ANALYSE DES TOPIQUES. — LIV. I. GHAF. VI
mot seul (to Trpoç t ouvo(jLa ^laXEyeoOai), à moins d'absolue nécessité.
io8, a, 38. La connaissance des différences est utile dans les raisonnements, qui ont pour but de savoir si une chose est autre ou identique (Tcepl TaÙTou Kal éT^pou) , et pour donner clairement l'essence des choses (ri èçî).
io8, b,7. Enfin, la connaissance des ressemblances eSft utile pour les inductions, pour les syllogismes hypothétiques (é^ Û7ro6^(rea)ç ) , et pour les définitions. Comment peut-on faire une induction , si l'on ne connaît pas les semblables de la chose qu'on veut démofttrer ainsi (rà opia)? Quant aux syllogismes hypothétiques, il en est de même, parce qu'il est probable, que ce qui est pour un des semblables sera aussi pour les autres: de sorte que , ceci posé ({/'TroGefuyoi) , ce qu'on démontrera d'un sembhible sera aussi démontré pour l'objet en question (77poxei|iL£vov). En dernier lieu, la connais*^ sance des ressemblances est utile aux définitions, parce qu'en sachant ce qui est identique dans chaque choseà définir, on n'aura point à élever de doute sur le. genre dans lequel le défini doit être placé, et l'on ne se trompera pas en donnant pour genre dans la définition, ce qui est commun aux choses comparées.
, Tels sont les instruments qui forment les syllogismes dialectiques (opyava Âi' &v). On exposera, dans le livre qui suit, les lieux auxquels ils peuvent ^'appliquer utilement.
5IS0 Bimitia PAETII. -— SSCTIOK I.
Comme on le voit^ toute cette exposition de l'objet de la Topique, et de ses procédén fondamentaux , est parfaitement nette: il na fallu ici que suivre Aristot^ pas à pas, en l'abrégeant, pour rendre sa pensée fort claire. On doit remarquer, en outre , que toute cette théorie , sans rappeler formellement celle du syllogisme, la suppose; et qu'après avoir lu ce premier livre, il est bien difficile de penser qu'Aristote n'eût pas fixé déjà les bases des Catégories , du Traité du langage, et des deux Analytiques. L'examen des livres suivants ne pourra que confirmer cette opinion.
Analyse du liyre lecond.
Aristote s^occupe d'abord du quatrième attribut dialectique, de l'accident: il ne donne aucun motif de cette préférence; mais on a pensé , et c'est avec raison, qu'il commence par cet attribut, parce qu'il est le plus commun de tous. On peut ajouter que beaucoup de lieux qui appartiennent à l'accident, se trouvent également appartenir ans autres attributs, pour lesquels il sufiira de l'exposition qui les aura précédés. •
La première remarque qu'il convient de faire sur l'accident, c'est qu'il est toujours limité de quelque manière, et qu'il n'est jamais complètement universel^ch. i, 109, a^ a). Les propusitionft
ANALTSI BBS fOPIQUBS. — tlT. II. dlÀP* TI. 894
universelles y négatives ou affirmatives, ont cet avantage, qu'elles peuvent également servir à établir , ou k réfuter, l'universel et le particulier. Ainsi, que Ton démontre qu'une chose est à tout, on aura démontré *par cela même qu'elle est à quelque chose; et réciproquement, si l'on démontre qu'elle nest à rien, l'on aura démontré aussi qu'elle n'est pas à tout. Cette conversion est très difficile pour la dénomination propre (oixeioev àvo(&a<riav) qui vient de l'accident. Pour la définition, poiu* le propre, pour le genre, la conversion est au contraire toute simple. Si Ton a démontré, pour la définition par exemple, que quelque chose est à l'animai terrestre bipède , il y a certainement un animal terrestre bipède : pour le genre , si l'on démontre que quelque chose est à l'animal, il y a certainement un animal : pour le propre ^ si l'on démontre que quelque chose est à l'être susceptible d'apprendre la grammaire , il existe certainement un être susceptible d'apprendre la grammaire. L'existence de toutes ces choses n'est pas limitée (xaxot tO; elles sont absolument, ou ne sont pas. Pour l'accident , au contraire , il peut être Ûmité : il ne suffit pas en effet de démontrer que la blancheur, la justice, existent, pour prouver qu'il y a un homme blanc, un homme juste* U n'y a pas ici de nécessité, comme plus haut, pour la réciprocité.
