (Yvopilt^Tcpov) ; la négative doit, au contraire, se £dre comprendre par l'affirmative. De plus, comme la proposition immédiate est le principe du syllogisme , et qu'elle est négative dans la négative , et affirmative dans l'affirmative, celle-ci sera la meilleure, puisque son principe est meilleur, ainsi
294 DEUXlàMS PABtlB. — SECTION I.
quent^ de démonstration ; d'abord, celle du sim] fait (StC)j et ensuite, celle de la cause du fait {^w Ces deux ordres de connaissance peuvent, reste, être cherchés tantôt dans une même sciem tantôt dans des sciences distinctes. Quand c'est u «eule science qui les donne tous deux, il peut présenter deux cas ; ou les propositions son t imc diates et réciproques , et alors si le moyen est cause de la majepre^ on a la^démonstration de -cause^s'i] n'en est queTeffcti ona ladëmonstrati du simple iait , St%^ et l'upe peut se changer ds l'autre î ou hien^ les propositions sont médiates •ncKH réciproques, et alors on n'a que.la démoi tk^aticm du £iit qui île peut jamais donner celle la oause. Soit k démontrer, en premier lieu, simple fait que les planètes sont proches , en pi nànt pour moyen l'absence de scintillation, r ^ planètes , Bue pas scintiller, à. être proche (78, 3o), B est à r, car les planètes ne scintillent pi mais A est aussi à B, car ce qui est proche ne sci tille pas^ consiaifisance qu'on peut d'aille^^s acqi rir, soit par Its sens^ soit par l'induction : on conclut nécessairement qu'A est à r, et Ton démontré par là que les planètes sont proches la teire» C'est le syllogisme du simple fait, et m «pas du- tout de la causer car les planètes ne so .pas proches, parce qu'elles ne scintillent pa mais au contrains , elles ne sciptillent pas, par qu elles sont pt'pches. On peut, du reste, par cet pmwÀère démoastralion ^ obtc^r xrelle de la eau
AllALTSI DI8 DttN. AHALTT. — LIT. 1. CUAP. ▼. 295
et réciproquement. Soit encore r les planètes , B être proche, et A ne pas scintiller. B est à r, et A est aussi à B : on en conclut que A est à r, c'està-dire , que les planètes ne scintillent pas, et c'est le syllogisme de la cause. Ainsi, dans le premier cas, le moyen B n'était qu'un effet; dans le second, il est cause^ On démontre de même que la lune est un si^roïde à cause de ses accroissements réguliers (j9ifaifOi^iiÇ iùc Tfiv «vÇi(tfe«iv).
Dans les sciences dirarses, il faut aussi distinguer scHgneusemept ces deux démonstrations.
Quand ces sciences sont subalternes , la supérieure donne la cause (78, b, 37); l'inférieure ne donne que le fiût : ain^i la géométrie et l'optique, la stéréoDiétrie et la mécanique, l'arilhqaétique et Tbar^ mooie, l'astrMomie et la météprologie (m 901^0- (tfva). Gomme on le voit, c'est la science qui est U plus soumise aux sens qui donne le fait (ocidOTiTixdv), la plus mathématique qui donna la cause. Daus les sciences non subaltvne^, l'une donne le fait par robservatiou , l'autre donne la cause par le raisonnement : ainsi le médecin sait fort bien (79, a, 1 5) que les plaies circulaires sont les plus lentes à guérir; oiais c'est au géoïkiètre 4^ lui en dire la raison.
Ch. i4f 79» Af ^7. D'âpre tout ce qui précède, on peut Toir sanis peiae que la prefnière figuK du syllogisme est aussi la plus propre à la science {imnyuoNwAf pLoX^ra) ; c'est elle qu'emploient tomes les sciences mathématiques : apritbnMHîque,
296 DEUXIÈME PARTIE. — SECTION f .
géométrie, optique, et toutes celles qui r cherchent la cause. « C'est en effet le plus so o vent, et pour la plupart des questionsydâtis c^et Œ figure que se forme le syllogisme de la caus « C'est donc elle surtout qui procure là scienc a car savoir la cause est le point le plus élevé (> a ptfàraTov) de la connaissance. On doit ajouter, e a core, que c'est aussi par cette seule figur%quN a peut chercher la science du simple fait. G tf dans la seconde figure, il n'y a pas de syllogisr « affirmatif (HotTYiyopixoç) ; or la science dji fait i « toujours une affirmation. Dans la dernière « gure, il y a bien de 1 affirmatif, mais il n'y a p « de général , d'universel, et le fait est nécessaii « ment universel : car, que l'homme soit un ai «r mal bipède, ce ne peut jamais être là un fait * mité (TTTi). Enfin, la première figure n'a pas h a soin des deux autres , et c'est au contraire p « elle , que les deux autres accumulent et accroi « sent leurs démonstrations, jusqu'à ce qu'ell a aient atteint les principes immédiats. Donc é^ « demment , la première figure est la forme si a prême de la science. » '
Ch. i5, 79, a, 33. Ce n'est pas à dire cependa que la démonstration ne puisse ^avoir lieu dai d'autres figures; et, lorsqu'elle est négative , el se forme dans la seconde aussi bien que dans première.
