‹ De la logique d'Aristote (volume 4)Chapitre 92 sur 98 · ANÀI.TSE DES TOPIQUES. — LIV. IV. CHAP. VI. S · texte numérisé non relu

ANÀI.TSE DES TOPIQUES. — LIV. IV. CHAP. VI. S

voler. La simple puissance ne peut donc jamais être le genre dune chose répréhen^ible. De plu$^ toute puissance, tout possible, n'est dé$ir;ibl9 <{V<'ep vue d'une autre chose, et alors on dç saurait en £|ire le genre d'une chose louable ou désira};)le en soi, etc., etc.

Quelquefois on se trompe çqi plaçant TaffecticH^ (to ttocOo^, 126, a, 34)dan$ le geQre affejçté : aivsi, on dit que l'immortalité eçt unievîie éterndjj^ j l'immortalité n'est qu'une modifipatioB (7«0oc)|^ une circonstance de la vie , ©te. , etc.

Ch. 6, 127, a, 20. Il peut se ifaîre aussi que le, genre donné ne ^oit le genre.de rienj et daps ceça^ il ne saurait l'être de l'objef en question. On^ pu donner pour g^nre et différence» ce qui app^tij^l: à toutes choses: ainsi, l'on peut prendre pour geprf) l'être et l'uni té; mais alors, ce serait le ge^r^ <}p tout, puisque l'être s'applique à tout, tapais que>|f; genre ne s'applique^qu'à ses espèces* Si l'o» pK^nà des notion^ ^uqiverseji)^es pour di(£érenq^, il eqi résulte que W différence esjt égale av^ genre, ouplq^ étendue que le genre ; ce qui est impossible f efç»

128, a, 20. On croit communément que la diffé-^ rence peut être attribuée essentiellement aux espèces, mais c'e^t uue prreur.Il figuot donc séparer avec soin le genre de la différence, ep appliquant les ptpincîpes indiqués ptiiis haut , à savoir que le gemre est toujours plus laifge que la différence, et que , pour exprimer l'essence , le genre vaut beaucoup mieux que la différence. En effet, qU9pd

OU dit que l'homme est un animd , on désigne mieux son essence que quand on dit qu'il est terrestre '. De plus, la différence exprime toujours la qualité du genre, mais le genre n'exprime pas celle de la différence : ainsi, quand on dit terrestre , on désigne un certain être; mais, quand on dit simplement être , on ne désigne rien de terrestre, etc.

Telles sont les règles principales relatives au genre; et tous ces lieux peuvent être employés, les uns pour la défense, les autres pour l'attaque.

On s'est contenté de donner un résumé fidèle

dé cette partie des Topiques , sans chercher à les expliquer ; elle est en effet assez claire pour se passer de tous commentaires.

On peut remarquer ici que cette théorie des lieux du genre est une des bases de l'Introduction de Porphyre , et qu'il n'a guères fiait que reproduire, sous une forme plus didactique, plus serrée, là pensée développée d'Aristote. On peut en dire autant, pour la diéorie de l'accident , qui précède, et pour celle du propre , qui va suivre dans le livre cinqpième.

Analyse un livre cinquième.

Ch.i. ia8,b, 1 4- La première question qui se présente pour le propre , c'est de savoir , si ce

I. Même remarqae qae plus h«at sur l'anâienticité des Catégories. -~> Voir piiBiière partie , page i5o.

ANALYSE DES TOPIQUES. •— UV. Y. GHAP. ▼!. 57S

qu'on donne pour W propre^ Test bien réellement, ou ne l'est pas.

Le propre peut être donné de deux façons : en soi et éternel (îcaô' cthro xal âel); ou bien, relativement à autre chose , Qt temporairement (irpùç ^Tspov xal TTOTe ). Ainsi , propre en soi. -r- L'homme est un animal naturellement doux ; relatif — C'est pour- le bien de Tâme et du corps que la première commande et que l'autre obéit ; éternel — Dieu est un être supérieur à la mort ; temporaire — Tel homme se promène dans le gymnase.

