‹ De la logique d'Aristote (volume 3)Chapitre 191 sur 226 · LIVRE II, CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE XVII

pas moins y en retranchant l'hypothèse primitive. § 6. C'est que toujours il faut joindre l'absurde aux termes primitifs; et alors l'absurde résultera de l'hypothèse» § 7. Ainsi y en prenant le rapport des termes en descendant j il faut joindre l'absurde à celui des termes qui sert d'attribut; car, s'il est impossible que A soit à D, en retranchant A ^ il n'y a plus d'absurdité. § 8. Et , en le prenant en montant, il faut joindre l'absurde au terme qui reçoit l'attribut; car, si F ne peut être à B, en retran-

S 6. Joindre Vàb9urdA aux termes primitifs, c*est-à-dire qiiMl faut conserver les termes de la thèse primitive avec leurs fonctioDs propres , Tattribut de cette thèse passant an syllogisme par Fabsurde en fonction d*attribut et non pas de sujet; le sujet y passant en fonction de sujet et non pas d'attribut. Les exemples suivent dans les gg 7 et 8. L'absurdité liée ainsi à la thèse primitive, en parait évidemment le résultat et la conséquence.

S 7. £e rapport des termes en descendant, c'est-à-dire, de manière que l'attribut de la thèse primitive reste attribut, et que tous les autres termes soient au-dessous de lui, et en descendent, en quelque sorte. Soit toujours la thèse primitive : Tout animal est vivant. Syllogisme à conclusion absurde : Tout être blanc est animal : toute neige est blanche ; Donc toute neige est vivante. C'est, comme on le voit, un sorîte, où le sujet de la première proposition devient attribut de la suivante , mais où l'attribut de la dernière estencore Tattribut de la première, de telle

&çon que cet attribut enveloppe tous les autres termes. Ici, pour que l'absurdité : A est à D, soit conclue, il faut de toute nécessité conserver A ; car, si on le retranche, il n'y a plus de conclusion absurde. Ainsi la conclusion absurde tient à la thèse primitive, et ne serait pas obtenue sans elle.

g 8. En montant, c'est-à-dire, de manière que le sujet de la thèse primitive soit encore le sujet de la conclusion absurde. Le sujet de la thèse est alors inférieur à l'attribut de la conclusion absurde, et il semble remonter vers lui. Soit toujours la thèse primitive : Tout animal est vivant. Syllogisme à conclusion absurde : Toute plante est insensible :

toute plante est vivante ; Donc tout animal est insensible, conclusion absurde dont le sujet est le sujet même de la thèse. Pour voir mieux la consécution de ce dernier sorite, il faut replacer la thèse entre la mineure et la conclusion absurde du syllogisme.

---SiFne peut être à B, conclusion absurde, où B est sujet, F attribut; sans l'attribut, plus d'absurdité.

296 PBËMIERS ANALYTIQUES.

chant B, il n'y a plus d'absurdité. § 9. Et, de même, si les syllogismes étaient privatifs. § 10. Il est donc évident que, si l'absurde n'est pas joint aux termes primitifs, il n'y a pas de conclusion fausse par la thèse posée.

§ II. Mais ne peut-on pas dire que, même de cette façon, la conclusion fausse ne résultera pas toujours de l'hypothèse? car, si l'on suppose que A est non pas à B, mais à K, et K à C, et celui-ci à D, même, sous cette forme, l'absurde subsiste encore. De même aussi, quand l'on prend les termes en remontant. Et, comme l'absurdité se produit, que l'hypothèse soit ou ne soit pas, il est

$ 9. Les règles qu'on vient d'appliquer à des conclusions affirmatives, seraient tout aussi bien applicables à des conclusions négatives.

$ 10. Résumé des règles qui précèdent. — Joint aux termes primitifit de manière que ces termes conservent leurs véritables fonctions.

g H. Objection contre la théorie qui précède : Il peut se faire, même en observant les règles indiquées, c'est-à-dire, en conservant le sujet de la première hypothèse, comme sujet dans la conclusion absurde , et Fattribut comme attribut, que la conclusion absurde soit indépendante de l'hypothèse. Dans ce cas , l'hypothèse peut être retranchée, et l'absurde ne s'en produit pas moins, parce qu'il ne tient pas à elle. — Si Von suppose que A... premier cas où l'attribut de l'hypothèse reste attribut de la conclusion absurde. Soit l'exemple des commentateurs : A vivaut, K plante, C blanc, D neige; on aura : Première hypothèse : Toute

plante est vivante. Syllogisme à conclusion absurde : AG tout être blanc est plante : CD toute neige est blanche; AD Donc toute neige est animée, conclusion absurde qui n'en subsiste pas moins si l'on retranche l'hypothèse. — Les termes en remontant, c'est-à-dire, si l'on prend le sujet au lieu de l'attribut de l'hypothèse pour en faire le sujet de la conclusion absurde. Voir plus haut §§ 7 et 8. Soit l'hypothèse primitive : Tout animal est corporel. Syllogisme à conclusion absurde : Toute plante est insensible :

tout être corporel est plante ; Donc tout animal est insensible- Pour mieux suivre le sorite, il faudrait, comme plus haut, replacer l'hypothèse entre la mineure et la condasion absurde du syllogisme. Ici le sujet de l'hypothèse est encore le sujet de la conclusion absurde ; mais cette conclusion ne tient pas à l'hypothèse; car, l'hypothèse 6tée,cette conclusion ne s'en produit pas moins. Le motif en est expliqué au § suivant.

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