‹ De la logique d'Aristote (volume 3)Chapitre 218 sur 226 · LIVBE II, CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

LIVBE II, CHAPITRE XXVII

tion; par exemple , celle que l'on tire du contraire ou du semblable, ou des opinions reçues. On doit voir enfin, s'il est possible de former l'objection particulière dans la première figure, ou l'objection négative dans la figure moyenne.

CETAPITRE XXVIL

De lIEnthymème.— Définitions et différences du Vraisemblable et du Signe. — Définition de FEnthymème. — Première, troisième, seconde figures. — Différence du Signe et du Syllogisme. — Différences des Enthymèmes selon les figures. — Du Signe et de la Preuve.

Application de cette théorie à l'étude des qualités naturelles des êtres. — Du Syllogisme physiognomonique.

§ I . Il ne faut pas confondre le Vraisemblable et le

comme le point est à la ligne, c^est* à-dire, une partie de la surface; ce qi)i est manifestement faux. Enfin, Ton peut faire une Objection tirée des opinions reçues, ou accréditées par quelque grand personnage. Si Ton dit, par exemple, que T&me est mortelle, on pourra faire une Objection, en montrant que Socrate et Platon ont dit qu'elle était immortelle. J'emprunte ces trois exemples d'Objections à Albertr-le-Grand. -< Formvr VObiection particulière

dans la première figure, on a vu plus haut, $ i, que l'Objection particulière se formait dans la troisième figure. Elle peut se former aussi dans la seconde ; et, par exemple, il suffirait alors de convertir la mineure universelle de Felapton, ou de Dûtrapti, en particulière. — Ou VOhjeetion négative dans la figure moyenne, Voir le g 6 et suivant.

Aristote ne donne point au mot Enthymème le sens qu'on lui a donné plus tard en rhétorique, et que nous

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Signe; le Vraisemblable n'est qu'une proposition probable ; et Ton entend par probable ce qui , dans la plupart des cas, arrive ou n'arrive point, est ou n'est point; par exemple : Les hommes haïssent ceux qui les envient; ils aiment ceux qui les aiment. § îi. Le Signe , au con-

lui doimons habituellement encore.

Dans le langage ordinaire, Enthymême signifie un syllogisme qui n'a qu'une prémisse, la mineure le plus souvent, avec la conclusion ; la majeure étant sous-enlendue comme parfaitement évidente. Pour Aristote, ce n'est pas là le caractère distinctif de TEnthymème ; car ce caractère est plus général, et il appartient aussi bienà rinduction, à l'Exemple.

Pour lui, l'Enthymème est un syllogisme qui a, soit ses deux propositions, soit une seule, mais dont les prémisses, ou la seule prémisse exprimée, sont des propositions tirées • du vraisemblable, et non pas du vrai.

Ainsi, Aristote s'attache ici, comme pour les autres espèces de raisonnement, au fond, et non point à la forme. Que les prémisses soient ou ne soient pas expressément posées, peu importe. La conclusion n'en est pas moins nécessaire ; et la nécessité de la conclusion ne peut jamais venir que de trois termes et de deux pro^ positions, énoncées ou sous-ententendnes. Dans le syllogisme proprement dit, dans le syllogisme démonstratif, les propositions sont vraies; dans le syllogisme enthymématique elles sont vraisemblables seulement.

La conclusion est syllogistiquement nécessaire ; mais elle n'est pas vraie nécessairement, parce que les prémisses dont on la tire ne reposent

elles-mêmes que sur le probable.

Telle chose est le signe habituel de telle autre ; on conclut, dès que la première apparaît, que la seconde existe; cette conclusion peut être probable; mais elle n'est pas certaine.

Ainsi, dans tous les syllogismes où l'une des propositions énoncera le signe qui, d'ordinaire, indique la chose même mise en conclusion, on fera un Enthymème. Les exemples qui suivent un peu plus bas rendront ceci plus clair.

8 1. L'Enthymème étant formé d3 propositions qui expriment le vraisemblable et le signe , il faut définir le vraisemblable et le signe avant de définir l'Enthymème. Voir plus bas , 88 2 et 3. — Par exemple , les hommes détestent,., , ce sont là deux propositions probables; car ordinairement on rend haine pour haine , affection pour affection. La phrase grecque peut prêter ici à une amphibologie. J'ai choisi le sens qui m'a paru le plus naturel. L'aulre sens serait : Les envieux haïssent ceux qu'ils envient : les amants chérissent l'c^jet de leur passion. Peu importe du reste celui des deux sens qu'on choisit ; de part et d'autre, on obtient des propositions probables.

8 S. Le Signe peut être nécessaire, et la proposition qu'il forme est alors nécessaire; ce qui ne peut arriver avec le vraisemblable. Parfois le

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