Pour l'attribution relative du propre , elle pç ut former deux ou quatre questions, selon qu'on affirme , ou qu'on nie^ une même chose de deux autres choses ; ou bien, selon qu'on nie , ou qu'on affirme , Tune de l'autre à la fois. Si l'on prétend, par exemple, que le propre de Thomme , relativefaent au cheval, c'est d'être bipède, on peut attaquer cette proposition (128, b, a5), en prouvant que l'homme n*est pas bipède , et que le cheval l'est : de là deux questions. Si, au contraire, on avance que le propre de l'homme relativement au cheval , c'est que l'un est bipède , et l'autre quadrupède , on peut faire de ceci quatre questions , en essayant de prouver que l'homme n'est pas bipède, mais qu'il est quadrupède; et du cheval égaleinent, qu'il est bipède et qu'il n'est pas^quadrupède.

Le propre en soi est ce qui s'applique à tous

574 DEUXlfeMS PARTIE. 7- SECTION I.

les individus d^une même série, et les isole de tout le reste. Ainsi, le propre de Thomme sera d'être un être mortel, susceptible de science. Le propre relatif sépare l'objet, non de tout, mais seulement d'un objet voisin. Lé propre étemel est celui qui est vrai en tout, et ne cesse jamais; ainsi, le propre éternel de l'animal, c'est d'être composé d'âme et de corps. Le propre temporaire n'est vrai que dans un certain moment , et ne suit pas toujours nécessairement l'objet.

lag, a, 17. Les trois premières espèces de propre sont les plus logiques (Xoywca). Logique veut dire, pour Aristote, comme il l'explique luimême quelques lignes plus bas ( 129, a, 3o): qui fournit de nombreux et bons raisonnements.

(Xoyixov îè tout' èrt irpoêXTijxa Tcpoç ÔXoyoi y^voivt' av «u^voi xal itaWi ). On voit que cette acception du mot logique, qui est parfaitement claire, est assez éloignée de celle qu'il reçut plus tard.

129, a, 33. Les propres, temporaire et relatif, se rapportent, pour les lieux qui les concernent, à ce qui a été dit de ceux de l'accident. On s'occupera ici du propre en soi, et du propre éternel.

Ch. a, 129, b, I. Il faut voir, d'abord, si le propre en soi a été bien ou mal donné à l'objet. Il faut que ce qui l'exprime soit plus connu que l'objet même (^là yvwpijxoT^pcdv ) ; car on ne donne le propre que pour faire connaître. Si, par exemple , on dit que le propre du feu , c'est d'être parfaitement sendbkble à l'âme , on prend pour

ANALYSE DBS TOPIQUES. — t\V. V. OHAP. TI. 575

faire côimaitre la nature propre du feu , quelque chose qui est encore moins connu que lui.

129, b, 3o. On peut contester Texactitude du propre, si Tun des mots employés pour le rendre a plusieurs sens, ou si l'explication elle-même tout entière, peut se prêter à diverses significations. Si l'on dit, par exemple, que le propre de

. l'animal, c'est de sentir , le propre sera mal donné; car sentir reçoit bien des sens différents , et il signifie à la fois avoir la sensibilité , et se servir de la sensibilité. On donnerait exactement le pt opre du feu, si Ton disait que c'est le corps qui se meut le plus rapidement en s'élevant. Rien, en effet, dans cette explication du propre du feu, n'a de sens aj»bigu.^

i3o, a, i5. Il peut se faire aussi, que ce soit, non pas le propr^ donné qui ait plusieurs sens, mais l'objet dont on le cïonne; et alors mêmes erreurs, mêmes moyens d'attaque. Il faut de plus prendre garde à ne pas se répéter dans l'explication du. propre; car c'est là une cause de grande obscurité (acaflç). Si l'on dit, par exemple, que le propre de la terre , c'est d'être la substance qui est plus portée en bas que tous les autres corps , il y a tautologie; corps et substance, pris ainsi, ne sont qu'une seule et même chose. .

1 30 , b , I ï . On peut surtout attaquer le propre, si l'on y a compris un mot qui convienne à tout (o îcaatv uirap)(^Et); car, pour le propre, tout ce qui n'isole pas complètement l'objet, est à rejeter. Il faut

576 raUXIÈia PAETJE. — SECTION I.

veiller aussi à ne pas donner plusieurs propres d'une même chose ( i3o, b, 23.): ainsi, l'on ne dira pas que le propre du feu , c est d'être le corps le plus subtil et le plus léger : ou bien alors, il faut avertir qu'on entend donner plusieurs propres et non point un seul.

