‹ De la logique d'Aristote (volume 5)Chapitre 75 sur 83 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

Analyse' des Derniers AaaJjliqDes.

UVRE FR£HIEB.

Le syllogisme ainsi connu et analysé en luimême, il reste à montrer quelle en est l'applicatioD à la science, et par quelle méthode l'esprit arrive k connaître quelque chose avec certitude; en d'autres termes , il reste à expliquer ce que c'est que la démonstration, et quels procédés ^e emploie.

Ch. I, p. 71, a,a.I^premierpriDcipequepose Aristole , et qui sert de fondement à la théorie entière , c'est que tout apprentissage intellectuel , soit qu'on acquière la science pour soi, ou bien qu'on la transmette aux autres (èiSamuAia r, |xa8i|in; iuacrmxii), provient toujours , et sans aucune exception, d'une connaissance antérieure; et, en termes scholas tiques, Ae prénotions. On peut s'en convaincre par l'examen des méthodes que suivent les mathématiques, et toutes les autres sciences : la logique (uxî irspl toù; ^^ôyou;} ne procède pas autrement en syllogisme, et en induction, l'un parlant de principes accordés, universels ; l'autre, du particulier, évident par lui-même. Les autres raisonneinents, qu'on pourrait appeler de Rhétorique, se

278 OXCSlÈn TARTIB. — SSCTMlt I.

rapprochent sous ce rapport de ces deux*là, l'Exemple de l'Induction, l'Enthymême du syllogisnl^. Il ne faut pas , du reste, entendre ce principe , comme Platon l'entend dans le Ménon (-ri h Tû HJviDvi àTCOfT[uc)> Ce n'est point ici une réminisceDce. On peut dire à la fois, sans contradiction, qu'on sait en un sens, et qu'en un sens aussi, on ignore ce qu'on apprend. Il n'y aurait absurdité que si l'on disait qu'on sait une chose de la façon même qu'on l'apprend (71^ h, 8). Mais on peut fort bien savoir la chose d'une manière générale, et l'ignorer d'une manière particulière; savoir, par exemple, que tout triangle a ses trois angles égaux à deux droits, sans savoir spécialement, et autrement que par l'induction, que cette figure renfermée dans un demi-cercle est un triangle.

Ch. a, p. 7 1 , b, I o. Savoir une chose d'une manière vraie et stable, et non point d'une manière accidentelle et sophistique , c'est savoir la cause de cette chose , qui la fait être telle qu'elle est,sans qu'elle puisse être autrement. Or, il n'y a qu'un moyeu de savoir ainsi, c'est la démonstration; et la démonstration (âutfÂei^tç) , c'est précisément le syllogisme qui fait savoir {(PiWvfw^ imirn\tmtMif). Il suit de \k que la démonstration doit , de toute nécessité, partir de principes plus connus que la conclusion; et que ces principes doivent être vrats d'abord, primitifs, immédiats; qu'ils doivent être antérieurs k la conclusion, et que c'est d'eux, comme causes, que la conclusion doit sortir.

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AKUY^ BBS BSW. AlUtT. — UT. I. CBUT. V. 'Vtt

Hais ici je dois laisser parler AristotCf puisqu'il t'agft de la base tnême sur laquelle il a construit toute la théorie de l'acquisition de k certitude.

Ch. a, p. 71, b, 9. a Mous croyons saroir une t. chose d'une manière absolue, et non point d'une m maaière sophistique et accidenteUe , quand nous

■ pensons connaître la cause qui produit cette « chose, que nous savons qu'elle en ett la cause» s et que la chose ne saurait être autrement. Savoir

■ est évidemment à peu près cela. £n e&tit, ceux « qui savent et ceux qui ne savent pM, ont cette a différence que les uns croient être, et que t^ » autres sont réellement dans ce cas , que la chose

■ qu'ils savent ne peut absolument point être a d'une autre façon. Qu'il y ait une autre manière « encore de savoir, c'est ce que nous dirons plus « tard : ici nous affirmons qu'on sait par démons- € tration. J'appelle démonstration le syllogisme « scienti6que (ÉinçT)[j«wu«*v) } et j'appelle scienti- « fique, celui qui , par cela même que nous le conte naissons , nous apprend quelque chose. Si donc, « savoir est bien ce que nous disons , il faut néoes- « sairement que la science, acquise par démonstra* « tion , repose sur des choses vraies, primitives, « immédiates, plus notoires^ antérieures, et causal ■ de la conclusion ; car c'est ainsi qu'elles seront <t les principes de ce qui est démontri^ Sans «lies, « il peut bien y avoir syllogisme) mais ii n'y aura « pas dérnoosiration , car le syUagisitte na don-

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SM DmxiîBa naxm. — skiwk i.

M nera pas de science. Il &nt qu'elles soient vraies m et réelles , parce qu'on ne peut savoir ce qui «n'est pas; par exemple, que le diamètre est « commensurable. Il faut qu'elles proviennent de « principesprimitils, indémontrables, parce qu'on s ne saura rien, si l'on n'en a pas la démonstration; K car savoir les choses de la démonstration autre- « ment que par accident, c'est avoir la démonstra- « tion. Il faut, en outre, qu'elles soient causes , plus « notoires, et antérieures : causes, parce que nous ne « pensons savoir que quand nous savons la cause : « antérieures, puisqu'elles sont causes: et antérieu- «[ rement connues , non pas seulement de cette « façon qu'on en comprenne le sens , mais « qu'on sache positivement qu'elles sont. Anté- « rieures et plus notoires peut, au reste, se ■ prendre en deux sens : car l'antérieur dans la « nature, n'est pas le même que l'antérieur pour •X nous ;le plus notoire dans la nature , n'est pas le M même que le plus notoire pour nous. J'entends « par antérieur et plus notoire relativement k nous, « ce qui est le plus rapproché de la sensation ; K mais d'une manière absolue, c'est au contraire a ce qui en est le plus éloigné. Le plus éloigné, « c'est le général : le plus proche , c'est le particu- K lier; et ces deux choses sont tout-à-&it opposées « l'une à l'autre. Venir de primitife , c'est donc vett nir des principes propres de la chose; car prin- K dpeeE primitif, c'est, à mon sens, tout un. Le « principe de la d^onstration est la proposition

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AHALTSE DES DBRK. IHALVT. ««tlV. 1, CBAF. V. 281

« immédiate : la proposition immédiate est celle

■ qui n'a pas de propositioD antérieure à elle. La « propositioD est l'une des parties de renonciation, «une pour une; dialectique, quand elle prend a indifféremment l'une des deux ; démonstrative , « si elle s'attache spécialement {ùptaji^wç) à une o seule, pour prouver qu'elle est vraie. L'énoncia- « tion n'est elle-même qu'une portion de la contra-

■ diction : la contradiction est l'opposition où

■ aucun intermédiaire ne pourrait trouver place. «Une partie de la contradiction, c'est ici l'affir- • mation d'une chose par rapport à une autre ; là, ( c'est la négation d'une chose par rapport à une « autre. J'appelle thèse du principe syllogistique « immédiat, la proposition qu'il n'est pas nécessaire K de démontrer, mais que ne doit point nécessai-

■ rement posséder celui qui veut apprendre. *L'axiôme, au contraire, est celle qu'il doit né- ( cessaîrement posséder, et l'on sait qu'il est des

■ choses de ce genre auxquelles ce nom s'applique « spécialement. I/bypolhèse est la partie de la t thèse qui admet l'une des parties de l'énoncia- «Hon, avec l'existence ou la non-existence de la « chose : sans cette condition , ce n'est plus une

■ bjTpothèse, mais une définition. Ainsi, la défini-

■ tion est une thèse (ipwi|iôc Uatz ici). Ainsi, l'arith- ■métîcien admet que l'unité est la quantité in- < divisible ( âiiaîpeTOv ) ; mais ce n'est pas une

■ hjrpothèsej car il ne faut pas du tout confondre

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Ua DElIXlàHK FABTIB. — SBCTKW I.

«ces deux expressions) par exemple, ce qu'est c l'unilé et que l'iuitté est. »

J'ai traduit tout ce qui précède d'abord 4 cause du principe même qui y est exposé, et ensuite, à cause des définitions qui terminent ce passage, et qui sont d'une grande importance pour l'intelligence de ce qui va suivre.

Aristote conclut que ces principes du syllogisme, ces primitifs sur lesquels se fonde la démonstration, doivent être bien autrement certains, bien plus fermement crus que la chose démontrée elle-même (^2 , a , 28 et Sg) ; il ajoute que les principes opposés directement à ceux-là, c'est-à-dire, les principes qui servent au syllogisme de l'erreur contraire à la science (-ràf îvov-na; ii^dmi), doivent être aussi, par cela même, parfaitement connus de celui qui connaît lesautres, et qui doit être absolument inébranlable dans sa croyance (àfwraiteiçov).

Ch. 3, 72, b, 5. Ici l'on fait deux objections, et l'on dit : si l'on doit connaître les principes comme on le prétend, il n'y a pas de science, car tout ne peut se démontrer : d'autres reconnaissent trien que la science est possible, mais ils ajoutent qu'alors tout est démontrable. Ces deux objections se fondent, l'une et l'autre, sur ce faux principe, que toute science vient de la démonstration, ce qui n'est pas vrai (73, b, 19), puisque celle des notions immédiates n'en vient pas. La démonstratiQn circulaire, n'est pas possible, car alors un

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AHÀirn lOS DIU(. AltALTI. — UV. I. CBÀP. V. 293

inéine principe serait antérieur et postérieur pour les mêmes choses (âjuc ■Kç^/nfmcù îiçifa tJc avrà -râv afrrfiv); il sefait plus et pioins connu que lui-même. Oii arrive^-on par cette prétendue méthode? A dire qu'une chose est, si elle est. Une démonstra* tion de ce genre n'est pas difficile (oûriu Bi tioérttt ^v» Âeî^i). La démonstration circulaire n'est applicable qu'aux termes réciproques (iàcv <î)i,?Liilo(E hnTia) , ainsi qu'on l'a vu dans le Traité du syllogisme (êvTWî iKpt <Tu).XoYia|AoÙ. 7^, a, i4).

Ce passage , dans lequel Aristote rappelle les Premiers Analytiques sous un nom qui n'est plus le Jeur , depuis le temps de Galien au moins, a été discuté plus haut (page 4» et io5).