Ch. ï6, 17, 79, b, a3, 80, b, 17. Si la démon tration donne la science, Topposé de la soient
ABrALYSE DBS DBRN'. Alf ALTT. —LIT. I. CHAP. Y. MT
sera Tignorance (otyvoia, àic<mi) produite par le syllogisme. * L^erreur, quand elle s'applique aux notions simples (àir^îiç Û1co^l^{;e(l>ç) , est simple aussi : elle est multiple , quand elle s'applique au syllogisme. Supposons en effet que A ne soit à aucun des B : si Ton établit par syllogisme que A est à B, en prenant r pour moyen, on se trompera syllogistiquement; mais il se peut ici que Tune ^es propositions seulement ou toutes les deux , soient fausses. Le syllogisme de Terreur (âbramTtxoç) peut être affirmatif dans Ja première figure, ses deux propositions étant fausses, ou la mineure seule l'étant : il est négatif dans la première et la seconde; mais, dans la première, les deux propositions peuvent être fausses; et, dans la seconde, il Êiut que l'une des deux soit vraie. '
Outre cette cai^ d'ignorance t{ui est toute logique, il en est une autre dans laquelle la méthode n'est pour nen : elle est en quelque sorte naturelle; ce sont nos sens qui nous font défaut , et causent notre erreur.
Ch. i8, 8i, a, 38. « Il est évident que, si quel- « que sens vient à manquer , il faut aussi que « quelque partie de la science manque comme « lui , et qu'il soit impoyible de l'acquérir , « puisque nous n'apprenons rien que par induc- « tion ou par démonstration. La démonstration « part du général; l'induction, au contraire, part « des cas particuliers; maïs il est impossible d'at- « teindre les choses générales autrement que par
11116 PECJXBbqB PAaiIEi. — SKOTION I. .
« elle y puiëque c'est aussi par l'induction qu «rendra notoires lef; choses dites abstraites. <c prouvant que . certaines cbpse^ appartienni « à chaque genre et le constituent spécialeme « bien qu'elles n'en soimt pas séparées. Mais a ne pourrait p^^ induire, si l'on n'avait pas a sensation ; or , la sensation s'applique 2 « «hoaes particulières > ^t il ne saurait j avoir « science pour ces cbo£^es4à. On ne saurait de a k tirer des choses générale» sans l'indue tl< « et l'on ne saurait rien faire de l'indi^ctioxi s^ « la sensation ellerméme. »
Ch. 19, S9, b, 10. \J^ deux jbrmes principa du syllogisme et de la démonstration étant af| mati ve ^t négative , soit que d'aiileur3 elles soie simplement dialectiques et probables ou qu'el soient complètement vraies ^(o^XexTfsccof ^ xo(t i 6etav)/on peut se demander ^t ppur les attribi d^un ^ujet) ou les sujets 4' w attribut ^ il y a sé| à l'infini (c^^ offfttpov levoi), ou s'il n'y en a qu'] nombre limité (apa traeyOat âyayx^jPOll peui;se fai aussi cette question à l'yard des moy^^s^ etcb< cher si, entre deux, estfrémes dtmués, il peut en avoir une infinité?
Ch. ao, 8si^ a, ai. D'abord les moyens (tpc fteroi ne sauraient être infinis, car idors l'attribua et sujet ne seraient jamais unissyllogistiquecoen t l'i à i'^autre^ Les attributions s'arrêtent baut et b ^To xdcTfxi TMLs $0 <{v«) îçwitmLoi xrmyGjpdxi) I c'estÀ^ir
daiis les catégories du génàÉral let teUei dit par^
AMALT8S DIS DttM. ABiAL. ^ UV. U. CHAP. V. SD9
ciilîer. S'il en était autrement , on ne pourrait jse mais arriver à une conclosiom
Ch. ai, 82, a, 36. La série s'arrêtera également pour les sujets et pour les attributs. Si l'on établit que la série s'arrête pour la démonstration affirmative , on l'aura prouvé également pour la démonstration négative, qui dépend «d'elle et la suit. On peut considérer ceci dans les trois figures , et il en résultera que la démonstration peut se produire dans diverses figures ; mais le nombre des figures , c'est-à-dire des voies de démonstration (ôioi}, n'est pas illimité; et par conséquent, les démonstrations ne le seront pas davantage. Or, dans toutes les figures , il faut arriver à un primitif à qui l'attribut puisse s'appliquer, et qui ne s'applique lui-même à rien (8a, b, 35). Le simple raisonnement (XoyMdc) suffit pour établir ceci. £n étudiant les attributions essentielles (èv t$ xi ici KftTqyopouiAeva , ch. aa , 8a, b, 37), c'est^-dire, celles qui constituant l'essence des choses, on peut se convaincre sans peine qoe ces attributions ne sont pas infinies; par conséquent, les démonstrations qui s'en forment ne peuvent l'être davantage. U £àut^ dans les catégories, quelque chose de primitif à qui le reste soit attribué. Comme l'on défiinit fort bien la substance, il fisuit que ses attributs ne soient pas infinis, car il est impossible à l'esprit àe parcourir une infinité, quelle qu'elle soit (?âc i* ««ipa oÙK Cçi lift&Mi& iKwirrou 84f ^9 B). Analytîipi6ment(«va}umxû(), on peut se convaincre
500 DEUSltSME PARTIS* — SBGTIOlf I.
aussi 9 mais avec plus tTexaetitude et de brièvc que les attributs, ^it généraux , soit particulie ne sont pas infinis. La démonstration ne s'ap que qu'aux choses qui sont en soi (xad* aÛTa) ; n les attributs en soi ne sauraient être infinis ; trementy il n'y aurait pas de définition possil et 9 puisque la définition est possible , les attrit ne sont pas en nombre illimité.
Ainsi donc les extrénies sont fixés; les moy le sont également; et il y a, par conséquent^ p •les démonstrations , des principes (op^^ac), et t n'est pas démontrable, ainsi qu'on l'a sont* (Tivaç TÂftw). Les démonstrations d'uAe mi chose ne sont pas infinies.