On peut commettre d'ailleurs deux espèces de fiàule»: ou Ton se trompe complètement, ea sou-
552 DEUXIÈME PARTIE^ — SECTlOlf I.
tenant le faux (tcj> ^l/eu^e^dai); ou Ton sort du mot qu'il s'agit de discuter (luapaSaiveiv t9jv xeiiuvYiv X^^iv). U faudra tenir compte de ces deux genres d'erreurs j en recherchant si l'accident est bien ou mal attribué.
Ch. a, 109 ^ a, 34* Un premier lieu pour réfuter Faccident, sera donc de voir si l'adversaire n'a pas donné, comme accident, ce qui existe de tout autre façon. Cette erreur s'applique surtout aux genres: s'il a dit, par exemple , qu'un accident de la blancheur, c'est d'être une couleur, ce n'est certes pas là un accident de la blancheur^ c'en est le genre. C'est <ju'en effet, l'attribution du ijenre à l'espèce se faittoujours synony iniquement, puisque l'espèce admet et l'appellation et la définition du genre, et non point paronymiquement, comme on l'a fait ici. Ainsi, en disant* que la blancheur est colorée, on n'a dit la chose, ni comme genre, ni comme propre, ni comme définition, puisque le propre et la définition n'appartiennent qu'à la ehose seule, et que la blancheur n'est pas la seule chose qui puisse être colorée, une foule d'autres objets pouvant l'être aussi bien qu'elle. On a donc à tort attribué la couleur à la blancheur, coi!lime accident.
On peut , pour défendre la question ou la réfuter, parcourir tous les objets auxquels il a été dit qu'une chose est , où n'est pas , comme accident. Si Ton a dit que les opposés étaient simultanément connus, on examinera si les relatifs, si
• ANALYSE DES TOPIQUES. — tlV. II. CHAP. VI. SSo
les contraires, si les opposés par privation et possession , si les opposés par négation et affirmation, sont en effet connus simultanément : et si Ton prouve qu'un seul ordre d'opposés ne Test pas , on aura réfuté, par cela même, l'universalité de Tassertion.
Il est à peine besoin de faire remarquer ici que toute cette théorie se rapporte à la doctrine des (^iatégories, 'qu'elle la suppose, et que, sans elle, tous ces passages des Topiques seraient à peu près inintelligibles.
Un troisième lieu (109, b, 3o), c'est d'étudier la définition même de l'accident, et de la chose à laquelle on l'applique , et de voir si l'on n'y. a point pris pour vrai quelque chose qui ne l'est pas. Quand on rencontre des termes obscurs, il faut leur en substituer de plus clairs , jusqu'à ce qu'on soit arrivé à quelque notion parfaitement évidente (et; yv(âpifx.ov).
On peut aussi (11 o, a, 10) se faire à soi même une objection, que l'on tourne contre la question : ce lieu rentre dans le second indiqué plus haut, et n'en diffère que par la forme ( tw TpoTrco ).
Il faut prendre garde (l'io, a, i4)? soit qu'on réfute , soit qu'on soutienne la question , de ne point employer lesidées et les expressions vulgaires (w; 01 TToXXoi). Si, par exemple. Ton veut savoir ce que c'est qu'une chose vraiment salubre, il ne faut pas s'en rapporter aux opinions de la foule , mais à celle des médecins ; et trai*
554 DEUXIÈME PARTIB. — SECTION 1. ^
ter en conséquence l'accident dont on s'occupe.
Ch, 3, I lo 9 a, a 3. On doit observer avec le plus grand soin I de Tune et Tautre part, les significations diverses de la chose , soit que la différence tienne à l'homonymie et à la forme seule des mots, soit qu'elle tienne à la pensée entière.
Ch. 4 > 1119^9 8. Une attention que doivent avoir les adversaires, chacun de leur côté, c'est de prendre toujours dans la question des termes parfaitement compréhensibles.