Ch. 4 y 73, a, 32. Puisqu'une chose sue absotur ment ne saurait être autrement qu'on ne la sait, il s'ensuit tjue ce qui est su par démonstration est nécessaire. La démunstratibn est donc le syllogisme formé de données nécessaires (è^ ôvaYxaîuv âpa ffuXXoYtfffto; içvt i) àmèu^ii;'). D'où viennent les démonstrations? Mais, avant de répondre à cette question , Aristote croit devoir définir trois termes dont il aura fréquemment à se servir, -rà wiTà it«vT(i;, l'attribution universelle, -ri xafl' «Orb, hohoiteensoi, et TOxafioXou, l'universel (73, a, a8). Il eifteod par attribut universel ce qui est à tQfit individu, et non pas limitativement à tel ou tel: be. qui est tlans tout temps, et non point dans tel ou t^ temps. Ainsi , animal se disant de tout homme (xcdtIc -matii; mOpûirou), il suffira que tel individu

DyGoqgle

284 DBnXIÈHB PABTIE. — SECTION I.

soit homme pour qu'on puisse dire de Ini qu'il est animal (^3, a, 34) ■ Une chose en soi est celle qui est essentielle à une autre (èv tù tï èçiv ùitapj^et). Ainsi la ligne dans le triangle, le point dans la ligne. Ka9' aM a quatre sens principaux: d'abord celai qu'on vient de dire, et c'est, comme on le voit, ce qui entre dans la définition essentielle de son sujet. En second lieu , c'est ce dont le sujet entre dans la définition essentielle des attributs (Aiott Twv ÈvuTcapj^ovTwv aÙTDÎç aura Èv tG l^w wuTwîf- ;(^ouat ta ri iTtBiîkùt'n). Ainsi la ligne, le nombre, dans la définition de la ligne droite, dn nombre pair ou impair. 3° KaO' oûrô est encore ce qui n'est pas dit d'un sujet, c'est la substance. 4° Enfin, c'est ce qui est par soi-même à une chose , et non point par l'intermédiaire d'une autre chose. S'il tonne quand je marche, ce n'est pas uhe chose en soi, c'est un simple accident (ouftêeSnitàî) ; car ce n'est pas parce que je miirche qu'il tonne. C'est une simple coïncidence (uuvf&n, fctfih, twm).

Reste à définir le troisième terme xodi^W, déjà souvent employé dans la théohe du syllogisme, mais qui prend ici un sens un peu diffèrent. K J'appelle universel , dit Aristdte , ce qui est n à tout le sujet, et en soi (xaO' ccûtô), et en tant « ^u'il est ce qu'il est (^ oùtd). 11 est clair que tout « ce qui est universel est, de plus, nécessaire dans a les choses où il est. Du reste, être en soi, ou être « tel en tant qu'on est tel [^ oùrà) , sont deux ez- * pressions identiques : ainsi , le point et la direc-

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ANUrSE DU DUn. ASÀLTT. — UV, I. CHIP. T. 385

€ tion droite soot à la ligne en soi; car c'est en a tant qu'elle est ligne. Deux angles droits soQt la ■ valeur du triaugle eu tant que triangle; car en « soi, le triangle est égal à deux angles droits. L'uai- «c versel est donc ce qui peut être démontré du « premier objet, quel qu'il soit (toù TÙjmmi), du prin mitif (TcptÔTou). Ainsi, avoir deux angles droits « n'est pas universel à la figure: pourtant, on doit « démontrer d'une figure qu'elle a deux angles « droits , mais ce n'est pas de toute figure quelcon- « que : et celui qui démontre ne prendra pas ina différemment toute figure; ainsi, le quadrilatère a est bien une figure, mais il n'a pas ses angles « égaux à deux droits. Le premier isoscèle venu a « bien ses angles égaux à deux droits; mais l'iso- » scèle n'est pas primitif, puisque le triangle lui est M antérieur. Donc , le primitif quelconque dont on « pourra démontrer qu'il a des angles égaux à « deux droits, ou qu'il a telle autre propriété, ce Ht primitif est universel, et la démonstration de cet « universel est en soi : pour les autres, on peut u dire en quelque façon que la démonstratioa a n'est pas en soi. L'universel ne peut s'appliquer à « l'isoscèle , puisqu'il y a encore quelque chose « au-delà dé lui. ■»

Ch. 5, 74, a, 5. Cette considération du primitif universel est de grande importance, et fort souvent on se trompe en croyant èlre aiTivé à la démonstration de l'universel primitif, sans avoir réellement poussé jusqu'à lui. Pour ne point s'y •

Mt BXUXltMB PAkTlB. ~ «cnoR 1.

tromper, c'est dVcarter toutes les circonstances hccidentelles pour aller jusqu'à Ut chose essentielle. Ainsi, que l'on démontre d'un triangle Isoscèle en airaif qu'il a ses angles égaux à deux droits : vous pouvez lui ei^lever ses qualités d'iso- Scèle et d'être en airain; mais vous ne pouvez lui enlever sa figute, sa limite (itépatoî); c'est li le primitif, et quel primitif? Le triangle; el la démonstration ne s'attache qu'à cet universel (toijtou

Ch. 6, 7/1, b, 5. Puis donc que la science démonstrative ne peut venir que de principes nécessaires , et que les choses en soi sont celles qui sont essentiellement nécessaires aux autres choses, il s'ensuit que le syllogisme démonstratif devra se tirer des choses en soi. La preuve que la démonstration repose sur ce caractère de nécessité, c'est que, quand nous voulons faire une objection à un adversaire, nous disons que son assertion n'a rien de nécessaire d'une manière générale y si elle peut être autrement, ou du moins d'une manière particulière , relativement à l'objet en question (i-vtxx-(fnS\<^)(-j5,a, i). Il se peut, dirat-on peut-être, que la conclusion soit nécessaire, sans que le moyen qui la donne le soit aussi. C'est ainsi qu'on a tiré une conclusion vraie de prémisses qui ne l'étaient pas. Mais quand le moyen est nécessaire, la conclusion l'est paiement, de même que, de prémisses vraies, on tire toujours le vrai. Mais ce serait se tromper que de croire qu'on

ANALT9K DKI DU». XHAITT. — I.PT. I. CRAP. V. ittf

peut obtenir one conclusion nécessaire, adti'&i nifHtt que par un moyen nécessaire; car s'il ne l'était pas, on ne Saurait pas la cause néctissaii'e, ou l'existence nécessaire, delà chose. Itfautabso- Inment, dafts.les démonstrations, que le moyen smt lui-même au dernier extrême, et le premier au moyen.

Gh. 7, 75, a, 38. Une conséquence de ceci, c'est que les principes doivent être homogènes à la conclusion, et qn'oQ ne peut conclure d'un genre à un autre (ii afx^ou yévwi {is-nxCctvTa) : par exemple^ conclure arithmétiquement de prémisses géométriques. Ceci toutefois se peut dans cerlains cas , et l'on en dira plus loin la raison (ch. iode celÏTreV Mais l'on peut affirmer qu'il faut que legenredehl conclusion et celui des prémisses soit absolument le même, ou le soit, tout au moins, sous le rapport dont on se sert; car il faut de toute nécessité que les extrêmes et le moyen soient du même genre. On peut passer, du reste, d'un genre à un genre subalterne ou supérieur (flrfTspov ûirà Oitttpov), de l'optique à la géométrie, de l'harmonie à l'arithmétique.

Ch. 8, 75, b, 22. Une autre conséquence évidente, c'est que U conclusion de la démonstration est nécessairement une chose éternelle (ifitov). Il n'y a donc pas , à proprement parler, de démonstration des choses périssables ; ni , pour elles , de science véritable : il n'y a, pour ainsi dire, que démonstration et science d'accident, parce qu'il

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3S8 DEDxUan partie. — racuoif i.

D'y a point, dans ces choses, d'universel indépen-

daDt des circoastaoces et du temps (tara xecl ifûc).

Il convient de s'arrêter quelques instants sur ce principe d'Àristote , l'un dés plus graves et des plus importants de tout l'Organon. Depuis le Stagirite, personne n'en a contesté la vérité profonde : le christianisme l'a lui-même adopté dans toute son étendue, et l'a fait tourner à son TproBt Bossuet, admirateur sincère du génie d'Àristote, exposant à son royal élève quelques principes de philosophie et de logique, insiste surtout sur celui-ci : et dans un langage aussi nerveux que celui du philosophe grec, il paraphrase et traduit, pour ainsi dire, la pensée du précepteur d'Alexandre. « X^ fruit de la démonstration est la « science : tout ce qui est démontré ne peut être « autrement qu'il est démontré : ainsi, toute vérité « démontrée est nécessaire, éternelle, immuable; K et comme l'entendement humain ne la lait pas, ■ il s'ensuit qu'elle est éternelle , et par là indépen- € dante de tout entendement créé— Les propo- « sîtions claires et intelligibles par elles-mêmes f et « dont on se sert pour démontrer les autres, s'ap- « pellent axiomes et premiers principes,... et si les te vérités démontrées sont étemelles, à plus forte <r raison celles qui servent de fondement à la dé- « monstration. » Ici le 'témoignage de Bossuet n'est que l'écho du témoignage unanime de tous les siècles et de l'humanité entière.

Cette propriété suprême des vérités démontrées

AK&ITSE DU DIKN. ANUFI.— UV. I. CHAP. V. U9

appartient, aussi aux définitions, puisque toute définition n'est qu'un principe de démonstration , ou une démoustratiou dont la forme seule diffère (Uaa èia^fùwtçi), ou enfin une conclusion de démonstration.

Thémistius a prétendu changer ici l'ordre du texte, et il y a introduit une portion du chajHtreXJ. Ce changement ne paraît pas devoir être accepté, bien qu'il ait pour lui le grave assentiment deZabarella : d'autres sont dans le même cas.

Ch. 9, p. 75, b, 37. De l'homogénéité nécessaire de la conclusion et des prémisses, il résulte que la chose démontrée ne peut l'être que par les principes qui lut sont, propres; de plus, ces principes propres ne sauraient eux-mêmes étredémtmtrés (76,3, 16), et la connaissance de ces principes spéciaux , dans chaque genre, sera la connaissance suprême dont toute la déduction dépendra (Kupta icmtiw). On n'est donc sûr de la démonstralioD que quand on est sûr aussi d'avoir ces piincipes propres des choses.

' Ch. 10. Ainsi, les principes (i^yâi^ dans chaque geqre, sont ce qu'il est impossible de démontrer. On accepte les principes, on les emploie (lAji.ëâv£-rai) ; on ue démontre qpe le reste. Les principes peuvent être, ou spéciaux à chaque science, comme on l'a dit, ou commuas à plu- Meurs (Ta (ièv ïXia Ta èl xoivà). Ainsi, le principe de définition de la ligne droite est un principe spécial de géométrie. Que des quantités égales I. 19

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2W DSnXliU V&KTll MCtKHI 1. -

restent égales, quand on leur enlève une quantitié ^ale , c'est là un principe commun. Dans toute démoDstratioD , il y a donc trois choses : le genre de l'objet démontré, les axiomes comunins par lesquels on démontre, et les modificiUions spéciales de l'objet (toi icaflui). Dans ces trois classes sont renfermées toutes les rechercbes de la science, de quelque manière qu'on les, fiasse. On a dit plus haut ce qu'étaient la thèse et l'aKiôme.

Cb. lo, '^6,b,33. «11 n'y a ni hypothèse, ni postn- « Iat,qui par soi-même soit nécessaire, et qui doive « erre accepté comme td ; caria démonstration ne M s'adresse pas h la parole extérieure , mais à la pa- « rôle intérieure de l'âme , parce ^ue c'est à celle-là « aussi que s'adresse le syllogisme. On peut tou- « jourséleverquelqneobjechoncontpelaparoledu a dehors, mais on ne le peut pas toujours contre tf la pifrole du dedans. Ainsi donc , tout ce qtte « Ton prend comme démontré , sens l'avoir dé- <t montré soi-même, et qui est accepté par celui k a qui l'on démontre, est une hypothèse^ non «point absolue, mais relativement à cette per- « sonne seule. Si l'on prend ces doiyiées, sans « qu'il y ait aucune pensée à ce sujet dans l'esprit A de l'interlocuteur, ou bien même quandil y en a «une toute contraire, on fait un postulat de sa a propre pensée ; et telle est la différence de l'hy- « pothèse au postulat. Le postulat est ce qui est à « demi contraire à la pensée de celui qu'on in- « struit, ou ce que l'on prend pour démontré,

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ANALTSR SBS DlUt. ANUTI.— Lt?. I. CHAF. T. M4

I et qu'on emploie comme tel, sans l'avoir soi- « même démontré. »

TbémistiuB propose dans ce diapitre, cA au dâiDtdu smTmt,uB dépUcement nouveaa, qui n'erï pas injustifiable assurément, mais qui ne ptraît point cependant assez certain pour qu'iMi doive l'admettre, plus que le précédrat.