• Ch. a3 , 84 , b , 3. C'est qu'en efifct une me chose peut être à plusieurs , sans qu'il y ait r autre de commun entre ces diverses choses ; et < rentre dans le principe , établi plus haut , que d genre on ne peut passer a un autre pour la monstration. Pour qu'il y ait démonstration faut qu'il y ait un moyen qui unisse l'attribut sujet, ou qui l'en sépare; autrement, on n'au que des propositions immédiates qui n'ont besoin de démonstration, précisément pa qu'elles sont elles-mêmes sans moyen (apLcexat) qu'elles servent d'éléments à la démonstrat des autres. Ce» principes simples, générateurs tout le reste, se retrouvent partout, sans être pendant identiques : ainsi, en fait de poids, sera le minot ; en fait de musique, ce sera 1
ANALYSE DBS BBftR. ANAtYT. —UT. 1. CHAP. ▼. 504
tenralle des tons (iUaxç); en syllogisme, ce sera la proposition immédiate; en démonstration et en idence, ce sera l'entendement (voSç).
Ici se terminent les généralités relatives à la démonstration : on a exposé quel en est l'objet ^ et Ton a établi qu elle a toujours pour but ou un simple fait {hi)^ ou une cause (^ton). On a prouvé de plus que, apposant sur des principes in* démontrables, il fiflait nécessairement que les éléments dont elle se compose, propositions et moyen, attribut et sujet, fussent limités les uns relativement aux autres , parce que , autre* ment, s'il fallait parcourir l'infini, il n'y aurait, ni science, ni démonstration possible. Reste maintenant à considérer, en détail , les^iverses espèces que la démonstration peut offrir, selon qu'elle est générale ou particulière, affirmative ou négative, ostensive ou par impossible^,
Ch. a4« 85, a, i3. D'abord, la démonstration générale (it xofioXou ôini^eiÇtç) vaut mieux que la particulière (ii xatà (Jtipoç) Mais au premier coup d*oeil , on peut donner la préférence à celle-ci. Le propre de la démonstration, dit-on, est de faire savoir : or, celle qui fait le mieux savoir est préférable ; et c'est précisément la particulière qui Eut connaître la chose en soi, et non pas la chose relativement à une autre chose. Ainsi, démontrer que cette figure est un isoscèle vaut mieux que de démontrer qu'elle est un triangle (85, a, Si). De frfns , si l'universel n'existe pas en dehors des
512 DEnXIÈME PARTIE. -» BSCTION I.
lesquels la démonstration ne saurait exister. Ces là Tobjet du second livre des Derni^s Analytiques.
Puisqu'il s'agit ici de savoir quel est le rôle de li démonstration daiis la science qu^eile produit, £ faut d'abord rechercber combien d'objets Fintel* ligence peut arvoir en vue (ch. r , 89, b, 'a3). Let objet3 dont elle s'enquiert sont en même nombn que ceux qu'elle peut savoir; ces objets sont at nombre de quatre. C'est d'abord l'existence de h chose (oTi); en second lieu, la cause de la chosi (îioTi); ensuite, et sous une autre formel on peul se demander si une chose est (ai êçt) , et enfin a qu'elle est (ti êçi). Par exemple , arrivé à savoii que le soleil a des éclipses , on se demande quelle en est la cause , et sachant à la fois que le soleil s'éclipse, et que la terre se meut (xivetrai), on cherche pourquoi il s'éclipse, et pourquoi elle est en mouvement. Cette forme n'est pas toujours celle qu'on emploie dans l'acquisition de la science, et l'on peut aussi, je le répète, s'enquérir si la chose est ou n'est pas (et ?riv h [L-n èçi) , et ensuite s'enquérir de ce qu'elle est (ti eç-w).
Ch. 2, 89, b, 36. On peut donc identifier la première et la troisième de ces questions (oti et eî), et la seconde et la quatrième (^ioti et ti). Il en résulte que toutes les recherches consistent à reconnaître s'il y a un moyen, et quel est ce moyen. Car c'est le moyen qui est la cause, et c'est précisément la cause qu'il s'agit d'obtenir.
Ch. 3, goy a, 35. Mais, peut-on dire ici, la définition est précisément ce qui fait connaître Tessence de la chose (ti eVw) : ainsi savoir par définition , et savoir par démonstration , sont choses identiques. Cette asserlion, qui parait vraie au premier coup d'oeil , n'est point cependant soutenable (^oxei). Toute définition est générale et affirmative : or, parmi les syllogismes , les uns sont particuliers y d'autres sont négatifs ; il serait donc bien impossible de les remplacer par des définitions. On ne le pourrait même pas pour tous les syllogismes universels affirmati&; ainsi quelle définition substituerait-on à cette conclusion : Tout triangle a ses angles égaux à deux droits? La raison de ceci, c'est que savoir, c'est posséder la démonstration; et, pour les choses qui se démontrent , il n'esl pas besoin de définition. L'on peut savoir suivant la définition, sans pour cela posséder do tout la démonstration.
Ainsi , il n'y a pas de définition partout où il y a démonstration; et réciproquement (90, b, 18) il n'y a pas démonstration partout où il y a définition. La preuve , c'est que les principes des démonstrations peuvent être des définitions : et l'on a établi plus haut que nécessairement les principes sont indémontrables, parce qu'autrement on tomberait dans une série qui s'étend à l'infini
L'objet de la définition (90, b, 3o) n'est en rien identique à celui de la démonstration, Ia pre*
mièrc dôiine Vei«enc6 propre de }a chose (où<r(«<5 te dénioiistratio»$ Supposent toutes w «outrai Mtte «isence (to ti «r«v)| les mathématiques » p exewplD» ftuppoMAt l'esiMènoe de Vunité^ de l'ii pgir^ et ne s'en inquiètent pa«. De plus, toute d moMtration démontre une chOD^ de quelque aut «boae. La définition n'attribue pas du tout ui chose à un# autre* C'est qu'en effet il est tout d lérent de montrer ce qu'est la chose ^ ou aimp) ment que la chose est< La définition montre qu'est la chose (tC c^^)) la démonstration prou gue telle ohose est ou n'^st pas à telle autre.
