LIVRE II, CHAPITRE XXVII
femme est grosse parce qu'elle est pâle, on emploie la figure moyenne. En effet , c'est parce que la p&leur vient à toutes les femmes grosses, et qu'elle vient aussi à cette femme , que l'on croit avoir démontré que cette femme est grosse ; la pâleur représentée par A , être grosse , par B, et femme, par C.
§ 8. Si donc l'on n'exprime qu'une seule proposition, c'est seulement le Signe; et, si l'on ajoute la seconde, c'est un syllogisme. Par exemple, Pittacus est généreux ; car les ambitieux sont généreux; et Pittacus est ambitieux. Ou bien encore : Les sages sont bons; car Pittacus est bon ; et, de plus, il est sage. C'est donc ainsi que l'on forme tous ces syllogismes. § 9. Seulement celui qui se
§ 22.— Si Von prouve qu'une femme est groise parce qu'elle est pâle y forme vulgaire de l'Enthymème où ]a mioeure seule est exprimée. Cette femme est pâle ; Donc elle est grosse.
% S. Quand on n'exprime qu'une seule des prémisses» on garde celle où est le signe; quand on les ex^ prime toutes les deux , c'est un syllogisme complet, et enthymématique puisqu'il procède encore par le signe. L'ambition est le signe de la générosité ; et voici avec ce signe un syllogisme entier : Les ambitieux sont généreux : or, Pittacus est ambitieux; Donc Pittacus est généreux.
Si Ton disait sous forme vulgaire :
Pittacus est ambitieux; donc Pittacus est généreux , on ne conserverait que le signe dans la mineure où il est attribut— Ce$t un syllogisme, entier et enthymématique.
S 9. De ces trois formes de TEnthymème , celle qui a Heu dans la
première figure est parfaitement régulière. — Parce qu'il est univers sel , c'estrà-dire, parce que la majeure est universelle, et que le moyen comme le mineur sont contenus dans sa totalité. — Celui de la troisième figure n'est pas régulier, car il a une conclusion universelle ; mais cette conclusion ne se rapporte pas directement à la question ; car de ce que Pittacus est vertueux et sage, on ne peut conclure que tous les sages sont vertueux : la conclusion régulière serait que quelque sage est vertueux; et ce sage en particulier ne serait autre que Pittacus luimême. — Ce syllogisme n'est pas universel, c'est-à-dire qu'aucune des prémisses n'est universelle ; ce qui est contre les règles générales du syllogisme. — Enfin celui de la seconde figure est contre toutes les règles de cette figure , puisque les deux prémissesen sont affirmatives,
produit par la première figure est irréprochable, s'il est vrai, parce qu'il est universel. Celui qui se forme par la dernière peut être attaqué , bien que la conclusion soit vraie; car ce syllogisme n'est pas universel , et il n'est pas directement relatif à la question. En effet, de ce que Pittacus est vertueux, il ne s'ensuit pas nécessairement que les autres sages soient vertueux comme lui. Quant au syllogisme qui se forme par la figure moyenne, il est toujours parfaitement attaquable; car il n'y a jamais de syllogisme possible quand les termes sont ainsi, disposés. Par exemple , de ce que la femme grosse est pâle , et de ce que telle femme est pâle , il ne s'ensuit pas nécessairement que cette femme soit grosse.
§ lo. Ainsi donc on pourra conclure le vrai dans toutes les figures ; mais ce sera avec les différences que je viens de dire.
§ II. Peut-être pourrait-on aussi établir la division suivante entre les Signes. Parmi eux, on appellerait Preuve celui qui est moyen; car on dit que la Preuve est ce qui fait savoir; et c'est surtout le moyen qui a cette propriété. L'on réserverait alors le nom de Signe pour ceux qui occuperaient les positions extrêmes , tandis que la preuve serait le Signe même tiré de la position moyenne ; car le plus probable et le plus vrai est celui qui prouve par la première figure.
tandis qu'il faudrait que Tune des attribut du mineur; c'est le signe de
deux fût négative. la première ligure. On appellerait ce
$ 10. On pourra conclure le vrai, signe preuve ou indice. Les signes
quand les propositions sont vraies, qui occupent les positions extrêmes,
$ 11. Celui qui est moyen , c'est- soit attributs des deux termes, soit à-dire , qui est intermédiaire entre sujets des deux termes , conserveles deux termes, sujet du majeur, raient le nom spécial de signes.