Ch. II, 77, a, 5. La démonstration reposant essentiellement sur l'universel, sur le général, on doitse demander ce qu'est le général. Pour le comprendre, il ne Êtutpas supposer des idées (il^), des espèces h part , et tout-ii-fait isolées des individus. Le général n'est absolument qu'un mot qui s'applique à plusieurs objets (tv tunk mfli^ httAxMi), inais autrement que par simple homonymie (|JLÎ| 6|tt«fupv). Les principes communs que forme l'universel , sont les liens de toutes les «iences entr'ellra. Tel est le principe de contradiction , que rien ne peut être à la fois nié et affirmé {lô fA êtSijiuHtn âfwe çovat nai àiroçivoi), principe SUr lequel s'appuie, sans cependant l'établir formellement, la démonstration ostensive : tel est le principe corrélatif, qu'il faut de toute diose nier ou affirmer (etitaw ïl fôvat in âiroçetwat), principe dont se ■ sert la démonstration par l'impossible. Ces principes comntuns ne sont pas les objets que les sdences démontrent; dles les emploi«[it au con^ traire pour démontrer. I^ science qui s'en occupe spécialement, c'est la dialectique, qui n'est pas limitée à qiîdques objets seulement (ôçwptoftivow

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aM DEuxikin PUTiB. — SBcnoH i.

Ttvùnr), à quelque genre, mais qui s'étend à tous^ et qui est commune à toutes les sciences [niaMç). Ce qui le prouve, c'est qu'elle emploie toujours )a forme interrogative, que ne saurait employer la démonstration spéciale, puisque, avec des propositions opposées , comme tes donne l'interrogation , on ne saurait obtenir une même conclusion : c'est ce qu'on a fait voir dans te ti-aité des syllogismes (èv Toîç leepï ffuXXoYifffiou).

Cette seconde citation du Traité du syllogisme $e rapporte au cbap. XV du 2.' livre des Premiers Analytiques (Voir ci-dessus, pag. a65).

Ce chapitre où Ârtstote établit ce qu'est pour lui l'universel , le général, a , coiçme il est aisé de le voir, une baute importance. D'abord l'élève repousse ici le système de son maître sur les Idées (eïS>i) : mais il ne s'arrête pas à cette réfutation qui doit être plus complète ailleurs, et notamment dans la Métaphysique. Il déclare de )jlus, que le général n'est pour lui que l'expression vraie d'une pluralité , et qu'il n'a pas d'existence ea dehors de l'appellation applicable à plusieurs individus. Ainsi , Aristote est nomiualiste , et déjà se trouve tranchée par lui la grande question qui divisa toute la philosophie du moyen-^e.

Ch.'i2, 77, a, 36. Il résulte de ce qui a été dit flus haut, de l'emploi des principes spéciaux dans les sciences, qu'il faut. aussi que les interrogations qui tendent à la, connaissance, soient ellesmêmes spéciales, et qu'il pe.£Eiat pasplus mêler les

tNALTSe DES DERN. AHALTT. — UV. I. CHAP. V. 'SM

genres divers en interrogeant, qu'on ne les mêle pour la démonstration.

Dans ce chapitre Thémistius et Zabarella proposent encore un léger déplacement qui ne paraît pas indispensable.

Si donc il faut borner les démonstrations et les questions aux objets propres à la science dont on s'occupe, ît s'ensuit qu'il ne &ut pas discuter d'une science avec des ignorants de cette science , et , par exemple, qu'il ne faut pas parler de géométrie avec des gens qui ne sont pas géomètres (où* On tvr, £V ÔYediperpifTOiç irapi Yïw[*-cTpi'aï JtaAïXTiov). Du reste , une question et une démonstration peuvent être étrangères à l'objet dont il s'agit, de deux fàçonâ. Ainsi, une question musicale n'est pas géométrique ; et supposer que les parallèles se rencontrent ((nt[i.itiitTew irapa).lifXouî), n'est pas davantage géométrique; mais c'est, comme on le voit, dans un tout autre sens.

Ici pourrait se terminer la première partie de

ce livre des Derniers Analytiques. Dans tout ce qui précède , Aristote a établi des principes généraux sur la démonstration , et sur les éléments essentiels dont elle se compose. Il continue cette tbéorie dans les chapitres qui suivent , et il finira par étudier les espèces diverses de la démonstration , et tracer les règles de chacune d'elles.

Ch. i3, 78, a, i3. Il faut distinguer deux grandes classes de connaissance, et par consé-

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Sd^*" deuxAkb pâktb. — )icnofi i,

quent, de démoDstration ; d'abord, celle du simple fait (Sri), et ensuite, celle de la cause du fait (^wn). Ces deux ordres de coouaissance peuvent, du reste, être cherchés tantôt dausune même science, tantôt dans des sciences distinctes. Quand c'est une seule science qui les donne tous deux, il peut se présenter deux cas : ou les propositions sont immédiates et réciproques , et alors si le moyen est la cause de la majeure, on a la démonstration de la «■U6e;s'il n'eneatquereffet, onaladémonstratioa du simple fait , Sn, et l'une peut se changer dans l'autre: ou bien, les propoutions sont médiates et non réciproques, et alors on n'a que la démonstration du £iitqai ne peut jamais donner celle de la cause. Soit à démontrer, en premier lieu, le ample fait'que les planètes sont proches, en prenant pour moyen l'absence de scintillation, ries planètes, B ne pas scintiller, A. être proche (78, a, 3o). B est à r, car les planètes ne ecintillent pas; mais &. est aussi à B, car ce qui est proche ne scintille pas, connaissance qu'qn peut d'ailleurs acquérir, sott par les sens, soit par l'induction : on en ooadtit nécessairement qu'A, est à r, et l'on a démontré par là que les planètes sont proches de la terre. C'est le syllogisme du simple fait, et non pas du tout de la cause; car les planètes ne sont pas proches, parce qu'elles ne scintillent pas; mais au contr<tina , elles ne scintillent pas, parce qu'elles sont proches. On peut , du reste , par cette première démoBstratioo , obtenir celle de la cause

âMAIiTK vas DIlUf. A]UI.TT.~-LIT. I. CHAP. T. M5

et réciproquement. Soit eorore r les piapètes, B être proche, et A ne pa» scintiller. B est à F, et A est aussi Ji B : on en conclut que A est à r, c'estànlire , que les planètes ne scintillent pas, et c'est le syllo^sme de la cause. Ainsi, dans le premier cas, le moyen B n'était qu'un eifet; dans le second, il est cause. On démontre de même que la lune est un sphéroïde à cause de ses accroissements réguliers («fcipuiÂ'^ èià Tûn aù^iiaetav).

Dans les sciences diverses, il faut aussi distinguer soigneusement ces deux démcnstrations. Quand ces sciences sont subalternes , la supérieure donne la causa (78, b, 3^); l'inférieure ne dopne que le fait : ainsi la géométrie et l'optique, la stéréom^rie et la mécanique, l'arithmétique et l'harmonie, l'astronomie et la météorologie (tù ^v^ (uva). Cotnmeon le voit, c'est la science qui est la plus soumise aux suis qui donne le fait (izUSviTtxfiv), la plus tnathépaatique qui donne la cause. Dans les sciences oon subalternes, l'utie donne le fait par l'observation, l'autre donne la cause par le raisonnement : ainsi le médecin tait fort bien (79, a, 1 5) que les plaies circulaires sont les plus lentes à guérir; mais c'est au géomètre de lui en dire la raison.

C^. lit, 79, a, 17- D'après tout ce qui précède, on peut voir sans peine qite la première figure du syllogisme est aussi la plus propre à la science ( ii»^[ufvtici^ fu&i^a) ; c'est elle qu'nnploïent tontes les sciences mathématiques : ai^lunétique.

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S9S DEnSiblE PAHTIB. — SECTION I.

géométrie, optique, et toutes celles qui recherchent la cause. « C'est en effet le plus souo vent^ et pour la plupart' des questions, dans cette «c figure que se forme le syllogisme de la. cause, u C'est donc elle surtout qui procure la science; a car savoir la cause est le point le plus élevé (ko- « pti^Tov) de la connaissance. On doit ajouter, ena core, que c'est aussi par cette seule figure qu'on « peut chercher la science du simple fait. Car, ' dans la seconde figure , il n'y a pas de syllogisme M afifirmatif (■naTrpfoiin); or la science du fait est " toujours une affirmation. Dans la dernière fi- « gute, il y a bien de l'affirmatif, mais il n'y a pas o de général, d'universel, et- le iait est nécessaire- « ment universel : car, que l'homme soit un ani- <c mal bipède, ce ne peut jamais être là un fait li- « mité (tctI). Enfin, la première figure n'a pas be- • soin des deux autres, et c'est au contraice par « elle , que les deux autres accumulent et accroisa sent leurs démonstrations, jusqu'à ce qu'elles n aient atteint les principes immédiats. Donc évi- « demment , la première figure est la forme gutt prérae de la science. »

Ch. i5, 79, a, 33. Ce n'est pas à dire cependant que la démonstration ne puisse avoir lieu dans d'autres figures; et, lorsqu'elle est Dégative,elle se forme dans la seconde aussi bien que dans la première.

Ch. 16, 17, j9, h, a3, 80, h, (7. Si'la démonstration donne la* sciraice, l'opposé de la science

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ÀSata DBS DKRK. ARALrr.— HT. L CBAF. T. 29T

sera l'ignorance («yvoio, «totti) produite par le syllogisme. L'erreur, quand elle s'applique aux no- . tions simples (âicX^t ^jiml-n^uai) , est simple aussi : elle est multiple ,' quand elle s'applique au syllogisme. Supposons en effet que A ne soit à aucun des B : si l'on établit par syllogisme que A. est à B, en prenant r pour moyen, on se trompera syllogistiquement; mais il se peut ici que l'une des propositions seulement ou toutes les deux , soient dusses. Le syllogiam(i.de l'erreur (encaTriTucot) pent être affirmatif dans la première figure , ses deux propositions étant fausses, ou la ipineure seule l'étant : il est négatif dans la première et ta seconde; mais, dans la première, les deux propositiAks peuvent être fausses; ^t, d{ms la seconde, il faut que l'une des deux soit vraie.

Outre cette cause d'ignorance qui est toute logique, il en est une autre dans laquelle la méthode n'est pour rien : elle est en quelque sorte naturelle ; ce sont nos-seos qui nous font défaut, et causent notre erreur.

