LIVRE H, CHAPITRE XVI
est à C, quand on ignore également si A est à C, ce n'est pas encore là faire une pétition de principe ; mais l'on ne démontre pas. Au contraire, si A etrB sont identiques, ou si l'on peut les convertir, ou que A soit le conséquent de B, il y a encore ici, et par la même cause, pétition de principe ; car nous avons dit plus haut que , faire une pétition de principe, c'est démontrer par elle-même une chose qui ne peut être connue par elle-même.
§ 6. Si donc, faire une pétition de principe, c'est uniquement démontrer par elle-même une chose qui n'est pas évidente par elle-même; et, si l'on ne démontre pas, soit parce que l'objet à démontrer et les objets par lesquels on veut le démontrer sont également inconnus, soit parce que des choses identiques sont attribuées à un même terme, ou que le même terme est attribué à des choses identiques, il en résulte que, dans la figure moyenne et dans la troisième, on peut également, de ces deux dernières façons, faire une pétition de principe. § 7. Mais, avec un
$ 6- Dans la seconde figure, on peut faire une pétition de principe , quand on donne deux attributs identiques à un même ternie, c'estr-àdire , quand le majeur et le moyen identiques sont attributs du mineur : dans la troisième, quand le moyen est sujet d'un mineur qui lui est identique. Ainsi seconde figure, syllogisme en Cameatres :
Tout vêtement est manteau : aucun objet blanc n'est manteau ; Donc aucun objet blanc n'est vêtement. ~ Troisième figure, syllogisme en Darapti : Tout vêtement est blanc :
tout vêtement est manteau; Donc quelque manteau est blanc. Dans
le premier cas , le principe est emprunté à la mineure, où les termes %)nt identiques à ceux de la conclusion , et dans le second , à la majeure.
S 7. Que dan$ la troisième et la première figures , parce que ce sont les seules où il y ait des conclusions affirmatives; la seconde n'a que des conclusions négatives. La pétition de principe dans la conclusion est toujours semblable à la proposition qui la donne ; et il faut que les deux prémisses soient affirmatives pour que la conclusion le soit aussi. — Sont niés d'un même terme, La pétition de principe est alors tirée de la majeure ;
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syllogisme af&rmatif , elle n'a lieu que dans la troisième et dans la première figures. On peut faire une pétition de principe négative , lorsque des termes identiques sont niés d'uQ même terme; et les deux propositions ne sont pas à employer indifféremment, non plu$ que dans la figure moyenne, parce que les termes ne peuvent pas être convertis dans les syllogismes négatifs. § 8. Dans les démonstrations , la pétition de principe s'adresse à des termes qui sont vrais; et, en dialectique, à des termes qui ne sont que probables.
exemple en Celarent, la pétition de principe dans la conclusion étant négative : Aucun vêtement n*est blanc:
tout manteau est vêtement; Donc aucun manteau n'est blanc, blanc nié de vêtement et de manteau ; et par la conversion, vêtement et manteau niés de blanc. — A employer indifféremment , c'est-à-dire que dans les pétitions de principe négatives , soit de la première et de la troisième figures, soit de la seconde ; on ne peut pas tirer indifféremment la pétition de principe de la majeure ou de la mineure comme pour les af-
firmatifs; il faut toujours la tiierde la proposition négative k laquelle eUe doit être semblable , cette proposition pouvant être soit majeure, soit mineure. —Ne peuveut $e convertir, de la manière qu'on a dite plus haut; car les termes ne sont pas identiques et ils n'ont pas une extensioo éff^ Aristote n'entend pas parler ici de la conversion des négatives dont il a été question liv. 1, ch. % g 2.
8 8. En dialectique , voir Jopiques, liv. 8, ch. 13, où est exposée la théorie de la pétition de principe dialectique.