LIVRE PRBHtBB BXS TOPIQUES
Aristote débute, selon coa habitude, par exposer, d'une munière générale , l'objet qu'il se propose, et ici (ch. i. ioo,a, i8), «l'objet de ce «traiter dit-il, est de trouver une méthode qui « nous mette en état de raisonner sur toute espèce
■ de sujet , en partant de données probabIe;s , et
■ qui nous apprenne k ne point nous contredire « nous-mêmes , dans le cours de la discussion. » Os opinions probables, sur lesquelles va reposer toute la doctrine des Topiques, sont celtes quioDtpourgarantl'autorilé des hommes, que l'on prenne d'ailleurs la totalité des jugements humains, ou la pluralité , ou bien qu'on s'adresse seulement aux sages , et parmi eux encore , soit h la totalité, soit à la majorité, soit même à la minorité des plus connus et des plus illustres.
Aristote reconnaît quatre genres de syllogismes: le démonstratif, qui part de principes vrais, ptimitifs , évidents par eux-mêmes , et sans qu'il soit oécessaired'en rechercher la cause ; le dialectique, qui parties opinions probables, ayant pour elles d'imposants suffrages ; l'éristique (if irtxô;) ou oon • testable , partant d'opinions qui semblent pro- ' bables, sans l'être cependant réellement; enfin, une quatrième espèce qui ne mente même pas le nom de syllogisme, parce qu'elle ne donne pas un rai- &(»iDemeut proprement dit; c'est celle qui semble procéder d'opinions paraissant probables, mais
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H4 MmAnt mTii.^McnM tj^
qui,par quelque vice de forme, n'en procède même pas véritablement.
toi, a, 5. Il ftiiftjoindreà ceâqtiatrtf ttpëet» du syllogisme, le paralogisme, qtii 6d rapproche 4& la dernière, maïAqui est borné k une aciene« ipfriSàlé, dans Uquelte bti prendrait dM données fenssés, qni n'auraient même point pour «ll«ft ris* Sentiment d'aucune autorité.
Arîstote s'arrête fort peu à ces distinc«idhs dti Syllogisme, il nefalt qu'eh donner une esqtiiMe(&f Ttîir^ nef ilctSftv) , comme il le dit lui-même; eC fcette réserve semblé tout-à-fait convenable, si l'on admet que la composition des Topiques est poStA' rieure à celle des Analytiques. 11 est p«u probable^ en effet, qu'AHstote n'entende point encore idptf syllogisme démonstl-àtlf, tout ce qu'il a compri* sous ce nom dans Im traités qui précèdfent.
Cb. a , loi , a^ %S. Cette étudd des TopiqMS petit être utile de trel» manières: i* d'abdrd^ comtne éSetvice d'intelligence (fM^imikt); l'elM pbnt servir mix discussion» , où l'on ne rencontré habituellement {ttfiu; -ràtf étviiU^i) que cefroplitioirt probables, qui serrent de point de départ •Ji la div lectiqù6; 3* enfirt, ellfe peut être bonne tnâttel l'acquisition de Itt bonnaissancft t>hilos(ypfaiqtle (ttjAç "ràç xirè (plwrtçfw i*ir^[Ktç), et deH prindfieè ei]x->alême6. InrestigatKée pàt- ndtat^ (liitm^ fitf oStra ] ^ li dialectique peut ourrir le chéatili ■rers tes principes ^néfaux ém âdenoM, tant «n t^roeêdiiDi pu le probable.
..gniod .yGoOgIc
AiuLièt vu ¥(tnQnn.ulif. t. cBip. n. ii9 ■ Ch: 3, ttiii 4, 5. Il «erait & dékirer id que là méthode qu*Dn trouVerâ i'ùt autsi bonne que tiellé ât! M rtiéhiritiae et de la médecine, et qu'on afrifftt, dti tnoltis, k «avoif tiret- tout le parti possible A» «Moments dont bn peut disposer. Oit Voit pai' êë vtet) d*Ari8tote qu'il assimile la Topique k nit «rt» et qu'il est lotti de la p\acét à la même hauteur que la science analytique.
Id fihit là première pai-tié de ce livre, et ce qii^Ort |)otitTait appeler IMutroduction des Topiques. Aris^ fote y a elposê Tobjet, et Tutilité de la méfliôdé dialectique qu'il va développer. D cherche, dan4 la partie suivante, à montrer sur quels étémetttâ ell« s'exerce, c'cst-i-dire , quelle est ta ttiallère et la forme des disctissiotis dialeciîqiteâ.
Cfa. 4, iot,b, 11.11 énumère donc les seuls objets possibles de toute discus^bn, et ces objets sonE • {irécitfément ceux des jU^tnents et des syllogismes! Cette dasslBbattoh est la base même de toute là Topique : et l'on verra qu'elle sert à en donnei' les divisions priudpales J AristOte y dfenienré tbnStatâment fidèle. Void comment il Texposè Ini'itiétUk :
Cb. 4, Ibf, bi II. a II faut voit' d'abord d'câ * prtKède cette étude. Si nous avions en elfet touS I les t^jet» auxquels s'appHqtient les rftisoiuiett imetlts, et c^ux don t ih «bnt fottnés, Si nous avibhlt s en mitre \h moyens a&ui'és de hbua hi ptudu- « rtir, noua aurions précisément ce que nous cher^ I tbtntt. Ge«oht en effet des objets identitlues et
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BU BioxifeHi pum. — siCTiaR t.
« égaux en nombre que ceux d'où Tiennent les a raisonnements (Xvj^ ) ^ et ceux auxquels se rap- KportentlessylLogismes. Les raisonnements secom- « posent de propositions^ et les syllogismes coDcer-
■ neut les questions. Or toute proposition, comme « toute question , ne démontre que le genre , ou le « propre , ou l'accident, puisque la différence , en € tant qu'appartenant au genre, doit être classée c avec lui. Quant au propre, il peut à la fois ex- « primer, ou ne pas exprimer, l'essence même de la « chfce : divisons-le donc d'après ce point de vue ; « et que le propre, qui exprime ce qui fait l'es- « sence de la chose , soit appelé définition (6po(),
■ et que l'autre espèce de propre garde spéciale- « ment la dénomination commune aux deux. Ceci s montre donc évidemment ({ue, d'après notre dia vision , il n'y a ici que quatre objets en tout : le
M propre, la définitiim, le genre et l'accident. Qu'on , « ne suppose pas du reste que nous veuillons dire « ici, que chacune de ces choses forme à elle seule « une proposition ou une question; nous disons « seulement que ce sont elles qui forment toute « question, toute proposition. La question et la «proposition diffèrent par la forme; en voici un « exemple :,Aî^ç|^ .t^rresb« bipède, est-ce la détc finition de l'iioînme? Animal terrestre bipède, « est-ce le genre de l'homme? C'est une proposi- « tion.. Mais si l'on dit : Animal terrestre bipède, « eatrce„o}i n'est-ce pas, la définition de ['homme? < ou bi«i)»r!Uiitnal est-il legenre de rhomme,ou ne
AKALT8K DES tOPIQVtSS. — LIV. I. CBAP. VI. 35T
« l'est-il pas? C'est une question , et de même pour a tons lt-8 autres cas. Ainsi les questions et les prête positions sont toujours en nombre égal; car de «toute proposition, on tirera une question, en c ne faisant que changqr la forme.
« Ch- 5, loi, b, 38. Le terme ou définition a exprime ce qui fait l'essence de k chose. Od « peut du reste remplacer l'explication complète
V par le nom simple, ou substituer une explica- « tion à une autre ezpiication
K I02, a, i8. I^ propre n'exprime pas l'essence « de la chose; mais il n'appartient qu'à la chose « seule, et il peut être pris réciproquement pour « elle. Par exemple, le propre de l'homme, c'est
V de pouvoir apprendre la grammaire : car, s'il est A homme, il peut apprendre la grammaire; et, « s'il peut apprendre la grammaire, il es) homme. m En effet, personne n'appellera Propre ce qui « peut être aussi k une autre chose ; ainsi , on oe « dira jamais que dormir soit le propre de l'homme, « quand bien même il pourrait se faire que, du- « rant quelques instants, l'homme seul possédât K cette qualité. Si donc on donnait comme Propre « une qualité de ce dernier genre , on ne donnerait a pas ainsi un propre absolu, mais un propre tem- « poraire et relatif. Ainsi, être adroite, peutêtre un a propre temporaire; avoir deux pieds, peut être « un propre relatif de l'homme, par rapport au « cheval ou au chien. Qn voit donc qu'on ne peut « faire une attribution réciproque des choses .qui
;.Googlc
SSK DIOXlfellB PABTU. — SECTION I.
c peuvent appartenir aussi à quelques autres; car «il n'y a pas nécessité, par exemple, qu'un être c qui dort, soit homme.
« Le genre est ce qui est attribué essentielle- «c ment à plusieurs c^jf t» qui différent en espèce.
■ rappelle attribut essentiel ce qu'on peut ré- K pondre, quand on demande ce qu'est l'objet en « question. Par exemple, si l'on demande pour « l'homme ce qu'il est , on peut répondre qu'il est « animal....
a L'accident n'est rien de tout ce qui précède; « il n'est ni défihition , ni propre , ni genre; « mais il appartient pourtant à la chose. C'est « aussi ce qui peut être, ou ne pas être, à une « même et unique chose : ainsi, être assis peut être,
■ et ne pas être, à une même et unique personne; K et de même pour sa blancheur ; rien ne s'op- « pose à ce que cette personne soit tantôt bUnche
■ et tantôt ne te soit pas. La seconde définition de * l'accident vaut mieux qtïe ia première. Celle-ci « en effet, pour être comprise, exige qu'on sache «préalablement ce qu'est la définition, le genre « et le propre : la seconde, au contraire, suffît à < elle seule pour faire connaître ce qu'est en soi « ce qu'on cherche ici... Du reste, l'accident peut « être un propre temporaire et relatif; par exem- « pie : être assis, qui est un accident, devient un
■ propre, si on t'est seul; et, si l'on ne est pas seul, « ce sera un propre , relativement k ceux qui ne « lont pas assis. Ainu dans tel temps, relativement
.,gniod.,GoOglc
AN ALTSE t>tS TOnQDBS, — LIT. I. CBAF. TI. SSt
« à telle cbose, l'acddent peut devenir un propre; « mais absolument parlant , il ne l'est pas.
« Ch. 6, loa, b, 37. 11 fautremarquer que tout « ce qu'on a dit ici du propre , du genre et de « l'accident, pourrait s'appliquer aussi bien à la ' « définition.... et tuuteg les choses que nous avons « énumérées sont, d'après ce que nous venons de « dire,en quelque sorte définitrices; ce qui ne veut « pasdire pourtant qu'on doive les confondre dans •c une seule étude.... >
Ch. 7, io3, a, 6. Aristote définit ensuite les diverses significations de Tidée du même, et U se résumeainsi (ch. 8, io3, b, i) : b Pour se convaincre K que tous les jugements se forment des éléments « énoncés plus haut, que c'est par eux qu'ils se pn>- « duisent, et que c'est à eux qu'ils s'appliquent, il « existe une première voie : c'est celle de l'induction.
■ En examinant, enefletichacunedespropositions
■ et des que.stiohs,on verra clairement qu'elle vient «c toujours de là définition, du propre, du genre « ou de l'accident. On peui aussi prouver ceci par « raisonnement (QuUoyi0|jLQû).llfiiut nécessairement * que tout ce qui est atiribué à une chose, puisse, « ou ne puisse pas, en recevoir réciproquement « ratlribution. S'il peut en recevoir l'attiibution « réciproque , c'est une définition ou nu propre : (t définition, s'il exprime fessence de la chose: H propre, s'il ne l'exprime pas. Nous avons en m effet nommé Propre, ce qui est réciproquement « attribué à la chow, sans exprimer son essence.
S4t nlUXlÈHB PARTIE. — SBCTIOIl T.
K S'il De peut être attribué réciproquement à la « chose, it fait partie, ou ne fait pas partie, delà « définition du sujet. S'il ^it partie de la défini- « tion , il est genre ou difféi^nce ; car la définition c vient du genre et des diffi^rences. S'il ne fait pas « partie de la définition, il est clair que c'est- un a accident : car on a nommé accident ce qui n'est «c ni définition , ni genre, ni propre, et qui cepeo- « dant est à la chose.
«Ch. 9, io3, b, ao. L'accident, le genre, le c propre et la définition , sont toujours dans «quelqu'une des dix cat^ries, puisque toutes c les propositions qu'ils forment expriment tou- ■ jours la substance, la qualité, la quantité ou a telle autre des catégories. »
C'est ici que se trouve, comme on l'a dit antérieurement (Voir première partie, p. 5i), l'énumération complète des catégories, la seule qu'on puisse citer dans les œuvres d'Aristote, et qui, de plus, les donne avec l'ordre même, où elles sont développées dans le traité spécial qui porte ce nom. Ainsi, l'on doit penser qu'à l'époque de la composition des Topiques, Aristote avait déjà fixé, si ce n'est écrit, la doctrine fondamenlale de l'Organon.
L'attribution est essentielle (oùfftov oïijxofvei), quand le sujet et l'attribut sont tous deux dans la catégorie de la substance; elle n'est qu'accidentelle, quand le sujet est dans cette catégorie et l'attribut dans une autre. Ainsi, quand on dit :
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ARALTGZ DBS TOPIQDIS. — LIV. I. CHiP. Tl. Ht
L'homme est un animal , l'attribution est essentielle; car homme ei animal sont tous deux de .la catégorie de la substance. Mais quand on dit, devant une conleur blanche , que l'objet qu'on à soiiï les yeux (è)uut[ttvov) est blanc, ou qu'il est de couleur, on dît bien ce qu'il est, mais on ajoute sa qualité (imi» enfuém) : si l'on dît qu'il a une coudée de long, on ajoute sa quantité; et ce ne sont plus des attributions essentielles.
La définition, le genre, le propre et l'accident, forment ce que les Scholastiques ont appelé les quatre attributs dialectiques; et ce sont là, dans la doctrine d'Aristôte, les quatre seuls points aux-* quels puissent s'attacher l'étude d'une chose, et la discussion qui s'y applique.
Ch. 10, io4i a, II. Ici le philosophe a besoin de distinguer, d'une manière plus nette, ce qu'il entend par proposition dialectique et question dialectique. La proposition dialectique est celle dont on peut raisonnablement discuter : ainsi, se trouvent exclues les propositions dont la vérité ou l'erreur sont parfaitement évidentes, puisque per^ sonne ne voudrait combattre les unes, ni soutenir les autres. Les opinions dialectiques sont donc, à proprement parler, les opinions probables, qui du reste peuvent l'être à divers degrés : probables, comme on l'a dit, parce qu'elles ont pour dles l'assentiment des sages ou de la majorité , ou l'assentiment des habiles, dans quelque science spé-' ciale; probables , parce qu'elles 40Dt l'expression
34S UWXlftlIB rAKTO. — «KTIOT I.
cootrtdictoire des opinions contraires aux opinions probables (àvavrut xot' àvttfoaiv),
Ch. Il, io4> b, 1. Les questions vraiment dialectiques sont celles où les avis sont partagés, et où il s'agit de savoir le parti qu'il faut prendre, et celui qu'il faut éviter, ha thèse, qui se distingue de la proposition et de la question dialectiques, est l'opinion paradoxale soutenue par quelque )jfailosophe illustre ({M[âk:«i{i4f ««ptcÂo^o; Tùvifvupiiiuv xnhç xotàfOuHnfîav) :telle est l'opinion d'Antisthéne,qu'il n'y a pas de contradiction possible; celle d'Heraclite, que tout se meut; celle de M^tissus, que rÈtre est un. Du reste , toute thèse est une question dialectique; mais toute question n'est pas une thèse : il fuut les distinguer, qmtiqu'babituellement (wjv ) on les confonde. D'ailleurs, il De &ut pas plus discuter toute thèse , toute question, qu'il ne but discuter toute proposition , et par les mêmes motii^ U ne faut s'occuper que de celles dont un esprit raisonnable peut concevoir quelques douter. On doit négliger les aulres où l'on peut va appeler k l'évidence de la sensation seule, ou qui seraient évidemment immorales , et mériteraient , non pas d'être discutées , mais d'être chàtiéea:parexemple, si l'on demande : La npige estelle blanche, ou ne l'est-elle pas? Faut-il, oune &ut-il pas, honorer les dieux , aimer ses parens?
Après ces définitions, Aristote établit que la cUscussion dialectique peut procéda par syllogisme ou pu* inflaction. Il oe s'arrête pas du Test*
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AAALTBB DIS lOPlQUBE, — UT. I. CHâP. VI. iAi
au syllogisme, parce qu'il en a traité antérieurement (xpÔTEpov tXfntai). Ceci est une preuve nouvelle que les To|;ùques oot été composé» après l'Analytique :
CÎl la^ioS^a, lo. « tly a deux sortes demé-
■ tbodes (Xô^uv^ dialectiques, l'induction et la. syl- «Ic^me. On a dit précédemment ce qu'est le < syllogisme : l'induction est un passage du parti- (culier au général. Par exemple, si le pilote iu-
* struit est anssi le meilleur cocher, on dira d'une I manière générale que relui qui est instruit est f aussi le meilleur en tout. L'induction se fait
* mieux croire du vulgaire ; elle est plus claire , et
■ plus facilement compris par la sensation. Le isyllogisme,aucuntrjire, est plus impérieux(^iaTf
■ û&npov) , et plus énergique dans U discussicm. kCIi. i3, io5, a, 30. I^s divers objets aux-
« quels s'appliquent les raisonnements, et ceux « dont les raisonnements se forment , sont tels M qu'on l'a dit. Les instruments (ô^ava) qui nous « procureront des syllugismes et des inducttf^nt,
* sont au nombre de quatre : l'un , c'est de choisir «des propositions^ l'autre, de savoir préaser
■ tous les sens divers qu'une chose peut reoC" «voir;l« troisième, de découvrir les différences
* des choses; le quatrième enfin, de distingui>r les
* ressemblances. Trois de ces objets sont aussi «en quelque sorte des .propositions; car, pour « chacun d'eux , on peut faire une proposition. Par « eufnple. — ll£aut préférer Hionnéte à l'agréabte
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344 DimiiltE FAHTIB. — BKCTIO» I.