Aristote énumère ensuite cinq lieux utiles pour connaître la fausseté des accidents. Voici le principal, qui repose essentiellement sur la doctrine des Catégories (i 1 1 , a , 33). « Il y a nécessité, dit- « il , que ce qui reçoit le genre comme attribut , «( reçoive, aussi comme attribur, quelqu'une des « espèces : et tout ce qui reçoit le genre, ou est « nommé dérivativement du genre (irapcDvufACDç im « Toiï yfvou;), doit nécessairement recevoir aussi « quelqu'une des espèces, ou être nommé dériva- « tivement d'après elle. Ainsi, qu'on attribue la te science à quelqu'un, ou lui attribuera, par cela c< même, ou la grammaire, ou la musique, ou telle k autre science; et si quelqu'un possède la science, *c ou est nommé dérivativement d'après elle, il « faudra qu'il possède, ou la grammaire, ou la « musique, ou telle autre science, et qu'il soit, « d'après elle, nommé dérivativement, soit gram- « mairien , soit musicien. Si donc, dans la discus- « sion, l'on propose un accident venu du genre de
^ ANàLTSC des topiques. — LIV. II. CHAP. VI. ôho
« quelque façon que ce soit; par exemple queFâme «c se meut, il faut examiner si rame peutse mouvoir <t suivant Tune des espèces diverses du mouvement; a si elle peut ou s'accroître, ou périr, ou naître , ce ou si elle a tel autre mouvement ; car , si elle a ne se meut suivant aucune de ces espèces , il est a clair qu'elle ne se meut pas. Ce lieu peut servir et à la fois pour soutenir, et pour réfuter la pro- 9 position. En effet , si l'âme se meut suivant une « des espèces du mouvement , il est clair qu'elle se « meut: si elle ne se meut suivant aucune, il est «f clair qu'elle ne se meut pas. »
Il faut ajouter ici que non seulement cette théorie des Topiques se rapporte aux Catégories de la manière la plus incontestable , mais encore qu'elle se rapporte à cette dernière partie donl Andronicus de Rhodes contestait l'authenticité (Voir plus haut page 49)-
Ch. 5, iix,b, 3^, Un moyen sophistique, et qu'il ne faut employer qu'en cas d'absolue nécessité, c'est de faire dévier la discussion sur un point où Ton doit trouver aisément des arguments contre l'adversaire.
Ch. 6, 112, a, a4. Dans les choses qui doivent avoir nécessairement l'un des deux contraires, si Ton a des arguments pour l'un, on en aura également pour l'autre. Si l'on prouve, en effet, que l'un est , on prouve par cela même que l'autre n'est pas: ain^i, la santé et la maladie dans le corps humain. Ce lieu peut donc servir aux deux
555 DSUXllEIIE PARTIE. — SECOON 1. W
parties également. On peut, au reste, discuter ici sur la véritable signification du mot et sur sa définition étymologique, en se demandant, par, exemple, avec Xénocrate (i la , a, 37), si la signification d'tî;$ai(jLCdv est bien : qui a lame vertueuse , parce que Tàme est le génie de chacun de nous (Ixaçou &ai(jLova).
Deux autres lieux consistent à examiner, si l'adversaire n'a pas pris pour accident nécessaire ce qui n'est qu'accident habituel , sans caractère de nécessité, et réciproquement; ou s'il n'a pas donné la chose elle-même ^ comme accident de la chose, sous un nom différent. C'est ainsi qu'Orodicus divisait les plaisirs, en joiei amusement , contentement , ne voyant pas que tous ces mots ne sont que les noms divers d'une même chose : le plaisir.
Ch. 7. 1 12 , b, 27,,Les deux contraires peuvent du reste se combiner de six façons ( <ju(i.77>.éxeTai aX^YïXoiç) 1° a^ étant l'un à l'autre , comme : faire du bien à ses amis , du mal à ses ennemis ; et, faire du mal à ses amis, du bien à ses ennemis; 3" 4^ les deux contraires étant à une seule chose : faire du bien ou du mal à ses amis; faire du bien ou du mal à ses ennemis ; 5^ 6^ une seule chose étant aux deux contraires: faire du bien à ses amis, à ses ennemis; faire du mal à ses amis, à ses ennemis. Il est facile de voir que les deux premières façons ne font pas une véritable opposition par contraires ( èvavTtdxriv ). Il faut considérer attenti-
ANAIirSE MSS TOPIQUKS. -^ LIV. n. CHÀP. TI. 537
vement toutes ces miances, soit qu'on réfute, soit qu'on défende la proposition.
Qtiand l'accident a un contraire, ilfautexaiùiner si ce contraire n'est pas aussi à la chose à laquelle on attribue l'accident ; car alors l'accident n'est pas à la chose, puisque les contraires ne sauraient être simultanément à une seule et même chose.
Il faut voir (i i3, a, 34), si l'on n'a point donné un accident qui, étant admis, entraine avec lui les contraires. Ainsi, on a préfendu que les Idées étaient en nous (t^éaç ev T^pv); il s'ensuivra donc qu'elles sont mobiles comme* nous le sommes, sensibles comme nous le sommes; ce qui est con* traire à l'opinion des partisans des Idées.
