‹ De la logique d'Aristote (volume 3)Chapitre 200 sur 226 · LIVRE II, CHAPITRE XXL · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE XXL

aussi dans la pensée. Par exemple, quand une même chose est essentiellement à plusieurs autres , il se peut que, ignorant l'une de ces choses , on pense que la première n*y est pas du tout , tandis que Ton en connaît uoe autre à laquelle elle est. Ainsi , supposons que A est en soi à B et à C, et que ces termes soient également à tout D. Si Ton pense que A est à tout B et B à tout D, mais que A n'est h aucun C, et que C est à tout D; alors on aura d'une même chose relativement à une même chose la science et Tignorance. § 2. Même résultat, si l'on se trompe sur des termes d'une seule série; par exemple,

sultant de la confusion qu^on fait souvent de la proposition indéterminée avec Tuniverselle. La pensée 4'Aristote parait plus générale ; et la positionnes termes peut s'appliquer à toutes les fautes commises contre les règles du syllogisme. Ces erreurs ne concerneraient donc que la forme, tandis que Terreur dont Aristote traite dans ce chapitre concerne le fond même de la pensée et du raisonnement. — Etseniiellemeni , le texte dit : primitivement,c*est-à-dire, sans intermédiaire, immédiatement.

— Supposons À...IÏ faut distinguer ici deux syllogismes, Tun en Barbara, l'autre en Celarent, — Si Von pense que A est à tout B, premier syllogisme : A est à tout B: fi est à tout D; Donc A esta tout D. — Mais que A n*est à aucun C, second syllogisme : A n'est à aucun C, G est à tout D ; Donc A n'est à aucun D, conclusion contraire à la première. On sait donc d'une part que A est à tout D ; et de l'autre y on sait le contraire, e*est^4-dire, que A n'esta aucun D.

D'où vient cette erreur? de la pensée seule , car la forme est régulière.

C'est que l'on a su que A était à h^ mais Ton n'a pas su qu'il était aussi à G, quoique G soit subordonné à B ; ou, pour mieux dire, l'on a admis que A n'était pas à G, tandis que A était à G. C'est donc la majeure qui est fausse ; et c'est de là qu'est venue la fausseté même de la oondusion.

Voici les exemples des commentateurs. Premier syllogisme : Tout bipède est animal; tout homme est bipède : Donc tout homme est animal.

— Second syllogisme : Aucun être doué de raison n'est animal : tout homme est doué de raison ; Donc aucun homme n'est animal. On voit que les moyens : bipède^ et doué de raison, sont de série différente et ne sont pas subordonnés.

g 2. Mais ils pourraient être de même série ; et Terreur ne s'en produirait pas moins, si l'on ignorait l'un et qu'on connût l'autre. — Par exemple, deux nouveaux syllogismes en Barbara et en Ceiarent. Premier

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si A est à B et B à C ^ et C à D , et que Ton croie que A est à tout Bj et qu'il nest à aucun C, on saura tout à la fois que la chose est, et l'on pensera qu'elle n'est pas. § 3. Mais ici que peut-on croire, si ce n'est qu'on ne pense pas de ces choses tout ce que l'on en sait? En effet, on sait , en quelque façon , que A est à C par B , c'est-à-dire, comme on sait le particulier par l'universel. Mais ce que l'on sait de cette façon incomplète, on croit n'en avoir absolument aucune idée , bien que ce soit là une chose impossible. § 4» Quant à la première espèce d'erreur, lorsque le moyen n'est pas de la même série, il

syllogisme : A est à tout B : B est à tout D ; Donc A est à tout D. Second syllogisme : A n'est à aucun C : C est à tout D ; donc A n'est à aucun D, conclusion contraire à la première.

Ou bien en prenant des termes réels :

Tout être vivant est substance: tout homme est vivant : Donc tout homme est substance.^ Aucun animal n'est substance ; tout homme est animal ; Donc aucun homme n'est substance, conclusion dont la fausseté tient à la fausseté même de la majeure, bien que les moyens : vivant et animal, soient de même série, le second étant subordonné au premier.Ainsi, d'une part, on sait que la chose est telle chose, et d'autre part on sait qu'elle n'est pas telle chose; ou, comme dit Aristote, on a d'une même chose relativement à une même chose la science et l'ignorance.

g 3. L'erreur vient uniquement de ce qu'on n'examine point avec assez d'attention, tout ce que Ton sait de la chose même à l'égard de laquelle on se contredit. Du moment qu'on

sait que A est à B, on sait aussi, quoiqu'on le sache moins clairement, que A est à G , parce que C est une partie de B. Mais comme cette seconde notion est plus obscure, on croit ne pas la posséder, bien qu'au fond on la po^ède; et Ton admet alors dans le second syllogisme une majeure , dont la fausseté serait évidente si l'on y regardait de plus près.

On aurait vu nettement la contradiction.

g 4. Quant à la première espèce d'crretir. Voir g 2. — Le« deux pr(h potitions en rapport avec chacun de» moyens , c'est-à-dire qu'on admette à la fois dans sa pensée la majeure du syllogisme en Barbara , et celle du syllogisme en Celarent, parce qu'elles ont quelque chose de contradictoire.— Par exemple, si A est à tout B , majeure de Baroco , et qu'Une soit à aucun Ç, majeure de Celarent, et que ces deux termes soient à la fois à D,B est à tout D, mineure de Barbara, C est à tout D, mineure de Celarent. «— Lapre^

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