Ch. i8, 8i, a, 'iS. v H est évidejit que, si quel- >que sens vient à manquer, il faut aussi que, a quelque partie de la science manque comme « lui , et qu'il soit impossible de l'acquérir , « puisque nous n'apprenons rien que par ioduca lion ou par démonstration. La démonstration ■ part du général; l'induction, au contraire , part « des cas particuliers; mais il est impossible d'at- « teindre les choses générales autrement que par

DyGOOgIC

398 BXDXifcW PARTU. — tICTMW I.

.« elle, puisque c'est aussi par l'induction qii'on «rendra notoires les choses dites abstraites, en « prouvant que certaines choses afipartieonent. a- k chaque gemre et le conitituent spécialement, « bies qu'elles n'en soient pas séparées. Mais on « ne poarrait pa» induire» si l'on n'avait pas ia « sedsaHon ; op, la sensation s'applique aux, « cboftes particiriières , et il ne saurait y avoir de « scioBce pour ces cboses-là. On ne saurait donc • k tirer des choses généç^es saq« l'induction, «E et l'on ne saurait rien iaire de l'induction sans « la sensation eUe^jnéoiàe. »

Cfa. 19, 89, b, 10. Les deux-formea principales do syllogisme et de la démonitratton étant affirmative et négative, içit qae d'ailleurs elles soÉnt simplement dialectiques et probables, ou qu'elles soient complètement vraies (^io^cxtucûs ^ mn ôXif- Otutv), on peut se demander si, pour les attributs d*tiD sujet, ou les sujets d'un attribut , il y a série à l'infini («; ofniipav Uhox.), ou s'il n'y eu a qu'un nombre limité (apa Xçx^m i^vfm)t Ou peut se faire aussi cette question à l'égard des moyens, et chercher si, entre deux extrêmes donnés, il peut y en avoir une infinité?

Ch. ao, 8a, a, ai. D'abord lee moyens (t« praCtt) ne sauraient être infinis, car alors l'attribpt et le sujet neseraientjainaisunissyllogistiqueraentt'un k l'autre. Les attributions s'arrêtent - haut et bas (vi xoTu xaù ih èhm Tfovtat al xwnrytrpUu^ , c'est-À^lire , dans les catégories da général et celles du parti-

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AHALm QKB VKBV. tXkV. -~ UT. H. CBAP. V. 299

culifir. . S'il" en était autrement , oa ne pourrait jainiaifi arriver à uoê coDclpsion.

Ch. ai, 8i, a, 36. La série s'arrêtera également pour leB sujets et pour les attributs. Si l'on établit que la série s'arrête pour la déiïioostrttion aifirmative , ou l'aura prouvé également pour la dé* monstration négative, qui dépend d'elle et la suit. On peut considérer ceci dans les trois figures , et il eo résultera que la dérnoostratioa peut se produire dans diverses figures ; mais le nombre des figures, c'est-à-dire des voies de démonstration (iSot) , n'est pas illimité; et par conséquent, let dé- DJOostratioDS ne leeeront pas davantage. Ôr, dans toutes leii- figures, il faut arriver à un primitif à qui l'attribut puisse s'appliquer, et qui ne s'applique Iui>inème à rien (8a , b , 35). Le simpW ntisonuement (Xoyui&ï) suffit pour établir ceci. En étudiant les attributions essentielles (ev t$ tî iri xa.'nyofaifma , ch. aa,, 8a, b, 37), c'est<à-dire, celles qui constituent l'essence des choses, <mi peut se convaincre sans peine que ces attributions ne sont pas infinies; par conséquent, les démonstrations qui s'en fonnent ne peuvent l'être davantage. Il £iut, dans tes catégories, quelque chose de primitif à qui le reste soit attribué. Comme l'on définit fort bien la substance, il £aut que ses attributs ne soient pas infinis, car il est impossible à l'esprit de parcourir une infinité, quelle qu'elle soit (f àc è' KKfipK oÙK Errt ^u^tiAtW wooGwTo. 84 r A r 9). Ana- Iytiquement((îva>,iwuUâc), f»n peut se convamcre

309 DEDXifeHB PARTIE. — 8BCTI0II I.

aussi , mais avec plus d'exactitude et de brièveté, que les attributs, soit généraux , soit particuliers, ne sont pas infinis. La démonstration ne s*appli> que qu'aux choses qui sont en soi (xotQ' oùrà); mais les attributs en soi ne sauraient être infinis; aa> tpement,il n'y aurait pas de définition possible; et, puisque la définition est possible, les attributs ne sont pas en nombre illimité.

Ainsi donc les extrêmes sont fixés; les moyens le sont également; et il y a, par conséquent, ponr les démonstrations , des principes [içyâç), «t tout n'est pas démontrable, ainsi qu'on Ta soutenu (tivo; "kiyia). Les démonstrations d'une même chose ne sont pas infinies.

Ch. a3, 84, b, 3. C'est.qu'en effet une même chose peut être à plusieurs , sans qu'il y ait rien autre de commun- entre ces diverses choses; et ced rentre dans le principe, établi plus haut, qiied'tln genre on ne peut passer à un autre pour la démonsti-ation. Pour qu'il y ait démonstration , il faut qu'il y ait un moyen qui unisse l'attribut au sujet, ou qui l'en sépare; autrement, on n'aurait que des propositions immédiates qui n'ont pas besoin de ' démonstration , précisément parce qu'elles sont qu'elles sers des autres. C tout le reste, pendant îdei sera le mino

.loci^vGoOglc

ANàLTSB du DBUI. A5AIIT. —LIT. I, (JHAP. T. SOI

tervalle des tons^Jinn;); en .syllogjiBine, ce sera la proposition immédiate; en démonstration et en science, cessera l'entendement (voCî).

Ici se terminent les ^uéralîtéâ relatives à la démonstration : on a exposé quel en est l'objet f et l'on a établi qu'elle a toujours pour but ou ' un simple feit {&n), ou xme cause (ànin). On a prouvé de plus que, reposant sur des principes indémontrables, il fallait nécessairement que les éléments dont elle se compose, propositions et moyen, attribut et sujet, fussent limités les uns ^lativement aux autres, parce que, autrement, s'il lallait parcourir l'infini, il n'y aurait, ni science, ni démonstration possible. Reste maintenant à considérer, en détail , les diverses espèces que la démonstration peut offrir, selon qu'elle est générale ou particulière, afEirmative ou négative, (Mtensive ou par impossible.

Cb. a4t S5, a, i3. D'abord, la démonstration générale (i xaSôXou ôno^ei^K) vaut mieux que la particulière (li lucTà [lÀ^ni) Mais au premier coup d'oeil , on peut donner la préférence à c^le-ci. Le propre de la démonstration, dit-on, est de faire savoir : or, celle qui fait le mieux savoir est préférable ; et c'est précisément^ particulière qui fait . connaître la chose en soi, et non pas la chose relativement k une autre chose. Ainsi , démontrer que cette figure est un isoscéle vaut mieux- que de démjptrer qu'elle est un triangle (85, a, 3i). De plus, si l'universel n'existe pas en dehors des

'DigniodzïÇiO.Ogle

SOS DBUXifcMI PARTtK. — SKnOH I. .

individus f il e»t clair que l'ujûv«rsel est ds doo* être , et que la démoostration qui s'adresse aux individus, s'adresse aussi davantage 1 la réalité. . A cette objetitioD ( 84, b, 7), l'on peut répondre : que quand on sait le particulier, on sait moins 'que quand on sait l'universel. Par exemple^ l'on sait moins,, quand on sait que cette figure est un isoscéle, que quand on sait qu'elle est ub triangle ; car, l'isoscèle a ses angles ^;aux k deux droits , non pas en tant qu'isoscèle, mais en tant que triangle. Avec l'universel , on sait donc plus comment est la chose, qu'on ne le sait avec le particulier. U n'est pas nécessaire de supposer ici que l'universel soit en dehors des objets , parce qu'il exprime quelque chose de distinct {ht Bti^) : il existe, comme existe tout ce qui désigne autre chose que des substances ([lif n trmuiivtC), une qualité, une relation , une action. -Si on le prend autrement, ce n'est pas la faute de la démonstration, c'est la faute de celui qui comprend mal (à ôxoûon).

On peut remarquer ici que cette opinion d'Aristote sur la nature des universaux, s'accorde parfaitement avec celle qu'il a déjà exprimée plus haut (page 393).

Aristote accorde dVic la préférence à la démonstration générale sur la particulière ; elle donne eu effet la cause beaucoup mieux (lÛTKdTcpav), parcç que, au delà de l'universel, il n'y a plus de causo, et que l'universel lui-même est cause. La particulière peut . mener à. l'infini ; i'universelld

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ÀSALltt tt» DBM. AMUtT.— Lnr. I. CHiF. T. SOI

donne le simple, £t par coMéqueDt^ la limite (ii ix>j&ix^'^icifaç). Or, l'infim ne peutétre su; donc l'universel est beaucoup plcw coDRaissafale (im7«^ (i£U.(»). De plus, la démonstration universelle Mt connaître plus de dwees , puisqiM, outre la chose elle-même, elle en fait encore savoir d'autres. Enfin, l'universelle contient la particulière en puissance (duvft^t), la particuliers ne contient runiverselle, ni en puissance, ni en acte; l'univers seHe aboutit à l'entencjement ( voiiTif ^, la particulière n'aboutit qu'i-' la smsation {ilç tdahtovt

Ch. aS, 86, a, 33. La démonstration affirmative vaut mieux que la négative (iq Juxruni vin rïfmtunic ^eXti'biv); elle se fait avec moins de pmpositifins, puisque la négation suppose toujours rafBrmation, et que l'affirmation, au contraire, n'a pas besoin de supposer la négation. En tfffct, bien que Tune et l'autre n'aient également que trois termes et deux propositions , l'une pourtant suppose uniquement que la chose est, tandis que la n^alive doit supposer que la chose est, pour prouver ensuite qu'elle n'est pas. L'affirmative est aussi pluk persuasive (mTQTEpQv), elle se &it mieux comprendre (Yvup((M^cpQv) ; la négative doit, au contraire, se faire comprendre par l'affirmative. De plus, comme ta proposition immédiate est le principe du syllogisme ,' et qu'elle est négative dans la négative , et affirmative dans l'affirmative, celle-ci sera la meilleure, puisque son principe est meilleur, ainsi

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vu pBDXlblE VABja. — SKCTIOJf 1.

Won l'a antérieurement prouvé. En un mot, la démonstration affirmativâ est, en quelque sorte, plus principe (à^y^MiSiçéfo), que son opposée.

Ch. a6, 87, a, a. La démonstration négative, quoique inférieure à l'affirmative, est cependant au-dessus de la démonstration par impossible. Toutes les deux partent du non -être; mais pour l'une, le non-être est antérieur; pour l'autre, il ne vient qu'à la suite (Ûcepov), et la démonstration négative est, pour ce seul avantage de priorité, au-dessus de la démonstration par impossible-

Ch. 27, 87, a, 'iï. D'une manière gécérule, on peut dire qu'une science l'emporte sur une autre, qu'une connaissance est supérieure à une autre, quand elle donne à ta fois le fait et la cause; ce qui n'empêche pas que la science de la cause ne soit, isolément, au-dessus de celle du lait dans la même condition. Celle qui n'a pas de sujet matériel est ' supérieure; ainsi l'arithmétique l'emporte sur rharmonie ; enfin, celle qui a un sujet plus simple (il flaTt(iv(rtv), est plus haute. C'est là ce qui donne le pas à l'arithmétique sur la géomélrie; car l'unité, fondement de l'une , est une substance sans position (^âOsTOï); le point, au contraire, fondement de l'autre, doit en avoir une (Voir plus haut l'analyse des Catégories, page i58).