Donci en r^umé^ la démonstration et la dé «ition ne peuvent, quoi qu'on fasse | s'appliqu de la tnéme manière^
. Ch« 4r9i^ a» ja^ Le syllogisme ne pourrait d finir qu'à une condition ; ce serait de prendre t moyen réciproque aux deos^ extrêmes î mais alo ce serait faire une pétitian de principe « et p i^ela mème^ ce prétendu syllogisme qesi^rait d'^ 4treun*
Ch« 5, 9(»ht a« Au lieu de la définition» c pourrait croire que la méthode de division (i è t^v $itfif i«r4«iv 4^0^ ) arriverait à la démonstratioi mtôs la méthode de division n'est pss syllogist que^ ainsi qu'on Ta prouyé dans l'analyse relatii AUX figura du syllogisme (ki t$ «^ocXiiçu ^ ictfl i ir)l[ii^LOiTct. 9 f y b 9 1 3).
Qette indication se rapporte en effet au cb. 3 du premier livre des Premiers Analytiques ( Voi
ANALTSB Mi Bliir. AltUYf.*««llf« tti CUP. T. B4B
plus hatily page 947 et potir «voAtfoit voir plus haut, page 309, et dans la première partie 5 pp« i I et iii6).
La méthode de diirision ne saurait être s;fUo^ gistique y puisqu'elle, ne donne jamais rien de néh cesaaire (àiépcn 06 ^ntm) : elle est même moins démonstrative que l'induction (A livo^iiiv). En supposant qtie la division prouvât que toutes lés parties de la définition, ensemble ou séparément, sont au défini | ce ne serait pas encore là une démonstration. Quelques précautions que Vgn prenne pour ne rien omettre (ir«pali(ir8tv) dans cette mé^ Ihodoy elle restera toujours asyllogistique (èteuX* Xé)fiçs<) : on ne pourra l'employer dans un raison^ nement régulier. Enfin , les parties de la division ne peuvent pas plus être condues, isolément qu'en masse ^ du défini} à chaque portion, en effet, on pourra demander la cause, et on ne pourra certainement point répondre par une division nouvelle, a Qu'est^Kse que l'homme, par exemple? (7est un « animal mortel, bipède, sans plumes, etc. Malb m pourquoi? peut*on demander à chaque épithète a qu'on ajoute (iraf * iafxrnv ifp<Mieiv)« On répondra t par la définition t qu'il en est ainsi parée qu'on « pense que tout animal est mortel ou immoi^ « tel, etc., etc. Mais certainement tout ce raison* « nement n'est pas une définition 1 de sorte que si € l'on démontrait par la méthode de division , la < définition du moins ne serait assurément pas t Un qrllogisme« »
Sifi l>B0XliElaS PABaXE. «-• SECTlOIf I.
On reconnaît ici qu'Aristote attaque Platon i 8cm école, bien qu'il ne le nomme pas; mais o ne saurait s'y tromper, puisque la définition d l'homme qu'il critique est précisément la défini liqn platonicienne.
Gh. 6, 92 , a , 6. n faudrait aussi, dans cette m^ thode de division , montrer le lien qui unit ton ces attributs , et en fait une unité , un attribt unique (îv xamYopoupLevov); car, d'après les élémeni mêmes de la définition (ex rm liafLSoNoiihm) , o ne Yoit p^ qu'il y ait la moindre nécessité dai cette iSnion des attributs. Pourquoi rhomn n'est-il pas un animal mortel, un animal bipède un animal sans plumes, aussi bien qu'un^ animi mortel, bipède , sans plumes: en plusieurs énon ciations distinctes , au lieu d'une seule ?
Çh. 7, 92 , a , 34* La définition ne prouvant l'es sence des choses (tiqv oùdiav) , ni comme la démons tration, ni comme l'induction, xx)mment la mon tre*t*elle donc? ce n'est certainement pas en faisan appel au sens {oila^ati h tô) ^ccxTtiXe^). La défini tion ne montre pas du tout ce qu'est la chose (1 eriv), car elle montrerait aussi que la chose es (et&^vai xal Sri èrW); mais il est impossible de dé montrer dans une même notion (tÇ aî^Tô) X<$y&)) qu la chose est , et ce qu'elle est.
Si d^autre part la définition explique les mots e leur sif|;nification , elle ne ferait donc que repro dùire le mot sous une autre forme, et il s'ensui vrait, chose insoutenable («totov), que tous lei
AMAim DIS UBUi. ahaitt.— iinr.n. chap.t. 847
mots que nous prononçons seraient des définitions (Açt Jfpouç otv ivxkfffÀfuicL irayte^); Iliade, par eiemple, serait une définition.
En résumé, la définition ne saurait se con* fondre avec le syllogisme (oSts TaiKcov w) : l'objet de Tttn et de Tautre n'est pas du tout identique. La définition ne démontre rien; elle ne montre même pas la chose. Du reste la démonstration est aussi importante que la définition ; mais elle ne fidt pas connaître Tessence des choses (ta tî jriv).
Ged mérite une étude plus approfondie (ch. 8 , 93, a, i). L'essence (to ti èçiv) d'une chose et sa cause se confondent, ime fois que la cause est connue, n n'y a pas , à proprement parler, démons* tration de l'essence, et pourtant il y a pour la connaître un raisonnement logique (Xoyixàç ou>Xo-» y*t9[u6ç ). Mais comment ceci est-il possible? Cest qu'avant de chercher la cause de la chose (^ton) , il £Eiut nécessairement savoir que la chose est; car, chercher la cause sans connaître l'existence, ce serait ne rien chercher (im^ày I^dtsiv Mv)« Il n'y a donc point ici connaissance de l'essence par syl* logisme et démonstration, et pourtant, sans la démonstration et sansJe syllogisme, on n'aurait point connu l'essence Si la chose.