« et à futile. — La sensation diffère de la science, en « ceqn'onpeutressaisir l'une, après l'avoir perdue, « et qu'il est impossible de ressaisir l'autre. — "Le « sain est à la santé, comme le vigoureux à la vi- « gueur. De ces trois propositions, l'une se rap- « porte à la multiplicité des significations, la se- « conde vient des différences, la troisième enfin se a forme par la ressemblance. »
' Il faut attacher une grande attention à ces quatre inslruments dialectiques, qui, comme on le verra par la suite, s'appliqueront successivement, tous ou en partie, aux quatre altributs dialectiques. On a déjà dit qu'il était possible que le titre d'Organon eût été'emprunté de la signification remarquable, et du reste fort claire, qu'Aristote donne Ici au mot ôffcna (Voir plus haut p. i S). Ch. i4) io5, a, 34* Pour procéder au choix des propositions (ïxXext^ov), il ^ut,ain8i.qu'on Ta dit plus haut, prendre celles qui sont appuyées de quelque autorité, ou les propositions semblabief à celles-là , et reposant sur des données identiques. U sera bon aussi de faire des extraits des ouvrages écrits (ix. Ti5v fiffa^^^wt >,oywv), pour chaque genre de sujets ; de faire des divisions, dès classifications (Âtgcypaçà; miiîaHcu x<^p'c) î et de noter les opinions de chaque auteur; par exemple celle d'Ennpédocle , qu'il n'y a dans l'univers que quatre éléments (-rf-rropa <7a\ténM tmv^svt). En général, et d'une manière peu précise ('nt^ ircptXo- 6kv), il y a trois ordres de sujets : moraux , pby-
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asàltse DBS Tongusa, — liv. i. chap. VI. 94!( siques, et logiques (^oYuutl). En philosophie, on
dierche à les traiter avec vérité; en diuleclique, on se contente de la simple probabilité (SistXtxTix&c itpiî Sû'Çav). Une attention qu'il faut avoir pour toute espèce de propositions, c'est de prendre les plus générales ([/mK^tx xaQi^ou), parce que celles-là «I renferment toujours d'autres , qu'il est facile d'en faire sortir par la division. Si l'on dit, par exemple, qu'on connaît simultanément les oppo* ses, on pourra tirer ^e là celte double proposition, qu'on connaît simultanément les coniraîres et les relatifs^ puisque les contraires et les relatifs ■ont des opposés (àv-nxeijAévùiv). ■
Telles sont les règles à suivre pour le premier instrument dialectique, le choix des propositions. Pour le second i qui est la distinction des divers sens des mots(ch. i5, io6, a, 3), elles sont aussi simples. 11 ne faut pas d'abord s'arrèler seulement à la forme du mot, il faut aller jusqu'à sa signification (Xiïyou;). Il ne faut pas se borner à la^chose même (106, a, 9), iliàut aussi regarder à son contraire, et en rechercher également les significations différentes, de manièi'e à reconnaître, de part et d'autre, les homonymies. Parfois, le nom s'accorde; mais l'espèce, si on ta consulte, montre aussitôt la difîérence (106, a, a3). Ainsi, Claire s'appliquera à la voix aussi bien qu'à ta couleur. Il se peut, du reste, que l'une dies deux significations homonymes ait un contraire, tandis que l'autre n'eu aura pas (ibÔ^b, 3);ainsi, aimer au moral
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S4( mnufcm rum. — ucnoff i.
(xsTà T^ Junoun) a un contraire, qui est hmr; mais aimer au physique (xaràrùv «u^Krtxitv ni^ ytun] n'en a paft. De plus, l'une peut avoir des intermédiaii-efl, et l'autre n'en point avoir;ou btea, l'une peut en avoir plusieurs, et l'autre n'en avoir qu'un seul ( 106, a, i3). U faut bien ^amioT encore si le contradictoire de la chose a plusieurs signiôcatiuos ; car alors le mot lui-même eo ^ura plusieurs également. En outre, il faut n>garder aux contraires par privatipa et possession; car, si Sensible a plusieurs signiBcations, InseosiMe en aura également plusieurs (106, b, 39). Les cas aussi sont importants à étudier (im&Mi;); car, si Justement a plusieurs sens , Juste les aura comme lui (107, a, 3). Les catégories, les atiributioDs, qui se rattachent au mot, exigent encore une grande attention (tûv xotà t'oûvo[jui TtarrjQ^uiii). Si ces attributions diffèrent, c'est que le mot est homonyme : ainsi , Bun est homonyme; car il se dit, en fait d'aliments, de ce qui cause du plaisir; en médecine, de ce qui procure la santé; pour Tàme, de ce qui lui donne certaines qualités de sagesse, de courage (107, a, 18). U ne fnut pas non plus néfjliger de voir, si les genres, compris sons le mèoie mot, sont subalternes entre eux, ou ne le sont pas. Ainsi ovof signiâe à la fois : àne,animîd, et l'espèce d'instrument appelé de ce nom; mais on De }>eut attribuer à l'&ne , animal , ces deux explications. Au ccmtnàre, quand les genres sont sabaltenM» , il* s'appliquent tons k la chose : amai i
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AHUTSE SB TOneCU. — LIV. L tOUP. TI. iAt
animal et oiseau s'appliquent tous deux, comme genres, à corbeau (107, a, 33). Cer examen des genres doit s'étendre de la chose même à son contraire. U faut aussi décomposer les définitions, et, en retranchant l'attribut. Voir si ce qui reste est identique ([07,3, 37); ainsi, voix claire, coulear cbire : Claire étant oté, reste voix et couleur, qui ne sont pas identiques; donc Claire est homonyme , mais non pas synonyme (Voir le début des Catégories). Souvent celte homonymie fait que l'on compare des choses qui n'ont aucun rapport de plus ou de moins, ni de ressemblance : ainsi, l'ftn compare une voix et une couleur, parce que Tuoe et l'autre sont claires. Les synonymes , au contraire, sont toujours parfaitement comparables(i07,b, I9).nsepeui aussi que, sous le mém« mpt, se cachent des dilTérences de genres dissemblMbles,et non subalternes. Quand les différences sont autres pour les genres contenus souslem^e mut, c'est que le mot est homonyme: tel est le mot Couleur, dont les différences ne sont pas du tout identiques , si 'l'on applique cetttf ««pression aux corps, ou si on l'applique k la nuance des mélodies. Enfin, commeTespèce ne peut jamais élre la différence, il Eaut voir si, des deux significations contenues sous le mot, l'une n'est pas différence, et l'autre, espèce : ainsi, Claire peut être une espèce de la couleur ; il peut être une différence pour la voix ; car ooe voix se distingue d'une antre en ce qu'elle est plus ou moins claire.
84S HDXlfclll VAaTH. — iBCnOB I.
Cb. f6, 107, b, 39. Restent les deux autres instruments dialectiques : la différecce et laf ressemblance, beaucoup plus simples l'un et l'autre que les précédents. La diiTéreoce doit être cherchée dans les genres eux-mêmes , comparés les uns aux autres. Dans le même genre, ou les genres voisins, la difïpreDce est difBdle à ttaisirjdans les genres éloignés / au contraire , elle est très aisée à distinguer.
CL. 17, loS, a, 7. La ressemblance (âpt^Ts) peut être cherchée dans des genres divers : ainsi, la vue pour rceil, l'entendement pour l'âme : le calme sur la mer, la sérénité au ciel; ou bien, dans le même genre, comme, dans le genre animal, l'homme, le chien , le cheval , peuvent avoir des ressemblances ; mais il vaut mieux s'exercer dans les genres fort éloignés les uns des antres.
Ch. 18, ioli,a, 18. Voici maintenant l'utilité des trois derniers instruments dialeetiques. La connaissance des significations diverses, de l'homoqymie, doit servir à rendre les raisonnements plus clairs , et^ tes appliquer à la chose elle-même, et non pas seulement à son appellation (xsct [jiîi npôt T*(H!!vo|xa), Quand on ne connaît pas lessens divers d'un mot, il peut arriver que le répondant porte sa pensée sur un de ces sens , et l'interrogeant, sur un autre. Cettedistinction bien observée empêch^a le premier de /aire des paralogismes, et permettra au second de confondre son adversaire. Du reste, le dialecticien doit bien se garder de discuter sur le
.,gniod.,GoOglc
ANU.TSK DIS TOPIQUES. — UT, I. CHÀP. TI. H9
mot seul (tô içfàç T oûvofuc Âta)iY'a4'")' ^ moins d'absolue nécessité.
io8, a, 38. La connaissance des différences est utile dans les raisonnements, c^ui ont pour but de savoir si une chose est autre ou identique (icsfl ToÙToù xal iT^pou) , et pour donner clairement l'essence des choses (ti èrt).
io8, b, 7. En6ii , la connaitsance des ressemblances est utile pour les inductions, pour les syllogismes hypothétiques (iÇ ùmOfaeuf), et pour les définitions. Comment peut-on faire une induction, si l'on ne connaît pas les semblables de la chose qu'on veut démofttrer ainsi (rx 5(u)ia)?Quant aux syllogismes hypothétiques, il en est de même , parce qu'il est probable, que ce qui est -pour un des semblables sera aussi pour les autres: de sorte que, ceci posé (O^éjuvoi), ce qu'on démontrera d'un semblable sera aus^i démontré pour l'objet en question (ic^iQXELfjLE'iiov). £n dernier lieu, la connais*^ sauce des ressemblances est utile aux définitions, parce qu'en sachant ce qui est identique dans chaque choseà définir, on n'aura point à élever de doute sur le.genre dans lequel le défini doit être placé , et l'on ne se tromp»-a pas en donnant pour genre dans la définition, ce qui est commun aux choses comparées.
, Tels sont les instruments qui forment les syllogismes dialectiques [Sfyma. $t' âv). Ou exposera, dans le livre qui suit, les lieux auxquels ils peuvent l'appliquer utilement.
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5M BtlTXllKI PAKTn. — nCTRHI t.
Comme on le voit, toute cette exposition de l'objet de ta Topique, et de ses procédés fondamentaux, est parfaitement nette: il n'a fallu ici que suivre Aristotç pas à pas, en fabrégeanl, pour rendresapeuséefort claire. On doit remarquer, en outre, que toute cette théorie, sans rappelw formellement celle du syllogisme, la suppose; et qti'aprés avoir lu ce premier livre, il est bien diGQdle de penser qu'Aristole n'eût pas fixé déjà les bases des Catégories , du Traité du langage, et des deux Analytiques. L'examen des livres suivants ne pourra que confirmer cette opinion.
AutyM dn livre ttcond.
Aristote s'occupe d'abord du quatrième attribut dialectique, de l'accident: il ne donne aucun motif de cette préférence; mais on a pensé, et c'est avec raison, qu'il commence par cet attribut, parce qu'il est le plus commun de totis. On peut ajouter que beaucoup de lieux qui appartiennent i l'accident, se trouvent également appartenir aux autres attributs, pour lesquels il suffira de J'exposidon qui les aura précédés. •
La première remarque qu'il convient de faire sur l'accident, c'est qu'il est toujours limité de quelque manière, et qu'il n'est jamais complètement univt:rsel,(ch. i, jog, a» a). Les propusititaa.
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AHAtTSI BH TOPtQD». — LIT. II. O^AF. TI. S94
universelles, négatives ou affirmatives, ont cet avantage, qu'elles peuvent également servir à établir , ou à réfuter, l'universel et le particulier. Ainsi, que l'on démontre qu'une chose est à tout, ou aura démontré -par cela même qu'elle est à quelque chose; et réciproquement, si l'on démontre qu'elle n'est à rien, l'on aura démontré aussi qu'elle n'est pas k tout. Cette conversion est très difficile pour la dénomination propre (oixtûn àvojuraion) qui vient de l'accident. Pour la déSnition, pour le propre, pour le genre, la conversion est au contraire toute simple. Si l'on a démontré, pour la définition par exemple, que quelque chose est à l'animal terrestre bipède , il y a certainement un animal terrestre bipède : pour le genre, si l'on démontre que quelque chose est à l'animal, il y a certainement un aniifial: pour te propre, si l'on démontre que quelque chose est à l'être susceptible d'apprendre la grammaire , il existe certainement un être susceptible d'apprendre la grammaire. L'existence de toutes ces choses n'est pas limitée {mx^ ti); elles sont absolument, ou ne sont pas. Vour l'accident, au contraire, il peut être limité : il ne suffit pas en effet de démontrer que la hiaucbeur, la justice, existent, pour prouver qu'il y a un homme blanc, un homme juste. Il n'y a pas ici de nécessité, comme plus haut, pour la réciprocité.
On peut commettre d'ailleurs deux espèces d« &uieB: ou l'on se trompe complètement, en sou-
;.Googlc
8Sa DKDXAlfC P&RTB. — ffiCTION I.
tenant le faux (tù ^vi^toHxi); ou Ton sort du mot qu'il s'agit de discuter (napaêaîvcn riy xufuvmv XJÇtv). Il &tidra tenir compte de ces deux genres d'erreurs , en recherchant si l'accident est bien ou mal attribué.
Ch. 3, 109 , a, 34- Un premier lieu pour réfuter raccideni, sera donc de voir si l'adversaire n'a pas donné, comme accident , ce qui existe de tout autre façon. Cette erreur s'applique surtout aux genres: s'il a dit, .par exemple, qu'un accident delà blancheur, c'est d'être une couleur, ce n'est certes pas là un accident de la blancheur, c'en estle genre. C'est 4]u'en effet, l'attribution du genre à l'espèce se fait toujours synonyiàiquement, puisque l'espèce admet et l'appellatioD et la définition du genre, et non point paronymiquemeni, commeon l'a fait ici. Ainsi, en disant* que la blanrheurest colorée, on n'a dit la chose, ni comme genre, ni comme propre, ni comme définition, puisque le propre et la défijiition n'appartiennent qu'à la chose seule, et que la blancheur n'est pas la seule chose qui puisse être colorée , une foule d'autres objets pouvant l'être aussi bien qu'elle. On a donc k tort atbibué la couleur à la blancheur, coibme accident.
On peut, pour défendre la question ou la réfuter, parcourir tous les objets auxquels il a été dit ' qu'une chose est, où n'est pas , comme accident. Si Von a dit que les opposés étaient eùnultanément connus, on examinera si les relatife, si
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• ANâLTSE des topiques. — UV. H, CHAP. VI. S53
lefî contraires, si les opposés par privation et possession , si les opposés par négation et affîrinatioD, sont en effet connus simultauément : et si l'on prouve qu'un seul ordre d'opposés ne l'est pas, on aura réfuté, par cela même, l'universalité de l'assertion.
Il est à peine besoin de faire remarquer ici que toute cette théorie se rapporte k la doctrine des (^tégories, 'qu'elle la suppose, et'que, sans elle, tous ces passages des Topiques seraient à peu près inintelligibles.
Un ti'oisième lieu (log, b, 3o), c'est d'étudier la définition même de l'accident, et de la chose à laquelle on l'applique , et de voir si l'on n'y- a point pris pour vrai quelque chose qui ne l'est pas. Quand on rencontre des termes obscurs, il faut leur en substituer de plus clairs , jusqu'à ce qu'on soit arrivé à quelque notion parfaitement évidente (ïtî YviSptjiov),
On peut aussi (no, a, lo) se faire à soi même une objection, quel'on tourne contre la question : ce lieu rentre dans le second indiqué plus haut, et n'en diffère que par la forme (tm Tpoit^).
H faut prendre garde (ilo, a, i4), soit qu'on réfute , soit qu'on soutienne la question , de ne . point employer lesidées et les expressions vulgaires (wî QÎ ttoWol). Si , par exemple , l'on veut savoir ce que c'est qu'une cbose vraiment salubre, il ne faut pus s'en rapporter aux opinions de la foule , mais à celle des médecins ; et trai-
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534 DEI^XlàUe PARTIE. — SECTION I. ^
ter en conséquence l'accident dont on s'occupe.
Ch. 3, 1 1 o , a , 33. On doit observer avec le plus grand soin, de l'une et l'autre part, lessignifications diverses de la chose, soit que la difFéreDce tienne à l'homonymie et à la forme seule des mots, soit qu'elle tienne à la pensée entière.
Ch. 4) )iii3» 8. Une attention que doivent avoir le& adversaires, chacun de leur côté, c'est de prendre toujours dans la question des termes par- ^tement compréhensibles.
Aristote énumère ensuite cinq lieux utiles pour connaître la fausseté des accidents. Voici le principal , qui repose essentiellement sur la doctrine des Catégories (i 1 1 , a , 33). « Il y a nécessité, ditce il , que ce qui reçoit le genre comme attribut, K reçoive, aussi comme attribuf, quelqu'une des « espèces : et tout ce qui reçoil le genre, ou est « nommé dérivativement du genre (îrapwvûjjn*; àirô « ■mû -{(vou^) , doit nécessairement recevoir aussi « quelqu'une des espèces, ou être nommé dériva- « tivement d'après elle. Ainsi, qu'on attribue la « science à quelqu'un , on lui attribuera, par cela w même, ou la grammaire, ou la musique, ou telle « autre science; et si quelqu'un possède la science, « ou est nommé dérivativement d'après elle, il u faudra qu'U possède, ou la grammaire, ou la H musique, ou telle autre science, et qu'il soit, « d'après elle, nommé dérivativement, soit gramn mairjen, soit musicien. Si donc, dans ladiscus- « sion, l'on propose un accident venu du genre de
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^ A^itTSE DES TOPIQUES. — UT. II. CHAP. Vi. 5$3
n quelque façon que ce soit ; par exemple que l'âme « seraeut,ilfaut examiner siràme peutse mouvoir « suivatitTune des espècesdiverses du mouvement; a si elle peut ou s'accroître, ou périr, ou naître, «ou si elle a tel autre mouvement; car, si elle a ne se meut suivant aucune de ces espèces , il est n clair qu'elle ne se meut pas. Ce lieu peut servir u à la fois pour soutenir, et pour réfuter la prof position. En effet , si l'âme se meut suivant une « des espèces du mouvement , il est clair qu'elle se « meut: si elle ne se meut suivant aucune, il est V clair qu'elle ne se meut pas. »
Il faut ajouter ici que non seulement cette théorie des Topiques se rapporte aux Catégories de la manière la plus incontestable , mais encore qu'elle se rapporte à cette dernière partie dont Andronicus de Rhodes contestait l'authenticilé (Yoir plus haut page 49)-
Ch. 5, III, b, 3a. Un moyen sophisticfue, et qu'il ne faut employer qu'en cas d'absolue nécessité, c'est de faire dévier la discussion sur un point où Ton doit trouver aisément des arguments contre l'adversaire.