Les chapitres qui suiveut, et peut-être le 27^ lui-même, ne paraissent point tenir fort étroitement à ce qui précède : le sujet en est certainement analogue ; mais le lien qui le rattache à la

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A51LT8K MES BSBM. AISALTT. — LIT. I. C0AP. T. 505

théorie de la démonstration est fort obscur et très' diffîoile à saisir. Il est certain cependant que les obseiratîoQS qui vont être exposées, dans les chapitres qui terminent ce livre, ne sauraient être rapportées à aucune partie de l'Organon plus convenablement qu'à celle-ci.

Ch. a8, 87, a, 38. La connaissance (èmçT([iiii) est une (fiut), quand elle s'applique à un seul genre (ivài Y^vou;), c'est-à-dire que les prémisses et la «ïncluflion appartiennent à une seule science; autrement, on ne saurait af river à ta démonstration/ puisqu'il faut que les principes soieutdans lemême genre que la chose démontrée. C'est ce qu'Âristote a déjà établi (Voir page 287).

Ch. sg, 87, b, 7. On peut faire plusieurs démonstrations d'une seule conclusion, non-seulement en prenant le moyen dans la même série (ix TÎÏ; aùrnç m/mv/ictç) , mais même en le prenant dans une autre. La seule condition , dans ce cas, c'est que les moyens puissent être attribués l'un à l'autre. En outre, la même conclusion pourra, • sous le rapport de la forme, être obtenue dans jdusieurs égures.

Cb. 30,87, b, ^9-^ ne saurait y avoir de science démonstrative des choses fortuites (wù éiA tiîx'aî) î la démonstration ne peut s'appliquer qu'aux choses qui sont nécessairement , ou tout au moins, le plus ordinairement, telles qu'elles sont.

Ce principe, qu'Aristote jelte ici en passant, est la conséquence de celui qu'il a développé plus

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haat, et qu'tla étRbliiQutauloDg, à «avftiri<|q# les choses démantrée» ne ftauraient âtrq «qtpwam (]ue la démoDstnitioTi ne 1«8 f«tt oanMÎtK (Voip page 483 et suiv,),

Ck. 3i, 87. b, «8. La wnwtkm n^ 4(iBW pw une science véritable (oùjl (îi* «M^fifit Mv 4mwr 6m> C»^ réfttitt» «nC9>'« df tous Iw prîDiïiiws imUri^nrwi^nt admïA «nr la mturft de l'uni* wr^el) »t sur le râle fi^prème qu'il jop« ^» ù cQnna)iHiinç« : c'est également vm çowtéqiwat» 4« ce qui vient d'étra dit (Jans le chapitre qui pr^ oède; i* fortuit > f u effçt , 41e peut être çpium qu» par le «»iU| puisqu'il ue peut entrer, i, «ucuR titi^i ni dans ta science, ni d»[)s Udéu^onstr^tiou- J) COIH vMiit donc, à la 8uit« ,. de voir cjuelle est l« v^^çur d« la «e^isibUité dau» l'une «t dans t autïfh

Cb. 3q, 87, b, ag. <( Le fortuit nç saurait 4tr* V l'objet d'uQO déntonstratiou sciwtifîqwi ç«r (ç « fwtuit w peut être regardé m comun! né«e»» « ttir«, ni wépie wmme le plus Mutuel, c'est «t « «9ntiwi¥ w qui s» produit çn dehors de ow « db» «ouditionsi et I4 démou^tir^tion ne pçut .

c concerner que l'une ou l'autre. Tout >ïltogiWDft

« M «Ret>«st construit d^ propositions oécfiSMins, > f>H de proposition» 4h plus faahitu«U Si le» priH

(tpgÙMon^ sont nécessaires, la fiftudufiiflB l'e^ «t égalenient; si , du plus habituel, )a çopcltHÏoii « Test au»it par conséquent le fortuit, n'^faqi^ pi 0 le pluti habituel , ni nécessaire» il n'y apa» paur * hii de (lénaonstration.

AHALTSI »S9 BWtN, AUAIff . r*- UV. ■■ 0IIAF. V. 5IT

Cb, 3f-fOiin« peut pas admettre davantaga que <• \n Kns dpnp^t la sRieiiçe^oar^lara la sensation

■ apprepdraU (^qu'est la chose, gtnop pas ■implç- « H)«iit qq'elle e«t- MsU il y a néoesBité que ta

■ iwutipn indique l'etisteBoe de l'objet dans tel «Iwif it da^s l'iii8ta»t présent. Donc le général»

■ ruRivQiwl» ne «aurait; «tra p«rçii par lei seas;

■ il p'wf ni une t^ose spéciale , *ni une chose qpi

■ soit dans l'instant présent; t^p alors il ne serait

■ plus le général , puiyjue nous appelons général « précisément ce qpi est partapt et toujours. Puis « doqo qiie le» dénion^tratiops sont générâtes , et ( qu'flo ne «aurait , par la sensation , connaître le ï généFal , il eat évidtpt ausii qu'on ne peut aequ^

* rir la KÎenoB par ia sensation. Il est clair, au « eonti<Biro,quetomème sensation nousapprenant

■ quo le Sangle a »^ trois angles égaux à deux « droits, nous chercherions la démonatmtian , et < qua la soience ne s'acquerrait véritablement pas « ainsi qu'on le prétend ; car la sensatif» s'ap- «pliqu0 de toute nécessité au particulier, et

■ la aàen^ cnnsiste précisément à connaître le

■ général. YoUà pourquoi, par exemple, si nous «étions dans la lirno, et que noua vissiona tf

■ |err« s'interposer, nous ne sauriana pas encore la «c cause de l'écIipse. THtms sentirions bien qu'acte tnflUwnent elle a lieu, mais nous ignorerions « abaf^amwl; pourquoi} car la sensation ne s'ap»

* pËq^e pas au g^éral ; cependant, si. en voyant « ce pbénoniènB sq répéter fréquemment, nous eU'

SAS DBDXliaiK PAHTIBi ~- BZcnON I;

<c cherchions la loi générale, nous arriverions à la « démonstration} car le général devient évident c par la répétition des cas- particuliers. Mais le « général est surtout important en cequ'il donne « la cause des choses : et dans toutes les choses « qui ont une autre chose pour cause , l'universel ■ est fort au-dessus des sensations et de la pensée « qu'elles donnent. Quant aux choses primitives, a il en est autrement.

a On voit donc clairement qu'il est impossible, « par la sensation, d'arriver à savoir quelqu'une « des choses démontrables, à moins qu'on ne « veuille entendre par sentir, l'acquisition de la «c science par démonstration. Toutefois, il j a dans « les questions qu'on se propose, certaines parties a qu'on rapporte aux défauts mêmede la sensation. « Il est certaines choses que nous ne cherche- « rions pas si nous les avions vues, non pas parce « que nous les saurions pour les avoir vues, maïs « parce que cette vue aurait suffi pour nous don- <c ner le général. Par exemple, si nous avons vu « un verre traversé par la lumière qui le pénètre, « .nous saurons aussi pourquoi il y a combustion, « parce que nous verrions agir ainsi chaque verre « pris à part, et que nous penserions-en même temps « qu'il en est ainsi pour tous les verres pos^les. »

Ch. 3a, 88, a, 1 8. Les principes des démonstrations ne sauraient être les mêmes pour toutes. Le simple raisonnement le prouve fXoyixffiç) , puisqu'il y a des syllogismes vrais et des syllogismes

ANUTBI PU DEait. ANALTT. — UT. I. CBAP. T. SM

&UX , et que l'on peut conclure le vrai de propositions fausses. On peut, en outre, s'en convaincre d'après tout ce qui précède (« tûv xetfA^uv); ainsi les principes des syllogismes vrais ne sont pas même identiques. Le genre en peut être tout différent : ici, par exemple, l'unité; là, le point. Parmi les principes communs eux-mêmes, il n'en est pas qui puissent servir à tout démontrer. Ceà n'est pas plus possible dans la science analytique (88, b, i8, cv t^ {ivi]c>.û<iEi, voir plus loin, page 3i4)» que dans toutes les autres sciences. Les propositions immédiates ne sont pas davantage identiques; et, parmi les principes, il faut eu distinguer deux ordres fort différents : les principes dont on tire les démonstrations et ceux auxquels elles s'appliquent (il m xal Trspl ô). X<es premiers sont les principes communs; les autres sont les principes spéciaux (t^iai) : par exemple, le nombre, la grandeur pour l'arithmétique et la géométrie.

Âristote a déjà fait cette distinction plus haut, (pageaSg), et il l'a développée d'une manière plus complète.

Ch. 33, 88, b, 3o. Entre la science et la simple opinion (£ô^a), il y a cette grande différence que Tune repose sur le nécessaire, et Ja seconde sur le contingent. Une chose sue ne saurait êlre autrement; le contingent, tout au contraire, pourrait être autrement qu'il n'est : il ne peut donc être l'objet de la science. Si la simple opinion et la

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810 MbilUtR FAhfaii — Uctioi* I.

«ctrace se coafondâictit ainsi qii'bh le crttt trop Bouvetit , il s'ensuivrait, asaertioii absurdei que les choses qui peuvent éire auh^ment qù'eDëfl siMit, ne pourraient <tre autrement qil'eUefl Uè SDtit. Lti «impie bpinEoh arrive bien à la prdpoaititiu idimAdiàte; mais cette proposition itumédlate qu'elle atteint n'est pas nécessaire; aussi l'opinioh éët^Ub en soi tout'à-fait incel-taine {iSi$àûn)i El, d'Udfe manière générale , la science et l'opinlob tië peuvent jamais s'appliquer aU méoie objet (69, ft, 9S^ ne peuvelit pas du toUt être la métae ChOie.

AHstole ne pousse pas plus toiti ces betisldl^n'tions,et renvoie, pour les nuances divetves A iïtA«blir, entre l'entendement, l'intelligence, l'art, la Bcienue et la prudence (89, b, 9), à la Physique et à la Morale, que ces études regardent plus bpéClA'lebient. Ceci peut se rapporter à divers passages de la Physique (Voir ch. 8 de cette s» partie) «él de la Morale ( tôfrf. ), Aristote ajoute ici (ch; 34, 89, b, 10) une seule remarque, c'est que la BA<gaoité {érfiiicua) n'est pas autre chose que la distinction rapide du moyen ; c'est ^ par exettaple i ^» en voyant que la lune a sa partie brillante toujours tbumés Ters le soleil , quelqu'un vient à penser sur-le-champ que la cause de cet éclat de la lUtie , c'est qu'elle reçoit sa lumière du soleil^ cau^fe réelle du phénomène. Soit la position de la lline en face du soleil A, recevoir sa lumièl^ du Soleil B, ta lune r. B recevoir sa lumîèce dU salétl t^t à r la lune t A est à B, o'esi-à-dire que la portion

ANALTU OM UNI*. ASÀKVT. ~UV, t. CHAP. V. Bll

éclairée est tournée vera la chose qui donne la Umi^ I dmo A aussi est à r par b pris comme mt^en.