Ch. 9, 93, b, ai. Quand la cause et la chpse dle*méme sont identiques, il n'y a pas de démonstration possible; on est arrivé alors à des principes (âpx«t emv ) , c'est«à*dire , à des choses indémontrables, qu'il £Eiut supposer, dont ilfiiutad-
m«t|re reiUst^nc^i et qui doivont être aannue évidemnaent d« quelque façon qud ce »oit. Aim rarithméticien suppoae coonuefi et rexiftteiiea e lâ^ nature de l'umté. Le& oho^eii au contraire dout la c|iu3e aat extérieure (mf^ (xînov)i péuven être démQiitrée^ par cette muse pme pou mojeu} mais ce n'est pm leur esfeuoe qu'on dé Iuo^tre> aîu» quVu ymn% de le dire ((i.ii t^ tt fn
Çk* iO| 93i b| t9« La définition qui £BUt réelle mmt connaitre la natare de la ehose^est eclle qu en fait eu même temps connaître la cause: et alord ce n'est pas autre ctibse qu'une démonstration qui ne diffère absolument que par la forme (tf Um ^^<f^f^). Ce jû'est pas tout à fait la même choae à dire pourquoi U tonne» et ce qu'est le tonnerre A la première question f on dira qu'il toitte pare< que le feu i&'éteint da^$ les nuages; à la ateonde ou rëpo^ra que la tonnerre est le bruit du fei éteint dans les nuages. Ainsi, la mwa^ pensée (o peùi ti« Ut^) est ei^rioiée d'une autre façon ; id c'esl uoe^démoustration » là c'est une définition^-La dé finitiou du tonnerre est qu'il est du bruit dans le( nuages t et cela même est L^conolu^n de la dé monstration de l'MÎstence'û tomiarre*
I^/ésnlte de tout ceci quUl y a trois espèces de définitions; l'une qui est une explication indémon^ trable de l'essence de la . chose; une seconde qui est comme le syllogisme de l'essenee^ et ne diffère de la démonstration que par la formai et enfifl
ANALYSE Wê mMÊL ANA&TV» 9^ lUV#n« QHAP. T. 540
tiAe trofeième qui n'est qu'oim oonclusiofi de la démonstimtioB eswntielle*
Ch% 1 19 94y ^9 aOk Oa A dit plus haut que, oùn^ Miilra nw chose, c'était en eonnaître la cause , et quW ne savait réellement que quand on ëtaîc ar<> tvté à ce point Mais ]m causes sont au nombre de qttatt«> et chacune d'elles peut également se convenir en moyen pour donner la démonstra-»
tioii cherchée) souvent même il arrive que plu-* sieurs de ces causes se réunissent pour produire la connaissance^ C^s quatre causes dont parle ici Âristxite sont les quatre principes de sa Meta* phy^ue»
Gh. ti, ^4» ft> ^o* *^ Nous croyons savoir une « chose^ dit4l9 quand nous en connaissons la cause; c or les causes sont au nombre de quatre t la cause « substantielle (-rt v{ h sïvw)} la caus« qui feit que, c certaines choses étant, la chose est ; la canse mô« « trice, qui a l'origine du mouvement; et, enfin, la t cause finale. Toutes ces causes s5 démontrent « par le terme ' moyen. Ainsi la cause ( ôocasio* a nelle) qui fait que , certaines choses étant, tellé^ t autre lÉiosa est, cette cause ne saurait se pro« t duUre avec une seule propo^^ton, il en ftiut au « moins deux | et la chose n'a Heu quequand elles « ont un moyen : c^est donc en prenant ce moyen é unique que la eondusidn devient nécessaire. »
Chacune de ces causes peut sei*vlr de moyen , si Aristote donne des exemples pour chacune d'elles. Voici un exemple de la cause finale s
« B, 9. — Pourquoi [se promène-troq ?. Bour s€ a bien porter. Pourquoila maison? Pour conservei « les meubles : ici la santé , puis la conservatioi] <c des c^jets , sont causes finales. Il n'y a , comme « on voit, aucune différence «entre la cause qui fait ce qu'il faut se promener après dîner, et la cause « finale. Soit , la promenade après le dîner repréi « septée par r : les aliments ne pas flotter dans Tes c tomac^ par B: et se bien porter, par A. Suppo «c sons aussi que se promener après dîner fass< « que les aliments ne flottent pas à l'ouverture d< « Testomac, et que ce soit une chose bonne à h « santé. Il semble alors que par r : se promener, j c Heu B: les aliments ne pas flotter; et que là si « produit A, qui est la santé. Qu'est-ce qui fait doD< et que A est à F comme cause finale? C'est B : le « aliments ne ps^s flotter; et cela en est comme l « motif, car c'est ainsi que k sera obtenu. Pour «c quoi B est-^il à F? C'est parce que être ainsi, c'es « se bien porter. Il faut donc renverser les rapports « et l'on r^idra de cette façon les choses for « claires. Dans les choses où il s'agit de causes mo « trices, les rapports générateurs sont placés dan a un ordre tout|JSaiit inVer$e à celui où ils 1 a sont ici; il faut pour ces causes que le termi «ç moyen devienne premier, et quici F soit le der ce nier : car la cause finale est la dernière. » Di restei les effets produits par ces causes peuven être, tantôt naturels et tantôt artificiels , et n'ei pas moins rest^' nécessaires.