Cli.3. i3o, by 38. On peut repousser aussi le propre , si l'on s'est servi , pour le donner , de la ^ chose même à laquelle on prétend l'appliquer, ou bien de quelqu'une des choses qui appartiennent à cette chose. En effet, on n'apprend rien déplus par cette méthode; et la recherche du propre a pour but au contraire d'apprendre quelque chose de nouveau. On peut donc attaquer ce propre de l'animal : Le propre de l'animal, c'est d'être une substance dont l'homme forme une espèce. On pourrait au contraire défendre le propre, en prouvant qu'on n'a pris pour le définir, ni la ôhose même, ni rien de ce qui lui appartient : ainsi , le propre de l'animal sera exact , si l'on dit que c'est un composé d'âme et de corps.

i3i, a, la. On peut en outre attaquer le propre pour défaut dç clarté^ en prouvant que l'on a employé, pour le rendre, quelque chose qui est opposé à l'objet, ou quelque chose qui lui est simultané, ou enfin quelque chose de postérieur. En effet, ni l'opposé, ni le simultané, ni le postérieur, ne peuvent rendre l'objet plus connu. On peut, au contraire, défendre le propre, en montrant qu'on n'a rien pris de pareil pour le faire connaître.

AIÎALYSE DES TOPIQUES. -^ LlV. V. CHAP. ¥1. 377

i3i y a y 28. Jje propre est également attaquable, quand on a donné , de la chose ^ quelque conséquence y qui n'est pas constante, mais qui pourrait cesser d'être propre à l'objet. (i3i,b, 6). Aussi, faut-il avoir le soin de déclarer que c'est le propre actuel (to vOv t^iov) qu'on entend donner. En effet, tout ce qui sort du cours habituel des choses a besoin d'être signalé : et l'on est toujours dans l'habitude de regarder comme propre, ce qui est constamment à la chose (to âel ^apaxo^ou6ouv^, et n8n pas de qu'elle a seulement dans le moment où l'on parle. '

i3i, b, ig. Qh' a tort aussi de donner pour propre ce qui ne saurait être évident que parla sensation. C'est'que tout objet sensible, pris endehors même de la sensation, est inconnu ; et Ton ne sait pas , au moment de la discussion , si le propre existe encore , puisque le sens seul pourrait le faire savoir. Ainsi, l'on né saurait définir exactement le soleil, en disant 'qu'il est Fastre le plus brillant qui roule au-dessus de la terre (uirèp y^îç) ; car le sens peut seul nous faire savoip si le soleil roule, en effet, au-dessus de la terre; et quand le soleil est couché, le sens nous fait défaut.

On peut remarquer que cette idée du mouvement du soleil au-dessus de la terre, est tout àfait contraire à celle du mouvement de la terre pour le phénomène de l'éclipsé , opinion avancée par Aristote, dans les Derniers Analytiques (Voir plus haut , page 3 1 2 ). Ici donc , on pourrait se

578 liBCXllaiB PAETIE. — SECTION !•

ranger de l'avis de ceux qui placent la composition des Topiques avant celle des Derniers Analytiques ; car il est probable qu'Aristote en sera venu plus tard à croire au tnouvement delà terre. Du reste, oii peut prétendre aussi que le philosophe admet 9 dans la Topique, l'opinion vulgaire du mouvement du soleil, tând^ que dans l'Analytique, il s'arrête à l'opinion vraie et savante, du mouvé* ment de la terre.

ioi,b,37. Il faut apporter un grand soin à ne pas confondre le propre et la définition ; car le propre ne doit pas donner l'essence de la chose (to ti t,v cïvat). Ainsi, Ton peut dire que le propre de Thomme, c'est d'être un animal naturellement doux; par ce propre , on ne Êiit pas connaître l'essence de l'homme ( i3a, a, lo). Il faut, du reste, dans le propre, comme dans la définition , donner le genre premier, auquel se rapporte tout le reste.

Jusqu'ici, on a seulement recherché les moyens de savoir si le propre est bien ou mal donné ; mais on peut se demander encore si le propre donné est bien réellement propre, ou s'il ne l'est pas du tout.

Ch. 4, iSa, a, a4' Pçur cette recherche nouvelle, il faut, quand on veut réfuter le propre, examiner chacun des objets auxquels on a prétendu l'appliquer; et s'il n'est pas à tous, ou s'il n'est à aucun, il aura été mal donné. Quand, au contraire, oti soutient le propre, il faut prouver qu'il est à tous , et dstns le sens où on l'a dit.(itpoçTO'jTo).