I«i se termine le premier Uvre des Derniers AOBr -lytiqtles. Il a été consacré tout entier^ comme ob l'a vu , à la démonstration « fin siipréme du raiv>ttticbient, et conârmation des pracédés qu'il emploie pour partenir à la coonaissaoce et à la certitude. La démoDstrAtibn a été analysée en elle-tnéue d'abord, «t dans les élém^ts qui la composent^ plis ensuit*) dans les formes dÏTerses qu'elle peut prctldre. Pat-tdut il a été prouvé qu'elle était la Mule ndétbode que l'esprit mit en uftage pour arri- Vfer, daés les dhosee qui ne sont pas d'évidense inlmécUate i, k la science certaine ) positive^ et à une Donclusion inébranlable et éterncUe, comiOe la véfité qu'elle révèle.

^^ ADÂLTSfe no UTRl! SEGOBO

IM Deraiers AttalTU^ues.

Il ne reste plus maintenant qu'à montrer Tusage ds la démonstration dans l'acquisition de la x:on>iMiisanee médiate; et à dire, enfin, commebt l'int^igende arrive à ees^An^ipf s immédiitH} fondaimentaux, sans IsiqtMf «lie tie {9eut être, btiu»

..gniod .yGoOgIc

5i2 BEvjaiaa pabiie. — uciioir i.

lesqu^ la démonstration ne saurait e)dst«r. Cest là l'objet du second livre des Derniers Analytiques.

Puisqu'il s'agit i^ de savoir quel est le rôle de la démonstration dans la science qu'elle produit» il &ut d'abord rechercher combien d'objets l'intelligence peut avoir en vue (ch. i , 89 , b, a3). Les objets dont elle s'enquiert sont eu même nombre que ceux qu'elle peut savoir; ces objets sont au nombre de quatre. C'est d'abord l'existence de la chose (ÔTi); en second lieu, la cause de la chose (Jf^Oi ensuite, et sous une autre forme, on peut se demander si une chose est (à iç%) , et enfin ce qu'elle est (tî kç\.). Par exemple, arrivé à savoir que le soleil a des éclipses , on se demande quelle en est la cause, et sachant à la fois que le soleil s'éclipse, et que la terre se meut (xwErnci), on cherche pourquoi il s'éclipse, et pourquoi elle est en mouvement. Cette forme n'est pas toujours celle qu'on emploie dans l'acquisition de la science, et l'on peut aussi, je le répète, s'enquérir si la chose est ou n'est pas (eî içv* h [iM srs) , et ensuite ^'enquérir de ce qu'elle est (tî éçvt).

Ch. 3, 8g, b, 36. On peut donc identifier la première et la troisième de ces questions (5n et ei), et la secopde et la quatrième (âion et ti). Il en résulte que toutes les recherches consistent à rer connaitre s'il y a un moyen, et quel est ce moyen. Car c'est le moyen qui .estla, cause, et c'est précis^ ment la cause qu'il s'agit d'obtenir.

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ARUrSB BK Dmt. AHilTT'-r-Itr. U. CBAP. T. IHS

Ch. 3, ^, a, 35. Mais, peut-on dire ici, la définition est précisément ce qui fait connaître l'essence de la chose (-n Èriv) : ainsi savoir par définition , et savoir par démonstration , sont choses identiques. Cette assertion, qui parait vraie au premier coup d'oeil , n'est point cependant soutenahle (StuuT). Toute définition est générale et affirmative : or, parmi les syllogismes, les uns sont particuliers, d'autres sont né^atife; il serait donc bien impossible de les remplacer par des définitions. On ne le pourrait même pas pour tous les syllogismes universels affîrmati&; ainsi quelle défiaition substituerait-on à. cette conclusion : Tout triangle a ses angles égaux à deux droits? La raison de ceci, c'est que savoir, c'est posséder la démonstration; et, pour les choses qui se démontrent , il n'est pas besoin de définition. L'on peut savoir suivant là définition, sans pour cela posséder du tout la démonstration.

Ainsi, il n'y a pas de définition partout où il y a démonstration; et réciproquement (90, b, 18) fl n'y a pas démonstration partout où il y a définition. La preuve , c'est que les principes des démonstrations peuvent être des définitions: et l'on a établi plus haut que nécessairement les principes sont indémontrables, parce qu'autrement on tomberait dans une série qui s'étend à l'infini

L'objet de la dé&iition (90, b, 3o) n'est en rien identique à celui de la démonstration. La pre-

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mièr» doane l'eneiice propre de la cime (w)«£fe«) : les démoDStrations «apposent touiei au contrat cette essence (mii ir»)} les toiftthéinatiqtaeBï par «templtit suptwMnt l'eiiitence de l'unité, d« Timpairt et ne «'en inquiètent pas. De plus, toutt àé- UonitraiAm détndntre une choie de quelque aatie ^cM. La définition n'attribue pa« du tout Une draseii une autre. C'est qu'en elifet il est tout différent de tdontrer ce qu'est la chOset ou aiiai^ «Mit que la chote esti La déânïtiôb montre cb qn'nt la chose (tC îri*)} la démon§tratîou pranve ^e tdle otune est ou n'est pas à telle autrëi

Donc, en réfumé) la déraotastratiMi et la tléft- Hition ne peuvent, quoi qu'on Ëuse^ s'appiiqbct de la mène manière.

Olb 4,91» a^ ifli Lefljllogisme ne poumàtdé» finir qu'à une condition 1 oe serait de prébdre va «oyen t^ciproque aux deux ektrâtaica; mais alolt ce serait faire une pétition de principe ^ et par cela même ce prétendu sjllo^isme besaemt d'en être Un.

Oh. 5, 91, b, a. Au lieu de la définition, ota pdurrait croira que U méthode de diviaiba {i ié tfiy ivn^tnu* iiif) arriverait k la démimitratiMt bkUs la méthode de division n'est pak tjilogitti'que, ainsi qu'on l'a prouvé dans l'analyse relatiTt But figures du syllogisme (n -rÇ îiK^OfEi t^ mfi n «X''f(jis[Ta. 91, b, i3).

Cette indication se rapporte eti efïet au tib. 3i du preibisr livre dm Pfenitera A[lalytlquea(Vair

ANALYSE Dtt DiMIT. AH AL Vf. -"Ut. U. CHAP. V. SlS

^ItlA hâbt, |)âge 347 et pOtif ôvct^iîtrél voii* {ilus hatll-,page Sog^et daoii la première partie, pp. 81 e( tû6).

■ ta ntàhtidb de dlvisldn né Bdui'àît êfl« Jtjllc^ gistique, puisqu'elle ne donne jamais rieti de flé^ cehUitM (etfefyxn bti yfvtrat) : elle bst tnétuë tadins déttionAtrdtiVe que l'induction (d ^irtifyb»). En sttppbsant qUé la division prouvât qiie tbUtes ïes partlëé de U défitiitiôn, ehstinble dU séparétaent, âont BU défini f ce ne sét^it pds encore là un« déniôttstfation. Quelques précautidns que Voti pi'éntie pouf tlé rien timettre {'sttifd'kiiKii't) dan« cette tné^ thode» elle t«btei-a toujours âs^^ltogiadqde (imA- '^'^'M) • On ne pOtitYA l'employé!- dahs Un talson- Hëttient t^gullei*. Enfin , les pat-ties de \i division ne peuvent pas plus être concltjes, isolement qu'en rtias^, du défini; à Chaque poi-tioh, en effet, on pouffa demander la caude, et oti «e pourra cet^l- -arment point t^pondte par une division nouvelle. « Qu'est'!» que l'homme, par cxetiipIeP tfesttiA ti bnittiai mortel, bipède, iktii plumes, elc. Malt « pourquoi? peut-on detnandef & chaque éplthète H qu'on ajoute (tcAp' ixaoi** ■nçithan). On rtpondra V pdf la définttioh : qu'il eu est ^insl parce qu'on « pëtise que tout âhtmal est mot-tel ou immor- «•tel, etc., etc. Mais certainement tout Ce tatsontt nement n'est pai nne définition ! de soVte que si •» Von démontt^it par la tnëthode de divinlon, Ib 4 définiHoti du moinb ne itet-alt assurément p» « un syllogisraei »

jSJO DKirxdaa PAKTn.— sEcnoH I,

On reconnaît ici qu'Aristote attaque Platon et aon école, bien qu'il ne le nomme pas; mais on né saurait s'y tromper, puisque U définition de l'homme qu'il critique est précisément la définir tien platonicienne.

Ch. 6, 93 , a , 6. It faudrait aussi, dans cette méthode de division , montrer le lien qui unit tous ces attributs, et en fait une unité, un attribut unique (h x(mr^poii|Afvov); car, d'après les éléments mêmes de la définition (ix tuv >a[j;êctvD|^vcav) , on ne voit pas qu'il y ait la moindre nécessité dans cette union des attributs. Pourquoi l'homme n'est-il pas un animal mortel, un animal bipède, un animal sans plumes, aussi bien qu'un animal mortel, bipède , sans plumes: en plusieurs énoociations distinctes , au lieu d'une seule ?

Ch. 7, 93 , a, 34- i^ définition ne prouvantres- MDce des choses (t^v où(tÛ(v) , ni comme la démonstration, ni comme l'induction, conunent la raontre-t-elle donc? ce n'est certainement pas en faisant appel au sens (ixîiï6)f«t >] tû Saxrûktfi). La définition ne montre pas du tout ce qu'est la chose (n lçvi)t car elle montrerait aussi que la chose est (»^iv«t xxl 6rn içvi)i mais il est impossible de démontrer dans une même notion (t^ aÙT^Xirf^) que la chose est, et ce qu'elle est. «

Si d'autre part la définition explique les mots et leur signification, ^te ne ferait donc que reproduire le mot sous une autre forme, et il s'oisuiwait, chose insoutenable («toicov), que tous les

DyGOOglÇ

ASiLTSS DES DSRff. AMAtTT. — LtV. H, CHAF. T. SJT

mots que nous prononçons seraient des définitions (â?e Sfttiiç ci^èixKsfoifu^a novTEf); Uiade, par exemple, serait une définition.

En résumé, la définition ne' saurait se confondre avec le syllogisme (oûre Timôv &i) : l'objet de' l'un et de l'autre n'est pas du tout identique. La définition ne démontre rien; elle ne montie même pas la chose. Du reste ta démonstration est aussi importante que la définition ; mais elle ne fait pas connaître l'essence des choses (t^ ti irtv).

Ceci mérite une élude plus approfondie (ch. 8, 93, a, i). L'essence (tô tî Èçtv) d'une chose et sa cause se confondent, une fois que la cause est connue, n n'y a pas , à proprement parler, démonstration de l'essence, et pourtant il y a pour la , connaître un raisonnement logique (XoyiMà; auiXayvj^). Mais comment ceci est-il possible? C'est qu'avant de chercher la cause de la chose (S\.6vi) , il faut nécessairement savoir que la chose est; car, chercher la cause sans connûtre Fezistence^ ce serait ne rien chercher (finîiv Çn-reïii irîv). Il n'y a donc point ici connaissance de l'essence par illogisme et démoastratioD, et pourtant, sans la démonstration et sans le syllogisme, on n'aurait point (x>nnu l'essence de la chose.