AHALTSi 1>IS DBRN. ANAiTT, — I.IV. JI. CHAP. T. 524
« La nécessité est de^deux sortes; Tune est selon la nature et la spontanéité des choses; l'autre au contraire est de violence, et oppnséeà cette spon> tanéité. Ainsi , c'est bien par nécessité que la pierre monte, ou qu'elle descend; mais la nécessité n'est certainement pas la même dans les deux cas. Dans les choses que produit l'exercice de l'intelligence, il n'y a jamais pour les ilhes, comme itne maison, une statue, ni de spontanéité, ni de nécessité , mais une cause finale; pour les autres, il jr aaussi du hasard , comme la santé, la conservation de l'existence. C'est surtout dans les choses où il peut en être d'une .Êiçon aussi bien que de toute autre, et dont la production n'est pas fortuite, que la tin bonne qu'elles poursuivent s'accomplit en vue de quelque but , soit parla nature, soit par l'art humain. Le hasard n'a jamais de cause finale.
«Ch. la, 95, a, 10. La'cause, du reste, est toujours la même pour ce qui arrive , est arrivé ou arrivera, que pour ce qui est. C'est toujours le terme moyen qui est cause : seulement dans ce qui est, il est; dans ce qui arrive, il arrive; dans ce qui est arrivé, il est arrivé; dans ce qui arrivera, il arrivera. Ainsi, par exemple, pourquoi y a-t-il eu éclipse? Parce que la terre s'est interposée. L'édipse aura lieu parce que la terre s'interposera : elle a lieu parce que la terre s'interpose. 9
Quel est donc le rapport de la cause à l'effet ? Le I. ai
STi tnCXIÈHB PAHTIÈ. r~ SeCtÎBN I.
■Voici. La cause peut être oU n'être Cas sittldltatiée k l'éflet : la cause simultatîée est ta plus fhétJUerbrtieht ëniiiloyée pour tet-me tnoyeh ; et àlorâ elle Varie dveCl'ëfî'et, l-elativëmetit hu temps préËëht, pa^sé et futur. Quatid elle ti'est pas slitiuUahêë â l'effet j elle lui est nécessaireriient ântérietii'e. Oii peut dohc Conclure démonâtratiTehieiit la cdtlse, dfe l^ffét qui l'a Suivie (iich'-nb iiçiçw Y^Yo^ÔTbî o çuîAoyi*[i.dç), mais Oh he le peut pas i^ciprbquetnent de la cause à l'efret.
At-istote renvoie ici (95,b, i i), poUi* plus dé clarté (^ôXXoV fmtf&ç), à ses généralités siit le itioti- Vfemeilt, sans doute dans la Physltjue, liV. 3 (sv ■ttlïç xoBoXou mpi xtVTÎdEBî),
Sans les déitiOnstrations circulaire!: (^é, a, i; dolit il a été tlueslion aiilftHeurement (iv W; itç&iniî); les causes ftl leâ effetâ pellVerit étl^ dêmtth- Irés circulairement, c'est-ànlire, les Ufts (JaP les autres. Ainsi ; quand la tcrt-e est hUmide, Il se fbrnié de ht Vapeur, et par suite de la va|)eur, Uii nUage, et par suite du tiii^^e, delà pluie; paV sUité de la pluie', l'huiUidité de la tei't-e : mais CëCi est précisément le point de départ, et Tofa yèst ifeveiili Cirtnilairement (jtiîAy itïpiei^'XuSsï}.
Enfin dans les choses qUi, sans étt^ èteniéties, sdnt le plus souvent ( ôç liri ta taiiJ ) d*utié ctertàttié fâçoti, il hut qbe le tnôjîén, c'fest-à-dtt^ là câUte, s^bit aussi de la, métné espèce^ et 1&6 principes immédiats en sont alors également
c'é&t-lwiire,
▲RALTn DÈS t)^RN. ANAitT. -^ tVt. 11. CHAP. ▼. 523
le moyen de la démonstration , Ari^tote passe au sujet de la démonstration (ch. i3, 96, a, aS), et il trace les règles de la définition qui consiste à rechercher les attributs essentiels de la chose (tx êv tÇ ti Içiv xaTTï^opoujuva). t.es attributs essentiels peuvent être égaut & leui^ Sujets, ou être pltis étetodus (|U'eul (eice^tTiCvli M M^ov). Ainsi Timpair est l'attribut essentiel du nombre trtiis ; mais il est aussi à d'autres choses que troi^, et le dépasse par cionséquent : il est par exemple à cinq; maiS On Toit que y du moins, cet attribut essentiel né sort pas dtt genre , puisqu'il faut toujours qUe Timpair s^applique à iin uoinbre. On auiii de cette &çon des attributs essentiels, qui podrroht chacun, pris â part, dépassei* le sujet; mais qiti, tous réllnia , ne le dêpasseroUt pas , cVst-à-dire qiiè leul^ ensemble ne pourra ôonvenir qu'à lui ^eul. Il faut donc, potir bien faire la définition du Sujet (97, a, aâ), n'admettre que les attributs essentiels, les classer selon l'ordre qui leur appartieht , et n'étt omettre aucun. Le premier attribut essentiel est celui qui est la conséquence de tous les autres ^ mais dont touS les autres ne sont pas la consé*< quèiice; et ainsi de suite pour tous les attributs, eri exceptant d'abord le premier, puis le second, etd. Du reste (97, b, a6), toute définition est ton^ jours universelle, c'est-à-dire qu'elle convient k tout le défini. Ce qu'il faut redherirher dans leS démonstrations, 6'est k vérité (tiirapxnv); dans les définitions , c'est la clarté (t& àee^c) » et, pour Fob^
