‹ De la logique d'Aristote (volume 3)Chapitre 219 sur 226 · LIVRE II, CHAPITRE XXVIL · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE XXVIL

traire ^ tend à être précisëment la proposition démon* strative, soit nécessaire, soit probable. La chose dont l'existence ou la production entraîne lexistence d'une autre chose, soit antérieure, soit postérieure , c'est là ce qu'on appelle le Signe , indiquant que l'autre chose est arrivée ou qu'elle existe.

§ 3. L'Enthymème est donc un syllogisme formé de propositions vraisemblables ou de Signes.

§ 4* Le Signe , d'ailleurs , peut avoir trois fonctions

signe ne donne aussi qu*une simple probabilité. Le vraisemblable peut tire posé d^une manière absolue : le signe a toujours rapport à la chose même dont il est le signe. Le signe du reste peut être antérieur ou po&> térieur. Une chose est arrivée : un signe qui reste ajurès elle, annonce qu'elle a été. Quand elle n'est pas encore arrivée , un signe qui la précède peut annoncer qu'elle arrivera ; et le signe est alors antérieur à la chose qu'il indique. Le signe et la chose peuvent être contemporains.

La chose est : elle se révèle par un signe qui existe en même temps qu'elle, et qui peut d'ailleurs disparaître avec elle ou lui survivre.

S 3. Définition de l'Enthymème , qui, pour être bien comprise, avait besoin des définitions antérieures du vraisemblable et du signe. — Est iMsyUogismey Après ce mot de ayl* logisnuif la plupart des éditions ajoutent : incomplet. Pacius repousse avec toute raison cette variante.

L'Enthymème n'est pas du tout un syllogisme incomplet; car dans les exemples mêmes que ciie Aristote ,

gS i, 5, 6, les Enthymèmes ont leurs deux prémisses. De plus , cette épithète d'incomplet a été réservée par Aristote pour les syllogismes de la seconde et de la troisième figures qui ont besoin de la conversion pour que la conclusion soit de toute évi-^ dence. Voir liv. I , ch. 1 , gg i et 9, Albert-le-Grand parait n'avoir point eu cette leçon d'incomplet^ qui est fautive , et que d'ailleurs plusieurs manuscrits ne donnent pas. L'édition de Berlin ne l'a pas conservée.

8 4. Aristote, en admettant ici que le signe peut former un syll(^isme de la seconde figure, semble contre^ dire ce qu'il a établi dans le chapitre précédent, $ 9. Il y a dit que le signe ne pouvait jamais donner un syllogisme de la seconde figure : c'est qu'en effet le signe, quand il est ainsi obtenu, n'est pas régulier. Voir plus bas , 8 7 et 8 9. Le signe peut donc avoir les trois positions du moyen :

sujet et attribut , comme le moyen dans la première figure : attribut des deux extrêmes, conmie dans la seconde : sujet des deux extrêmes, comme dans la troisième.

diverses, autant que le moyen peut avoir de positions dans les figures, soit comme dans la première, soit comme dans la moyenne , soit comme dans la troisième. § 5. Par exemple, c'est la première figure, quand on démontre qu'une femme est grosse parce qu'elle a du lait; car le moyen, c'est avoir du lait. A représente être grosse, B, avoir du lait, et C, la femme. § 6. Mais, quand on prouve que les sages sont vertueux, parce que Pittacus est vertueux, c'est la dernière figure qu'on emploie; A représente vertueux, B , les sages, et C , Pittacus. Il est certainement vrai d'attribuer A et B à C; seulement l'on supprime l'une des propositions, parce qu'on la connaît; et l'on ne conserve que l'autre. § 7. Si l'on prouve qu'une

S 5. Première position du signe : sujet du majeur, attribut du mineur, comme le moyen dans la première figure : Toute femme qui a du lait est grosse : or, cette femme a du lait ; Donc cette femme est grosse ; avoir du lait étant le signe de la grossesse, et servant de moyen terme. Le syllogisme est en Darii.

S 6. Seconde position du signe :

sujet des deux extrêmes, comme le moyen dans la troisième figure : Pittacus est vertueux : Pitucus est sage ; Donc les sages sont vertueux.

Pittacus et sa conduite vertueuse sont pris ici comme le signe de la vertu des sages. Le syllogisme n*est pas régulier, et ne peut se ramener à aucun des modes de la troisième figure. La conclusion est même tirée de deux particulières ; ce qui contredit la règle générale de tous les syllogismes, exigeant de Tuniversel dans les prémisses. Liv. I , ch. Si,

S 1. Voir plus bas, S 9. — Aristote a placé TEnthymème de la troisième figure avant celui de la seconde, parce qu'il est encore moius imparfait. — Sfah quand on prouve que les sages sont vertueux^ vmlà TEnthymème sous la forme vulgaire, c*est-à-dire, avec une seule propo- ' sition et la conclusion. Pittacus est vertueux ; Donc les sages sont vertueux, parce qu'on connaît évidemment que Pittacus est sage, mineure que l'on supprime. — L'une des propositions , la mineure. — On ne conserve que Vautre, la majeure.

$7. Troisième position du signe, attribut des deux extrêmes, comme le moyen dans la seconde figure:

Toute femme grosse est pftle : cette femme est pâle ; Donc elle est grosse.

On sait que la forme de ce syllogisme est irrégulière , puisqu'il conclut par le mode AI , qui est inutile dans la seconde figure. Voir liv. I, ch. 5,

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