Ch. 9, 93, b, ai. Quand la cause et là chose elle-même sont identiques, il n'y a pas de démons- ' tration possible; on est arrivé alors k des principes (Kfx« Etffiv ) , c'est-à-dire , à des choses indémontrables, qu'il faut supposer, dont il &ut ad- '

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&49 i)sn;ii^« rM^ili^aws»» (.

uifittre Texistepc^, et qui 4aivep« être flfHiiiUM évidemmçQt de quelque façon q^ ce «oit. Ainsi l'arithméticien suppose conimes, et Tesi^tmot «( la npture de l'unité, l^p, cbopes, au cKt|iu*^re , dont h pause e«t e^ttérietire (mfn nv^, peuvont être déinoi)trée9 par cette panse piise poMV i^pjeni ^f>^ fie n'e?t pa^ Ipwr es^pç» qw'w démontre, atqsi qu'on vient de le dire (jj.^ f^i^rm

Ch' ip| 93i bt 39, l4 définition qui fait rénUf* ment connaître la nature de t« cUose, e»t mII« qui en fait en mêmç temp9 connaître la c»u4e;4t alor^ ce n'o^t pes autre cho^ qu'une déQH)n«trationi qui ne diffère absolument que par la forma (if ^fm i»<fifw), Ce n'est pas tout k fait ta même ohoM d« dire pourquoi il tonne, ^t ce qu'est le tomon*. A la première question^ on dira qu'ii t^in^^ psroi que le feu s'éteint dan^ 1^ nuage»; h, la s^pQpdei on répondra que ie tonnerre est |e bruit du (m éteint dans les nuagefi. Ainsi, la même peniéo (^ «v« T^ ï'<iYOî) est exprimée d'une autre façon ; icic'«tt. une.démonstration i là c'eqt une défiqitiont ^ d^ finition du tonnerre e^t qu'il est du bruit dan» k» nuvgeii et cela même est Ift condusioD 4^ k d'^ monstration de re:iiistenee du tonnerre,

Jl résulte de to^t ceci qu'il y a troi? epp^cea de dé^nitinns ; l'une qui est uns eYplicatinn indénwn* tfable de l'essence de la chose} une seconde qui est comme le syllogisme de r«s«ence, et ne ^^an de la démonstration ^ue par la formai Qt wte

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MW frei»iéii)0 qui o'«ftt qti'niia 'poiKlusiqH de la

Cil, if*94tii>«flOQaditpliHb9utqiie,con-' QAUns W9 cho», c'était en oonnftîtr* la caïus, »t gn'pa na »ftvAit Féçllenient que quand on était ari rivé à ce pQint. I^aU les eau^os »gat au nombre do quatre, et chacune d'elle» p^nt égalemast h canTutir eo moyen pour doonar la dénumitr*tion eherebéfl t souvent même il arrive que plusieura de oes causes se réunissent peur produira la oDtinaiMance, Cet quatre eauie* dont parla id Àristote août le» quatre principe» de ta Meta* physique,

Gb. II, 94r B* so. * Nous orajoua tavolr unA . <t chose, dit*il, quandqÎDus «n oonnatssoiw la eause; f^ or le* causes sont au nombre de quatre : la caqse (c lubatantielle (-Asi ^ eiM^()ila cause qui &tt que, « certaines chosea A^^t, iE\ chose ect ; la cause nv « trieç, qui a l'origine du mouvement ; et, enfin, la <( oauv finale. Toutes ces caiwes se déqiontraiit a par le terme moyen, ^in» la eauae ( aecads«

■ nelte) qui &it que , oertainea choses étant, tfillo « autre chose est, cette cause ne saurait se prcN < dulre avae iwe seuls ppopoiititaïf il en fout au n màm deuv t at la chwa n'a lieu que quand eHea

■ ant uQ mojen : ij'eai dmio an pienant ce n^en «I unique que la oonelusion devient nécessaire, a

C^oune de ces causer peut servir de moyM , Ql Aristote donne do» exemple pour obnçane d'elles. Voici un exem^e de la couse finale i

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520 DeDXâHE PAKTIX. — BBCTIOIT I.

(( B, 9. — Pourt^uoi [se proo^De^^n? Pour se « bien porter. Pourquoi la maison? Pour conserver c les meubles : ici la santé, puis la conservation « des objets, sont causes anales. Il n'y a, comme' s on voit, aucune différence entre k cause qui fidt <t qu'il faut se promener après dîner, et la cause a finale. Soit , la promenade après le dîner repré- « sentée par r : les aliments ne pas flotter dans Te»- , «( tomaç, par B: et se bien porter, par A. Suppo-' <c sons aussi que se promener après dîner f^se c que les aliments ne flottent pas à l'ouverture de «c l'estomac , et que ce soit une chose bonne i la ■ santé. Il semble alors que par r : se promener, a s lieu B: les aliments ne pas flotter; et que là se « produit A, qui est la santé. Qu'est-ce qui Ait donc . « que A est à r comme cause finale? Cest B : le^ « aliments ne-pas flotter; et cela en est comme le « motif, car c'est ainsi que ^ flfera obtenu. Pour- K quoi B est-il à r? Cest parce que être ainsi, c'at •c se bien porter. IL&utdooc renvoserles rapports, « et l'on tiendra de cettç façon les choses fort c claires. Dans les choses où il s'agit de causes mo- « trices, les rapports générateurs sont placéadans « un ordre tout à fait inverse à celui où ils le «sont ici; il faut pour ces causes que le tftrme ff moyen devienne premier, et qu'ici r soit le dern nier : car la cause finale est la dernière. » Do reste, les eifets produits par ces causes peuvent être, tantôt naturels et tantôt artificiels, et n'enpas moins rester nécessaires.

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ANALYSE DBS DERR. ANALtT. — LIT. II. CHAP. V. S2I

« laoécessitéest dcdeuiF sortes; l'une e3tse1oa « la nature et la spontinéité deschoses;rautreaii « contraire est de vlulence, et oppos^à cette spon- ' R tanéité. Ainsi , c'est bien par nécessité que la « pierre monte, ou qu'elle descend; mais lanéces- « site n'est certainement pas la même dans les deux « cas. Dans les choses que produit l'exercice de « l'intelligence, il n'y a jamais pour les unes,

■ comme une maison, une statue, ni de spontanéité, « ni d,e nécessité , mais une cause finale; pour les

■ autres, il yaaussi du hasard, comme la santé, la

■ conservation de l'existence. C'est surtout dans

■ les choses où il peut en être d'une façon aussi > bien que de toute autre, et dont la production « n'est pas fortuite, que la tin bonne qu'elles pour- « suivent s'accompUt en vue de quelque but , soit « parla nature, soit par l'art humain. Le hasard « n'a jamais de cause finale.

«Ch, 12, 95, a, 10. La cause, du reste» est « toujours la même pour ce qui arrive, est arrivé c ou arrivera, que pour ce qui est. C'est ton* « jours le terme moyen qui est cause : seulement « dans ce qui est, il est; dans ce qui arrive, il ar> « rive; dans ce qui est arrivé , il est arrivé; dans ce « qui arrivera, il arrivera. Ainsi, par exemple, « pourquoi y a-t-il eu éclipse? Parce que la terre « s*est interposée. L|éclipse aura lieu parce que la a terre s'interposera : elle a lieu parce que la terre « s'interpose, a

Quel est donc le rapport de la cause à l'efïet ? Le

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JM MtFUftHK.runÈ. — section t.

tolci. La cause peut êirfe ou n'être pas siofultaliée à l'effet : la cause simultanée «st là plai Mt^enx' ment employée pour terme mdyéti; et al«>rA tWH varie avec l'effet, relativement ru temps présent^ pRSsé et futur. Quand elle n'est pas simuUabêfc à Teffbti elle lui est hécessai^ement antérieure. Oa peut donc eenclure déntonstrativenieut la catise, de l'effet qui l'a suivie (iiA toS ûripof •{t^ibi à ffuMffywiJwîO* ™^'* *"* ^^ '* P*"* P^^ t*;iprOqufement de la cause à l'effet.

Ariftlote renvoie ici (96 , b , 1 1), pour pllis dé clarté ([wîAot «pavîpCç), à ses généralités &ht le tfiouvement, sans doute dans la Physique, lîv. 3 (iv •nïl x«0<{Xou ncpl xnifoEKtf).

Dans les démonatrationâ cii-ctilaifes (g6, a, t) dont 11 a été Question antérieurement (iv vXç «pfStotî) , les causa» et les efîels peuvent être démob'^ très eirculairement, c'est-à-dire, les Uns pat les autreb. Ainsi 4 quand la terre est hudtidef U se forme de la vapeur, et par suite de la vapeur, un nuage, et par suite du nuage, delà pluie; [iat' suite de la pluie, l'humidité de la teCre : mais ceci est précisément le point de dép&rt,«t TtHi y edt revend eirculairement (xiSx^t!» TrtpttXiîî,i*9e?).

Enfin dans les ehoses qui , aam être éteriielles , abni le plus souvent (M iiii ti "kM) à'Mtië èeirtafhè façon, il faut que le hioyeii, c'està^i»^ M cattse, sbit aussi de la méftie eipèce; et lëft pHttdpeS immédiats en sont alors également Après avoir ainsi ëttidié leA «animes, (^ës^àH[^^e,

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ANALTSK ns VSkii. ssjtbtf; ^ ttt. H. «Bip. v. Sft le tttoyen dfe la âétnëtatratioti , Aritrtof e passé m sdjM éi la démonstratioii (efa. 1 3, 96^ A, 33)» et il trace les règles de la définition qui connste à i^iclKreher Tes 8ttribtit« essentiels de la chbaé (n il T^Tîiçwnteni^paûptoi). hèé attHbu19 essentid» ^mVèbt êin égaux » Uurs ftlijets, tm être plo* étetidu^ cju'eui (iittihtitit M tiktmjt Ainsi l'impair «M r^ttribut essentiel du ntinibr« frc^; mais il est ^tussï A d'autres choses que tfois, et le dépasse p»t- conééquent ; il ekt par ex«tnple k cinq; mai» on toit (|uéj du moins, cet attribut essentiel ne soH pas dil gmrè, puisqu'il fftut tcnijtAir» que l'ioipair s'applique à un uombi>e. On anra de cette façon dM attHbuts essetltiels, qtfi poufrofit chadtin, prïs a part^ dépasser le àujet; mais qni, tous féunii*) fie le dêpftssierotii pas, c'est-â-dira que hrar ensettible AC potiri'a convenir qu'Ji lui setil^ Il faat iOHû, pour bien faiil-e la défiirïtion du sujet (97/ a; â3), n'admettre que les attribtita essentiel*, tes daSM^ selon l'ordre qui leur appartient ^ et n'ëH ometfrë auom. Le premier attr&at e^enHel est eeliii qtA est la eonséquenee de tons les autres; infti* dotft tous les autres ne sorit pœ la consé^J qiieoce;etainsi de suite poiir tous les attribnts, eH eilceptant d'abord le premier, puis te second « eia Du reste (97, b, a6), toute définition est toOM jonrÈi tintverselle, c'èst-i-dirC' ^u'«ll# convient à tout le défini. Ce qu'il faut ^echerdiër àâtH \m déttionstrations, c'est la vérité (ûwâp^itv)-, dan» itH âéfinîttotts ( c'e«l la darté {'A ttxfiq) , «t, poar l'ob-»

su MDlllaiB PARTIS. — B8CTI0I) I.

teniff il faut soigneusement éviter tes termes homonymes et les termes métaphoriques (6^MW}i.iety

Cfa. 1 4 1 98 T a > I • Pour bien poser les questions à tlémontrer (-rà nptA:n[tatTa ) , il faut dégager (àCkiftn) le sujet, auquel appartient primitivement la qualité particulière qui fait l'ubjet de la démonstration (ch. 1 5 , 98 , a , a4). Les questions sont les mêmes {■vk aùrtQ dans le moyen commun qui sert à les démontrer : elles peuvent être identiques par le genre, et diverses par l'espèce. Par exempte, s'il s'agit de savoir ce qui produit l'écho, ce qui produit la vision , et ce qui produit l'aroen-ciel * c'est pour tous ces phénomènes une seule et même question en geure, puisque la cause de tousi n'est qu'une réfraction, un brisement (àvixloMïi;) ; mais ces questions sont spécifiquement différentes; ici c'est le son, là c'est la lumière. Le moyen d'une question; sa cause, peut aussi être subordonnée au moyen, àla cause d'une autre. Pourquoi le lit du Nil est-il plus plein à la fin du mois? Parce qu'il pleut davantage à la fin du mois : et pourquoi pleut-il davantage à la fin du mois? Parce qu'il n'y a pas de lune, et c'est parce qu'il n'y a pas de lune que le ISil se gonfle à la fin du ' mois.

