XXX PLAN GÉNÉRAL
des non*sens. Du reste, cette notion complexe
peut toujours être regardée comme une sorte de
limitation qui affecte et le moyen , et la conclusion
elle-même.
Dans l'analyse, il faut toujours, aux termes obscurs, substituer des termes plus clairs; à une expression longue et difficile , une expression plus concise et plus simple. Ainsi, mettre un mot à la place d'un mot, une phrase à la place d'une phrase, mais surtout un mot à la place d'une phrase , ce sont là des ressources analytiques qui , selon les cas, pourront être fort utiles. On comprend d'ail* leurs qu'il faut toujours conserver , dans ces permutations , le sens primitif, soit du mot , soit de la phrase.
n faudra faire également la plus grande attention aux articles. Selon qu'on les oublie ou qu'on les exprime, la pensée peut être complètement modifiée.
' Le signe de l'universalité joint, soit au sujet, soit à l'attribut , peut changer complètement aussi le sens de la proposition. La proposition universelle a toujours ce signe joint au sujet; c'est ce qui la distingue , et de la proposition particulière, et de la proposition indéterminée. On pourrait aisément se convaincre de ceci, eu prenant des termes réels dans lesquels l'erreur ou la
DES PHEMIEBS ANALYTIQUES. xxxi vérité des propositions, sous ces diverses formes, serait de toute évidence. Du reste, on peut dire ici, une fois pour toutes, que la justesse des règles indiquées ne dépend en rien des termes mêmes qu'on a choisis pour exemples. Les règles sont vraies, quels que soient d'ailleurs les termes qu'on emploie pour les exposer; et c'est en cela que les lettres , qui ne sont que des signes généraux , expriment parfaitement la généralité même des rapports qu'elles indiquent. On ne fait ici qu'imiter la méthode des géomètres. En réalité , les tracés géo* métriques n'ont aucune des qualités qu'on leur suppose. La ligne tracée pour la démonstration est supposée de telle longueur, tandis que , de fait, elle en a une toute différente. Les termes réels servent donc uniquement à rendre les règles plus claires et plus sensibles ; ils ne les constituent pas.
L'analyse ne s'applique pas uniquement au syllogisme simple , elle peut s'appliquer aussi au syllogisme composé ; car ces syllogismes eux-mêmes se divisent en plusieurs syllogismes simples. Mais il se peut que les prosyllogismes ne soient pas toujours ramenés à la même figure et au même mode que le syllogisme principal. Chacun de ces prosyllogismes sera donc ramené, selon la diversité des conclusions, tantôt à une figure, tantôt à une autre.
Quand l'analyse s'applique à une définition qu'il
xxxii PLAN GÉNÉRAL
s'agit de discuter, il faut s'attacher uniquement ^
la partie contestée de la définition ; car l'analyse
est d'autant plus facile que les termes sont moins
nombreux.
Dans les syllogismes hypothétiques, on peut distinguer toujours deux espèces de conclusions: Tune , qui se fait par un syllogisme , que l'analyse peut ramener à l'une quelconque des figures; l'autre, qui résulte de l'hypothèse, et qui n'est pas, à proprement parler, syllogistique. Aussi, cette dernière conclusion ne peut-elle être ramenée à aucune figure. Dans les syllogismes par réduction à l'absurde , il en est à peu près de même. Le syllogisme qui conduit à l'absurde peut bien être ramené à un mode de l'une des trois figures ; mais la conclusion principale ne le peut, puisqu'elle n'est point obtenue par syllogisme, et puisqu'elle ne l'est que par hypothèse. En outre, les syllogismes hypothétiques diffèrent des syllogismes par réduction à l'absurde , en ce que , pour les premiers , il est besoin d'une convention préalable, tandis que, pour les seconds , l'absurdité même de la conclusion est tellement évidente qu'elle entraine par cela seul l'assentiment des deux interlocuteurs. Du reste , les syllogismes hypothétiques sont par euxmêmes assez importants pour mériter une théorie toute spéciale.
DES PREMIERS ANALYTIQUES, xxxiii L'analyse , après avoir ainsi dégagé les propositions et les termes , et les avoir distingués au milieu de tous les éléments qui les lui cachent^ peut chercher encore dans laquelle des figures elle placera la conclusion qui lui sera donnée. Il peut être avantageux, à plusieurs égards , d'obtenir une conclusion , tantôt dans une figure , tantôt dans une autre. Or, on a pu voir, dans les règles générales du syllogisme , que certaines conclusions étaient obtenues dans plusieurs figures ; ou , pour mieun^ dire , il n'y a ici qu'une seule exception , et c'est pour l'universelle affirmative qui ne peut être obtenue que dans la première figure. C'est au moyen de la conversion qu'on fera passer ainsi une conclusion d'une figure à une autre. Par exemple , les deux modes négatifs de la première figure pourront passer dans la seconde, par conversion simple de la majeure. Les deux particuliers passeront à la troisième, par conversion simple de la mineure. Les deux universels de la seconde passeront à la première, l'un, par la conversion simple de la majeure , l'autre , par la conversion simple de la mineure et de la conclusion , et par la transposition de la mineure à la place de la majeure. Des deux particuliers négatifs de la seconde , l'un passera à la première par conversion simple de la majeure ; l'autre n'y pourra passer que par réduction à l'ab-