ANALYSE DK8 TOPIQDBS. — XfV. T. CfiAP. Vl. S7t

1 3a , b , 9. n faut aussi, pour que le propre le soit bien réellement, que le nom s'applique à quoi s'applique ia définition, et réciproquement; ainsi: Jouissant de la science, s'applique à Dieu, mais ne s'applique pas à Thomme; et par conséquent | Jouir de la science n'est pas le propre de l'homme.

i33, b, 21. Le propre donné ne sera pas exactement le propre, si l'on a pris le sujet comme propre de ce qui est dans le sujet. Par exemple, si l'on a donné le feu comme le propre du corps le plus subtil , on s'est trompé, car on a pris pour propre, le sujet même de la chose attribuée.

i32, b, 35. On ne saurait faire un propre de ce qui peut être partagé par plusieurs autres objets (xaTa (uôc^w); ainsi, le propre de l'homme ne saurait être : animal terrestre bipède.

i33 , a, 14. On peut attaquer le propre, comme n'étant pas identique pour de^ objets qui sont cependant identiques ( i33, a, 35 ). On peut l'attaquer, commen'éfant pas toujours spécifiquement le même, pour des objets qui spécifiquement sont les mêmes. Mais . comme Autre et Identique ont plusieurs significations ( 1 33 , b , 1 5 ) , il arrive^ quand on traite sophistiquement les questions ( oofiçucôç ) , qu'on applique le propre à mie seule signification, et non point à toutes. A des ai^u-* ments de ce genre, qui sont peu loyaux (iravrcoç), il faut répondre par des arguments qui ne le sont pas davantage , et se défendre avec des armes pareilles , quelles qu'elles soient (itrfvTwç ôvTiTaxTeov).

580 DEDXdaiB PARTIE. — SKCTIOM I.

Cb. 5. i349 a, 5. Il faut prendre garde aussi de confondre unequalité naturelle (to çu^ei ùwapjj^ov) avec une qualité perpétuelle (to iù Oirapj^ov). On se trompe le plus souvent sur le propre, parce que l'on n'a pas soin de déterminer à quels objets on l'applique, et comment on l'entend (i36, a, 9).

Une erreur assez ordinaire, c'est de donner pour propre à une cbose cette cbose même (auT6 aûTou). Mais une cbose appliquée à eUemême, ne donne que* l'être; et donner l'existence de la cbose appartient , non pas au propre , mais au terme même, à la définition (Sfoç). Ainsi, l'on prend la cbose même pour son propre, quand on dit que Tbonnéte est le propre du beau (kocXxûj TO 'Trp^'TTov ï^iov). i36, a, 20. Dans les cboses à parties similaires (ô(Aoio[t6p(5v), il faut voir si le propre du tout convient bien à la partie; et réciproquement, si le propre de la partie convient bien au tout. L'erreur peut, dd restç, être au propre du tout, ou au propre de la partie. En attaquant , on peut contester la justesse du propre de l'un à l'autre, soit tout, soit partie : en défendant, on prouve que, si le propre convient à cbaque partie séparée, il convient aussi à l'ensemble.

Cb. 6, i35, b, 7. La considération des opposés . (âvTixeijjifvcdv) a encore , pour le propre, une grande importance. Il faut donc examiner, d'abord , si le propre contraire est bien le propre du contraire; car s'il ne l'est pas , le propre donné ne sera pas non plus le propre de lobjet en question. Si, par

ANALT8B DES TOPIQUES. — XlV. Y. CHAP. TI. 584

exemple , le propre de la justice est d'être ce qu'il y a de mieux, ii faudra que le propre de TiDJustice soit d'être ce qu'il y a de pis.

i35, b, 17. De même pour les relatifs. Si le propre d'un relatif n'est pas bien donné, le propre de son: relatif ne le sera pas bien non plus ; par exemplie : la moitié étant relatif dif double , et l'infériorité de la supériorité, si la supériorité n'est pas le, propre du double, Tinfériorité ne le sera pas non plus de la moitié.

i35, b, 27. Qe même pour la privation et la possession. Si le propre, dit par privation, n'est pas le propre , le propre dit par possession ne le sera pas davantage de la possession ; par exemple : le propre de la surdité n'était pas l'insensibilité, le propre del'ouie ne sera pas non plus la sensibilité.