524 DBUXliUB PARTIE. — SECTION I.
tenir, il faut soigneusement éviter les termes homonymes et les termes métaphoriques (ô(&idvu(ii(a,
Ch. i4 9 98 , a^ I. Pour bien poser les questions à démontrer (ri wpoëXvf (iwcTa ) , il faut dégager (éx^eyeiv) le sujet, auquel ap'partient primitivement la qualité particulière qui fait l'objet de la démonstration (ch. i5, 98 , a, 24). Les questions sont les mêmes (rà aura) dans le moyen commun qui sert à les démontrer : elles peuvent être identiques par le genre, et diverses par l'espèce. Par exemple, s'il s'agit de savoir ce qui produit l'écho, ce qui produit.la vision, et ce qui produit Tarc-en-ciel , c'est pour tous ces phénomènes une seule et même question en genre, puisque la cause de tous n'est qu'une réfraction , un brisement (âvaxiXaeyiç) ; mais ces questions sont spécifiquement différentes; ici c'est le son, là c'est la lumière. Le moyen d'une question, sa cause, peut aussi être subordonnée au moyen, à la cause d'une autre. Pourquoi le lit du Nil est-il plus plein à la fin du mois? Parce qu'il pleut davantage à la fin du mois : et pourquoi pleut- il davantage à la fin du mois? Parce qu'il n'y a pas de lune, et c'est parce qu'il n'y a pas de lune que le Nil se gonfle à la 'fin du mois.
Ch. 16, 98, a, 35. On peut se demander coni' ment l'existence de l'effet donne à connaître l'existence de la cause, et réciproquement, comment la cause fait connaître l'effet. Quand la cause est
ARALTSB-PBS DEt5. AKALTT. -« LIV. IL CflAP. ▼. 325
connue, il faut nécessairement que l'effet soit connu ; mais on peut connaître l'effet sans en sa* voir précisément la cause (98, b, a5)» parce que plusieurs causes peuvent concourir à un effet unique. Dans la démonstraiion proprement dite (xoO'a&TÔ;, dans la démonstration de la causci il n'est pas possible qu'un seul effet puisse être rapporté à plusieurs causes , puisqu'on y considère la chose en soi, et non pas les accidents, et les signea particuliers qui peuvent la révéler (j^h xarà oufatov); seulement, le moyen y est pareil à la question elleinéme : homonyme, par exemple, si elle est homonyme , etc. Le moyen alors constitue la définition même de la majeure (fri il to (a^oov Xor^ç
Toutes les questions qu'Âristote Iraite ici sont peu développées, et manquent peut-être aussi de • clarté , à cause de cette précision même. Mais on peut penser qu'il s'est abstenu d'une discussion complète, parce qu'elle devait mieux trouver place dans la Métaphysique.
Ici se termine, comme dit le philosophe luimême , la théorie du syllogisme et de la démonstration (ou^crjt^pioiixalaêico^ei^ettç). La seule question qu'il reste à éclaircir, c'est de savoir comment se forment, dans l'intelligence, ces principes qui servent de base à la éémonstration comme au syllogisme, et quelle est dans l'àme la faculté qui les connaît et qui les subit (yvcopi^oum tÇiç). C'est
Vune 4es questions }68 p]v^ gr^v^s qu0 puisse ppser la logique.; et dan» ç?s derniers tevipsi ç'i sur ce problème qu'ont porté presque tpus
^orts 4e la philosophie 4q di^c^^piti^ine sièçl et 4e fi#|le 4u nptMi Dau» k ppyw-âgei
r'qCCHP*^ «urtOHlt 4e Sftvmr ce qu'étaient en I
ne» pHpoipes^ çie formulant w idéesi univi i^lies, et de là Im ÛQQ%nxm 4u réallm^ç et
ppmin^liiine^ Icâ Àristote W preppi^ dg recU pber, Rpn point ce que^pnt, 4»us ÎS RAtur^f |p u versauf , qui , poniqiie il l'a dit luirffiéaie plqsie^ foin, no lui paraissent q^'une affair? 4e io^n ynais bi^o t d'où yiepqent ces principes immédia ipdéinontrab)es, sans lesquels il n'y a ni connt sance ni démonstration. Il importe dp )e laisi parler liii^mémei de peur d'altérer sa pensée ds HP sujet si délicat, pu lanioindreiiuance mals^i peut causer de graves erreurs.
Cbt t9f p- 99i l^î ï7' « Quant à savoir, dit ^ çptnm^i^t }e^ principes eux^iqéine^ nous se « connus y et quelle est en noUS la faculté qui c connaît, voici ce qui nous l'apprendra, api «ï loqt^^ les questions éçlairçies plus haut,
a Qn a dit antériei)r<^ment que la démonstrati 9 nç peut donner la science , qu'à la oon4ition « connaîtra préalablement les principes immédi^ n Mais on p?ut ^e demander si, popr les pr ^ cipes Immédiats , le mpdej)ar lequel on en î ff quiert la connaissance , estTe tneme que pour iç autres , ou s'il est différent; s'|| jr a sciçnqe po
f ceux-là comme pour ceiix-ci ; s'il y a seulement science réelle pour les uns , et un mode divers d*4cquisitîon pour les autres; et enfin, si 1^ /acuités qui en poqs poqnaissent ces principes » «'acquièrent wn^ être innées, o^i si, lét^t innées^ elle^ nous sont inconnues. Il e^( ^sqrde de pewer que nqus aypns ces principes ; par glors, tout çn ayant nne CQunai^sance piu^ exacte que lsi démonstn^tl^n mêmCi pous n'en sftpriops rien^ Mais si nous supposons que {ipus p'aypqs pas antérieurement ces pripcipes, comment ppur^ rions-nous eq acquérir la connaissance, et les apprendre saps connaissance préalable? {4 chose, en effet, est iippossible, ainsi que nous Tavqns prouvé en traitant de la démonstration. |1 est donc clair qu'il est impossible à 1^ foi^ , et que nous ayons ces principes, et que nous }es acquérions , sans avoir antérieurement aucune connaissance quelconque. 11 £aut donc nécessairement que nous ayons une certaine Ëtculté de les acquérir, sans que toutefois cette faculté soit plus précise et plus relevée que les principes eux-mêmes.
