‹ De la logique d'Aristote (volume 3)Chapitre 22 sur 226 · LIVRE I, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE I

Entre la proposition démonstrative et la proposition dialectique, il y a cette différence que la proposition dé* monstrative pose Tune des deux parties de la contradic* tion; car, pour démontrer, on ne fait pas une question, mais Ton pose un principe; au contraire, la proposition dialectique comprend dans une question la contradiction tout entière. Au reste cette différence ne fait rien à. la formation du syllogisme de 1 une et de 1 autre proposition. En effet, qu'on démontre ou qu'on interroge, on fait tou* jours le syllogisme en posant qu une chose est ou n'est pas à une autre. Ainsi donc, d'une manière toute générale, la proposition est syllogistique quand elle affirme ou qu'elle nie une chose d'une autre chose , sous 1 une des formes qui viennent d'être indiquées. Elle est démonstrative, quand elle est vraie, et qu elle dérive des conditions primitivement posées. Elle est dialectique, lorsque, sous forme de question , elle comprend les deux parties de la contradiction, ou que, sous forme de syllogisme, elle admet l'apparent et le probable , ainsi qu'il a été dit dans les Topiques. Les traités suivants feront comprendre exactement la nature de la proposition et ses différences, selon qu'elle est syllogistique, démonstrative ou dialectique; pour le moment, ce que nous venons d'en dire doit être suffisant.

§ 7. J'appelle Terme l'élément de la proposition, c'est-

Topiques, mon Mémoire sur la Logi- g 7. Tappelle Terme,., Terme ,

i|iie d'Aristote, tom. 1, pag. t09.— . limite, parce que le terme est en

Ïs9 traiîés suivamis, . c'est , pour la quelque sorte la fin , la limite de la

proposition syUogisUque les Pre* proposition. C'est par une image ana-

miers Analytiques eux-mêmes, pour logue qu'Aristote appelle les propo-

la proposition démonstrative les Der- sitjons: intervalles. Voir plus loin

nwrs Analytiques, et les Topiques Premiers Analytiques, liv. 8, ch. t,

pour la proposition dîaleetîqve. %9,H dans ee t«li?. cb. 4 , g tt «^

à-dire y l'attribut et le sujet auquel il est attribué ^ soit qu'on y joigne, soit qu on en sépare l'idée d'être ou de n'être pas.

§ 8. Le Syllogisme est une énonciation, dans laquelle certaines propositions étant posées, on en conclut nécessairement quelque autre proposition différente de celleslà, par cela seul que celles-là sont posées. Quand je dis par cela seul que celles-là sont posées, j'entends que c'est à cause d'elles que l'autre proposition est conclue ; et j'entends par cette dernière expression qu'il n'y a pas besoin de terme étranger pour obtenir la conclusion nécessaire. § 9. J'appelle .donc syllogisme complet celui où il n'est besoin d'aucune autre donnée que les données préalablement admises pour que la proposition nécessaire apparaisse dans toute son évidence. § 1 o. J'appelle incomplet celui où il faut une ou plusieurs autres données, qui peuvent bien être nécessaires d'après les termes d'abord

paxn'm.— Alexandre fait remarquer' que le mot terme , pris en ce sens , était inconnu du temps d*Âristote et que voilà pourquoi Tauteur dit à la première personne : j'appelle , etc. ; c'est une expression nouvelle qu'il crée à son usage. Voir cb. 4, g 3.

§8. LeSyllogisme.,, Le syllogisme signifie , comme on le voit ici , dans sa véritable acception, l'ensemble des deux propositions d'où sort la conclusion nécessaire. Mais souvent Aristote appelle syllogisme la conclusion même tirée des prémisses.

Voir dans ce liv., ch. 5, g 29; ch. 6 , S 24 et passim,

g 9. Syllogisme complet.,. C'est celui où les propositions n'ont pas besoin d'être converties pour que

l'évidence apparaisse; ce sont tous les syllogismes de la première figure, g 1 0. Syllogisme incomplet, . . C'est celui où il est besoin de convertir une ou deux propositions pour que la nécessité apparaisse dans toute son évidence : ce sont les syllogismes de la seconde et de la troisième figures.— Les propositions qu'on obtient par la conversion ne^ont pas, à proprement parler, des propositions nouvelles, puisqu'elles sont toujours formées du même sujet et du même attribut. Mais la forme sous laquelle on les avait d'abord présentées est cbangée. On peut voir du reste, dans le chapitre suivant, les effets de la conversion 'sur les diverses espèces de propositions.

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