Ch. 8, j i3, b, i5. Aristôte prescrit encore un lieu relatif à la nature du sujet qui réunit les contraires; dans le chapitre suivant, il en indique un autre qui se rapporte à la consécution des contraires par négation ou affirmation , et il reproduit tout-à-fait la doctrine du Traité du langage. Il examine en outre la consécution des con. traires, par privation ou possesision (i x4, a, 8\ et par relation ( 114, a, ]3), et c'est également la doctrine des Catégories qu'il rappelle.
Ch. 9, 114, a, a6. Il faut aussi, pour l'accident, regarder aux conjugués ((yuroixa), et aux cas ( icTiô<y8i(; ) ; les conjugués, c'est, par exemple, justice juste, courageux courage: les cas, c'est, juste justement. Les cas sont donc des conjugués; et l'on entend en général par conjugués toutes les choses
de la même série ( ouroix^ov ), justice, juste , justement, etc. Si Ton a démontré que Tun des conjugués est bon ou qu'il est mauvais, on aura démontré, par cela même, que fous les autres le sont également. Il ne faut pas , du reste (4 1 4 y b , 6) , se borner à l'objet en question , il faut examiner aussi le contraire dans le contraire. Ainsi , on dira que le bien n'est pas nécessairement agréable, puisque le mal n'est pas nécessairement pénible. Il faut, en outre (i 14» b, 16), regarder à la génération et à la destruction des choses (yevldeiç xœi <pdopal). Si les générations sont bonnes, les choses léseront, et, réciproquement ; pour les destructions, c'est tout à 1 opposé ; car, si la destruction est bonne , c'est que la chose est mauvaise; si la destruction est mauvaise , c'est que la chose est bonne.
Ch. 10, 114» b, a5. Pour la ressemblance des accidents , il faut voir si les choses semblables ont été attribuées semblablement ; par exemple, si avoir la vue est voir, avoir l'ouïe sera entendre. Il y a aussi des lieux du plus et du moins , et ils consistent à examiner si Iç plus est bien le plus, etc.; par exemple, si le plaisir est un bien, un bien plus grand devra être un plaisir plus grand, etc.; et de même pour le moins.
Ch. II, 1 1 5 , a, a5. On aura soin de rechercher si l'on ne prête pas le plus et le moins à des choses qui ne peuvent être que d'une manière absolue: ce qui n'est point blanc , ne saurait être ni plus ni moins blanc. Enfin , il faut savoir si Ion n'a
ANALTSe DES TOPIQUES. — LIV. lit. CHAP. VI. 339
point pris d'iine'maniére absolue, ce qui a des conditions essentielles de temps et de lieu (irouKat ttotà). Ainsi 9 tuer son père peut être fort beau chez les Triballes; mais d'une manière absolue , ce n'est pas une bonne action. Lsl chose absolue sera celle qui peut être dite sans aucune limitation.
Ici finit le second livre , consacré tout entier, comme oa le voit, aiipe^Aix de l'accident universel, considéré seulement en soi. Le troisième traite encore de l'accident ; mais c'est l'accident comparé à l'accident , qui peut lui être ou ne pas lui être préféré. Ainsi, ce troisième livre tient étroitement au second, puisque le sujet commencé daas l'un se poursuit dans l'autre. Cette liaison est en outre indiquée grammaticalement par la conjonction ii j qui ouvre le troisième livre. Ici donc , il^st moins permis que partout ailleurs, d'attribuer au Stagirite cette divit^n des Topiques.
Analyse du livre troisîènie.
L'analyse du livre précédent a du montrer, par la forme même des divers lieux indiqués , quel était, dans le système d'Aristote» l'emploi des quatre instruments dialectiques, dont il a été question dans le premier livre. On a pu voir quel rèlejimait chacun d'eux, et comment rhomovgrw^,
la différence , et la ressemblance , s'appliquaient tour à tour aux nuances diverses que pouvait prendre Taccident. Dans le troisième livré, comme dans les suivants , on va retroiiver cet emploi des instruments dialectiques.
Ch. 1 ) 1 1 6 , a , 1 1 3. La comparaison de deux ou plusieurs accidents d'une chose, ne peut avoir pour but que de connaître la supériorité de l'un sur l'autre. Il est clair, du reste^ ^u'il ne s'agit ici que de choses fort voisines l'une de l'autre, et dont la proximité peut faire naître quelque doute : dans les genres fort éloignés , il ne saurait y en avoir.