Ch. 6, lia, a, a4' Dans les choses qui doivent avoir nécessairement l'un des deux contraires, si l'on a des arguments pour l'un, on en aura également pour l'autre. Si l'on prouve, en effet, que l'un est, on prouve par cela même que l'autre n'est pas: ainsi, la santé et la maladie dans le corps humain. Ce lieu peut donc servir aux deux
;.Googlc
Ô5fi DBUXIBMB PARTIE. — 8BUXK>N 1- V
parties également. Od peut, au reste, discuter ici sur la véritable signification du mot et sur sa définition étymologique, en se demandant, par. exemple, avec Xénocrate (lia , a, 37), si la signification d'au jocî{uav est bien : qui a l'âme vertueuse , parce que l'âme est le génie de chacun de nous
Deux autres lieux consistent à examiner, si l'adversaire n'a pas pris pour accident nécessaire ce qui n'est qu'accident habituel, sans caractère de nécessité, et réciproquement; ou s'il n'a pas donné la chose elle-même , comme accident de la chose , sous un nom différent. Cest ainsi qu'Orodicus divisait les plaisirs^ en j'oie, amusement, contenlement , ne voyant pas que tous ces mots ne sont que les noms divers d'une même chose : le plaisir.
Ch. 7. ti3,b, ï^.-Les deux contraires peuvent du reste se combiner de six façons ( ffu{j.ii:X£xETai al.>.ii)Ai() 1° 2° étant l'un à l'autre , comme : hire du bien à ses amis, du mal à ses ennemis; et, faire du mal à ses amis, du bien à srs ennemis; 'i" 4° les deux contraires étant à une seule chose : faire du bien ou du mal à ses amis; faire du bien ou du mal à ses ennemis; 5° 6° une seule chose étant aux deux contraires : faire du bien à ses amis , à ses ennemis; fdire du mal à ses amis, à ses ennemis. Il est facile de voir que les deux premières façons ne font pas une véritable opposition par contraires ( Èvov-n'ustv ). Il faut considérer attenti-
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AKUTSB ras TOPigtKS. -~ LIT. H. CHAP. Vt. 3S7
ventent toutes ces nuances, soit qu'on réfute, soit qu'on défende la proposition.
Quand l'accident a un contrai^, ilfautexaitiiner si ce contraire n'est pas aussi à la chose à laquelle on attribue l'accident ; car alors l'accident n'est pas à lachose, puisque les contraires ne sauraient être simultanément à une seide et même chose.
Il faut voir (ii3, a, 34), si l'on n'a point donné un accident qui, étant admis, entraîne avec lui les contraires. Ainsi , on a prétendu que les Idées étaient en nous [iSéaç iv iyXt); il s'ensuivra donc qu'elles sont mobiles comme nous le sommes, sensibles comme nous le sommes; ce qui est contraire à l'opinion des partisans des Idées.
Ch. 8, it3, b, i5.Aristoteprescrit encore un lieu relatif à la nature du sujet qui réunit les contraires; dans le chapitre suivant, il en indique un autre qui se rapporte à la consécution des contraires par négation ou affirmation, et il reprod^it tout-à-fait la doctrine du Traité du langage, il examine en outre la consécution des con. traires, par privation ou possession (i i4f a» d\ et par relation ( 114, a» '3), et c'est également la doctrine des Catégories qu'il rappelle.
Ch. 9, ii4> a, a6. Il faut aussi, pour l'accident, regarder aux conjugués (a^çov/x), et aux cas («Ttâoeiç); les conjugués, c'est, par exemple, justice juste, courageux courage: les cas, c'est, juste justement. Les cas sont donc des conjugués; et l'on entend en général par conjugués toutes les choses
33(t DEDXlftlIK PARTIB. — SBCTUM L
de la même série (oufxiij^^tocv), justice, juste, juste» ment, etc. Si l'on a démontré que l'iiD des conjugués est bon ou qu'il est mauvais, on aura démontré, par cela même, que tous les autres le sont également. I) nefautpas,duFeste(<i4,b,6),6eburner à l'objet en (Question , il faut examiner aussi le contraire dnns le contraire. Ainsi, on dira que le bien n'est pas nécessairement agréable , puisque le mal n'est pas nécessairement pénible. Il faut, en outre (i i4) b, i6), regarder à la génération et à la destruction des choses {fttitjiM: xaî <p6«pa'i). Si les générations sont bonnes, les choses léseront, et, réciproquement; pour les destructions, c'est tout à l'opposé; car, si la destruction est bonne, c'est que la chose est mauvaise; si la destructwn est mauvaise , c'est que la chose est bonne.
Ch. lo, ii4ib, a5. Pour la ressemblance des accidents , il faut voir si les choses semblables ont été attribuées semblablement; par exemple, si avoir la vue est voir, avoir l'ouïe sera entendre. Il y a aussi des lieux du plus et du moins , et ils consistent à examinersi le plus est bien le plus, etc.; par exempte, si le plaisir est un birn, un bien plus grand devra être un plaisir plus grand, etc.; et de même pour le moins.
Ch. Il, ii5, a, iS. On aura soin de rechercha* si l'on ne prête pas le plus et le moins à des choses qui ne peuvent être que d'une manière absolue: ce qui n'est point blanc , ne saurait être ni plus ni moins blanc. Enfin , il 6iut savoir si l'on n'a
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AVALTSE BBS TOPIQtlES. — LIV. nf. CBAP. V), iS»
pointpris (fiine'maniére absolue, cf^ qui a des coD*
ditions essentielles de tempsetdelieu(7roQKal xori). Ainsi, tuer son père peut être fort beau chez les Triballes; mais d'une manière absolue, ce n'est pas nne bonne action. lia chose absolue sera celle qui peut être dite sans aucune limitation.
Ici finit le second livre, consacré tout oitier» comme OB levoit,a(||c^Aixdel'accidentuniversel, considéré seulement en soi. Le troisième traite raicore de l'accident ; mais c'est l'accident comparé à l'accident, qui peut lui être ou ne pas lui être l^éféré. Ainsi, ce trcHsiéme livre tient élroilement au second, puisque le $u)et commencé daos TuD se poursuit dans l'autre. Cette liaison est en outre indiquée grammaticalement par la conjonction èi , qui ouvre le troisième livre. Ici donc , il^t moins permis que partout ailleurs, d'attribuer au Stagirite cette division des Topiques.
Analyse dn Ufr« troiàème.
L'analyse du livre précédait a dû montrer, par la forme même des divers lieux indiqués, quel était, dans le système d'Aristote, l'ejnploi des quatre instruioents dialectiques, dont il a été question dans le premier livre. On a pu voir quel r6)e)(tuaitchacund'eax,etcommant rhoiBoii|y.mie,
360 DEUXlkHE PARTIE. — BBCIKMi I.
la différence, et la ressemblance, s'appliquaient tour k tour aux nuances diverses que pouvait prendre l'accicient. Dans le troisième livré, comme dans les suivants, on va retroiiver cet emploi des instruments dialectiques.
Ch. 1 , 1 1 6 , a , 1 1 3. La comparaison de deux ou plusieurs accidents d'unechose, ne peut avoir pour but que de connaître la supériorité de l'un sur Tautre. Il est clair, du rest^ ^u'il ne s'agit ici que de choses fort voisines l'une de l'aurre, et dont la proximité peut faire naître quelque doute : dans les genres fort éloignés , il ne saurait y en avoir.
Aristote indique cinq lieux principaux, qui se subdivisent eux-mêmes en plusieurs autres : i^une cboseest préférable à une autre, quand elle est plus durable et plus stable ( ^ECoc^oTEpov); elle l'est également , quand elle a déjà les préférences des hommes prudents et sages, ou des gens ha~ biles, ou l'appui d'une loi équitable, etc. a° On doit préférer une chose désirable par elle-même , à une chose qui ne l'est que pour une autre; ainsi, nous désirons que nos amis soient toujours justes, fussent-ils dans tes Indes (kÔv n fv$oi( uv») ( ceci semblerait se rapporter à la conduite d'Alexandre envers Callisthèoe, i i6,a, 38); etnous le désirons pour la chose en elle-même, tandis que, si nous désirons que nos ennemis soient justes, c'est pour qu'ils ne nous nuisent pas. 3" Il faut préférer ce qui en soi est cause du bien , k ce qui ne l'est qu'accidentellement : ainsi, la vertu' à la fortune. 4° Ce
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àSÂLVa DES TOPIQOBS. — LIV. ID. CH&P. Tl. 361-
qui est absolument bon en soi , à ce qui de l'est ' qu'à, certains égards (tivi); ce qui est de nature, à ce qui est acquis ou arliâciel (èmxTntov); ce qui est à l'être supérieur : préférer ce qui est àDieu, à ce qui est k l'homme ; ce qui est la qualité propre de l'être le meilleur, etc. 5°(ii6, b, 3^) Enfin, il faut préférer ce qui en soi est plus beau et plus honorable : ainsi, l'amitié à l'argent, la justice à la force.
Ch. 2 , 117,3,5. Quand deux choses sont tell%' meut rapprochées qu'il est fort difficile de discerner la supériorité de l'une sur l'autre, il faut regar^ der à leurs conséquences. De là , vingt lieux , dont ■voici les principaux, subdiviséschacun en plusieurs autres : 1° si la conséquence est du bien de part et d'autre , choisir la chose dont la conséquence est le plus grand bien;si,du mal, celle où le mal est le moindre. Du reste, ce qu'on entend ici par conséquence d'une chose peut lui être antérieur aussi bien que postérieur; ainsi, l'étude a deux conséquences : l'une qui la précède , c'est l'ignorance; l'autre qui la suit, c'est la science.
On a conservé ici le mot conséquence , bien qu'en français il ne puisse s'appliquer qu'à des choses postérieures; mais le mot îiïio4m, en grec, a le même inconvénient.
117, a, 16. a" Il faut préférer les biens plus nombreux à ceux qui le sont moins; ceux qui donnent plus de plaisir à ceux qui en donnent moins.
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It62 DEDXlfafE TARTUt. — 3BCTIOIT I.
II 8, a, 20. 3° Préférer les choses, dans le moment surtout où elles ont le plus d'inQuence ([wïîAw ^uvKToi); ainsi, la tranquillité dans la vieillesse, plutôt que dans la jeunesse; de mêmet aussi, Is prudence: le courage, tout au contraire, parce qu'il vaut mieux dans la jeunesse que daos Vàge avancé.
117,8,35. 4" Préférw ce qui est utile en tout temps sans exception, à ce qui ne l'est que tlaos h plupart des cas: ainsi, la justice à la valeur. Préférer ce qui nous serait également utile, tous les hommes le posf>édai)t, à ce qui nous le serait moins, si tout le monde l'avait : ainsi encore la justice au courage, parce que, tous Iqs hommes étant courageux, la justice n'en serait p«s moins nécessaire, tandis que, tous les hommes ^tant justes, il n'y aurait plus besoin de courage. (là l'on peut croire encore que, dans cette insistance sur la nécessité de la justice, Aristote songe à la conduite de son élève, dont le souvenir a para le préoccuper quelques lignes plus haut).
1 1 7 , b , 3. 5° Il faut regarder aussi k la destruction , à la perte des choses ; et dans un sens contraire , à leur production , à leur acquisition, elc Ainsi, tes choses dont la perte est le plus fi ériler, sont aussi celles qui sont le plusàrediercber, etc.
6* Ce qui est le plus [»%s du bien , ce qui lui ressemble le plus , est prélérable, quoique le plus semblable paisse quelquefois être le plus ridicule (yùjaivnfw), et par conséquent le {das à
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AHAtTSK DES TOTIQUES. ~ LIV. m. CHAF. Tl. MS
fiiir; ainsi, le singe ressemble plus à rfaomme,et <!ftpendant il e&t inférieur au cheval, qui lui ressemble nioins.
117, b, 28. 7° Choisir ce qui est le plus apparent (iictfxvÉTepov), ce qui est le plus difBcile k obtenir.
8° Dans un genre meilleur, les individus préférables sont préférables aux individus préférables d'un genre inférieur.
1 18, a, 7. 9° Les choses de surabondance , de luxe, (Tceptouowiç), peuvent être meilleures, et parfois préférables : ainsi , vivre avec vertu plutôt que ▼ivre, quoique le premier soit, en quelque sorte, de luxe, et le second , de. nécessité.
fo" Préférer une cliose désirable sans une autre, à celle qui ne l'est qu'avec une autre. Ainsi, la prudence peut être désirée, même sans la puissance : le pouvoir sans sagesse n'est pas à désirer.
Même remarque qu'à la page précédente. Aristote [tarait toujours faire allusion à Alexandre et à ses excès.
Il" Préférer ce dont l'absence est moins blâmable dans le malheur etc. etc. etc.
Ch. 3, 108, a, 27. Voici d'autres lieux. Parmi les dioses de même espèce, préférer celle qui a la vertu propre de l'espèce à celle qui ne l'a pas; préférer celle qui l'a le plus; préférer celle do(it la présence produit le bien, ou celle dont la présence produit le plus de bien ; regarder aussi aux cas : en effet , si la justice est préférable aïk courage, justement ne
5(4 DEDXIÈIIE PABTIE. — SECTION 1.
le sera pas moins à courageusement. Préférer la chose dont l'abondance est préférable; préférer4^ chose qui , ajoutée à un tout , le rend plus grand ; ou qui , ôtée de ce tout, le rend plus petit; préférer ce qui est désirable en soi à ce qui ne l'est que suivant l'opinion des hommes : ^insi , la santé à la beauté. Il faut bien remarquer aussi dans quel but la chose est désirable , et s'enquérir de ses acceptions diverses ; il faut examiner sous ce poiut de vue l'utile, le beau et l'agréable, etc., etc^ •
Ch. 4- 119, a, I. Les lieux qu'on vient d'indiquer sont utiles pour les choses qu'on compare (<iuYxptaei;); Aiais ils le sont également, en prenant les choses d'une manière absolue. Par exemple : si le plus honorable est le plus désirable, il s'ensuit aussi que l'honorable est désirable.
Cil. 5, 1 19, a, la. On peut, du reste, rendre au besoin tous ces lieux beaucoup plus universels qu'ils ne le sont ; et par cela même, on les rendra beaucoup plus utiles. Il suffira d'un léger changement dans la forme (TtpocrnYopîa). Ainsi, on a dît plus haut, que ce qui est de nature est préférable à ce qui n'est pas de nature : on peut, en partuit de ce lieu, et en le rendant plus universel, dire : Ce qui est tel par nature est plus tel que ce qui est tel autrement que par nature, etc.
Cb.6, 119^ a,3a. Quand il s 'agit d'une question particulière, les lieux généraux sont les plus utiles, soit pour réfuter, soit pour soutenir la propo- «tioD, parce qu'une fivis le général démontré , ou
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ANALYSE DBS TOPIQDES. — IIT. UI. CBAP. Tl. 565
réfuté, le particulier le suit. Si Toq démontre, en efifet, que la chose est à tout, on aura démontré aussi qu'elle est à quelqu'un; si I'od démontre qu'elle n'est k aucun, on aura démontré aussi qu'elle n'est pas à tout. Les plus utiles de ces lieux sont ceux qui se tirent des opposés, des conjugués, des cas, des générations et des destructions des choses, du plus et du moins: il faut, du reste , les choisir, selon qu'on veut réfuter ou défendre une opinion.
On ne doit pas oublier non plus que les réfutations sont diverses selon la nature des propositions (i30, a, 6.) Ainsi, une proposition indéterminée ne peut être réfutée que d'une seule manière, c'est à-dire, par contradiction. I^ proposition particulière déterminée, soit affirmative, soit négative, ne peut non plus être réfutée autrement. Si l'on a dit tel plaisir est bon; il faut démontrer qu'aucuu plaisir ne l'est ; si l'on a dit que tel plaisir n'est pas bon , il faut démontrer que tout plaisir t'est, etc. Enfin, un dernier soin , c'est de ne pas se borner au genre, c'est d'aller aux espèces ; et s'il le faut, jusqu'aux individus (à-rôfuriv). Si l'on dit, par exemple, que le temps se meut, il faut considérer les espèces du mouvement, et voir si quelqu'une s'applique au temps ; si l'on dit que l'âme est un nombre, examiner les espèces du nombre, et, voyant que tout nombre est pair, ou impair, et que l'âme n'est ni l'un ni l'autre, on en conclut qu'elle n'est pas non plus un nombre.
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5M OEUSdUlK PARTIB, — SSCTIOH I.
Telles sont toutes les manières de traiter l'ac-
On doit faire ici la même remarque que plus haut , sur la liaison de ce troisième livre au quatrième,et sur l'emploi des instruuiezitsdialectiques.
Analyse du livre qoitriàne.
Passons an genre et au propre , qui sont les éléments des définitions (c«x,Era irpoç toùç S'po'jç), mais que les dialecticiens n'emploient que rarement
Ch. I, lao, b, i5. Quand on donne le genre d'une chose, le premier soin qu'on doit prendre, c'est de voir, si ce genre peut ne pas être attribué à quelqu'une des choses pareilles à la chose en question. Parexemple, si l'on donne le bien pour le genre du plaisir, il faut voir s'il n'y a pas quelque plaisir qui ne soit pas un bien. Le genre en effet est attribuable à toutes les espèces qu'il renferme (121,3,6-)- Il faut, en outre, que le genre soit placé dans la même division , la même catégorie , que l'espèce : substance , si elle est wbstance; qualité, si elle est qualité, etc.
Il faut remarquer qu'Aristote se sert du mot èviifteiç et non du mot S-omyopia. Celte variation dans les expressions pourrait donner à croire que les Topiques ont précédé de long-temps les Calé* gories; mais, certainement, ce passage unique et peu décisif, ne saurait prévaloir contre tant
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s DIS TOPlOtBS. — UV. IV. CHAP, TI. 587
d'autres allégués plus haut, et qui tendent tous à prouver le contraire.
i9t,b,io. II faut voirstle gcQred(»iDédoit participer, ou peut participer, à ce qu'on y renferme ((taTs^ôfiEvov). IjCS espèces participent des geni'es: mais la réciproque n'est pas vraie , puisque les espèces reçoivent la définition du genre, et que le genre ne reçoit pas celle des espèces.
lai, a, ^7- Il faut que le genre puisse se dire de tout ce dont se dit l'espèce. Il est , de plus, impossible que ce qui ne se dit d'aucune des t-spèces se dise du genre , et que ce qui se dit du genre ne se dise d'aucune des espèces ( 1 3 1 , h, i ). Il ne faut pas non plus que ce qu'on met dans le genre (rà èv T(ô l'évst Tefliv), l'espèce, soit plus étendu que le genre. La différence doit nécessairement aussi être moins étendue qne lui (121, b, (5). Déplus, le genre doit être commun à tout ce qui ne diffère pas spécifiquement.