i3Q, a, 5. Pour les négations et les affirmations , il faut regarder d'abord aux attributs. Si l'affirmation, ou l'affirmatif, est bien le propre, la négation, ou le négatif, ne l'est pas; et réciproquement. Ainsi, le pKopre de l'animal étant d'être vivant , le nonvivant ne saurait être le propre de l'animal. Ce; lieu, comme on le voit, ne peut servir qu'à réfuter (i36, a, i4). On doit également regarder aux attributs , ou aux non-attributs , et à leurs sujets , ou à leurs non*sujets. Si l'affirmation n'est pas le propre de l'affirmation , la négation ne le sera pas non plus de la négation. Si donc le propre de l'homme est d'être animal, le propre du nonhomme sera d'être non-animal ( laS, a, 39), et*

582 MUXIJEia f ARTIS. — SBCTIOK I.

vicç versa. On peut ne regarder qu'aux sujets (ù7Pox€i|uvcAv); et si le propre donné est bien celui de l'affirmation y il ne pourra Tétre en même temps delà négatipn; et rédproquement. Ainsi , le virant étant le propre de l'animal , il s'ensuit qu'il ne saurait lëtre du npiKmim^. Dans les séries opposées (ivTiJiT)pY)(iiv<i)^)9 (i36y a, 5) 9 l'opposé du propre de l'une ne &iaurait jamais être le propre de l'autre ; %, être sensible n'est le propre d'auq^m des êtres mortels, être intelligible (voirm ) oe sera pas non {4us le propre de la Divinité.

Ch. 7, i36y b, i5. Pour les cas, il faut remarquer que jamais un cas ne peut être le propre d'un cas. Si vertueusement n'est pas le propre de justement , vertueux ne saurait être le propre de juste.

i36, b, 33. Il faut examiner encore si, pour les choses semblables (ôpi^ç ex^vTct>v) , le propre donné à l'une est Uen aussi donné à l'autre; si , par exemple ^ l'architecte est à la maison comme le médecin à la santé, le propre de l'architecte ne sera pas de faire la maison, si le propre du médecin n'est pas de faire la santé.

i37, a^ ai. n faut voir en outre aux modes particuliersd'existence. Si le propre ne s'applique pas à l^tre, il ne saurait être davantage le propre du devenir: si le propre de l'homme n'est pas d'être animal (elvai ^ôiov), le propre de l'homme ne saurait être noo plus de devenir animal (yiveGOoi Çûov).

i37 , b, 7. Enfin, il faut regarder à l'idée du propre donjié (tô^oy «oOf xeiftivou); si^ parexeiii{>le9

ANALYSE DES. TanQinEs. — ut/t. ghaf. ti. 5S3

être composé d'âme et de corps appartient à ranimai en tant qu'animal (acrzJ^/w^ i Vt<>v), il est clair que le propre de l'animal sera d'être composé d'âme et de corps.

Ce passage mérite d'être remarqué, en œ qu'il semble prouver qu'Aristote admettait, a l'époqœ où il écrivait les Topiques, le système des Idées qu'il combat dans le reste de TOrganou. Ici, du reste , comme plus haut, on peut croire que, dia-* lectiquement, Âristote r^rde les Idées de Platon comme chose d'opinion, de probabilité, et qu'il s'en sert comme d'une thèse (Voir plus haut, pag. 378), sans en admettre pourtant la réalité* Dan$ l'Analytique, dans la théorie de la vérité, il n'aurait pu en faire usage.

Ch. 89 i3i7, h/i4- Viennent ensuite les liemi^ du pl^s et du np^oins, de l'absolu et du noo^absolu, qui peuvent aussi présenter plusieurs.Quances, et les lieux des choses à existence semblable (ôftou^c Û7rapj(^ovT<ûv) 1 38, a, 3o. On a parlé plus haut des choses semblables (ô(j(.ouix; ê^ûvTÇdv). £ptre les uses et les a^utres, il y a cette distinction , que cçs der» nières sont prises par analogie (ataT ôva^oyiov. (i38, b, 23), sans qu'on ait égard à l'existence réelle (oOïc QTul Tou v)i7ûçp}(,^Lv Tij^ccof ou^vov); dou^ les premières, au contraire, If comparaison résulte d'une réalité (êx toQî ÛTTdtpj^etv) . Ces lieux peuvent, çn partie, être employés parles deux interlocuteurs, et ^en» partie, ne servir qu'à la réfutation.

