ANALYSE DES TOPIQUES. — II V. UI. GHAP. TI
réfuté, le particulier le suit. Si l'on démontre, en effet, que la chose est à tout, on aura démontré aussi qu'elle est à quelqu'un; si Ton démontre qu'elle n'est à aucun , on aura démontré aussi qu'elle n'est pas à tout. Les plus utiles de ces lieux sont ceux qui se tirent des opposés, des conjugués , des cas , des générations et des destructions des cHoses, du plus et du moins: il faut, du reste , les choisir, selon qu'on veut réfuter ou défendre une opinion.
On ne doit pas oublier non plus que les réfutations sont diverses selon la nature des propositions ( I20, a, 6.) Ainsi, une proposition indéterminée ne peut être réfutée que d'une seule manière, c'est à-dire, par contradiction. La proposition particulière déterminée, soit affirmative, soit négative, ne peut non plus être réfutée autrement. Si Ion a dit tel plaisir est bon; il faut démontrer qu'aucuu plaisir ne Test ; si Ton a dit que tel plaisir n'est pas bon , il faut démontrer que tout plaisir Test, etc. Enfin , un dernier soin , c'est de ne pas se borner au genre, c'est d'aller aux espèces ; et s'il le faut, jusqu'aux individus ( aTojjLwv ). Si l'on dit, par exemple, que le temps se meut, il faut considérer les espèces du mouvement, et voir si quelqu'une s'applique au temps ; si Ton dit que l'âme est un nombre, examiner les espèces du nombre, et, voyant que tout nombre est pair, ou impair, et que l'âme n'est ni l'un ni l'autre, on en conclut qu'elle n'est pas non plus un nombre.
566 DEUXriKMB PARTIE. — SECTION I.
Telles sont toutes les manières de traiter l'accident (irpôç To (ru[iiêe67]xàç eTcij^eipviTéov).
On doit faire ici la même remarque que plus haut , sur la liaison de ce troisième livre au quatrième^et sur l'emploi desinstrumentsdialectiques.
Analyse du livre quatrième.
Passons au genre et au propre , qui sont les éléments des définitions (roix"» '"^pQÇ '^^Ç ^ipouç), mais que les dialecticiens n'emploient que rarement ( oXiyaxt; ).
Ch. I, I20y by i5. Quand on donne le genre d'une chose, le premier soin qu'on doit prendre, c'est de voir, si ce genre peut ne pas être attribué à quelqu'une des choses pareilles à la chose en question. Par exemple, si l'on donne le bien pour le genre du plaisir, il faut voir s'il n'y a pas quelque plaisir qui ne soit pas un bien. Le genre en effet est attribuable à toutes les espèces qu'il renferme ( lai , a, 6.). Il faut, en outre, que le genre soit placé dans la même division, la même catégorie, que l'espèce: substance, si elle est substance; qualité, si elle est qualité, etc.
Il faut remarquer qu'Aristote se sert du mot ^laipeciç et non du mot Kar/iyopia. Cette variation dans les expressions pourrait donner à croire que les Topiques ont précédé de long-temps les Catégories; mais, certainement, ce passage unique et peu décisif, ne saurait prévaloir contre tant