‹ De la logique d'Aristote (volume 5)Chapitre 50 sur 83 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

Dn litre des dÎTerses parties de l'Organon.

La discussion antérieure a prouvé que jusqu'au temps d'Âudronicus, l'école péripatéticienne n'entreprit pas de travaux sérieux et complets sur les oorrages du maître. Ce fut Androuicus qui ouwit la carrière en classant ces ouvrages , en les distribuaot par matières, en discutant l'authentidté de quelques-u^is , en en commentant luimême quelques autres. Adraste d'Aphrodiso continua ces investigations et fit un ouvrage spécial sur l'ordre de ceux d'Aristote. Peu à peu l'ensemble it ces travaux, transmis d'âge en âge, et succesùvement accrus, forma un système complet d'exé* gèse dont Ammonius , David et Simplicius nous ofifrent le modèle. Les recherches préliminaires qa'exige l'examen de tout ouvrage aristotélique sont fixées ; le nombre en est prescrit ; en un mot, c'est une sorte de code. Parmi ces recherches indispensables, l'une des plilt importantes coDceme le titre même de l'ouvrage commenté; (t Ton a pu voir par quelques-uns des faits précédemment indiqués, que cette recherche n'avait rien d'inutile.

Les titres que portent les diverses parties de l'Organonapparliennent-itsauStagirile lui-même; '• 7

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et dans le cas contraire, à qui faut-il les rapporter, et quelle est précisément la signification qu'il convient d'y attacher? II a été prouvé,plus haut ' que le mot même d'Ôpyavov n'a pas été créé par Aristote , que son école n'en a pas fait le même usage que nous, et que l'emploi n'en est devenu général que vers le quinzième siècle. Les titres pailiels sont-ils tout aussi peu authentiques que te titre général qui les résume ?

AcnmoDius, David , Simplicius, ont établi une discussion en règle sur le titre des Catégories dans les prolégomènes de leurs commentaires. On citera surtout David , parce qu'il est moins connu , et que d'ailleurs ces trois versions diverses ne présentent presque aucune différence. Yoici celle de David ' ; « On donne au livre que je com- « mente cinq titres différents; les uns, comme a Aristote lui-même, l'intitulent : les Catégories; tes a autres : des Catégories. Ce titre a été adopté par « quelques disciples d'Aristote; d'autres encore a l'intitulent : des dix Genres de l'Être, comme l'a «tait Plotin dans sa Réfutation des Catégories; « d'autres l'appelaient : tes Protopiques, comme « Adraste d'Aphrodise, le péripatéticien : d'autres a enfin, comme Archjtas de Tarente : des Univera «aux (iTipi TMv xodoXou i^ow). Le titre d'Aristote « l'a emporté sur tous les autres. » Simplicius^

I. Voie plus luai la diacoasioa da chipitrc lecood. 3. David, Comment, anc les Catcg. , manaicrit ig3(), ch. Ii. — T<àr ■du) SisipHriiu P 4. T, id. i3Si.

DE L'AUIHBNTICItÉ DS L'ORGANON. — CBiP. X. 99

d'accord pour le fond, donne cependant quelques variantes. Ainsi : * icpô tûv totcixùv , au lieu de nxHv: irepi tmv yivciv toQ ottoî et itepi Bix.ei yevûv , au lieu de icepï SixM ysvûv tûÙ ovtoç ; Korqyopîai S^xa, etc. Les trois commentateurs repoussent tous ces titres

: et s'en tiennent à celui de Catégories, Ka.m-^aaiiu-^ de plus ils l'attribuent à Aristote qui le cite , ajoutent-ils positivement ' , dans ses autres ouvrages. On a dit plus haut comment il £iut comprendre cette assertion : elle doit aujourd'hui nous pa-

I railre inexacte, dans l'état où nous sont parvenus les ouvrages d'Aristote. Du reste il importe peu qu'Aristote, en employant le mot de RotTnyopîixt, n'ait point voulu indiquer par là le titre même de son traité. Il y a certainement attaché le même sens que nous y attachons, qu'y attachaient les commentateurs: et c'est à lui qu'on peut rappor-

. ter avec David, Ammonius et Simplicius , le mot de Kamj^pîat.

I On peut même dire qu'Aristote a forgé ce mot,

I (ôvofwtTOJTOieîv, disent les commentateurs), car il lui donne une toute autre signification que celle qu'il avait ordinairement dans la langue. Kamyopia, avant que le Stagirite ne l'employât à l'usage de sa philosophie, ne voulait dire qu'accusation : et on le trouve fréquemment employé dans ce sens par Aristote lui-même, notamment dans la Rhéto-

1. Simplisiiu, V 4i rcoto et veno. i a, Toif plna luQt, p. 5i.

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rîqiie '. De là vient que les interprètes, à commencer par Porphyre '', ont dû s'attacher à expliquer ce mot, et la déviation que le sens habituel avait éprouvée. « ArUtote. dit Porphyre , appelle B Catégories les énonciations des mots appliqués « à désigner les choses : ainsi tout mot simple site gnificatif , quand on l'énonce et qu'on l'applique a à la chose qu'il désigne , est- appelé Catégorie : s par exemple , quand nous disons de telle chose o que c'est une pierre , le mot pierre est un caté- « goiéme. >

Oo peut dire, d'une manière générale, et pour donner une idée claire du mot Catégorie, qu'il ré- ' pond à peu près à notre mot : attribution. KK-rriyopia dans la logique d'Aristote est fort souvent pris en ce sens : Ka-niYopEîaôat veut dire être attribué : -m xxTtf^af'Mjj.nw , l'attribut. Si l'on demande comment le mot de Komyop îa , qui signifiait d'abord accusation, a pu changer ainsi d'acception, on pourra s'en rendre compte , en partie du moins , en se rappelant l'acception à peu près aussi singulière que le mot accuser reçoit en français, outre son acception directe et ordinaire: accuser son jeu ^ : accuser son point : accuser les muscles sous la peau.

Le titre de luepi éppvsiaç a peut-être embarrassé

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