Ch. 9, i38, b, 27» Les derniers lieux qui concer-

584 DIDXlkMB PARTIS. — - SBCTiœv I.

nent le propre sont relatifs à la puissance. Un propre en puissance ne doit jamais être accordé au non-être (t« (jl9j wti). Si Ton dit, par exemple , que le propre de l'air .c'est d'être respirable, on donne un propre en puissance, qui s'applique aussi au non-être. En effet, s'il n'y a pas d'animal pour respirer l'air» l'air n'en existe'-pas moins ; et, cependant alors, l'air n'est pas respiré; donc, le propre de l'air ne sera pas d'être respirable , quand il n'y aura pas d'animal pour le respirer.

iSg, a, 9. Enfin, l'on ne serait placer le propre dans l'excès d'une qualité (uTrepêo^yi réOeuce), parce que, là chose même étant détruite, cette qualité jexcessive n'en subsiste pas moins dans une autre; ainsi, le propre du feu ne sera pas d'être Je plus léger dés corps; car, en admettant que le feu n'existe plus , il n'en restera pas moins un autre corps qui sewi le plus léger de tous (ti tûv ofcajwtTidv

ô xouçoTOTOV cç;ai).

Ici se termine, avec le cinquième livre, la recherche dès lieux du propre. On a vu que la marche de cette étude était tout-à-fait analogue à celle des précédentes^ et que les lieijx, appliqués tantôt au propre, tantôt au genre, tantôt à l'accident, se tiraient toujours de sources pareilles , c'est-à-dire, des quatre instruments dialectiques dont 11 a élé question au premier livre. (Voir plus haut, pag. 343.)

MM

▲5ALTSE DBS . TOPIQUES. — LlV. VI. CHàP. YI. 5»3

Analyse dtt livre sixième.

On a vu qu' Aristote avait distingué deux espèces de propres : d abord , ce. qu on entend vulgairement par ce mot, puis la définition, le terme (^po;)^ qui fait connaître la chose en disant ce qu'elle est. (Voir plus haut, pag. 339.)

Ch^ I, 139, a, ^4- Ari&tote divise lui-même ce traité des définitions (Tcepl toùç opouç tç^y^LaTtiotç) en cinq parties : 1^ ou la définition ne s'applique pas du tout à l'objet auquel s'applique le nom (xaO' oS Svopiaxal tov Xoyov); a^ou la définition ne donne pas le vrai genre de la chose , ou bien omet de le donner; 3^ ou la définition n'est pas propre au défini (l^io^ ^(iyoç); 4^ ou la définition ne définit pas, et ne donne pas l'essence du défini (ta ti ^v elvai tû ôpi^o(xivo> ) ; 5^ ou, enfin, elle peut être irrégulière dans les mots {^-h xa^ûç).

Les trois premiers défauts de la définition peuvent être attaqués, ou défendus, par les lieux donnés plus haut pour l'accident, le genre, et le propre; les deux derniers appartiennent à ce traité. On commencera par le cinquième, c'est-à-dire, l'irrégularité de la forme dans la définition.

Cette irrégularité peut tenir à deux causes : à l'obscurité de Texpression (i39, b, i4) (««xaçc? épjjLTiveta , voir plus haut i^ partie, pag. io4), ou à une surabondance de mots. Toute définition,

5S6 DSUXliSltt PARTIE* — SSCTIOM I.

en effet , doit être claire et ne rien contenir d'inutile.

Ch. 2, iSg, b, ao. L'obscurité peut venir de rhomonymie de la définition , ou du défini luimarne. Il ne faut donc raisonner (mAXoyi^tuiv mt^cai), qu'après avoir déterminé le sens précis que l'oBi compte eoQplojer dans la définition.

