LIVRE II, CHAPITRE XV
tends par : propositions opposées dans la forme, les quatre suivantes : Tout aucun, tout non tout, quelque aucun, et enfin, quelque non quelque. En réalité, il n'y en a vraiment que trois qui soient opposées; car : Quelque n'est opposé que dans la forme à : Non quelque. De ces oppositions , j'appelle contraires celles qui sont universelles, c'est-à-dire : Tout aucun. Par exemple : Toute science est louable , est contraire à : Aucune science n'est louable. Quant aux autres, je les nomme opposées.
§ 3. Dans la première figure, il n'y a pas de syllogisme par des propositions opposées, ni affirmatif , ni négatif; affirmatif, parce qu'il faut que les deux propositions soient affirmatives, et que les opposées sont, l'une affir* mative,et l'autre négative; privatif, parce que les opposées affirment ou nient une même chose d une même
qui ne diffèrent qu'en qualité; et les propositions contradictoires, celles qui diffèrent en quantité, comme en qualité ; Voir plus haut dans ce livre ch. 8, g 2. — Je les nomme opposées , Tout aucun,sont, contraires; quelque non quelque, sont sub-contraires ; aucun quelque, sont contradictoires ; tout non quelque, le sont aussi ; enfln, tout quelque , sont subalternes.
8 3. Le syllogisme par contradictoires ou contraires ne peut avoir lieu dans la première figure, par les deux motifs qu'en donne Aristote :
d'abord, pour la conclusion affirmative, parce que les prémisses y sont toutes deux affirmatives , et qu'avec des propositions opposées, l'une est nécessairement native; et, en second lieu, pour la conclusion négative, parce que les deux propositions ont le même attribut, ce qui n'est pas
dans la première figure. La première remarque est plus générale que ne la fait Aristote. Elle s'applique non pas seulement aux syllogismes affirmatifs de la première figure, mais aussi aux affîrmatifsdela troisiènié. Quand à la seconde remarque, elle pourrait s'appliquer aux syllogismes affirmatifs de la première figure, aussi bien qu'aux négatifs. Ainsi la propriété dont il est traité dans ce chapitre, n'appartient qu'aux modes négatifs , seconde et troisième figures, c'est-àdire que des trois figures, la première n'en jouit pas du tout, que la seconde n'en jouit que dans deux modes, et la troisième, dans trois. Les commentateurs ont pensé, sans doute avec raison, que ces lacunes avaient engagé Aristote à placer cette propriété du syllogisme la dernière des six.
Voir les chap. précédents de ce livre.
278 PBËNIËBS ANALYTIQUES.
chose; et que le moyen, dans la première figure, n'est pas attribué aux deux termes, mais que l'un des termes lui est attribué , tandis que lui-même est attribué à l'autre terme; or les propositions sous cette forme ne sont pas
§ 4* Dahs la figure moyenne , on peut faire un syllogisme, et avec des contradictoires et avec des contraires. § 5. Soit , en effet, Bon, représenté par A, la Science par B et par C Si l'on suppose que toute science est bonne, ou que aucune science n'est bonne , A est à tout B et à liucun C; donc B n'est à aucun C, c'est-à-dire : Aucune science n'est science. § 6. De même, si après avoir sup* posé que toute science est louable, on supposait que la médecine ne l'est pas; car A est à tout B et n'est à aucun C; donc, Quelque science ne sera pas science. § 7. De même, si A est à tout C et n'est à aucun B, B est science, C médecine, et A conjecture; car en admettant que aucune science n'est conjecturale, on a admis cepen-
S 4. Dans la seconde figure, on peut Caire le syllogisme avec des opposées, soit contradictoires, soit contraires.
§ 5. Syllogisme avec des contraires en Camestres: Toute science est bonne , aucune science n'est bonne ; Donc aucune science n'est science , conclusion qui se nie elle-même.
§ 6. Autre syllogisme en CameS" très, où Ton prend dans la proposition contraire une espèce du genre au Ueu du genre lui-même , et où Ton cache ainsi Topposition. Toute scieSice est bonne , aucune médecine (qui est science aussi, qui est une espèce de science) n'est bonne; Donc
aucune médecine (qui est science) n'est science.
S 7. Syllogisme en Cêsare, où le sujet de la mineure est, comme dans le précédent , compris sous le sui&L de la majeure : Aucune science n'est conjecturale; toute médecine est conjecturale; Donc aucune médecine n'est science, conclusion absurde qui revient à dire qu'une science n'est pas science , puisque la médecine est une science. — A cau$€ de la conversion , c'est-à-dire que dans le premier cas , la majeure était affirmative et la mineure négative; et qu'il en est ici tout le con»
traire.