‹ De la logique d'Aristote (volume 3)Chapitre 52 sur 226 · LIVRE I, CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE XIII

peut voir sans peine dans les négations et les affirmations opposées. Ainsi ces énonciations : Il n'est pas pos-» sible que ce soit — il est impossible que ce soit — il est nécessaire que ce ne soit pas, ou sont des propositions équivalentes, ou du moins elles se suivent les unes les autres. Donc aussi les propositions opposées à celles-là : n est possible que ce soit — il n'est pas impossible que ce soit — il n'est pas nécessaire que ce ne soit pas , ou seront équivalentes, ou du moins elles s'enchaîneront mutuellement. Pour toute chose, en effet, il faut qu'il y ait , soit affirmation , soit négation. Ainsi donc le contin-» gent sera non nécessaire , et le non nécessaire sera contingent. § 4* On doit remarquer que toutes les propo-

que les trois premières énonciations : Il n'estpas possible, etc., etc., sont équivalentes entre elles ; donc les trois énonciations opposées à celles-là le seront aussi. Or, dans ces dernières, le non nécessaire , le non impossible , et le possible , sont mis au même rang : donc ils peuvent être pris l'un pour Tautre. — Pour toute chose en effet. Voir THerméneia, ch. 9, g 2.

S 4. Toutes les propositions du contingent, c'est-à-dire, toutes les modales qui indiquent une simple contingence. -^ Converties les unes dans les autres, ce n'est plus la même nuance de conversion que celle qui a été indiquée plus haut, ch. 3, g 5. Aristote, du res^, se sert ici du inême mot . Conversion, et j'ai dû suivre son exemple. l\ veut dire seulement que, sans faire varier le mode , et tout en lui laissant sa forme , ce qui est joint au mode , le su-

jet, peut varier de l'affirmation à la négation. C'est que du moment qu'une chose est possible, elle peut, à la fois, être ou n'être pas. — Non pa^ que les affirmatives se convertissent dans les négatives , ainsi : Il est possible que ce soit, ne se change pas en : Il n'est pas possible que ce soit, mais bien en : Il est possible que ce ne soit pas. — Avec Vopposition, c'est-à-dire que les sujets du mode sont opposés , comme affirmation et négation. — Pour les autres cas, c'est-à-dire, pour la négation du mode , en prenant : Il n'est pas possible , à la place de : Il est possible. — Pour les affirmatives particulières , telles que celle-ci : A peut être à quelque B , A peut ne pas être à quelque B.— Précédemment, ch. 3, g 7, et Herméneia, ch. 12, g 5. — Théophraste , au rapport d' Alexandre , n'admettait point cette théorie de son maître, sur la conversion des

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sitions du contingent peuvent être converties les unes dans les autres. Par là je veux dire, non pas que les affirmatives se convertissent dans les négatives, mais que toutes celles qui ont la forme affirmative se convertissent avec l'opposition : par exemple, pouvoir être se convertit en pouvoir ne pas être , pouvoir être à tout en pouvoir n'être à rien, ou en pouvoir n'être pas à tout, et pouvoir être à quelque en pouvoir n'être pas à tout. Même méthode pour les autres cas. En effet, le contingent n'étant pas nécessaire, et le non nécessaire pouvant ne pas être, il est clair que si A peut être à B, il peut aussi ne pas y être; et que s'il peut être à tout B , il peut aussi ne pas être à tout B. Même raisonnement encore pour les affirmatives particulières, où la démonstration serait toute semblable. C'est que les propositions de ce genre sont affirmatives et non pas négatives , et que le verbe pouvoir y occupe tout à fait la place du verbe être , ainsi qu'il a été dit précédemment.

§ 5. Ceci posé , remarquons encore que contingent a deux significations. D'une part , c'est ce qui est le plus habituel, mais sans caractère de nécessité : par exemple, le grisonnement de l'homme, sa croissance, son dépérissement , et en général tout ce qui est dans Tordre de la nature : car rien de tout cela n'est d'une nécessité constante , puisque l'homme n'existe pas toujours ; mais du moment que l'homme existe, ou cela est de nécessité, ou du moins cela est le plus ordinairement. D'autre part,

propositions contingentes. Elle est, conformité un argument contre

du reste, parfaitement conforme à Topinion d'Andronicas qui con-

celle qui est exposée dans THer- testait Tauthenticité de ce dernier

méneia ; et Alexandre tire de cette traité.

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