Aristote indique cinq lieux principaux, qui se subdivisent eux-mêmes en plusieurs autres : ]^ une chose est préférable à une autre, quand elle est plus durable et plus stable ( ^eëaioTEpov ) ; elle l'est également , quand elle a déjà les préférences des hommes prudents et sages , ou des gens ha<biles, ou l'appui d'une loi équitable, etc. 2^ On doit préférer une chose désirable par elle-même , à une chose qui ne Test que pour une autre; ainsi, nous désirons que nos amis soient toujours justes, fussent*ils dans les Indes (xov cv ïv^oiç âeriv) (ceci semblerait se rapporter à la conduite d'Alexandre envers Callisthène, i i6,a, 38); et nous le désirons pour la chose en elle-même, tandis que, si nous désirons que nos ennemis soient justes ,.c'est pour qu'ils ne nous nuisent pas. 3° Il faut préférer ce qui en soi est cause du bien , à ce qui ne l'est qu'accideutellement : ainsi, la vertu' à la fortune. 4^ Ce
ANALYSÉ DES TOPIQUBS. «— LIV. tO. CHAP. VI. 56f
qui est absolument bQn en soi , à ce qui ne l'est qu'à certains égards (tivi); ce qui est de nature^ à ce qui est acquis ou artificiel (Iitixtyitov); ce qui est à l'être supérieur : préférer ce qui est à Dieu, à ce qui est à rhomme; ce qui est la qualité propre de l'être le meilleur, etc. 5° (i i6, b, 37) Enfin, il faut préférer ce qui en soi est plus beau et plus honorable: ainsi, l'amitié à l'argent, la juslice à la force.
Ch. â, 117, a, 5. Quand deux choses sont tell%> meut rapprochées qu'il est fort difficile de discerner la supériorité de l'une sur l'autre, il faut regarder à leurs conséquences. De là, vingt lieux , dont voici les principaux, subdiviséschacun en plusieurs autres : 1^ si la conséquence est du bien de part et d'autre , choisir la chose dont la conséquence est le plus grand bien ; si , du mal , celle où le mal est le moindre. Du reste, ce qu'on entend ici par conséquence d'une chose peut lui être antérieur aussi bien que postérieur; ainsi, l'étude a deux conséquences : l'une qui la précède , c'est l'ignorance; l'autre qui la suit, c'est la science.
On a conservé ici le mot conséquence , bien qu'en français il ne puisse s'appliquer qu'à des choses postérieures; mais le mot eireoSai, en grec, a le même inconvénient.
117, a, 16. 2^ U faut préférer les biens plus nombreux à ceux qui le sont moins; ceux qui donnent plus de plaisir à ceux qui en donnent moins.
564 DEuniias partie^ — sectiou i.
le sera pas moins à courageusement. Préférer la chose dont l'abondance est préférable; préférer^fc chose qui , ajoutée à un tout , le rend plus grand ; ou qui , ôtée de ce tout, le rend plus petit; préférer ce qui est désirable en soi à ce qui ne Test que suivant l'opinion des hommes : {linsi , la santé à la beauté. Il faut bien remarquer aussi dans quel but la chose est désirable , et s'enquérir de ses acceptions diverses; il faut examiner sous ce point de vue l'utile, le beau et l'agréable, etc., etcl •
Ch. 4* iiQ) a 9 !• Les lieux qu'on vient d'indiquer sont utiles pour les choses qu'on compare ((TUYxpt<rsiç);«mai« ils le sont également, en prenant les choses d'une manière absolue. Par exemple : si le plus honorable est le plus désirable, il s'ensuit aussi que l'honorable est désirable.
Ch. 5, 119, a, la. On peut, du reste, rendre au besoin tous ces lieux beaucoup plus universels qu^ils ne le sont ; €t par cela même, on les rendra beaucoup plus utiles. Il suffira d'un léger changement dans la forme (irpocnoyopta)» Ainsi, on a dit plus haut, que ce qui est de nature est préférable à ce qui n'est jpas de nature : on peut , en partant de ce lieu, et en le rendant plus universel, dire : Ce qui est tel par nature est plus tel que ce qui est tel autrement que par nature, etc.
Ch. 6, 1 19^ a , 32. Quand il s 'agit d'une question particulière, les lieux généraux sont les pins utiles, soit pour réfuter, soit pour soutenir la proposition, parce qu'une CÊ^is le général démontré , ou