‹ De la logique d'Aristote (volume 3)Chapitre 108 sur 226 · CHAPITRE XXXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIII

Quantité et ressemblance des termes; confusion de rUniversel et de l'Indéterminé. — Exemples divers.

§ I . Souvent donc l'on est trompé dans les raisonnements par ce caractère même de nécessité que je viens de dire; mais c'est quelquefois aussi par la ressemblance dans la forme des termes , chose qu'il ne faut pas perdre de vue. § a. Soit, par exemple, A attribué à B, et B à C; on pourrait croire qu'avec des termes ainsi disposés, il y a syllogisme ; et cependant il n'y a là ni conséquence nécessaire, ni syllogisme. § 3. Soit, par exemple, A re-

$ 1. La ressemblance dans la forme des termes , La ressemblance dans la forme fait souvent confondre les termes universels et les termes indéfinis. Il en résulte que la proposition indéterminée est vraie, tandis que la même proposition, prise universellement, devient fausse.

§ 3. Il faut supposer ici , ce que ne dit pas expressément Aristole, que les propositions AB, BC sont indéterminées; car, autrement, le syllogisme serait régulier.

§ 3. L'exemple donné ici doit paraître assez bizarre. Il est à croire , comme le suppose Pacius, que cet

exemple était vulgaire au temps d'A' ristote , et que les sophistes en faisaient ordinairement usage dans leurs discussions. — Imaginable, c'est-à-dire , que rintelligence peut concevoir quand elle veut. Voici le syllogisme entier : Aristomène imaginable est toujours; or, Aristomène est Aristomène imaginable; Donc Aristomène est toujours , conclusion fausse; car Aristomène est mortel.

Pour qu'il y eût syllogisme régulier, il faudrait que la majeure fût universelle : Tout Aristomène imaginable est toujours, et alors elle serait fausse. "^ Avec des termes de cette

LIVBE I, GHAPITBE KXXIII. lââ

présentant i Être toujours, B : Axistomène imaginable, et C ! Aristomène. Il est vrai que A est à B , car Aristo* mène est toujours imaginable; mais, en outre, B est à C, car Aristomène est Aristomène imaginable; mais A n'est pas à C, car Aristomène est mortel. En effet, on a vu qu'il n'y a pas de syllogisme avec des termes de cette forme; et il fallait que la proposition A B fût universelle. Mais ce serait une erreur de croire que tout Aristomène imaginable est immortel, puisque Aristomène est mortel. § 4- Soit encore, C : Miccale , B : Miccale musicien, et A : Mourir demain. B peut'être, avec vérité , attribué à C , car Miccale est Miccale musicien ; mais A peut aussi être attribué à B , car Miccale musicien mourra demain ; mais A attribué à C est une erreur. Cet exemple est identique au premier, parce qu'il n'est pas vrai universellement que Miccale musicien mourra demain ; et , sans cette universalité, il n'y avait pas de syllogisme. § 5. L'erreur ici vient d'une nuance à peine sensible, et de ce

forme, c'est-à-dire, indéterminés, ch. 24,§1.

§ A. Cet exemple est aussi bizarre que le précédent , et Aristote remploie saus doute pour les mêmes raisons. MieccUe, mu$icien, mourra, c'est-à-dire, que Miccale mourra comme musicien , ou , en d'autres termes, qu'il cessera d'être musicien. Voici le syllogisme entier : Miccale; musicien , mourra demain ; or, Miccale est Miccale musicien ; Donc Miccale mourra demain , conclusion, fausse ; car on lui suppose une vie beaucoup plus longue. Pour que le syllogisme fût régulier, il faudrait que la majeure fût universelle; et

alors elle serait fausse. Alexandre propose , bomme exemple plus clair, celui qui suit : A bon , B commode, G plaisir; A est attribué à B, c'està-dire que le commode est bon ; B est dit de C, car le plaisir est commode ; mais on ne peut conclure A de C , c'est-à-dire que le plaisir est bon , parce que bon n'a pas été attribué à tout ce qui est commode universellement. L'attribution a été tout indéterminée.

g 5. L'erreur vient uniquement de ce qu'on confond l'universel et l'indéterminé, séparés par une nuance très-faible d'expression, qu'on ne doit pas cependant négliger.

Iâ6 PREMIERS ANALYTIQUES.

que nous accordons qu'il n'y a pas de différence à dire : Cette chose est à cette autre , ou à dire : Cette chose est à toute cette autre.

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