« Or, cette faculté semble se trouver dans tous les animaux. Ils ont une faculté innée de jugement, qu'on appelle la sensibilité. Dans quelques animaïuc, cette éiculté native est accompagnée de la persistance de la sensation; dans les autres, elle ne Test pas. Dans ceux pour qui cette persistance i|*existe point , la cqnnaissance ne va pas au-delà
« de la sensation , soit d'une manière absolue y soit « pour les objets dont la perception est tout aussice tôt effacée. Ceux au contraire où elle persiste, «r conservent , outre là sensation , quelque modifi- « cation dans Tâme. Ces modifications , se multi- « pliant y prennent un' caractère distinct, et c'est tt de cette permanence que se' forment la raison « chez certains animaux , tandis que d'autres n'en « ont pas. De la sensation vient donc la mémoire, ce comme nous le disons, et de la mémoire vient a Tetpérience, quand un même fait se répète plu- « sieurs fois. Les souvenirs, ({uelque nombreux c qu'ils soient , ne forment cependant qu^me seule « et même expérience. C'est de l'expéri^ice et a de tout objet général s'arrétant dans l'âme, et c'est dé toute unité qui ressort de la pluralité, a en étant une et identique dans tous les cas par^ « ticuliers , que se forme le principe de l'art et de «c la .science; de l'art, quand il s'agit de produire (c quelque chose ; de la science, quand il s'agit seu- « lement de ce qui est.
« Ainsi donc ces principes ne nous sont pas pré- « cisément innés, ils ne procèdent pas davantage « de principes plus évidents qu'ils ne le sont eux« c< mêmes; ils naissent de la sensation. Dans une « déroute, quand un fuyard vient à s'arrêter, <c un autre s'arrête aussi, puis un autre, jusqu'à « ce que la tête même des fuyards cesse de «fuir. L'âme est faite de manière à pouvoir oc éprouver en elle quelque chose d'analogue. C'est
AfCALTn DS8 OBEN. ANALTT. -— UT. n. ClUP. T. 529
ce qu'on a souvent répété; mais, comme on T.â toujours dit peu clairement, nous ne craindrons pas de le redire. Lors donc qu'un de ces objets homogènes vient à s'arrêter, il forme le premier, dans TAme , une idée universelle : l'âme en effet a bien la sensation du particulier, mais la sen* sation s'élève à l'universel; c'est la sensation de l'homme par exemple, et non de l'homme individuel , Callias ou tel autre. Le reste alors s'arrête aussi, jusqu'à ce que se forment ainsi les idées indivisibles et universelles : par exemple , de tel animal individuel se forme l'idée générale d'animal, qui sert également elle-même à en for« mer d'autres.
« Cest donc évidemment une nécessité pour nous d'arriver par induction à la connaissance des premiers principes ; car c'est ainsi que la sensation elle-même arrive à nous donner le gén^ rai. Mais, comme, parmi les Êicultés de l'âme qui nous servent k atteindre la vérité , les unes sont toujours vraies, et que les autres peuvent être £aius8es: la conjecture, par exemple, et le raisonnement; comme la science et l'intelligence sont éternellement vraies , et qu'il n'y a rien de supérieur à la science que Tentendement lui-même; * comme, en outre, les principes sont plus évidents que les démonstrations ; et que toute science repose sur la raison , il s'ensuit qu'il n'y a pat de science pour les principes, parce qu'il ne peut y avoir que l'entendement qui soit plus vrai
« que Ifi SQçncQ. L'eQtepd^meDt: s'^ppUque donc « aux principes I et cel^ méri)e nous prouY^ f^^ '^ ce principe ç^e la démpn^tiratiQi) i^'est pas VIPQ dé^ « ropnstra|ipp , et , qfi'§n uq mot , il n'y ^ p^a de « science d§ j^ ^cicRpç. jS'il p'y ^ 4pnp ft^-d^là de a la science auçup gep^e de vérité, c'est Venten- « dément (jui est le principe de la gçience; g|psi| « il est le prinpipe du principe, et tpttf principe « e3t dans un rapport ap^lpgue rçl^tiyçmjspt; à « fous les objets qui le (çpuçernentt ?
Avec le second livre des Derplers Analytiques , fini^ la première pioitié de TOrg^nQu , et 1^ plus imports^nte, sans cpntredit. Qr peut voir WWtenant que la méthode entière, partapt des UQtÎpns simples, sans liaison, cpmme ss^uf^ vérité ui erreur, c'est-à-dire desCatégorie^^etarriv^Uti p^rlei^yllogisme, à la démopstratipn et k la ççrtitudç de Isi connaissancci est complètement achevée. Les priujcipes sur lesquels repose la connaissance ont été développés, étudiés, depuis leurs éléments indivisibles jusqu'à leur combinaison la plus parfaite et la plu^ reculée. S'il reste quelque chose à faire, c'est imiqueuient de montrer comment celte constitution absolue de la science ^ dpnnée indépendamment de toute application, et par l'analyse la plus pure, s'abaisse (levant la pratique . et descend du nécessaire et de l'éternel , au prpbable et au contingent. Cette dernière partie de l'Organon appartient donc à la science subalterne qu'Aristpte nomme la Dialectique (Voir plus haut page a47)y
de joimf^ ijue toute la première p^urti^, Qu4l| moinfi celle qui concerqe le syllogisipe et |a ^é-; mQRStmtipn, ^ lappqrte à VAn^lyUqupi g'qstt
^1 k la seienoe fbrmallç d^ la vérité,