LIVRE I, CHAPITRE XXXIV
By car la santé n'est jamais à la maladie; et que B est à tout C, car tout homme est susceptible de maladie; donc il semblerait résulter de ceci que la santé ne saurait être à aucun homme. Le motif de cette erreur c'est que , dans renonciation 9 les termes n'ont pas été bien posés; car, en changeant les termes qui expriment la disposition y il n'y aura plus de syllogisme. Par exemple, qu'au lieu de : santé, on mette : sain, et au lieu de maladie : malade; dès lors il n'est plus vrai de dire qu'il n'est pas possible que sain soit à malade. Mais , si l'on ne fait pas ce changement, il n'y a plus syllogisme que du contingent, c'està-dire, de ce qui n'est pas impossible : et, en effet, il est possible que la santé ne soit à aucun homme. § 2. Cette erreur pourra se produire tout aussi bien dans la moyenne figure. Ainsi la santé ne peut être à aucune maladie, mais elle peut être à tout homme : donc la maladie n'est à aucun homme. § 3. Dans la troisième figure , la conclu-
$ a. Cette erreur est également possible dans la seconde figure en Cesare : Il est nécessaire que la santé ne soit à aucune maladie : il se peut que la santé soit à tout homme ; Donc la maladie n'est à aucun homme. Ici encore on découvrira la fausseté de la majeure , en prenant les termes concrets : sain , malade , au lieu des termes abstraits: santé, maladie, car la majeure alors sera fausse, comme ci-dessus.
$ 3. Dans la troisième figure , il faut que le moyen soit sujet des deux termes^ Les deux termes sont ici des contraires, le même sujet pourra bien les recevoir tour à tour : mais dans la conclusion ils ne pourront
être Tun à l'autre, c'est-à-dire que la conclusion sera fausse avec les deux prémisses vraies; c'est qu'on aura pris les termes abstraits au lieu des concrets. Ainsi en Darapti : Il se peut que la santé soit à tout homme :
il se peut que la maladie soit à tout homme ; Donc il se peut que la santé soit à quelque maladie , conclusion fausse. En remettant les termes concrets , le syllogisme sera vrai de tout point : Il se peut que tout homme soit sain : il se peut que tout homme soit malade: Donc il se peut que quelque malade soit sain.— ilamar^ue précédente. Plus haut, ch. SO, $ 2, il a été établi que de deux prémisses contingentes dans la troisième figure, sor-
158 PBËMIERS ANALYTIQUES.
sion fausse est sous forme contingente; car la santé et la maladie, la science et l'ignorance, et en général les contraires, peuvent être à tout un même objet; mais il est impossible qu'ils soient jamais Pua à l'autre. Ceci, du reste, est contradictoire à une remarque précédente ; car Ton a établi que , quand plusieurs choses pouvaient être à une seule et même, elles pouvaient aussi être les unes aux autres.
§ 4- U est donc clair que, dans tous ces cas, l'erraur ne résulte que de l'énoncé des termes, et qu'en permu*tant ceux qui expriment la disposition , il n'y a plus de conclusion erronée. Ainsi, il est évident que, dans les j)ropositions de ce genre , il faut toujours substituer le dérivé de la disposition à la disposition elle-»même, et prendre ce dérivé pour terme.
tait toujours une condusion contin- pritMtii la diêpotiiiont c^estrlhdiie,
gente, vraie comme elles; et ici la en prenant les adjectifs au lieu des
conclusion est fausse; c'est que les substantifs abstraits.— Le dMvé de
termes sont mal énoncés. la dispoiition, .. sain à santé, malade
S 4. En permutant aux qui ex- à maladie. Voir S 3.