Ch. 3, lai, b, a4> Suivent quinze, lieux du genre, dont voici les principaux. Quand une seule espèce doit être sous deux genres, il faut que les genres se contiennent mutuellement; autrement, le genre donné n'est pas le véritable (13:1, a, 3). 11 faut toujours remonter au geare du geure donné, en allant ainsi jusqu'au genre supérieur (to Èirova •yivQî Bç-iv), parce quelousles genres supérieurs doi-, Tent pouvoir s'aitribuei' essentiellement (îv t^ ti É'<mv) au genre inférieur, et à ce qui le reçoit. L'attribut essentiel d'une chose ( laa, a, 34) doit
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598 DmZlkHB PJIKTIE. — SECnOK ].
pouvoirétreattribué à toutes les choses ioférieures
à celle-là. (ia;i,b, 7)- La définition du genre doit pouvuir s'appliquer à l'espèce et à tous les individus de l'espèce (^iute^ovtow ml eiiou;]. (l33, b, 12 ). La différence ne peut jamais être genre, parce qu'elle ne désigne jamais l'essence (tù ti hm) ; elle ne désigne qu'une qualit'é. La différence ne peut pas davantage participer au genre ; car ce qui participe au genre est espèce ou individu, et la difTéreuce n'est ni l'un ni l'autre (las, b, aS). Le genre ne doit jamais être placé dans l'espèce. Platon a donc commis une faute en définissant la translation (fop^) : un mouvement dans l'espace. On nedoit jamais placer la différence dans l'espèce^ ni le genre dans la différence ; car la différence est toujourségale à l'espèce ou plus large, et le genre, au contraire, est plus large que la différence.
Çh. 3, I3'j, a, ao. Il faut voir si ce qu'on met dans le genre n'a pas quelque chose de contraire au genre* Par exemple, s'il est vrai que l'âme participe de la vie, et qu'aucun nombre ne puisse avoir la vie , il est clair que l'âme ne saurait être une des espèces du nombre. Le genre et l'esbèce doivent toujours être synonymes. Tout genre doit avoir sous lui plusieurs espèces. Si donc, de deux espèces qui forment le genre, l'une n'est pas du genre, il est clair que le genre donné n'est pas exact. (laa, a, 33). Le genre doit être attribué proprement â ses espèces (xupit»;) , et non pas métaphoriquement ([«Taçofà). Si donc l'on dit que la
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AIULtSB DES rtmiîlJES. — m. IV. CHAI*. Tl. 5U
prudence est unâ harmonie (<n[Lçwiit)f ce ne sera qu'une métaphore; car le genre harmonie nepeut être proprement attribué à prudence, puisque toute harmonie est dans les sons(i23, a, i). Il faut examiner aussi, avec grand soin, les contraires de l'espèce et du genre; et souvent cette étude est fort étendue, à cause des aspects divers sous lesquels les contraires peuvent se présenter (ii4» a, lo). Pour les cas et les conjugués , il faut voir s'ils se suivent également. Si ta justice est une science,justementserasctentifiquement,juste sera savant, etc.
.Ch. 4, Ts4, a, i5. Une faut pas non plus perdre de vue, les ressemblances, soit pour les générations des choses , soit pour leurs destructions.
ia4, h, 7, il fautregarder aux négations, comme , on l'a expliqué plus haut pour l'accident. Si l'espèce est un relatif, il faut voir si le genre l'est Clément ; le genre ici doit suivre l'espèce; mais l'espèce ne suit pas le genre; car ta science est dti relatif, la grammaire n'en est pas'. Le genre suit encore l'espèce pour lescas. Lesrelati&,exprimés semblablement dans les cas (i25,a,8), doivent l'être également dans leurs réciproques (xa-c' àv-nç-poç^) : ainsi, te double, le multiple, sont le double, le multiple de quelque phose-, de même, la moitié, le sous-multiple, doivent être la moiti#,*le sous-multiple de quelque chose, etc. , etc. ;
I. Ceci impliqua ^videminMii l'aoïbnilicirâ dei Catcgoria, — Voir prciuike paitic , p. 1^1.
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579 mUXlfel» MRIIE. — SICTION 1.
Ck. 5, laS, b. Il laut se bien garder de confondre ici l'acte du moment (ivtpyiut) avec la qualité dès long-temps possédée (ZÇk). C'est ainsi qu'on a tort de prétendre, qqe U sensation est un mouvement produit dans le corps ; car la sensation est une faculté, et le mouvement un acie passager. De même, quand on dit que la mémoire e$t une faculté qui retient la pensée (xocdtx-nxiv {tiToXitf<l>B(aO- J'U mémoire est plutôt un acte qu'une faculté. Parfois , on commet la faute de placer la faculté, dans la puissance qui en est la suite : ainsi , l'on prétend que la douceur consiste à dompter ta colère. Parfois aussi, on prend, pour genre de la chose, ce qui la suit d'une Ëtçon quelconque; c'est ainsi qu'on dit que la souDfrance (>ûini) çst le genre 4e la colère.
ia6, a, 3. Le genre doit toujours se trouver au même objet que l'espèce : ainsi, U où est la blancheur, doit ausçi se trouver la couleur, genre de la blancheur L'espèce doit posséder \p genre , non pas eu partie (xoctâ ti), mais en tolalité. L'homoie nVst pas animal en partie. Quelquefois, on ne s'aperçgit pas qu'on met le tout daps la partie , comme lorsqu'on définit t'anima^ * un corps doué de vie ; le corps ne saurait être le genre de l'animal , puisqu'il est une ptartie de l'animal.
1 3.6, a, 3o.* ti faut prendre garde de mettre en fait ce qui n'est qu'en puissance, surtout pour les choses blâmables : ainsi, l'on ne saurait appeler un homme, voleur, par cela seul qu'il est capable de
;.Googlc
ANALTSB SES TOPIQHES. — LIT. IV. CHAt. Tl. $71
Toler. La simple puîssaoce ne peut donc jamais être le genre d'une chose répréhen^ible. De piu$, toute puissance, tout possible, n'est désirjïbl» qi^'eii. ▼ue d'une autre chose, et alors on w saurait «n £^e le genre d'une chose louable ou désiridïle en soi , etc. , etc.
Quelquefois on se trompe en plaçant rafiectioi^ (t^ i;«6o(, 126, a, 34 ^ dans le gemre affefité : «i«si, . on dit que l'immortaUté est uiie"vijB étema^ei l'immortalité n'est qij'ijne modification (vii^oe), une circonstance de la vie, etc., etc.
Cb. 6, 137, a, 20. Il peut se faire aussi que Ifi genre donné ne $oit le genre.de rien; et dans cp ça»^ Une saurait l'être de l'objet en question. On a p^ dMiner pour genre et différence, ce quiap|}a^:tiept à toutes chosei : ainsi, l'on peut prendre pourgenrf) l'être et l'unité; mais alors, ce strait le genrç ^p, tout, puisque l'être s'applique à tout, tajiflis que)f^ geure ne s'applique' qu'à ses espèces. Si l'on piçeiul dei notions uoiverseites pour différence», il etf, résulte quela différence est égale au genre, ou pli^^ étendue que le genre ; ce qui est impossjJ>le , etc.
138, a, ao.On croit communément que la diiTé-' rence peut être attribuée essentiellement aux espèces, mais c'esi une erreur. Il faut-donc séparer avec .soin le genre de la différence, ep appliquant ' les poncipes indiquées çHtfs haut, À savoir que le genre est toujours plus large que la différence, et que , pour exprimer l'essence , le genre vaut beaucoup mieux que la différence. En effet , qu^jid
S72 DBuxiÈUB pâktib. t- acnoM i. ■
où dit que l'homme est un animd , oa désigne mieux son essence que quand on dit qu'il est terrestre *. De plus, la différence exprime toujours la qualité du genre, mais le genre n'exprime pas celle de ta différence : ainsi, quand on dit terrestre, on désigne un certain être; mais, quand on dit simplement être , on ne désigne rien de terrestre, etc.
Telles sont les règles principales relatives au genre; et tous ceslieuxpeuTentétre employés, les uns pour la défense, les autres pour l'attaque.
On s'est contenté de donner un résumé fidèle de cette partie des Topiques , sans chercher à les expliquer ; elle est en effet assez claire pour se passer de tous commentaires.
On peut remarquer ici que cette théorie des' Uéux du genre est une des bases de l'Introduction de Porphyre , et qu'il n'a guères fait que reproduire, sous une forme plus didactique, plus serrée, U pensée développée d'Aristote. On peut en dire autant, pour la théorie de l'accident, qui précède, et pour celle du propre, qui va suivre dans le livre cincpiième.
AnalyBe do livre cin^ème.
Ch.i. ia8,b, 1 4- La première question quise présente pour le propre , c'est de savoir , si ce
I. Mtnie ttautijaa que {Jm hua mu l'aniheiiticiU dM Cat^gones. -~ Voir pnBdèra p*rtk , p«ge tSo.
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AHALVSS DBS lOFigtTÉS. — LIV. Y. CHAP, TI. 57S
qu'on donne pour Wpropre, l'est bien réellement, ou ne l'est pas.
Le propre peut être donné de deux façons : en soi et éternel (xoO' eàn6 xoù ià) ; ou bien, relativement à autre chose , Qt temporairement (xpù; iTtpov xal iroT^). Ainsi, propre en soi. -ï- L'homme est un ' animal naturellement doux ; relatif — C'est pour- le bien de:râine et du corps que la première commande et que l'autre obéit ; éternel — Dieu est un être supérieur à la mort ; temporaire ■ — Tel homme se promène dans le gym- . JxAse.
Pour l'attribution relative du propre , elle pçut ^ former deux ou quatre questions, selon qu'on affirme , ou qu'on nie, une même chose de deux antres choses ; ou bien, selon qu'on nie , ou qu'on affirme, l'une de l'autre à la fois. Si l'on prétend, par exemple, que ïe propre de l'homme, relativeAient au cheval, c'est d'être bipède, on peut attaquer cette proposition (laS, b, aS), en prouvant que l'homme n'est pas bipède , et que le cheval l'est : de là deux questions. Si, au contraire, on avance que le propre dé l'homme relativement au cneval, c'est que l'un est bipède, et l'aube quadrupède , on peut faire de ceci quatre questions , en essayant de prouver que l'homme n'est pas bipède, mais qu'il est quadrupède; et du cheval ^aleinent, qu'il est bipède et qu'il n'est pas*^uadrupèdç.
Le propre en soi est ce qui s'applique à tous
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574 DEUXlfeHE PARTIE. — SBCIIOtt I.
les individus d'une même série, et les isole de tout le reste. Ainsi , le propre de Thomme sera d'être un être mortel, susceptible de science. Le propre relatif sépare l'objet, non de tout, mais Seulement d'un objet voisin, hé propre étemel est celui qui est yrai en tout, et ne cesse jamais; ainsi, le propre éternel de l'animal, c'est d'être composé d'âme et de corps. Le propre temporaire n'est Trai que dans un certain moment , et ne strit pas toujours nécessairement l'objet.
1^9, a, 17. Les trois premières espèces de propre sont les plus logiques (^oyixcc). Logique Veut dire, pour Aristote, comme il l'explique luitnéme quelques lignes plus, bas ( 129, a, 3o); qui fournit de nombreux et bons raisonnements, (loymôv 8i toSt' ici irpiiêXiijia Tcpôî Sio'yoi y^voivV iv Bu^voi xal «ccVi ). On voit que cette acception du root /o^i^aâ,quiest parfaitement'claire, tet assez éloignée de celte qu'il reçut plus tard.
i2g,a, 33. Les propres, temporaire et relatif, se rapportent, pour les lieux qui les concernent, à ce qui a élé dit de ceux de l'accident. On s'occupera ici du propre en soi, et du propre éternel.
Ch. a, 139, b, I. Il faut voir, d'abord, si le propre en soi a été bien ou mal donné à l'objet, il faut que ce qui l'exprime soit plus connu que l'objet même {iik yvuptixorfpbiv}; car on ne donne le propre que pour faire connaître. Si, par exemple , on dit que le propre du /eu , c'est detre parfaitement semblable à Tàme , on prend pour
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ASALlSt DBS TOPIQDES, -~ L{V. Y, QUAP. TI. 575
faire cohnaître la nature propre du feu , quelque chose qui est encore moins connu que lui.
lag, b, 3o. On peut contester l'exactitude du propre, si l'un des mOts employés pour le rendre a plusieurs sens, ou si l'explication elle-même tout entière, peut se prêter à diverses significations. Si l'on dit, par exemple, que le propre de , l'anim»!, c'est de sentir , le propre sera mal donné; car sentir reçoit bien des sens différents, et il signifie à la fois avoir la sensibilité, et se servir de la sensibilité. On donnerait exactement le propre du feu, si l'on disait que c'est le corps qui se meut le plus rapidement en s'élevant. Rien , en effet, dans cette explication du propre du feu, n'a de sens ajabigu.
i3o, a, iS, Il peut se faire aussi, que ce soit, non pas le prop^ donné qui ait plusieurs sens, mais l'objet dont on le donne; et alors mêmes erreurs, ■ mêmes moyens d'attaque. Il faut de plus prendre garde à ne pas se répéter dans l'explication du. propre; car c'est là une cause de grande obscurité [ifsaiféi). Si l'on dit, par exemple, que le propre de la terre , c'est d'être la substance qui est plus portée en bas que tous les autres corps , il y a tautologie; corps et substance, pris ainsi, ne sont qu'une seule et même diose. ,
1 3o , b , 1 1 . On peut sui'tout attaquer le propre, si l'on y a compris un mot qui convienne à tout (S texavi ûira'pxei); car, pour le propre, tout ce qui n'isole pas complètement l'objet, est à rejeter. I) iaut
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576 BBUXlfanFAUIB.— SECTION I.
veiller aussi à ne pas donner plusieurs propres d'une même chose ( i3o, b, a3.): ainsi, l'on ne dira pas que le propre du feu, c'est d'être le coips le plus subtil et le plus l^r : ou bien alors, il faut avertir qu'on entend donner plusieurs propres et non point un seul.
Cli.3. i3o, b, 38. On peut repousser aussi le propre, si l'on s'est servi, pour le donner , de la ^ chose même à laquelle on prétend l'appliquer, on bien de quelqu'une des choses qui appartiennent à cette chose. Eu effet, on n'apprend rien déplus par cette méthode; et la recherche du propre a pour butaucontraired'apprendrequelqne chose de nouveau. On peut donc attaquer ce propre de l'animal: Le propre de l'animal, c'est d'être une substance dont l'homme forme une espèce. On pourrait au contraire défendre le propre, en prouvant qu'on n'a pris pour le définir, ni la Chose même, ni rien de ce qui lui appartient : ainsi , le propre de ranimai sera exact, si Tondit que c'est un composé d'âme et de corps.
i3i, a, 12. On peut en outre attaquer le propre pour défaut dç clarté, en prouvant que l'on a employé) pour le rendre, quelque chose qui est opposé à l'objet, ou quelque chose qui lui est simultané, ou enfin quelque chose de postérieur. En effet, ni l'opposé, ni le simultané, ni le postérieur, ne peuvent rendre l'objet plus connu. On peut, au contraire, défendre le propre, en montrant qu'on n'a rien pris de pareil pour le faire connaître.
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ANALISS DSS lOPigcffi. — LIT. T. CHAP, TI. »77
i3i , a , a8. J« propre est également attaquaMe, quand on a donné, de la chose, quelque conséquence , qui n'est pas constante, mais qui pourrait cesser d'être propre à l'objet. (i3i,b, 6), Aussi, faut-il avoir )e soin de déclarer que c'eat le propre actuel {tô viïv Uuw ) qu'on entend donner. En effet, tout ce qui sort' du cours habituel des choses a besoin d'être signalé : et l'on est toujours dans l'habitude de regarder comme propre, ce qui, est constamment à la chose (tô àeî xap axciouSoùv^» et nSn pas ée qu'elle a seulement dans le moment où l'on parle. >
i3i, b, ig. Onr a tort aussi de donner pour propre ce qui ne saurait être évident queparlasensation. C'esfque tout objet sensible, pris endehors même de la sensation, est inconnu ; et l'on ne sait pas , au moment de I9 discussion , si le propre existe encore , puisque le sens seul pourrait le feire savoir. Ainsi, l'on né saurait définir exactement le soleil, en disant 'qu'il est l'astre le plus brillant qui roule au-dessus de la terre (iirip -pç); car le sens peut seul nous faire savoir si le soleil roule, en effet, au-dessus de la terre; «t quand ' le soleil est couché, le sens nous fait défaut.
On peut remarquer que cette idée du mouvement du soleil au-dessus de la terre, est tout àfait contraire à celle du mouvement de la terre pour le phénomène de l'éclipsé, opinion avancée par Aristote, d^nsles Derniers Analytiques (Voir plus haut, page !jia). Ici donc, on pourrait se
HnnoiitB PAinx. -
ranger de l'avis de ceux qui placent la composition des Topiques arant celle des Derniers Analytiques; car il est probable qu'Aristote en sera venu plus tard à croire au mouvement delà terre. Du reste, oii peut prétendre aussi que le pbilosophe admet, dans la Topique, l'opiniDn vulgaire du mouvement dtl soleil, tandis que dans l'Analytique, il s'arrête à l'opinion vraie et savante, du mouvement de la terre.
ioi,b,37. Il faut apporter ungrandsoinà ne pas confondre le propre et ladéfinitioti ; car le proprene doit pas donner l'essence de la cbose (rà ti r,v cîvki). Ainsi, l'on peut dire que le propre de l'homme, c'est d'être un animal naturellement dout; par ce propre , on ne fait pas confraîlre l'essence de l'hoinme ( i3a, a, lo), II fiitut, du reste , dans le propre, comme dans la définition , donner le genre premier, auquel se rapporte tout le reste.
Jusqu'ici, on a seulement recherché les moyens de savoir si le propre est bien ou mal donné ; mais on peut se demander encore si le propre donné est bien réellement propre, ou s'il ne l'est pas du tout.
Ch. 4) iSa, a, a4.PQur cette recherche nouTËlIe, il faut, quand on veut réfuter le propre, examiner chacun des objets auxquels on a prétendu l'appliquer ; et s'il n'est pas à tous, ou s'il n'est à aucun, il aura été mal donné. Quand, au contraire, oti soutient le propre, il faut prouver qu'il est à tous , et dMs le sens oà on l'a dit.(ffpo; td-jtd).