i39, b, 32». I^a métaphore est une cause tris commune d'obscurité. Toute métaphore est obscure (iv«v yàp ocaf à( to x^rà [teTafopàv ^eyopievoy). Il feut éviter aiossi les mots qui ne sont pas sanc« tionnés par l'usage ( (Ait xeifilvoiç). Platon oublie cette règle quand il appelle l'œil : of puo^xiov ombragé du sourcil ; toute expression inusitée est obscure. U y a encore quelque chose de pLtt$ dangereux que la métaphore; c'est ce qui n'est ni homonyme, m métaphorique, ni spécial; c'est, par exemple, quand on dit que la loi est une mesure , qu'elle est une image de la justice naturelle. La métaphore, du moins, s'appuie sur quelque ressem*bl^ce; mais oùv est ici la ressemblance de la loi et d'une wesuijg; de k Ipi et d'une image?

i4o, a, i8. lË^ofin, une $^utre nuance d'irrégularité dans la forme, c'est quand on ne &it pas comprendre 1q cQntirake de l'objet. Une bonne définition fait aus$i connaître sou contraire ; une mauvaise définition ressemMe à ces tableaux des anciens peint res, toul-à-£ait incompréhensibles sans une inscription qui en expliquât le sujet.

Ch» 3, i4p, a, 23^. Le second genre d'irrégula«>

ANALYSE DE& TOPIQUES. —* LIV. VÎ. CHAP. VI. $8t

rite f c'est la superfluité des mots. Une définition ne doit jamais avoir rien d'inutile. On coBiinet cette faute, en donnant, dans la définition, quelque terme qui appartient à tous les objets sans distinction (o 17ÔCCIV ùirapj^eiy i4o, a, 33). Tout ce qui peut être retranché de la définition, sans l'altérer^ est inutile. Ainsi, dans cette définition de Tâme : L'âme est un nombre qui se meut lui-mém^^ nombre est inutile (TrspupYovj; car on peut définir râme(i4o, b, 4)9 ce qui se meut soi-même, comme l'a définie Platon. Aristote se contredit ici pui^ qu'il admet cette définition , qu'il a paru désap« prouver plus haut. ( Page 3ô5.)

140, b, 16. La défilai tion contient aussi quelque terme de trop, quand l'un de ses term^ ne saia* rait convenir à tous les objets qui se trouvent sous la même espèce que celui dont il s'agit , et quand on y a répété la même idée, quoique en des termes différents (14^9 a, 6). Ainsi, ]^nocrate définit la réflexion : La faculté qui détermine et qui étudie les êtres (dfuç-ucYj xal decopiQTixi^ t{av ovTcav); mais pour déterminer, il faut préalablement étu* dier, de sorte qu'ici la même chose se trouve répétée eh dautres termes. -

1419 a, i5. Enfin, il ne faut pas que la définition renferme à la fois l'universel et le particulier. Tels sont les défauts de forme.

Cb. 4, i4f^ a, a3. Quant aux défauts essentiels, la définition peut, comme on l'a dit, ne pas définir l'objet en question , et n'en pas donner l'es-

588 DBCXièMB PAKTŒ. — SECTION I.

sence. Cest le quatrième des défauts énumérés plus haut (Voir page 385).

i4i, a, 26. D'abord, il faut que la définition parte de choses primitives et plus connues (irpi&Twv îtal yvwpi|i.û>Tépwv) , puisqu'elle a pour but de faire savoir ce qu'on ne sait que par ces choses là , comme dans les démonstrations (xaOaTccp h xedç âico^eiÇienv). Ajristote ne rappelle pas ici formellement son traité de la démonstration ; mais il est évident qu'il Fa en vue : et cette opinion se trouve confirmée par l'identité même des expressions (Voir plus haut, page aSo). Si la définition ne reposait pas sur ces primitifs et ces objets plus connus, il s'ensuivrait qu'il y aurait plusieurs définitions d'une seule et même chose. Mais tout être n'est uniquement que ce qu'il est; il ne peut varier avec les définitions qu'on en donne. On ne définit donc pas , si l'on ne part de choses primitives et plus notoires.

i4i, b, 3. Du reste, une chose peut être moins connue qu'une autre de deux façons , soit absolument (àxXwç), soit relativement à nous (lôfAîv) : absolument, l'antérieur est plus connu que le postérieur : pour nous, il peut en être parfois autrement. Ainsi, eu soi, le point est plus notoire que la ligne, la ligne que la surface, la surface que le solide : pour nous , au contraire , le solide est plus connu que la surface, la surface que la ligne, parce qu'en efifet le solide est plus accessible au sens (ùrà 'rtv aî<707i(nv witutci) , etc.

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