S PREMIÈRE PARTIE
et il n*est guère de philologue qui n'ait pu en faire la remarque. Pour celles qui se rencontrent en particulier dans Aristote, ce fait est presque incontestable. Ainsi, d'après le témoignage très positif de Galien, ce n'est que de son temps que les Analytiques, intitulés par l'auteur ii>p^ mXkv^itaS et nepl àiraSet^bi;, ont pris le nom d'Analytiques premiers et derniers (ou seconds)'. Toutes les fois donc que les Analytiques sont nommés dans les œuvres d'Aristote , on peut être certain que la citation ne lui appartient pas.
Puis, si toutes sont bien certainement de lui, comment expliquer cette confusion de livres qui se citent mutuellement comme les Tl|>iques et tes Analytiques'? Est-il probable que des citaticms de ce genre puissent être rapportéesà l'auteur lui-même?
Ces attaques contre l'authenticité de l'Oi^anon n'ont pas de portée, parce qu'elles sont pour la plupart sans conviction. Kamus du moins avait quelque courage à combattre Aristote, et les persécutions qu'il éprouva le montrent assez; on sent de plus dans ses emportements une foi sincère et ardente. Dans Nizzoli, dansPatrizzi , et surtout dans Gassendi, il en est tout autrement. Il suffît de lire le IV^ livre de Nizzoli , ch. 7, pour se convaincre qu'il est à peine recevable dans cette question. Il ▼a, dans son orgueil, jusqu'à se flatter de détruire
. Voir plu luot , pag. 4* .
I. Ritter, I. 3, p. sS. — BnDdlj,Di»ertit. mr l'Orgnnin, p. >S8.
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DI l'ÂVTHSimajÈ DK l'oBCANOH. — CHAF. VU. 69
en luie heure , ce sont ses propres termes , tout ce que l'esprit humain a construit de dialectique en deux mille ans. 11 attaque Platon, comme Aristote, Galien , comme les commentateurs arabes. U se déchaîne contreles logiciens et les métaphysiciens, et à nés deux titres, Aristote lui est odieux : il ne condamne pas seulement les hommes, il voudrait détruire la logique et la métaphysique. C'est pourtant ce livre de Kizzoli dont Leibnitz n*a pas dédaigné de se faire l'éditeur, « en adoucissant, U est (c vrai, l'amertume du texte par des notes margta nales : animadversiones marginales leniendo fjextui adjecit, comme il le dit lui-même, et en « cherchant à prouver qu'Aristote n'était pas l'ena nemi irréconciliable de la science moderne : de jiristotele recentioribus reconciabili. ■» On ne peut nier qu'à plus d'un égard le livre de NizzoU ne mérite l'honneur que lui a fait Leibnitz : mais il faut convenir aussi que les attaques du professeur de Parme contre le Slagirite sont le plus souvent au^i injustes que passionnées.
Patrizzi s'est rendu plus célèbre aicore par un acharnement infatigable qui lui a Ëtit consacrer une vie presque entière à déchirer et à calomnier le caractère et le génie du Stagirite. L'ouvrage de Patrizzi brille par une érudition philosophique très profonde et fort rare à l'époque où il fut écrit; mais l'on a pu voir par les citations qui en ont été Eûtes plus haut , qu'en ce qui concerne FOrganon,
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les critiques de ITllyrien ont porté presque toujotm àfanx.
Gassendi est le moins excusable de tous. Beaucoup phis récent, et venu dans un temps où la doctrine d'Aristote , bien que défendue par les arrêts monstrueux du Parlement^étaituniverseUement négligée, il eut le tort d'attaquer le philosophe grec par vine sorte de fanfaronnade dont il ne s'était pas lui-méoie fort bien rendu compte. Il cooinMnça un ouTtageiqui devait avoir sept livres , pour prouver que le système atistot^que était faux de tout point; mais, arrivé au second livrent ses amis lui firent observer que Patrizzi, long-temps avant lui , s'était chargé de cette besogne, et s'en était acquitté de manière à ne plus laisser place k la violence et aux diatribes de ses successeurs. Gassendi renonça donc à poursuivre son entreprise, qui pouvait d'ailleurs, par suite des formes de discussion qu'il y avait adoptées, lui attirer de sérieux embarras, tl l'avoue Iuî> même.
Auj(Hird'hui , à la distance où nou& sommes fdacés de toutes ces querelles et de ces int^ts dès long-temps assoupis, il ne noi|is reste plus qu'un certain étonoemeiit 'de voir des hommes attssi distii^^és attaquer, avec une aveugle colère, un génie tel que celui d'Aristote, efi se