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ANALTffi DU TOPIQUEB. — Iff. T. CHAP, VI. 87t
1 33 , b , 9. Il faut aussi, pour que le propre le soit bien réellement, que le nom s'applique à quoi s'applique la définition , et réciproquement; ainsi: Jouissant de la science, s'applique à Dieu , mais ne 6'applique pas à l'homme; et par conséquent, Jouir de la science n'est pas le propre de l'homme.
i33 , h, 3 1. Le propre donné ne sera pas exactement le propre, si l'on a pris le sujet -comme propre de ce qui est dans te sujet. Par exemple, si l'on a donné le feu comme le propre du corps le plus subtil , on s*est trompé, car on a pris pour propre, le sujet même de la chose attribuée.
1 33, b, 35. On ne saurait faire un propre de ce qui peut être partagé par plusieurs autres objets (xxtà [jiOï^'); ainsi, le propre de l'homme ne saurait être : animal .terrestre bipède.
i33,a, i4. On peut attaquer le propre, comme n'étant pas identique pour des* objets qui sont cependant identiques (i33, a, 35 ). On peut l'attaquer, commen'étaut pas toujours spécifiquement le même, pour des objets qui spécifiquement sont les mêmes. Mais comme Autre et Identique ont plusieurs significations (r33, b, i5), il arrive, quand on traite sophistiqiieraent les questions ( sofiçtxû; ) , qu'on applique le propre à une seule signification , et non point à toutes. A des ar^u-* mentsde ce genre, qui sont peu loyaux (xâvrcaï), il faut répondre par des ar^ments qui ne le sont pas davantage, et se défendre avec des armes pareilles , quelles qu'elles soient (Af^v-cu; âvhToxTEov).
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880 DmXlillB PIKTIB. — ncTKM I.
Cb. 5. i34, a, 5. Il &ut prendre garde aussi de confondre unequalité naturelle (ti <f6imvjsâfx'^) avec une qualité perpétuelle (tô àù ù-rif^m). On se trompe le plus souvent sur le propre, parce que l'on n'a pas 'soin de déterminer à quels objets on l'applique, et comment on l'entend (i36, a, 9).
Une erreur assez ordinaire, c'est de donner pour propre à ime chose ceUe chose même (aÙT6 ecÛToù). Mais une 'chose appliquée à ellemême, ne donne que' l'être; et donner l'existence de la chose appartient , non pas au propre , mais au terme même, à la définition (opo(). Ainsi, l'on prend la chose même pour son propre, quand On dit que l'honnête est le propre du beau (xoloS TÔ Kféittrt lèm). i36, a, ao. Dans les choses à parties similaires (âpio^up^v), il faut voir si le propre du tout convient bien à la partie ; et réciproquement, si le propre de la partie convient bieir au tout. L'erreur peut, dd restç, être au propre du tout, ou au propre de la partie. En attaquant, on peut contester la justesse du propre de l'un à ["tutre, soit tout, soit partie : en défendant, on prouve ^que, si le propre convient à chaque partie séparée, il convient aussi à l'ensemble.
Cb. 6, i35, b, 7. La considération des opposés .(eîv'nxEt|jiiviiiv)a encore, pour le propre, une grande importance. Il faut donc examiner, d'abord , si le propre contraire est bien le propre du contraire; car s'il ne l'est pas, le propre donné ne sera pas non plus le propre de l'objet en question. Si, par
ANAtT8E DES TOPIQtBB. — XIT. ▼. CHAP. TI, SS4
exemple , le propre de la justice est d'être ce qM'îl y a de mieux , ii feudra que le propre de TiDJustice soit d'être ce qu'il y a de pis.
i35« b, 17. De même pour les relatife. Si le propre d'un relatif n'est pas bien donné, le propre de soa relatif ne le sera pas bien non plus ; par exemple : la moitié étant relatif dit double , et l'infériorité de la supériorité, si la supériorité n'est pas le propre du double, l'infériorité ne le sera pas non plus de la moitié.
i35, b, 27. De même pour la privation et la possession. Si le propre, dit par privation, n'est pas le propre , le propre dit par possession ne le sera pas davantage de la possession ; par exemple : le propre de la surdité n'élafiit pas l'insensibiliié, le' propre de l'ouïe ne sera pas non plus ta sensibilité.
j3Q,a, 5. Pour les négations et les affirmations, -il faut regarder d'abord aux attributs. Si l'affirmation, ou l'affirmatif, est bien le propre, la négation, .on le négatif, ne l'est pas; et réciproquement. Ainsi, le piopre de l'animal étant d'être vivant, le nonvivant ne saurait être le propre de l'animal. Ce; Beu, comme on le voit, ne peut servir qu'à ' réfuter (]36, a, i4}. On doit également regarder aux attributs, ou aux non-attributs, et à leurs sujets , ou à leurs non-sujets. Si l'afErmation n'est ■ ■ pas le propre de l'affirmation , la négation ne le Itéra pas non plus de la négation. Si donc le propre de l'homme est d'être animal, le propre du nonhomme sera d'être non-animal ( ia5 , a, 39), et'~
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5BS iwuxitaa rAKTB. — sicnoN i.
vicç versa. Od peut ne regarder qu'aux sujets (finiuut[Uvuv^ et M le propre dojiDé est bien celui de Tafifirmation , il ne pourra l'être rai même temps delanégetipn; et réciproquement. Ainsi , le virant étant le propre de l'aDlmal , il s'ensuit qu'il ne saurait l'être du apa-aiiim^. Dans las séries opposées (fvnSiiifniiiivbi^), (i36t a. 5), l'oppoeédu propre de l'une ne Eaiirait jamais être le propre de l'autre ; %, être seofiibLe n'est le propre d'auq^ des êtres mortels, être intelligible (vom^ ) ae seia pas non l^us le propre de la Divinité.
Ch. 7, i36, b, i5. Pour les cas, il faut remarquer que jamais uu cas ne peut être le propre d'un cas. Si vertueusement n'est pas le propre de justement , vertueii:i ne saurait être le propre de juste.
i36,bt 33. Il faut examiner encwe si, pour les choses sembUbles (éfutuc èxôvtuv) , le propre donné à l'une est Uen aussi dunnéà l'autre; si, par exemple, l'architecte est à la maison comme le médecin à la sauté, le propre cle l'architecte ne sera pas de faire la maison, si le propre du médecia n'est pas de iwtf! la santé.
137, a^ ai. n faut voir en outre aux modes particuliers^'exislence-fHleproprenes'appliqutfpasà l%tre,il ne saurait être davantage le propre du dev%- ' nir: si le propre de l'homme n'est pas d'être animal (stvai i'âtn), le propre de l'homme ne «aurait être non plus de devenir animal (yivts&eu ^"~nv).
j37 , b, 7. Enfin, il faut regarder à l'idée du propre donjoé (î^j» mù xufUvou); si, par-exemple*
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AKAtTSEDES TOPKSpES. — UV, T. CHÀ?. TI. S9$
être composé d'àme et de corps appartient à l'ani- OMtl en tant qu'animal (<xùto!^^(j) -^ K^m), il est clair ijue le propre de l'anipial so-a d'çtre composa d'ânie et de corp^>
Ce pesage mérite d'être remarqué* en ce qu'i!^ semble prouver qu'Âristote admettait, k l'épiQfme où U éprivait le^ Topiques, le système (fes Idées iqu'il combat dans te reste de l'OrganOQ. Jci, du reste, cg^ipepltis h^ut, ci peut croi;¥<que,dia- Içctîquement, Aristpte regarde les Idées de Platon comme chose d'opin\on, de probabilité, et qu'il s'eif.sert coinine d'une tbèse (Voir plus haut, pag. 378), sans en admettre pourtant la réalité. DaifS l'Analytique, danskt ihéoriç de la vécité, il n'auraitpu en faire usage.
Ch. 8, i3i7, b,'i4> Viennent ensuite les lieaiç du pbu et du OKoins, de l'absolu et du nonrabsolu, qui pçuTçnt aussi présenter plusieiir&.i}uan.ce5, «t les lieux des choses à existence semblable (ô[u>{u; ûwapj^QVTMv) 1 38, a, 3o. On a "parlé plus haut des choses semblables (ôt^Mc^ si6ixm). Ëptre les unes et les ^tcçs, il y a cette distinction , que cçs dernières sont prises par analogie {hbt' âvaioyicev. ( 1 38, b, 33), sans qu'on ait égard à l'existence réelle (oùï iiti mi û'Tî^py.E'i' ti.QEwpo'-^vôv); d^x\i les premières, au coutruire, ^, comparaison résulte d'une rèalité (ÈKToSiTC^pj^ew). Ces lieux peuvent, çn partie, être employés parles dei^ interlocutei^rs, et^n* partie, ne servir qu'à la réfutation.
Ch. 9, i38, b, 27. Les derniers lieux qui concer-
;.Googlc
5U DnnuboE fârth. — bkcti{« i.
nent le propre sont relatib à la puissance. Un propre en puissance ne doit jamais être accordé au non-être (tô (t-Ji wn). Si l'on dit, par exemple, qtie le propre de l'air .c'est d'être respirable, on donne un propre en puissance^qui s'applique aussi an non-être. En e£fet, s'il n'y a pas d'animal pour respirer l'air, l'air n'en existe^pas moins ; et, cependant alors, l'air n'est pas respiré; donc, le propre de l'air ne sera pas d'être respirable , quand il n'y aura pas d'animal pour le respirer.
iSg, a, 9. Enfin, l'on ne serait placer le propre dans l'excès d'une qualité ({iTCEpëoXfi t£6euu), parce que, ta chose même étant détniite, cette qualité ^excessive n'en subsiste pas moins dans une autre; ainsi, le propre du £ea ne sera pas d'être Je plus léger des corps; car, en admettant qae le feu n'existe plus , il n'en restera pas moins un autre corps qui sera le plus légerde tous (-ri tÛv atdfucTtdv
Ici se termine, avec le cinquième livre, la redierche dies lieux du propre. On a tu que la marche de cette étude était tout-à-£ait analogue à celle des précédentes, et que les liçiix, appliqués tantôt ad propre, tantôt au genre, tantôt à l'accident, se tiraient toujours de sources pareilles, c'est-à-dire, des quatre instruments dialectiques dontlla élé question au premier livre. (Voir plus haut, pag. 343.)
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IHALISE DES . TOPIQUES. — LtV. VI. CHIP. T[. 5li3
ADaljse da livre sixième.
On a TU qu'Aristote avait distingué deux espèces de propres : d'abord , ce. qu'on entend vulgaire-
mentparceniot, puis la définition, leterme (^;), qui &it connaître la chose en disant ce qu'elle est. (Voir plus haut, pag. 339-)
Ch. 1, i3g, a, a4- Aristote divise lui-même ce traité des définitions (nspl toù; S^ç-nfa-ffut-niaç) en cinq parties : i** ou la définition ne s'applique pas du tout à l'objet auquel s'applique le nom (lucO' ou ma^ajuà mi ^dyov); 2° ou la définition ne donne pas le vrai genre de la chose, ou bien omet de le donner; 3** ou la définition n'est pas p'ropre au défini (ïSwç "Kéyoi); 4° ou ta définition ne définit pas^et ne donne pas l'essence du défini (ta Tt ^v elvot tû dp^o[jUv^ ); 5° ou, enfin, elle peut être irrégulière dans les mots (ja:^ xoAûçJ.
Les trois premiers défauts de la définition peuvent être attaqués, ou défendus, par les lieux donnés plus haut pour l'accident, te genre, et le propre; les deux derniers appartiennent à ce traité. Ou commencera par le cinquième, c'est*à-dire, l'irrégularité de la forme dans la définition.
Celte irrégularité peut tenir à deux causes : à
l'obscurité de l'expression (lîg, b, i4) (àffaçeï
âplAUveia, voir plus haut i** partie, pag. 104),
ou à une surabondance de mois. Toute définition,
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58$ DXliXÙIU PAATIX. — SECnOM 1.
en e£fet , doit être claire et ne rien contenir d'inutile.
Ch. a, r39, b, ao. L'obscurité peut venir de rhomouymie de la définition , ou du défini luimême. Il De faut diODC raiftonner (ou>^i«[ùv mincot), qu'après avoir détertnieé le sens précis que l'on <x>miptfl eaiployer dans la définition.
lig, b, 3a. I>a métaphore est une cause tris commune d'obscurité. Toute métaphore est obscure (iw' fàp àoa^t th xarà [uretfûpàv Xi^ôftcvi»). Q fout éviter aussi les mots qui ne sont pas sanctionnés parl'usage((iT|x6i(jivoic). Platon oublie cette règle quand il appelle l'œil : ôfpuiïvxuv ombragé du sourcil ; toute expression inusitée est obscure. U y a encore quelque chose de plus dangereux que la Biétaphore; c'est ce qui n'est ni homonyme, ni métaphorique* ni spécial; c'est, par exemple, quand on dit que la loi est une mesure, qu'elle est une image de la justice naturelle. La métarphore, du moins, s'appuie sur quelque ressemblance; mais où est ici la ressemblance de la loi et d'une wesuis, de U Ipi et d'une image ?
i4o, a, i8. Enfin, une autre nuance d'irrégularité dans la forme, c'est quand on ne &it pas comprendre le contraire de l'objet. Une bonne définitifHi fait aussi connaître son contraire ; une mauvaise définition ressem)>le k ces tableaux des anciens pein'res, tout-à-fait incompréhensibles sans une inscription qui en expliquât le sujet.
Ch. 3, i4o, a, a3'. Le second genre d'irr^ula-
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ANALYSE DES TOPIQUEfi, — LIV. VI. CHAP. VI. 58Y
rite, c'est la superiluité des mots. Vne définition ne doit jamais avoir rien d'inutile. On cpninct cette faute, en donnant, dans la définition, quelque tenue qui appartient à tous les objets sans distinction (â «ôïnv iiicRp/tt, i4o, 3, 33). Tout ce qiû peut être retranché de la définition, sans l'altérer, est inutile. Ainsi, dans cette définition de l'âme : L'âme est un nombre qui se meut lui-même, nombre est inuiile ('Tceptep-yovj; car on peut définir râmo(i4o, b, 4)1 ce qui se meut soi-même, comme l'a définie Platon, Aristote se contredit ici puisqu'il admet cette- définition , qu'il a paru désapprouver plus haut. (Page 355.)
140, b, 16. La défiqition contient aussi quelque terme de trop, quand l'un de ses termçs ne saurait convenir à tous les objets qui se trouvent sous la même espèce que celui dont il s'agit, et quand on y a répété la même idée^ quoique en dea termes différents (i4i) a* 6). Ainsi, Xénocrate définît la réflexion: I^ faculté qui détermine et qui étudie les êtres (ôfuç-u.^ xai QsupwnxJ) t^ fSv-cbtv); mais pour déterminer, il faut préalablement étudier, de sorte qu'ici la même chose se trouve répétée en d'autres termes. •
i4i, a, i5. Enfin, il ne faut pas que la définition renferme à la fois l'universel et le particulier. Tels sont les défauts de forme.
Cb. 4, 141, il, ^3. Quant aux défauts essentiels, la définition peut, comme on l'a dit, ne pas définir l'objet en question , et n'en pas donner l'es-
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588 DBCXliM PAKTŒ, — SBCTION I.
sence. C'est le quatrième des dé&uts énumérés plus haut (Voir page 385).
i4i, a, a6. D'abord, il fout que la déBnition parte de choses primitives et plus connues («(xiriùv xaH. ■prupifi.itfr^pwv) , puisqu'elle a pour but de faire savoir ce qu'on ne sait que parces choses là, comme dans les démonstrations ()«(6âitep év tkÎî mro^eiÇiffiv). Aiistote ne rappelle pas ici formellement son traité de la démonstration ; mais il est évident qu'il l'a en vue : et cette opiniou se trouve confirmée par l'identité même des expressions (Voir plus haut , page aSo). Si la définition ne reposait pas sur ces primitifs et ces objets plus connus, il s'ensuivrait qu'il y aurait plusieurs définitions d'une seule et même chose. Mais tout être n'est uniquement que ce qu'il est ; il ne peut varier avec les définitions qu'on en donne. On ne définit donc pas , si l'on ne part de choses primitives et plus notoires.
i4i, b, 3. Du reste, une chose peut être moins connue qu'une autre de deux façons, soit absolument (âirlûî), soit relativement à nous (i^f^îv) : absolument, l'antérieur est plus connu que le postérieur : pour nous, il peut en être parfois autrement. Ainsi, en soi, le point est plus notoire que la ligne, la ligne que la surface, la surface que le solide : pour nous , au contraire , le solide est plus connu que la surface, la surface que la ligne, parce qu'en effet le solide est plus accessible au sens (ÙTti t^v aïffflinjiv m'iTTsi), etc.
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ANALT81 DES TOPIQUES. — LIV. H. CHAP. Tl. 3R<I
i^ï, b, i5. Il vaut mieux, en général, essayer de faire connaître le postérieur par l'autérieur. Cette méthode fait mieux savoir les choses (éiviruluvixcÛTepov). Pourtant, avec les intelligences faibles (nù; à^uvoT^Toc;), il faut adopter la marche ioverse, c'est-à-dire , prendre ce qui leur est plus connu : le solide avant la surface ; et , par là on montre l'antérieur par le postérieur. Mais si Toa soutenait que les définitions ^nsi données, soht les vraies définitions (xaV âXitleiav), il s'ensuivrait qu'on aurait plusieurs définitions d'une seule et même chose; car ce qui est le plus connu, relativement à nous, varie avec chacun de nous. Quant au plus notoire en soi, s'il n'est pas connu à tous [143 a, 9), il l'est du moins aux esprits les plus distingués (toî<: eù^taxei|i^vu( 'riiy Âtavoiov).
