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CHAPITRE XX

De la Réfatation. — Définition de la Réfutation : cas divers où ellepeut avoir lieu.

§ I. G)mme nous savons dans quels cas et avec quels termes se forme le syllogisme , nous voyons aussi, sans

aussi comraenoer par la mineure, et dire : B est à G , A est à B ; donc A est à G. Déjà le raisonnement est moins évident. Enfin on le rendrait plus ohscur encore, en commençant par le moyen luinmême , et en disant : B est A, G est B; donc G est A.

^On peut voir qu'ici Aristote fait la critique de notre manière habituelle d'énoncer les syllogismes. En elTety nous prenons toujours le verbe :

être d'une manière absolue, et nous disons : B est A, et non point comme Aristote : A est à B , d'où il suit que nous débutons toujours par le moyen, que nous continuons par le majeur, et que nous revenons au mineur pour conclure enfin le majeur du mineur.

C'est précisément la marche embarrassée qu' Aristote conseille à l'in-

terlocuteur qui interroge, mais qu'il proscrit pour la science, et que, pour sa part, il n'a jamais employée.

§ 1. Voici le cinquième vice du syllogisme , d'après les commentateurs latins. Je ferais à peu près les mêmes observations que plus haut; ici cependant je serais moins éloigné de partager l'avis des cmnmentateurs. Les conseils que donne Aristote s'appliquent bien toujours à la discussion, ce sont bien toujours des conseils de dialectique ; mais ils sont moins généraux que les précédents, et le défaut qu'ils ont pour objet de signaler est plus spédalement relatif au syllogisme. ^ Entre le Gatasyllogisme et la Réfutation , il y a cette différence que le premier est la réfutation que l'adversaire

peine , quand a lieu et quand n'a pas lieu la Réfutation. § 2. Elle peut avoir lieu, soit quand toutes les réponses sont accordées, soit quand elles sont de forme dissemblable : l'une étant, par exemple, affirmative, et l'autre négative; car il y avait syllogisme avec des termes de l'une et de l'autre façon. Si donc la thèse est contraire à la conclusion, il faut nécessairement qu'il y ait Réfutation ; car la Réfutation est le syllogisme de la contradiction. § 3. Mais si Ton n'accorde aucune proposition , il est im-

adresse à sou adversaire , - tandis que la réfatation proprement dite est celle que Ton se fait à soi-même quand on affirme ce qu'on avait d'abord nié, ou que Ton nie ce qu'on avait d'abord affirmé, ainsi que le remarque saint Thomas. J'aurais voulu trouver ici un autre mot que celui de Réfutation qui est trop général; mais la langue française ne m'en a pas offert; et j'ai craint d'employer le mot latin Elenchtis, à cause même de son obscurité. — Quand a lieu, et n*a pas lieu la Réfutation, C'est que la Réfutation n'est qu'une espèce de syllogisme, et qu'en tant que syllogisme elle est soumise aux mêmes règles, exposées du reste dans tout ce qui précède.

8 2. Quand toutes les réponses sont accordées , c'est-âe-dire, quand tontes les réponses données par l'interlocuteur aux questions de l'autre sont affirmatives. — Sont de forme dissemblable , Aristote explique luimême ce qu'il entend par là ; les réponses au lieu d'être toutes affirmatives, peuvent être , les unes négatives, les autres aflirmatives. — // y avait syllogisme , On a vu en effet

dans là théorie des trois figures, liv. 1, ch. 4, 5, 6, que la conclusion pouvait être tirée soit de deux affirmatives, soit d'une affirmative et d'une négative. — Si donc la thèse est contraire à la conclusion, peutêtre aurait^il mieux valu renverser ici les termes, et dire : si donc la conclusion est contraire à la thèse; c'est ce que semble exiger la série directe de la pensée. Contraire est pris ici dans un sens général pour contraire et contradictoire tout à la fois , comme le prouve ce qui suit.— Le syllogisme de la contradiction, c'est la définition donnée plusieurs fois dans l'Organon, et particulièrement. Réfutations des Sophistes, ch.1,84.

§ 3. Si Von n* accorde aucune pro^ position , c'est-à-dire , si au lieu de répondre affirmativement, comme au 8 1, on répond négativement à toutes les interrogations de l'adversaire, il ne se peut pas qu'on se réfute soi-même; car alors le syllogisme n'est pas possible , puisqu'avec deux prémisses négatives , il n'y a jamais lieu à conclusion. Dans ce cas non plus, il n'y a pas de conclusion oon-

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