LIVRE I, CHAPITRE XLVI
là l'affirniation et la négation ; or, Ton a suppose que A est à tout ce à quoi est C ; et H sera aussi à tout ce à quoi est F. De plus, puisque Fun des termes F, B, est à tout objet, et que l'un des termes H, D, y est de même, H étant conséquent de F, B le sera aussi de D; et c'est ce que nous savons déjà. Si donc A est conséquent de C, B le sera de D , ce qui est faux; car la consécution était à l'inverse pour les termes qui sont dans ce rapport. § i3. C'est qu'il n'est peut-être pas nécessaire que A ou F soit à tout objet, non plus que F ou B, attendu que F n'est pas la négation de A; car la négation de : Il est bon, est : Il n'est pas bon. Mais cette proposition : Il n'est pas bon, n'est pas de même valeur que celle-ci : Il n'est ni bon ni non bon. La démonstration serait pareille pour C D; car les négations prises plus haut seraient alors deux, pour une seule affirmation.
% 13. C'est que F n'est pas la négation de A tout seul, non plus que celle de B tout seul; car la négation de : U est bon, est : Il n*est pas bon.
Or F exprime ceci : Il n'est ni bon , ni non bon. F est donc en réalité la nation de A et B pris ensemble, et non pas du tout la négation de run des deux pris à part.— Car alors les négations prises plus haut, c'està-dire , B et F seraient deux contre une seule affirmation, A : ce qui est impossible; Herméneia, ch. 6, g 2; cb. 7, 8 12, et passim.
Sans parler de toutes les difficultés de la théorie qui précède , on peut trouver qu'Aristote lui a donné ici trop d'importance et trop de développement, surtout pour la dernière
partie qui traite duI[rapport des opposées dans les conséquents et les an-* técédents. Voici les deux règles générales que la scholastique a tirées de celles d'Aristote : Quatre termes opposés et subordonnés les uns aux autres, étant mis deux à deux dans un même rapport : 1» l'opposé de l'antécédent de l'un suit toujours l'opposé du conséquent de l'autre, sans que réciproquement l'opposé du conséquent suive l'opposé de l'antécédent ; 3° l'opposé de l'antécédent peut être vrai en même temps que le conséquent de cet antécédent; mais l'opposé du conséquent ne peut jamais réciproquement être vrai en même temps que l'antécédent de ce conséquent