On peut fausser la définition de trois façons (i4a, a, aa), en ne la donnant pas par les primitif : d'abord , si l'on définit l'opposé par l'opposé, le bien par le mal. Certains objets, du reste, De sauraient être définis autrement ; ce sont tous ceux qui, en soi, sont des relatif, et dont l'existence se confond avec leur relation quelconque à un autre objet (toùrôv Ta eïvai tm wpôî xi irwç ^X^v*)-
Od peut remarquer de nouveau que cette définitbo des relatifs est la détinit)ODrectifiée,qa'Ari$tote en adonnée dans les Catégories ; et ceci reporte la composition des Tojiiques après celle des Catégories {Voir plus haut, page i(>5).
i4a, a, 34- Un autre défaut que peut avoir la
590 DEUXlbU PAaTiB. — SECTION I.
définition , quand on ne la tire pas des prin)iti& , c'est d'employer le défini lui-même. Ainsi qu'on définisse le soit- il : L'astre du jour ; dans le mot jour, on emploie le défini. Il faut, pour dégager cette erreur, prendre l'explication au lieu du nfot lui-même : et ici, par exemple, le jour sera : La course du soleil au-dessus de la terre (dirÈp -p;). (Voir, sur cette opinion d'Aristote, plus haut, pages 3i2 cl 377). -On ne peut davantage définir une série simultanée, par une autre série simultanée (âvTiîtï)pTi[iévQv). Ainsi, on ne peut dire en définition, que l'impair est ce qui surpasse le pair d'une unité; car les divisions d'un même genre sont simultanées par nature.
Ceci se rapporte parfaitement à ta doctrine des Catégories et la suppose (Voir plus haut, page 179); de plus, il s'agit, comme on le voit, de niypothéorie , dont Andronicus conlestait formellement l'authenticité.
142, b, 1 1 . Enfin, le troisième défaut de la définition qui ne vient pas des pnmilif8,c'est de définir l'objet supérieur par l'inférieur (Âw tmv ùiroxâTiù TÔ ^àvw); par exempte, si Ton défiait le nombre pair, celui qui se divise par deux. En effet, par deux vient de deux qui lui-même est un nombre pdir.
Ch. 5, i^a, b, 20. Après ce premier lieu de la définition, qui n'est pas faite parles primitife,en vient un second; c'est la considération du genre. La définition est mauvaise: 1° si, la chose étant
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ànaltsi vb« Topignss. — liv. ti. chàt. ti. 391 dans le §601*6, la défiaition ne l'y placepas; s" si le défini a plusieurs rapports, et qu'on ne les ait pas tous donnés ; par exemple , si l'on dit que la grammaire est la science de l'écriture, et qu'on oublie d'ajouter que c'est aussi celle de la lecture, cette seconde idée étant atlssi essentielle à la définition que la première; S° â le défini, se rapportant i plusieurs cbcves plus ou moins Itonnes , on n'a pas donné la meilleure et la pire ; et ceci est une faute, attendu que toute science doit avoir le meilleur pour objet (tcSscl ykf Ém7if[jMi xoi Sv^a^iç ToQ ^i>.Tiç«u Âoxec etvai) ; 4° si l'objet est placé dans un genre, qui ne soit pas le sien; il faut alors employer les lieux indiqués plus haut pour te genre ; B" enfin , la définition est mauvaise , si l'on a pris un genre éloigné, au lieu de prendre le plus proche. Le genre supérieur est, du reste, attribué à tous les genres inférieurs.
Ch. 6, i43 , a, 29. Pour les différences, il faut voir si l'on a bien donné celle du genre : car si l'on ne donne pas les différences propres de la chose , on ne la définit pas.
i43,b,ri. Il faut prendre garde, quand on définit le genre par négation , de ne pas lui donner la définition de l'espèce , comme, lorsqu'on définit la ligne ; Longueur sans largeur. Mais toute longueur a, ou n'a pas, de largeur, de sorte que. Longueur sans largeur, est la définition d'une espèce; et alors, le genre recevrait la définition de l'espèce; ce qui n'est pas possible.
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^02 DBuxdME pa&th. — sscnoN. i.
La définition ne vaut rien , si Ton a pris l'espèce ou le genre pour différence (i44i ^> ^)- Uf^ut voir encore, si la différence exprime une substance, au lieu d'exprimer une qualité (ttmôv t(), comme elle doit toujoursie faire ( 1 44* t>i 2^); si, par hasard, elle n'est pas accidentelle (xazkeMji.€e,Sty.iii)i si la différence est attribuée au genre; si l'espèce, ou quelque individu de l'espèce, est attribué au genre. Enfin, le genre étant plus large que la différence, l'espèce, ou l'individu, il ne peut jamais les avoir pour attributs (i44, ^t 4)- L'espèce, non plus que tes individus, ne peut être attribuée à la différence, parce que l'espèce est moins large que la différence. Il n'y a pas de définition , si la difTérence donnée est d'un autre genre, qui ne soit pas compris dans le genre en que&tion ( r44* ^f i^) ou qui ne le comprenne pas : car la différence ne saurait être à deux genres , qui ne se comprennent pas mutuellement, et qui, le plus souvent, ne sont pas, fun et l'autre, sous un autre genre.
i44» ^t 3t . Il faut examiner en outre, si l'onnla pas (Jonné à la différence de la substance, quelque limitation de lieu (ta îi tivi). Une substance ne saurait jamais différer d'une autre substance par le Heu : ainsi, aquatique, terrestre, indique non pas seulement le lieu des substances , mais aussi leur qualité. La différence ne saurait être une modification (^ftdof ) ( 1 45, a, 3) ; car toute modification sort de la substance , et la différence ne semble pas en sortir. La différence est mauvaise, si, pour
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ANALYSE DBS IWIQIJES, — LIT. TI, CHÀ*. Vl. 5fô
an relatif, elle n'est pas relative ( 1 45 , a, i3). Il faut de pljus qu'elle soit appliquée au relatif naturel. Ainsi , on pourrait puiser de Teau avec une étrille, et cependant si l'on définissait l'étrille: Instrument à puiser de l'eau, on se tromperait tout-à-fait, ici, le relatif naturel, c'est l'emploi même qu'indique la sagesse , et la connaissance propre des choses.
145, a, 33. On pçut contester la définition donnée , quand l'affection définie ne peut être à l'objet auquel on l'attribue. Ainsi, l'on se trompe , en définissant le sommeil une impuissance à sentir [aèuva^ui KÎaQ^q'vEdt; ) ; car le sommeil n'est point du tout à la sensation ; et il fandrait qu'il y fijt, pour qu'on pût l'appeler une impuissance à sentir. Ce qui est vrai, c'est que l'un produit l'autre (145, b, i5). Le sommeil produit l'impuissance à sentir : l'impuissance k sentir produit le sommeil. Enfin , il faut voir, si ce n'est pas te temps qui est en désaci'ord avec la définition (145, b, ai): par exemple, si l'on définissait l'être immortel : L'être qui ne saurait périr dans le moment actuel.
Ch.7, 145» b, 34. La définition est mauvaise, si elle convient plus à un autre objet qu'à l'objet défini : si la chose même reçoit le plus, et que la définition ne le reçoive pas ; ou réciproquement (i46, a, 1 5); si la définition donne le moins, et le défini, le plus: par exemple, si l'on dit que le feu est le corps le plus subtil ; la flamme est plus feu
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594 DETXltlIB PARTIE. — SHCTION I.
que la lumière , et cependant la flamme est moins que la lumière, le coj-ps le plus subtil.
Ch. 8, 1 46, a, 36. Quand le défini est un relatif, soit par lui-même, soit par son genre, il fau^ToiT,si, dans sa définilion, on n 'a pas omis !>on relatif, soit en lui-même, soit dans son genre. Par exemple, si l'on définit la science : Une conception inébranlable (iiTCÔXTii|iiv à^t-zâ'Keiçm'j , la définition est mauvaise ; c'est que la substance de tout relatif est relative, puisque, pour les relatifs, leur existence se confond avec leur rapport même à un autre objet (Voir plus haut pages 389 et i65), et par conséquent il faut dire que la science est la conception d'une chose sue (OirdXïiijiiî cmçviaS).
146, h a5. Parfois, la définition pèche, lors qu'on n'a pas déterminé la quantité , la qualité, le lieu, ou telle autre différence (^lafopà;).
Ici , Aristote n'emploie pas le mot KaTiiyopCa^ qu'il adopte dans les traités autres que les Topiques. L'on peut en apporter deux motifs, analogues à ceux qu'on a déjà donnés plus haut : ou bien A ristote a composé les Topiques avant les Catégories, ou bien il n'a pas cru devoir employer, en Dialectique, une expression qui ne convient qu'à l'Analytique (146, b, 36). Durtste, Kamyoput est employé plus loin (voir liv. 7, ch. 1).
Quand il s'agit de désirs (ôpj^v), d'appétits, à définir, il faut avoir soin d'ajouter, qu'ils s'adressent à fapparence aussi bien qu'i la réalité. Par exemple, si l'on définit la volonté : Un
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AHAllSE DF5 TOFIQtBS. — LIV. VI, CHAP. TI. S9S
désir du bî«n , il &ut ajouter : du bien , soit apparent, soit réel.
Ch. 9,147,3* fsiQiiandondéfinitkipo^essioni il faut regarder à l'ubjet qui possède , et réciproquement. Dans ces sortes de défiailioDS , on peut remarquer qu'on définit plusieurs choses à ta fuis; car, si le plaisir est l'utile, celui qui jouit du plaisir est aussi celui qui pro6te de l'utile* etc. (147. 3)29). Pour les opposés , il importe que la définition soit bien opposée ; par exemple, si le double^t'ce qui'surpasse d'une quantité égale* la moitié doit être aussi, ce qui est surpassé d'une quantité égale. Pour les cdtatraires par privation et possession, il est clair que Ir définition du privatif est donnée par la définition de l'autre : mais la définition du possessif ne l'est pas réciproquement par celle du privatif (1471 b, a6). On peut, d'ailleurs, se tromper on donnant la définition par privation , quand on applique le privatif à ce dont il n'est pas réellement la privation; ou, quand on ne t'applique pas à ce dont il est la privation naturelle; pdr exemple, si l'on dit que l'ignorance est une privation , sans ajouter que c'est une privation de science. On comme! une faute ^ale ( 148, aj 3), si l'on définit par privation, ce qui n'est pas dit par privation.
Ch. 10, 148, a, 10. Ici, comme plus haut, il but s'enquérir si , dans la définition , les cas pareils répondent aux cas pareils du mot. Si, par exemple,
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59C DKUXIÈHB PABTIB. — SECTIOIT I.
l'utile est ce qui est conforme à la saoté, utilement sera: conformémeut à la santé; une chose a été utile , si elle a été conforme à la santé.
Il faut voir si la définition s'accorde avec lldée de la chose {cm -H» î^eW Et ifaç\iAau 6 Xt^yoï) : ainsi , Platon s'est trompé dans la défiuition des animaux, qpand il a introduit le mot mortel : car l'Idée même n'est pas mortelle. En général , ce désaccord avec lldée , se trouve dans tous les objets où il s'agit de souffrance et d'action, parce que les Idées sont, à en croire leurs partistns^ immobiles et immodifiables ( ànaOfîç luà ôxÎvutoi ).
148, a, ni. La définition est surtout fausse, quand on en donne une seule pour plusieurs objets, dits par homonymie, parce qu'il n'y a que les synonymes dont la défîuitiou puisse être la même (ô xaTaToûvojAa Xiivoç).
Aiistote emploie, comme on le peut voir, des mots à peu près identiques à ceux dont il se sert au début des Catégories pour rendre la même idée, et sa théorie est ici parfaitement d'accord avec celle de-ce premier traité.
Ch. II, i48t h, ai. Quand il s'agit de la définition de choses liées entre elles (flujAmitXeypUvwvj.il faut examiner si, en détruisant ta définition de l'une, on détruit aussi la définition de l'autre. Si on ne la détruisait pas, c'est que la définition serait mal donnée. Si , par exemple , pour définir la ligne droite Umitée , on dit qu'elle est l'extrémité d'une surface qui a des limites, et dont le milieu est
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ANAirSE DES TDFIQDBS. — tlV, TI. CHiP. TI. 5S7
sur le même plan que les extrémités, Extrémité d'une surface qui a des limites, étant la définition de la ligne limitée , il faut que le reste de la . définitioo s'applique à Tidée de droite, c'est-à-diiv» dont le milieu est sur le même plan que les extrémités (mitfooSeï toï; Tcfpan -m (tiuDv) ; mais ceci ne saurait du tout convenir à la ligne prolongée à l'infini , qui est droite pourtant , mais qui n'a ni milieu ni extrémités.
148, b, 33. Quandondéfinit un composé, il isut que la définition ait autant de membres (t(7ox(D>.o{) que le composé a de parties (i49t ^ 5). Une faute très grave , c'est d'adopter des mots moin» connus que le défini'; par exemple, si, au lieu d'bomme blanc , on disait : mortel étincelaat Quand on permute ainsi les mots (jieTaVXoY^), il faut faire attention à bien conserver le même sens (i49»a, 8); l'on se trompe assez souvent (i49t a, t4) en conservant la différence au lieu du geare, qui est toujours plus connu qu'elle.
01. ii,i4<^)3) 39.11 faut prendregarde, quand on donne la définition par la différence, que cette définition ne convienne |^ aussi à autre chose que le défini. Si, parexemple, on définit le nombre impair, le nombre qui a un milieu, il faut expliquer comment on entend que ce nombre a un milieu ; car une ligne, un corps quelconque, ont un uàr lieu , et cependant ne sont pas impairs.
On se tromperait encore si, l'objet étant une chose réelle ( 1 49» a> 38 j, la définitiou ne portait pas
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59ft DBDXlbllB FÂatlB. '— «ECTIOK I.
aussi sur une chose réelle (tûv m7w*). Si, par esemplefOndéGoissait la couleur, en disant qu'elle est mélangée de feu (Trupl |u(UY{ji^voy) , la définition serait mauvaise, en ce que le feu est un corps, et que la couleur n'en est pas un; or, l'incorporel ne peut êlre mêlé au corporel- C'^t une faute très commuoe(i49, b,4)dene4pas désigner, |>our les reUti& , le relatif auquel ils se rapportent. Ainsi , on définit la médecine la science de ce qui est (toÙôvtdï)-, mais celte définition convient à une foule d'autres sciences, et la défioîtioa pour être bonae , doit être spéciale , et non point commune (xotvâv. 149, b, 34)- Parfois aussi , on a le tort de définir, non pas la chose même , mais la chose dans une bonne disposition, dans un état accompli (nvù.&aiiÀ'tm).
■ 49, b,3i. Il faut définir la chose par les pointa qui la rendent désirable en eUemèiue, plutôt que par ceux qui la rendent désirable en vue d'autres
Ch. i3, i5o, a, I. La définiUon peut avoir trois autres défauts quand elle est composée de parties diverses, e^ qu'on dit, par exemple, 1° que telle chose est telle et telle chose (tkJi); 1° que telle chose est formée de telle et lette chose (éx vrira») ; 3° que telle chose est accompagnée de telle chose ([urà ToSSe). La définition, dans ces trois cas, est toujours incertaine.
1 5o, a, 4- 1° Si l'on définit la justice , en disant qu'eUe est de la prudence et du courage , il s'ensuit
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ANALTSE DXS TOPIQUES. — IIV.VI. CBIP. TL SM
que la même défioitioD serait à deux choses, et De serait à aucune. En effet, celui qui est prudent seulement, est-U ou n' est-il pas juste? ou bien, celui qui est courageux seulement , est-il ou a'est!it pas juste aussi ? et, si l'un et l'autre joignent^à leur quâUté isolée, une qualité contraire à la justice, il 6>Q8uivra donc qu'ils seront, à la ibis, justes et injustes.
i5o, a,2a. 2" Quand on définit la chose par celles dont elle vient, au lieu de la définir par ce qu'elle est , ii faut rechercher d'abord si les choses , ainsi réunies, peuvent former un tout (Sv •^wt)j9ai);car, si le défini peut être naturellement daiisuatout, et que les choses dont on le compose n'jeu forment, pas un, il est clair que le défini est mal expliqué. Par exempte, ligne et nombre ne pourront jamais former un toiit bomogènfi. Si donc, l'on définit l'impudeur endisani qu'elle est formée de' courage et de pensée fausse, on pourra demander encwe quel est le caractère de l'impudeur, et si elje est bonne ou mauvaise (i5o, b, 5), puisque d'une part , le courage est bop , et que de l'autre la pensée fausse est mauvaLse.Maisatteadiiqueleoeurage ■ vaut mieux comme bien , que la pen»ée ^usse n'est mauvaise comme mal, U semblerait dev<Hr s'ensuivre que le composé est plutôt bon que ioauvais. Ceci même n'est pas toujours vrai, puisque nous voyons souvent que , de deux remèdes fort bons, chacun pris à part, il peut résulter un m^ lange qui est très nuisible.
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400 DEDXliMI PAKTa.— KCTIOir 1.
i5o, b, 22. n ne suffit pas non plus d'indiqaer le mélange, il faut encore en indiquer le mode (rpÎTR»); ainsi, une maison, est non pas un assemblage quelconque de matériaux, mais un certain assemblage.
1 5o, b, a8. 3° Enfin , si l'on définit la chose par ce qui l'accompagne (to'^ï (JLE-rà toùÎe) , la définition a besoin d'être éclaircie. £n effet, si l'on dit : C'est de l'eau avec du miel, on pourra comprendre à la fois, que c'est de l'eau et du miel chacun à part, ou un composé d*eau et de miel.
Ch. i4t i5i, a, ao. La définition peut encore avoir quelques autres vices. Si l'on dit que le tout qui est défini , est la combinaison de telles choses, il £aut spécifier de quelle espèce de combinaison (<Tuv6c<»;) on entend parler. Si, par exemple, on définit la chair, en disant qu'elle est un assemblage de feu , de terre et d'ûr, il faudra dire quelle est la combinaison de ces divers éléments; car, si on les combinait d'une façon quelconque -, ils ne donneraient pas nécessairement de la chair.
i5i, a, Sa. Même défaut, si le défini pouvant admettre naturellement les contraires , on ne l'a défini que pur un seul des deux contraires. Ou ' bien alors, l'objet n'est pas défini; ou bien, il aura plusieurs définitions ; car, pourquoi l'un des contraires ne le définîratt-il pas aussi bien que l'autre?
Quand on ne peut attaquer le tout dans la d^iiition, il &ut attaquer les parties (iSt, b, 3), puisqu'il suffît de renverser l'une des parties pour
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AltALYSK BBS TOPlftlife. — IIV. TI. ClIAP. VI. 401
détruire toute la définition. Il ne faut pas craindre de substituer une définition plus complète à une autre naoins bonne, pas plus qu'on ne craint, dans les assemblées politiques (ijoCK-naicat), de substituer une loi meilleure à une autre qui ne la vaut pas.