. Ch. 16, 98, a, 55. On peut se demander comment l'existence de l'effet donne à connaître l'existence de la cause, et réciproquement, comment la cati£e fait connaître l'efiet. Qu^nd la cause est

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1N*IT« DU BEHK. AKAITT. — HV. U. CHAP. V. 525

connue, U faut nécessairement que l'elTet soit connu ; mais on peut connaître l'effet sans en sa* voir précisément la cause (98, b, a5), parce que plusieurs causes peuvent concourir à un effet unique. Dans la démonstration proprement dite (ma' atm}, dans la démonstration de la cause, il n'est pas possible qu'un seul effet puisse être rapporté à plusieurs causes , puisqu'on y considère la chose en soi, et lion pas les accidents, et les signes particuliers qui peuvent la révéler (fi.ii xetrk <n)[uiov) ; seulement, le moyen y est pareil à la question ^te-même : homonyme, par exemple, si die est homonyme , etc. Le moyen alors constitue la définition même de la majeure (Içi ii -rà ^vm Xvmt ToQ itpûrou oxpou).

Toutes les questions qu'Aristote traite ici sont peu développées, et manquent peut-être aussi de clarté , à cause de cette précision même. Mais on peut penser qu'il s'est abstenu d'une discussion complète, parce qu'elle devait mieux trouver place dans la Métaphysique.

Ici se termine, comme dit le philosophe luimême, la théorie du syllogisme et de la démonstration (<r\iyk<r^t^jMi}utMTm8%(^taç).lja seule questiAi qu'il reste i éclaircir, c'est de savoir comment se forment, dans l'intelligence, ces principes qui servent de base à la démonstration comme an syllogisme, et quelle est dans l'âme la faculté qui les connaît et qui les subit (-ppupii^ousa iSt;). C'est

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8M Dnnfcia rtMon. ~ SEctii» i.

Tune des questions les plus graves que puisse se posw la logique; et dans ces derniers temps, c'est sur ee problème qu'ont porté presque tous les efforts de la philosophie du disrhuitièmesiède, et de odie du nâtre. Dans le moyen-âge, on fl'QOCupa surtout de savoir ce qu'étaient en so^ ces principes, se formulant en idées universelles, et de iJt 1^ doctrines du réalisipe et du nominalistne. loi Aristotp sepropose de rechercher, non point ce que sonf , (^^ns 1^ nature, les udlversauz , qui , comqie il l'a dît lui-raéme plusieurs fois, ne lui paraissent qu'une affaire de forme, mais bien , d'où viennent ces principes immédiats, indémontrables, sans lesquels il n'y a ni coiinaî»sance ni démonstration. Il importe de le laisser parler Inl-méme, de peur d'altérer sa pensée dans un sujet si délicat, où lamoiodre nuance mal saisie peut causer de grav^ erreurs.

Cb. i9tp. 99tl>) '7- " Quant à savoir, dit-il, y cupiment les principes eux-mèoies nous sont « connus, et quelle est en nous la faculté qui les « connaît, voicfce qui nous l'apprendra, après ^ louttp les questions écUircies plus haut.

tt On a dit autérieuremeut que la démonstratiqu /ne peut donner la science , qu'à lu condition de s connaître préalablement les principes immédiats. « Itfais on peut «e demander si, pour les prÎR- « cipes immédiats, le mode par lequel on en ao- « quiert la connaimance , «st le même que pour les fiatttresious'ilest différent; s'il y a sàenco pour

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« (CeusTlJt pflipnie ppur oeiiK-ci; s'il y a «eulement f t^fience réelle fïopr les uns , et tin mode divers

■ iJ'4Pquiûtioq pour les auti^; et enfin, si les ê.^tflté» qui «n.itQMs.CQPnaisseQt cm principes, n «'iicqitièrent ff^^» êtr* iimèes, ou si, étmx innées, f âUe^ noif» sont incopoues. II fofi absurde de

• flBftjer qj»« PftHs ayQUs ces principes; car alors, f tçut en ayant une connaissance pluç exacte qu« « 1^ 4émon^tr^ïjpnmême, novis n'en saurions rien. f M9U »i nous supposons que npqs n'avpns pag 5 antérieureipen|: ces principes, comment pour- I rioqs-nous en acquérir la connaissance, et le« 8 9pprfiTidrB sans connaissance préalable? l^ f c}û>9e, en e^et, est impossible* ainsi qu^ nous

• ),'aTQn9 prouva en traitant de la démonstration. 4 ))^t donc clair qu'il est impossible à I4 fois, et 4 qpe nous ayons ces principes, et que'nous les «acquérions, sans avoir antérieurement aucune

4 C<;nini)issanpe quelconque. Il faut donc nécessai- <> remept que nous ayons une certaine Êtculté « de les acquérir, sans que toutefois cette faculté

5 soit plus précise et plus relevée que les principes t em-mêmes.

« Or, cette faculté semble se trouver d^ns tous f Jes animaux. Us ont une faculté innée de juge- 4 mçRt, qu'on appelle la sensibilité. Dans quelques

• animaux, cette faculté native est accompagnée de if, la persistance de la sensation; dans les autres, elle

■ np Vest pas. pans ceux pour qui cette persistance fi ^'existe poiift , la connaissance ne ya pas fiu-dcU

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52S OEOXifeltB l>ARTU. — SECTION I.

' de la sensation , soit d'une manière absolue , soit a pour les objets dont la perception est tout aussi- « tôt effacée. Ceux au contraire où elle persiste, a conservent , outre la sensation , quelque modifi- « cation dans Târae. Ces modifications , se multi- « pliant, prennent un caractère distinct, et c'est « de cette permanence que se forment là raiscm a chez certains animaux , tandis que d'autres n'en « eut pas. De ta sensation vient donc la mémoire, a comme nous le disons, et de la mémoire virait « l'expérience, quand un même fait se répète plu- « sieurs fois. Les souvenirs, quelque nombreux « qu'ils soient, ne forment cependant qu'une seule « et même expérience. C'est, de l'expérience et • de tout objet général s'arrêtant dans l'àme, « c'est de toute unité qui ressort de la pluralité, > en étant une et identique. dans tous les cas parif ticuliers , que se forme le principe de l'art et de « la science; de l'art, qiiaud il s'agit de produire ff quelque chose ; de la science, quand il s'agit seu- « lement de ce qui est.

(c Ainsi donc ces principes ne nous sont pas préa cisément innés, ils ne procèdent pas davantage ■ de principes plus évidents qu'ils ne le sont eux- « mêmes; ils naissent de ta sensation. Dans une « déroute, quand un fuyard vient à s'arrêter, « un autre s'arrête aussi, puis un autre, jusqu'à « ce que la tète même des fuyards cesse de «fuir. L'ime est faite de manière à pouvoir « éprouver en elle quelque diose d'analogue. C'est

ANALtSe DU DEHK. ANALTT. — LtV, U. CBAJf, V. 529

« ce qu'on a soavent répété; mais, comme on l'a « toujours dit peu clairem^it, nous ne craindrons « pas de le redire. Lors donc qu'un de ces objets « ifomogènes -vient à s'arrêter, il forme le premier, « dans l'âme , une idée universelle : l'âme en effet « a bien la sensation du particulier, mais la sen- « sation s'élève à l'universel; c'est la sensation « de l'homme par eiemple, et non de l'homme in- « dividuet , Callîas ou tel autre. Le reste alors s'ar- « rète aussi, jusqu'à ce que se forment ainsi les « idées indivisibles et universelles : par exemple, . a de tel animal individuel se forme l'idée générale « d'animal, qui sert également elle-même à en for- « mer d'autres.

«C'est donc évidemment une nécessité pour « nous d'arriver par induction à la connaissance u des premiers principes ; car c'est ainsi que la sen- « sation elle-même arrive à nous donner le génétf rai. Mais , comme, parmi les facultés de l'âme qui « nous servent à atteindre la vérité , les unes sont « toujours vraies, et qne les autres peuvent être « fausses : la conjecture, par exemple, et le raison- K nement ; comme la science et l'intelligence sont « étem^ement vraies , et qu'il n'y a rien de supé- •I rieur à la science que l'entendement lui-même; « comme, en outre, les principes sont plus évio dentsqueIesdémonstrations;etquetoutescience s repose sur la raison . il s'ensuit qu'il n'y a paft » de science pour les principes, parce qu'il ne « peut y avoir que l'entendement qui soit plus vrai

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V« PZeXrtW tà9Xi^ -T- MCTfON 1.

r que la science. JL'entflQ^emeoï s'4pplique donc « au¥ priopipes , et ceU ménie dou» prpttve (]ue le « principe de la démomtrfitioif n'«$t pa» iipe dé- « nioAStratipp, et, qu'en iin inot,U n'ya^M^de s «C(Qa(% de la «çienqe- S'il n'y a 4opc au-delà de ce la science aucun gfiW^ de vérité, c'est Teuton- ^ depicnt qui est le priudpe de la ^euce; ainsi, « il e^t \p principe (lu principe ^ et tout principe « est dans un rapport analogue rel^tiTfuaept à % fous les ol>jets qui le concernent. •

Avec Le second livre de» Derniers Analytiques, jSnttla première moitié de TOrganqu, et lapins, importante, sans contredit. Ou peut voir nwu^

tenant que la méthode entière, paftaa|: d^ potions amples, sans liaison, coutnie saoq v^ritié ui erreur, jc'est-àrdire des Catégories, et arrivait, parle syllogistqe, à la (Jérnopatration et à la certitude de la connaissance, est complètement achevée. X^ priur cipes sur lesquels repose la.copniùsssnce ont été développés, étudiés» depuis leurs éléments indivisibles jusqu'à leur combinaison |a plus parfiùte et la plus reculée. S'il reste quelque chose à faire, f;'est uniquement de montrer comment cette constitution absolue de la science, doiin^e indépendamoient de toute application, etp^r l'analyse la plus pdre, s'abaisse devant la pratique , et descend du nécessaire et de l'éternel, au prol^able et au contingent. Cette dernière partie de l'Organon appartient donc à laecience subalterne qu'Âristote ' ntunwe la pi^lsctiqtie (Voir phi» hatit page» ^47 ),

ÀSàLYSE DU DRKB. AlUttT. — UT. B. CBAF. V. |H

de mima que toute la première partis, ou du moins celle qui couceroe le syllogisme et la dé-monstratioB, se rapporte à l'Analytique i a'estT àïdice, k la science fbrmeUi de la vérité.

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