CHAPITRE XXI
De Terreur et de ses diverses espèce^. — Erreur causée par ]a fausseté de la majeure , quand les moyens ne sont pas subordonnés ; quand ils le sont. — Erreur causée par Tignorance de la mineure particulière. — Critique de la théorie du Ménon sur la nature de la science. ~ On n'a jamais à la fois la science et Terreur contraires. — De la connaissance en acte et simultanée des deux prémisses.
§ I . Il peut se faire que , de même qu'on se trompe dans la position des termes , on se trompe quelquefois
g 1. Voici, d'après les commentateurs latins, le cinquième et dernier vice du syllogisme. Je crois quMci comme plus haut, Aristote n'a pour but que de donner des conseils généraux propres à guider le raisonnement. Les dangers qu'il signale concernent la pensée tout entière ; et le défaut nouveau qu'il indique n'est pas, à proprement parler, spécial au syllogisme. En effet, l'erreur porte dans les exemples mêmes qu'il cite, non sur un seul syllogisme, mais sur deux syllogismes, dont l'un a une conclusion opposée contrairement à celle de l'autre. Les deux syllogismes sont parfaitement réguliers ; seulement le majeur est joint au mineur dans le second par un moyen diffé-
rent de celui qui les unit dans le premier. Il se peut que l'on connaisse l'un de ces moyens et qu'on ignore l'autre. L'erreur, dans ce cas , ne vient pas de la forme qui est selon toutes les règles : elle résulte uniquement de la pensée qui est incomplète. On sait d'une chose ce qu'elle est , et en même temps on l'ignore.
C'est que les deux moyens ne sont pas ici dans ce rapport que l'un soit subordonné à l'autre ; ils sont d'une série différente. Il se pourrait aussi que les deux moyens fussent d'une même série , comme dans l'exemple du 8 2. — Dans la position des termes, Pacius limite peut-être un peu trop le sens de ces mots ; il pense qu'Aristote veut désigner ici Terreur ré-