1 5 1 , b, 18. Une règle générale, qui sert à bien donner toutes les définitions, c'est de se les faire d'abord à soi-même avec le plus grand soin , et de Voir ensuite, si celle qu'on entend et qu'on discute^ se rapporte à l'exemplaire personnel qu'on s'en était tracé (irpôç Ttciféèu-j^ct QaiâjtEvov).
Ici8etermine,aTecle sixième livre , la première partie du traité des définitions (Trcpt Toii; cTpouf). On ne peut douter que ce ne soit celui que Diogène Laërce a désigné, dans son catalogue, par ce titre : 'nfiuoi. lïfô; Toùç S^pou;. Mais il n'est pas moins évident, par le témoignagede l'auteur lui-même (Topiques, liv. i,ch, 4} ioi,b, 29,etcb. 6, 102, b, a8), que le traité de la définition est une partie essentielle et inséparable de laTopique. (Voir plus baut, pag. ag, ia8,etc.,etc.).
Analyse du livre |septiëine. '
Le septième livre, quelque court qu'il soit, se compose de deux parties fort distinctes. Dans la première, se trouve achevée la tbéorie de la défini- I. a6
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4M MDxitaii ràMott, — tÊcoùK t.
tkm, pv l'examen de Tidée du même et da dÎTns, très importante pour la détermiiution des choses. La seconde est un résumé de tonte la Topiqneb On verra pins loin, comment ce résumé unit ce qui précède au huitième livre, et au traité suivant: < des Réfutations des Sophistes.
Ch. I, i5i, b, 29. Pour se rendre OHDpte delà diversité ou de l'identité d'une chose (^ -nàftin h infm), il faut d'abord voir si elle a été prise dans le sens le plus spécial d'identité, d'unité; et^ comme le remarque Aristote, il a dit, plus haut, qoe l'identité, proprement dite (è)iY«o' Kupuàrotro), était celle qui résultait du nombre. (Voir plus haut. Topiques, liv. i, ch. 7, pag. 337.] Pour oda, il laut regarder d'abord aux cas; si la justice est la même chose que le courage, juste sera k même chose que courageux, justement que courageusement, etc. De même pour les opposés; si les choses sont identiques, il faudra que leurs opposés le soient anssi entre eux. On doit regarder enfin à Ce qui produit les chc^es, à ce qui les détruit; car les choses étant identiques, il faut que leurs générations, leurs deslructious, le soient également.
I Su, a, S. Dans les choses dont l'une est dite au superlatif (pAiTa "kly^Tzi), il faut voir si l'autre y est bien dite aussi, relativement au même objet. Par exemple, Xénocrate prétend que la vie vertueuse et la vie heureuse sont identiques , parce que la vie vertueuse et la vie heureuse sont les plus dé-
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AHAim m TOPioeu.— 'Ut. th. ohap. ti. 403 riraUes de toutes. Mais il ti*eat pas possible que oe qui est sapertativement bon ou grand, soit multiple; le supeWatif exige TuDÎté. Xénocrate ne définit donc pas; car la vie heureuse et la vie ver' tueuse ne sont pas numériquement, une seule efc méroevie) elles ne sont pas uécessalreineat identiques : l'une est comprise sous l'autre.
1 5a, a» 33. Il importe de rechercher, ^ les accidents de l'une des choses sont bien les accidents de l'autre; ce qui doit être, si elles sont réellem^it identiques. II £aut prendre garde encore que les choses identiques doivent être dans un seul genre de catégorie f d'attributifm (Jv iwl yi^v. xaTnfOfUn)-
Comme on pcutle remarquer, Ari^tote se sert du mot propre de ZMvnff(x, et, par conséquent, ceci infirmerait l'observation faitepUishaut sur l'emploi du mot 'Sjortifnfia dans la Topique. (Voir pag. 394.) On peut ajouter, toutefois , qu'ici le mot de Solth- ■fof îec n'a pas absolument le sens qu'il reçtnt dans les Analytiques, ou dans les Catégories elles-mêmes; qu'il n'est pas seul, et qu'il n'a point encore toute sa râleur; mais peul-êtr^ Âristo te n'aura-t-il pas trouvé a»iTeQable de la lui donner dans ta Topique.
i5a, b, 6. Il faut voir, si de choses qu'on prétend identiques, l'une reçoit le plus, sans que l'autre le reçoive^ ou sans qu'elle le reçoive en même temps. Ainsi, celui qui aime plus, ne désirant pas poiu" cela davantage la cohabitation (ituvttxnaç), il s'ensuit que l'amour et le désir de cohabitation ne sont pas identiques.
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401 MOlfellK TARTUt IBCTMM I. '
' i53,b, lo. Quandily aqnelqiiecbosed'ajoirié, il faut eiaminersi cette a()ditîon,(le part et d'autre, ne change pas ridentité de l'ensemble; et ù, en enlevant, de part et d'autre, la même chose, le reste est encore identique.
i52,b, i^.Ondoit rechCTcher,non seatementsi la thèse donne quelque chose d'impossible, mais encore si la thèse qu'on y substitue (ûiroSràiut), donne quelque chose de possible. Par exemple, on prétend, que vide et plein d'air c'est la même chose. Il estéviclent que si l'air sort, le vide, loin de diminuer, augmentera; et alors, il ne sera plus plein d'air. Ainsi, en supposant que l'un des deux soit vrai ou soit faux, peu importe , l'une des choses se trouve détruite, et l'autre ue l'est pas: il s'ensuit qu'il n'y a pas ici d'identité, et que vide et plein d'air ne sont pas une seule et même chose.
iSs, b, a5. En général, il faut, pour les choses identiques, que l'une et l'autre soient attributs des mêmes choses, et que les* mêmes choses leur soient attribuées.
Du reste, identique se dit ^n plusieurs sens :«i esjièce", en genre , en nombre, etc. ; il faudra donc considérer dans laquelle de ces diverses significations (i5a, b, 'io), on l'aura compris.
Ch. a, i5a, b, 37. Tous ces lieux peuvent évidemment servir à ta définition , et tous sont bons pour la réfuter (àvafncïuccftxoi). Si le nom, en effet, et l'explication donnée, ne signifient pas la même chose, il est clair que la définition est mauvaise.
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ANALTSI VBa TOPIQUES. — UV. VII. OIAP. TI. W
Mais aacun de cesJieux ne sufBt pour établir la définition ; car il ne sufBt pas de démontrer que te nom et l'explication donnés ont le même sens : il faut, en outre, réunir toutes les conditions indiquées p^s haut (rà S'ài^iv. xcnta icafirffiikfxéia.). . .
Ch. 3. 1 59 bis, a, 6. Il y a cependant des moyens de défendre la définition, bien qu'on prenne rarement ce soin dans la Dialectique, et qu'on admette 1m définitions telles que les donnent les sciences spéciales, géométrie , arithmétique, etc. Les considérations auxquelles on s'est ici livré, n'ont pas pour but de tracer à la définition des règles parfaitement exactes (Ji' Hxpiêeia;); ce soin appai^ beat à un autre traité (ôUn; TÇftx^^-niai). Tout ce qu'on puétend établir, c'est qu'on peut faire un syllogisme de la définition et de l'essence des choses. En. eifet, si la' définition est l'énoncé (l<^() qui donne l'essence delà chose, et si les genres et les différences peuvent seuls être attribués essentiel lement , il est clair que la notion qui les contiendra sera bien unedéfinition.Ilest doncqertainque l'on peut, avec les procédés du raisonnement (oM^v^e- |Mv), £aire une définition; comment faut-il la feire, c'est ce qu'on a dit ailleurs plus exactement (ÈM i-rfpQif àxfi^içtfov ^MiipiTu). (Aristote veut sans doute désigna ici les Derniers Analytiques, liv. s, ch. i3 et i4')Pour l'étude dont nous nous occupons maintenant'(npô; ;^ icpoK£t{i£viiv l^^dodov), il suffit de se servir des lieux précédemment indiqués.
iJi9^ù,a,a6. Il faut en première ligne regarder
;.Googlc
4H mnriaiB »abtib. — ncnmr i.
aux contraires et aux BOtres opposés; car, si la définition opposée est la définition de l'opposé , la définition donnée sera bien celle de l'objet en question, etc^etc., (i49^'''> l>t a^O '' ^^ examiner aussi les cas et les conjugués. Si , par exemple» l'oubli est une perte de mémoire, oublier s«a perdre la mémoire, etc., etc.
Ch. 4t tSo iis, a, i.a.Le8pIuB utiles de ces lieux, pourétablirladéfinition,8ont ceuxqu'oB tire des cas et des conjugués, parce qu'ils ont le plus d*ap> plications possibles (irpof vXtCça).
Ch. 5, 1 5o èùf a, »3. On Toit, du reste, qu'il est beaucoup plus difficile d'établir la définition que delà réfuter. 11 suffit, en effet, pour la détruire, d'en détruire une partie , ou de démontrer qu'elle est fausse pour une des parties du défini. Pour l'établir, au contraire , il faut démontrer que tout ce qui est dans la déBnitiou est bien réel , et qu'elle s'applique à tout ce à quoi s'applique le défini.
{d commence le résumé dont on a parlé [dus haut. Après avoir établi , à la suite de la définition, qu'il est plus aisé de la détruire que de la faire , Aristote se pose la même question pour le genre, pour le propre et pour l'accident, dont il a traité dans les parties (H'écédentes de la Topique. Ainsi, pour te genre et le pixipre (i5o Âù,^ |3), il est plus facile de détruira la proposition que de Tétablir(i5adif,a, 33). Pour raoctdeDt,l'iuiiTersql est
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ASaia BM TIMQCX8. — UT. TH. CHAF, VI. H/1
plus iaeie à réfnter qu'à donner; le particulier, tout au contraire ; et ceci se comprend sans peine, puisque, pour prouver l'accident particulier, il suffit d'établir quil est à l'un des objets (■nvl)^t que, pour le détruire, il faut prouver qu'il n'est k anoun des objets en question (161 lâs, a, 3). Ce qu'il y a de plus &uile, c'est de réfuter la défiuitioa , à cause de la multiplicité même des éléments qu'fJle doit renfermer. Par la même raison, c'est die aussi qu'il est le plus difficile de bien donner. i5i i*is,b, a8. L'accident est ce qu'il y a de plus facile à établir, et de plus difficile k repousser, précisément par les mêmes motifs que la définitloD. Tds sont doAc les lieux qui pourront servir k traiter toutes les espèces de questions dialeo* tiques; rénumération en est k peu près complète (rxj^w ixKvûï È^'fipi6(i.irvTai).
Si l'on se rappelle ce qu'Aristote, en débutant, a dit, sur les parties diverses qu'il voulait donner à sa Topique (Voir plus haut, pag. 334 > bv. i, cb. 3), il est daîr que le traité ne peut être ici tef miné. Il reste encore à exposer la troiuème partie, où l'auteur compte expliquer quelle est l'utilité de la Topique pour les discussions pratiques (it^ii làiivxtiifu:) .Ceci même paraît une suite nécessaire de toutes les études antérieures: Aristotea partout eu scia de montrer les deux faces de la question , et, pour cbaque lieu , il a dit comment ou pouvait l'établir, comment on pouvait le détruire (wmt- «nuuEti^Eiv àvaoxeuô^Eiv). 11 semble donc qu'il lui reste
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40S DBnxdnn VAmriB. — ssCTHUt i.
encore à tracer les règles générales delà demande
et de la réponse.
Lehuitième livre de laTopique n'est doucpoint duttout séparé des antres, comme on l'acrugénéralement, il en est la snite et Je complémeoLOn ne saurait nier, toutefois, qu'il ne porte (%rt^es tracea de doctrine difFérente , qui ne se retrouvent pas ailleurs; et qu'entre autres choses, il est le seul, parmi les huit livres , à citer les Analytiques par leur nom. Ced est vrai , mais déjà l'on a essayé de démontrer plus haut (pag> 68) , que toutes les citations où il s'agit des Analytiques, ne sont probablement que des insertions fiiiites après coup, qui n'appartienoentpasà Aristote, et qui ne sauraient être regardées comme des autorités suffisantes. On reviendra, du reste, plus loin, sur cette question à mesure que l'occasion s'en présentera. Tout ce que l'on veut établir ici, c'est que le huitième livre n'est pas isolé, ainsi qu'on l'a pensé; que, loin de là, il continue pariaitement les sept précédents ; qu'il a été conçu et composé en même temps qu'eux, sous l'inspiration de la même idée; et que, de plus , il sert de lien indispensable entre les Topiques et le Traité suivantqui termine l'Organon: lesRéfutationsdes Sophistes.
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INALTBI DES TMIQUEl. — I1T> VU. CttAP. TI. 4M
Analyse du livre hnitUn».
Le huitième livre des Topiques a été divisé par les commentateurs en trois parties ; et cette division parait bcHiDe. La première partie expose les devoirs de l'interlocuteur qui interroge; la seconde, de l'intei^ocuteur qui répond; la troîaième» qui ne comprend que le chapitre '14 et dernier, résume les rech^ches précédentes, et indique quels sont les exercices particuliers auxqu^s l'un et l'autre interlocuteurs doivent se livrer.
Cb. I 6if, i5i ,b, 3. Aristoteannoncequ'apràs tous ces développements ((WTà 5è taûTa), il va traiter de laméthode à suivre dans l'ordredes discussions (-ra^uc), et dans les interrogations. Quand ou doit interroger ( IpumijLXTÎi^ttv ^lù,\m^c^ ) , on a troi| devoirs k remplir. Le premier, c'est de trouver le point d'où l'on doit faire partir la discussion ; mais ceci appartient au philosophe aussi bien qu'au dialecticien; les deux autres devoirs sont tout spéciaux au dialecticien: c'est,. d'abord, de pré> parer en soi-même l'ordre de la question , et ensuite de la poser à son interlocuteur.
1 5 1 èis ,bfiB. Pour trouver les lieux , il suffit des préceptes antérieurement donnés (atpTiTai vf^-' Ttfov). Pour bien aavoir.eommentilfaut poser les questions, il est utile de. connaître quelles sont le& diverses espèces de propositions, outre les pvo-
449 MiiBkiiK puns. — MonoN I. '^
positions nécessaires, dont se forme leffllogisme. Il y en a de quatre sortM, ce sont : i" celles qui ont pour but de trouver l'universel par inductiom; %'* celles qui ne tendent qu'à faire valoir Ja 'discussion (ti; oyxov toG ^Coyou}; 3° celles qui ont pour but de masquer la conclusion à laquelle on tend (nfôf Kpw^v -nC 9u|ticep£év|UtT0f ); 4* et enfin celles qal ont pour objet de rendre la discussion plus ctaire(safl«Ttf>wc^>^fY<^). Celles qui ont pour but de masquer la conclusion ne sont faites que pour le combat, la lutte dialectique((ryûvo( ;(«fftv) : mais il faut bien aussi les étudier , dans un traité où il s'agit toujours de rapports extérieurs (irpôç ÎTapov), et non pas seulement d'une étude personnelle et splitaire.
i5t £ù, b, 29. C'est pour arriver aoïpropoâtïons nécessaires du syllogisme, qu'on doit disposfrtoutes les autres : c'est en vue de celles-là qu'il faut airanger toute la discussion. Mais celles-li ne doivent venir qu'en dernier lieu; i) faut s'y prendre dit plus haut qu'on peut ( i5a bit, a, 7), les cacher le mieux -possible, en avançant, tous ferme de prosyllogisme, ce qui d(Ht plus tard les Amener. L'on fera bien de multiplier, tant qu'on pourra, ces profffltc^ismes (iSs bùy a, 33) (yâvt àf «iLiÏTct ) ; et pour cela, il fiiudra , non pas donner les aziàmes en masse (ffuvi^), mais peu à peu, et l'un apr^s l'autre, en les ^sant suivre d'après l'ordre de leurs rapports.
iSaâv,a, a7.QaândookpaDt,il£Kitpmidr»
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AHAITSI DBS TOM^JU, ■^UT.vm. CHAF.TI.' 4ll
Il définition de la proposition universelle, nop pas toutefois directement , sur les <^jets mêmes en questicm, mais sur les objets d'une série analogue, sar les conjugués (jtA iv oùtOu xU' iiîi tùv outd^^). It&ut, sil'on avance une proposition nouvelle, se pas montrer (iSa èù, b, 4) qu'on l'a faite pour le point eh question ; il faut donner à penser qu'on l'i 6iite pour un autre , en ayant soin tout»* fois d!en retenir ce qui peut être utite (^pi{n|uc). On fera bien, dans ce cas, d'interroger par simUitude ; ce qu i rend à la fois l'universel qu'on chercha plus croyable, et le feit moins apercevoir.
1 $a , bis , b , 1 8. Parfois , pour inspirer plus do confiance il l'interlocuteur, il &ut se &iîre à soi» mème une objection , manière de montrer toute la loyauté de la discussion ( èoMÛai ). '
i53, a, 6. Pour faire valoir la discussion en Tomapt (eîç Kiifffwiv), on emploiera surtout l'induction, et J'on divisera les choses homogènes.
i53, a, i4. Pourladartéenfin, il faut prendre des exemples, des comparaisons , mais en ayant soin de les donner justes et bien dénués, comme le fait Homère, et non pas comme le £ait Gbcerile.
Ch-a, i53, a, i8. Après avoir ainsi tracé les règles générales, et indépendamment de totite condition étrangère , Aristote ctHisidère la foriuQ que la discussion doit prendre selon les ipterlocUi* tenrs. Si l'on s'adresse à des dlaleclieieos, il feut employer le syllogisme : si c'està des esprits-vulgaires et peu éfllaû^ (npi; 'Eoiif TnlXo^f)^ il' v«H mieux
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Âi% IXITXibai PARTIE, — SBCTIOH I.
recourir à l'induction. On a parlé antérieurement del'unet de l'autre (eïpïiTKi S'iîrèpTwirtûvxal xpoTEfov). [ Aristote veut sans doute désigner ici les Premiers Analytiques. Voir plus haut te premier livre des Premiers Analytiques ch. 4 *' livre a ch. a3.) Quand on se sert de l'induction, et'qu'il est diifioîle d'arriver par elle au général , attendu que toutes les similitudes des choses n'ont pas de nom commun , il ne £aut pas craindre de forger soimême des mots (ôvo[uc-ro7RK»v. i53, a, 3o), pour se &ire mieux comprendre.
Quant on peut, à la fois , donner le syllogisme ostensif (i53, b,34) et le syllogisme par impossible, il importe peu en démonstration (chm^eutvûovn) de prendre l'un ou l'autre; mais dans une discussion, oii l'on a un interlocuteur, il ne but jamais employer la seconde forme, parce qu'il est trop facile à l'adversaire de dire que la chose n'est pas impossible, comme on le suppose.
t54> a, 7. Il fout se garder de jamais poser la conclusion comme question; car si l'adversaire la nie, tout raisonnement est arrêté; et, quand on interroge, de ne pas faire plusieurs fois la même question (i53, a, a5), car c'est perdre sa peine (àto>i(T)^iï); et.de plus, tout syllogisme ne doit jamais avoir qu'un petit nombre d'éléments ( ^
Ch. 3, i54j a, 3 t. Les mêmes thèses sont Êtciles àsmitenir, et difficiles à attaquer; ce sont les extrêmes de la question , c'eat-i-dire, les principes
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ANALTaX BE> TOPIQnES. — UV. TBI. CBAP. VI. 445
et les résultats (tc^ûtix kà layamt). En e£fel, qaaad l'objet en discussion est fort évident, il est difiïcile de L'attaquer , et c'est précisément le cas des principes qui servent à démootrer tout le reste^ et qui^eux-mémes ne sauraient être démontrés; la déônition seule peut .les faire connaître. Quant aux résultats, Ils semblent inattaquables aussi, parce qu'ils sont la conséquence de tout ce qu'on a précédemment établi.
1 54» b, 5. Par suite, les assertions sont d'autant plus difficiles àattaquer qu'elles sont plus proches des principes {i'Cfjç "râî jfPX.^î)î c'est qu'alors, entre elles et les principes* >1 y a fott peu d'inter> médiaires qui puissent servir à ta discussion.
i54, b, 16. En général, on peut objecter contre une assertion difficile à attaquer,qu'elle es( suscep* tible de définition , ou qu'elle a plusieurs sens et qu'elle est métaphoi^que, ou qu'elle est très voisine des principes, ou que l'objet dont on parle n'est pas a^ez clair pour nous, ou enfin que le sens dans lequel on le prend ne pous est pas connu (i54, b, s4). Souvent, du reste, c'est une mau- Taise définition qui entrave la discussion.
Ch. 4f J^^t a, 16. Ici se terminent les règles de l'interrog^îion; il faut passer à celles de la réponse (àTTOKpîoecD;). De même que le butde celui qui interroge selon les règles (Mt\&i), est d'amener celui qui répond k soutenir les choses les plus fausses {ièc^'^enx), de même le but de celui qui répond, est de montrer que les absurdités ne viennent pas de
;.Googlc
M4 smnaka Fiftfn. — «cnai i.
hû, inaU qù'eUa résultent de la poaitioii atême à»
la question {iik rh Ofnv).
Cb. 5, )55, a, aS.Aristote remarque ici que pei^ sonne, avant lui , ne s'est encore occupé d^racer régulièrement (oùÂn(pSpwT« nu) les règles de la réponse, dans les diacussons dialectiques (îruvôÂiHj iuùJtnauùi) ^ qui ont pour objet, non pas la lutte et la. dispute (ôyûvot), mais l'essai des forces mutuelles des interlocuteurs, et de communes étu,des {viçat XBi axi'^iut (ut aU,i(Xwv). < Puist^ue les « autrM, dit-il, ne nous ont rien laissé sur ces te matières, essayons de les traiter nôus^uêmes. k (Voir plus loin, Réfttt^es Soph. , ch. 33.)
Les questions posées au répondant ne peuvent être que de trois sortes {Xvjw 6i[uvov) : probables , improbables, et neutres, c'est-à-dire, aussi improbables que probables ( (v^o^om, a^o^ov, p^^Tspi ). Comme il £iut toujours que ta réponse donne une conclusion contraire à la thèse, il s'ensuit que la thèse étaut probable , la réponse doit être impro^ bable, et vice versa. Dans les questions neutres, la conclusion doit être neutre pareillement.
Ch. 6, 1 55, a, 35. Un soin important que doit prendre le répondant , c'est de bien voir si la question qu'on lui &it, se rapporte, ou ne se rapporte pas, directement à l'objet dont il s'agit, et de se conduire en conséquence. Si elle ne s'y rapportei pas, mais qu'<»i l'approuTe, il faut l'accorder, en disant qu'on la croit probable ; si on ne rap{HY>uTe pas, et qu'eUen'aitaucuDrapporti ladiscufiÛMi , il
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ANAim Kl IWIQUH. -f-'uTi TIB. CBt», VL 41S
&nt raccorder itnsi, maisenayaot bien l'attentioa de dire cependant, qu'on ne l'approuve pas tout-à- £ùt; ce sera montrer qu'on e&t de facile composition («pi; eûlnêeuiv i&7iQei«;).
Cfa. 7, 1 56, 3,17. Quand la questionest obscure, ■ et qu'on ne ta comprend pas bien, il ne faut pas hésiter à le £re; car, si l'on accorde plusieurs fois des chosa absttVdes, on se créera bientôt d'inextricables embarras (âTcovrâ -n ^9x<p^)..Si la ques^ tipn a pluaievirs sens, il ne faut pas manquer de le faire observer, et d'ajouter, que tel sens est faux , que tel autre est vrai. A une question claire et simple , il n'y *a de réponse possible que par oui ou par non.
Ch. 8, i56, b, 3. Le^p<Hidant ne doit arrêter la discussion que lorsqu'il y a des objections réelles ou apparentes (fv^affswç îi oûimç v Soxœjanç); autrement, il paraîtra soulever des chicana (!S\3uyiika.ivciv), et c'est4étruire tout raisonnement (avXKoyia^
, Çh. 9, i56, b, 16. Le répondant fera bien de s'adresser à lui-même, les objections que Finlerrogéant pourraitlui poser. Surtout, qu'il se garde de jamais soutenir une tbàftd qui ne peut être dé* fendue (ilÂo^w <>ffii^«ffiv). Ces mauvaises thèses ' peuvent être dangereuses de deux façons: on elles • mènent- Ji l'absurde (ccrinra), ou elles semblent révéler un mauvais naturel (x«ipovo« ^tOout) , et indisposent les cœurs (iitevOTtiat t«îç ptxMstan).
Ch. 10, i56, b, 33. Quand la question renferme
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41S DvnxifciB Funs. — BCnSK I.
une eirenr, il hnt que le répmdant s'attache à montrer précisément en quoi cette erreur coasiste; l'objectioD ici ne su£&rait pas (oùx. vxôxpn li iiÇvtM i6i , a , i). Mais avant que la conclusion ne soit tirée « on peut s'y oppoiter de quatre manières : soit en repoussant ce qui produit l'erreur; soit en fusant une objectiou personnelle à Tinter* rogeant; soit en attaquant Fintefrogation même; soit enfin,,en se rejetant sur le défaut de temps qui ne permet pas une si longue discussion. Cette dernière objection est , comme on le pense bien , la pI^s mauvaise de toutes. Ou reste ^ de ces quatre moyens , il u'y a que le premier qui soit une solution réelle; les autres sont des obstacles, des entraves (xu^ijoei; J[(.RoJi«(ju)i)Spportées àla conclusion.
Ch. 11,161,8} 16. On nk peut pas toujours borner, parles mêmes motife, l'ordre de la discussion; car le répondant se donnerait des torts k cet égard, en n'accordant pas ce qui peut la rendre bonne et profitable (xaK&i Siocltj^QTvo») ; il faut que les deux interlocuteurs veuillent concourir au résultat commun. Parfois , il faut quitter la question elle- même pour s'en prendre à celui qui la traite (t^Vi^ovra). C'est qvt'en un mot, il Êiut procéder en dialectique dîalectiquement, etnop pas avec un esprit de dispute ((i.ij (pirtxQ;) ou de que- ' relie (àymvis-ixûî). Du reste, contre des adversaires portés à la chicane, il faut raisonner comme oc peut, et non pas comme on le voudrait.
i6j, b, ig. I^'discussion elle-méine peut être
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AKILTSS DES TOnQDBS. — LIT. VIII. CHAP. W. -117
hlâmée de cinq façons : d'abord , si l'on ne conclut pas en partant dt- la question ; en second lieu , si le syllogisme ne s'y rapporte pas; ensuite, si Ton ne peut faire le syllogisme qti'en ajoutant quelque chose aux données premières, ou qu'en en retranchant quelque chose; cinquièmement, si Ton part de données moins notoires que la conclusion ' elle-même ne doit l'être.
On voit, du reste, qu'il y a grande différence entre attaquer l'argumentation ( 1 6 1 , ~b, 39), et attaquer la personne de celui qui la fait ; car, l'argument peut être fort bnn pour la question, et fort mauvais, si on le considère relativement à celui qui Favance; et réciproquement. On ne peut pas toujours blâmer la conclusion vraie, obtenue par des propositions fausses (Sik leu^ùv). C'est qu'on doit toujours conclure le faux par le faux; mais on peut aussi conclure le vrai par des propositions qui ne le sont pas; cela est évident d'après les Analytiques (t* tùv «vaVuTtithiv , 162, a, 1 1).
Cette queslionj en effet, a été traitée tout au long dans les Premiers Analytiques ( iiv. second , ch. a , 3 , 4)- Aristote y a fait voir comment , de propositions fausses, on peut conclure le vrai, dans les trois 6gures. Mais , plus haut ( pag. ^n, io5), OD a montré quels doutes devaient s'élever sur l'authenticité de ce titre d'Analytiques; on verra, un peu plus loin dans ce hvre, ch. i3, que les Topiques offrent une citation nouvelle des Pre- I. ' ' ^7
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448 piuxiiia pjJtTtK. — acntm i.
mien Analytiques, tout aussi exacte que celle-ci» mais, attaquable comme elle. Je ne pense donc pas qu'on pût tir^r uu argument décisif de ces citations ; pour établir la postériorité des To;piques; mais ce qui me semble I4 démontrer, c''est î'eoseqble général de la doctrine, qui suppose tput^les doctrines antérieures. et qui sçrait presque inintelligible sans elles.
162, a, la. S'il s'agit d'une déiponstration k ^rp, et qu'il y ait quelque partie qui ne se rapporte pas directement à la conclusion , il ne pourra'pasy avoir de syllogisme poiir (^tte partie de l'arsymentaiion.
163 , a, 34. Une autre faute de l'argumentation» et qui en est june aussi pour les syllogismes, c'est ,a'j faire entrer pfus de choses qu'on ne pourrait .^prouvçr.
Gb. 13, 163, a, 35. Un raisonnement est c1a|r de deux façons : la prei^ière, et la plus vulgaire, c'est quand, après la conclusion, on n a plus de questions ^ f^ir^pourle comprendre. L'autre ffiçoii, qui est plus spéciale, a lieu quand les données admises (Ta eîXnjijt^vatJsont bien celljBs d'où le nécessaire doit résulter. . '
Un raisonnement peut être faux de quatre manières : s'il paraît conclure, sans conclure réellement : c'est le syllogisnie çrislique, de dîsiiutç (ipiTutdî); s'il conclut saris conclure pourTobjél eji question (tô TCpoxeîfi.evov) ; s'il conclut ppur Te stijét, inais par une méttiode qui it'ést pas spéciale {{tii
..gniod .yGoOgIc
Dl^TQt ^r^ pw oweisfv [i^MovJ; enfin, s'il cppclut ^vec des argiimerits faux (^là: 4:«ij$ûv).
i^^, b, a5. Aii^si donc, il faut (f'^bprd exfir miner, si )q raisQi^pemeiit , ^n luitpfétifiç, cpnc|i|t; çn secqpd lieu, s'il cqpc(4t Iç yr^i ou ]«fai^x; ef enQq, avpç quejles donpé^ il pqflcjut. S'il conclut, en partant de chosf;» f^^s^ea^ u^ai^ prqba^es, il ^t Iqgiquf (VYi¥oî),c'e5t-à-dirp, suffisant à 1^ Dialectique; il est n^ai^y^is, s'il par): dp choses jj^r probables , quelque replies qu'elles puissent ptre.
Gif, i3, 163, b, d{^. Ici se précepte de pouTeau I^quf!$tion de I9 pétition ^e principe, questiop traitée à fopd (xcct %X){9ïiav) dans les Analytique;^, p\ qu'on ne dpjt étudier ipaintenant que sous Iç rapport de H prpbabilit^ ( xctrk ^6lvt ).
Cp^^e citation {leç Analytiques se rapporte en ^et ^iix Premiers 4n^y tiques (liyre u, ch. ^ 6. Ypir p);iS baift page 2^6). Mais on saif aussi qu^ ce (itr^ d'Analytique^ n'appartient pas à ^rjstote : et l'pn a yu qp'il avait appelé lui-même les premiers Analytiques, non pas : «tahmwt, ma^s bien. Ta Wi in>X^f«(«iû. (Ypir plys haut, pages i^a et ip5.)
L^ pélitiop de principe peut avoir lieu ^p cjpq lagQps. La phis évidente, et la première de tpi^t^, consiste à employer , dans la déipoustration , çf qu'on doit démontrer- Cette faute, fort reconnais: sable p«r elle-même , peut cependupt êfre dif%i(ç à distinguer , dans les choses synqpyines, c'est7i(,dire, daps celles dont l'appellation et la définition sont iilentiqqes. l& seconde inaqièfe d^ £^T« ytpff
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JM niDuba PAim. — ncnoH i.
pétition de principe , c'est de prendre à l'universel ce qu'on doit démontrer au particulier. La troisième, au contraire, c'est de prendre au particulier ce qu'on doit démontrer à l'universel. Quatrièmeinent, c'est, dans une question complexe, de prendre séparément les parties pour accordées, sans avoir ^it de division régulière et consentie. Enfin, c'est de prendre, l'une pour l'autre, des choses qui se suivent nécessairement.
i63, a, i4- La pétition des contraires a lieu d'autant de manières que la pétition de principe; d'abord, si l'on prend les énonciatious opposées, aiBrmation etnégation ; si l'on prend les contraires d'opposition directe [xark rftv iv-riOeaiv), le bien et le mal, par exemple; en troisième lieu, si, admettant l'universel, on le contredit pourtant au particulier ; ou vice versa ; et enfin , si l'on prend le contraire de la conclusion nécessaire résultant des données, ou bien, si, sans prendre positivement les opposés, on prend cependant des choses qui font naître la contradiction.
i63, a, 34- La pétition de principe et la pétition des contraires diffèrent , en ce que la première s'attaque à la conclusion ; car c'est relativement à la conclusion qu'on peut dire que la pétition de principe a lieu; la seconde ne peut se trouver que dans les prémisses (irpoTizoei;), qui ont entre elles un rapport d'opposition.
Ch. i4, i63, a, ag. Avec le chapitre i4, commence la 3" partie de ce livre, celle qui concerne
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ANALYSE DES TOPIfinBI. — tlV. VUI. ClIAP. Yl. 421
les exercices et les études relatives aux discussions dialectiques (Yu['.''a<iLxv xai pXsTnv tûv Toio-jTwvi^-j'tov). Les conseils que donne ici  ristote sont au nombre de huit :
1° Prendre l'habitude de faire des conversions de syllogismes. Ceci, comme on voit, se rapporte à la doctrine des Premiers Analytiques, livre a,ch. 8, 9 et lo. Cette habitude donnera le moyen de tirer beaucoup d'argumentations d'un petit nombre de données. Convertir, c'est, au moyen de la conclusion, et de quelques unes des questions, réfuter une de ces questions. On retrouve ici, non pas la conversion des propositions exposée dans les Premiers Analytiques livre i^'' ch. 2 et 3, mais bien liobversion proprement dite, pour laquelle Aristote n'a pas créé un mot nouveau, quoique la chose soit fort distincte : il n'aurait pas dû conser- Ter le mot d'ôviirpo^. (Voir plus haut, page a6ï.)
a° Il faut s'habituera reconnaître, dans toute opinion, le pour et le contre: et cette étude peut se faire, même sans discussion, et sans adversaire, en se prenant soi-même comme interlocuteur (TTfô; KÛ-rou;). L'on peut ajouter que, pour la connaissance de la vérité, pour la connaissance ' philosophique, cette habitude ne sera pas un instrument peu mile (où [iiixpôv opyotvov) (Voir plus haut, page 1 5 et suivantes , la discussion sur le mot Ôpyavov). Du reste, il faut toujours savoir embrasser le vrai , et fuir le faux.
i63, b, 17. 3" Il faut faire provision d'argu-
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ments sur tés questions les plus ordinaires. 4° On doit aussi se préparer à l'avance des définitions : c'est une sorte de mnémoniciue (pïif«»vÙM|i) qu'il ùtat cultiver avec soin. Ces arguments et ces défiûitions doivent surtout s'appliquer aux îdëësles plus habituelles.
i63, b, 34. 5" il faut s'exercer à savoii", d'utie seule assertion, en faire naître plusieurs; 6° â ùàre des récapitulations Fréquentes et générales de ses propres pensées, eu évitant les syllogisme universels , le plus qu'on peut.
7° Les esprits peu familiarisés avec cette élude (vfov) doivent surtout s'adonner aux inductions, lès esprits déjà savants , aux syllogismes (fftirdpov). Aussi, est-ce des premiers qu'il faut emprunter les comparaisons , et des seconds les propositious qu'on emploie. C'est surtout aux propositions et aux objections qu'il faut s'habituer: car on peiit dire, d'une inanière générale, que ce sont là les deiix ressources Fondamentales de la Dialï-ctique.
8^ Enfin , il ne faut pas se commettre avec tous lés adversaires : il en est avec lesquels on ne peut .faire que de mauvais raisonnements (tpaij>.ou; mhç \â-^i, 7rovvipo).OYÎKv). Il né faut donc pas céder trop facilement (ï-^ipû;) à cet entraînement, qu'ont d'ordihàire les gens exercés Jt la Dialectique (oî
Ici se termine la Topique; et l'on voit que la pensée qui là finit prépare fort bieii ie traité des
A1IA£T8K DÉS TOPIQOÉa. — LIT, Tdl. CÉAP. TI. 425
Befùtatidns des Soptiistes , qiii va silïvre. it laui remarquer en outre, comme on t'a dèià dit plus h'aut, que ce dernier iraité débute par la conjonction ii. Elle annonce, sans aiicuh doute, un raisonnement déjà commencé, qui se poursuit ici. Enfin l'on ii pu observer que, dans le cours du 8« livré, Arïstote parle assez fréquemment des discussions éristiques, agonistiques , qui toutes appat'tîenneht au sophiste , et non pas au vrai dialecticien. On peut donc croire que le traité des Réfutations des Sophistes est le complément de la topique, et ne forine qu'un seul tout avec elle.