CHAPITRE SEPTIÈHE
Analysé dés Rétatations des Sopliistea.
Le traité des Réfutations des Sophistes petit ie diviser en deux parties très distinctes, d'égale étendue à peii près ; l'une expose les lieux sophistiqués ; l'autre mseigne les moyens de les combattre; ou, potii' mieux dire, elle enseigne cornaient, au lieu de donner poiir ces heilx des sdilitioiis sdphisHques, on pourrait donner des stJlUtloils vl-ales et loyales.
Vè li-àité s'duvi-e par iiti préahlbide, qiii ititnpiit \è prëtnier chajîitré , et dans lequel Aristole iildtS^hë l'bbjfet Spïdàl dont fl Vi i'oémpér: La
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m DEtxiÈia pasth. — section i.
seconde partie est suivie d'un épilogue, qu'on peut appliquer à la Logique entière, à l'Organon dans son ensemble, et où le philosophe revendique, pour ses travaux, la prioriété qui leur appartient en pfîet bien réellement. Cet épilogue des Réfutations des Sophistes est célèbre : et déjà on a essayé de &ire voir quelles en étaient l'importance et l'authenticité. (Voir ci-dessus, page 84.)
Ch. 1, i64,a, 20. L'objet dont l'auteur d<Ht traiter, est la réfutation sophistique, c'est-à-dire, celle qui parait être une réfutation réelle, mais qui ne l'eiit pas , et n'est qu'im paralogisme.
C'est qu'en effet il faut distinguer, parmi les syllogismes, ceux qui le sont en réalité, et ceux qui n'en ont que l'apparence. 11 existe entre les syllogismes, une différence analogue à celle qu'on remarque entre les hommes qui sont beaux de leur beauté naturelle (xocWi $isc TuùXot), et ceux qui ne le sont qu'à force d'art et de soin (çu'Xf-nxât). Comme on se trompe à l'or et à l'argent &ux et imités , de même on se trompe, par ignorance, aux syllogismes. Le syllogisme vrai est celui qui, parlant de certaines données, en tire quelque chose de nécessaire, différent de ces données. La Réfutation au contraire ( i65, a, 3) est le syllogisme qui donne la contradiction de la conclusion ((UT ôvTupctdïwç ToC ffu(jijftpafffwtTOî ); mais souvent cette réfutation n'a pas réellement lieu : elle a seulement l'apparence d'être exacte. Les moyens les
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ÂHAtTSK DBS B^DT. DU «ffB. — CHAF. TH. 415
pIiH feciles d'obtenir ainsi la réfutation, ce sont les erreurs ■de mots. En effet, comme dans les discussions, on ne peut apporter les choses en nature ( ûcÙTàt Ti irfoty[AaTa), il faut se borner aux nwts, et l'on a le tort de croire qu'il en est des choses comme il en est des mots. Ce qui multiplie les erreurs à cet -égard, c'est qu'il y a bien des gens qui s'attachent plutôt à paraître habiles et sages qu'à l'être réellement. Ces genS'Uk cultivent surtout le genre de raisonnements (aux et apparents, dont on vient de parler; car la sophistique est une sagesse apparente et non réelle; et le sophiste est celui qui cherche à tirer un lucre de cette prétendue sagesse (j^>i[Mfnr>tç âiw fatvofUvii« ffotpîaî ).
On dira dans ce traité, combien il y a d'espèces de raisonnements sophtstiques,quptest le nombre auquel les eflbrts des sophistes ( îûvajjiiî aÙTTi) les ont portés, et enfin l'on exposera tout ce qui peut servir à faire connaître cet art dangereux.
Ch. 3, i65, a, 38. On {Kut partager les raisonnements en quatre classes. Les uns ont pour but d'instruire (Si JocoxalucnJ; les autres n'ont pour objet que la discussion même, loyale, régulière, mais sans prétendre à trouver la vérité scientifique : ce sont s les discours dialectiques {iixkoLTauti] ; d'autres ont « pour but d'essayer les forces de l'adversaire (lutipa- « rtxDi); d'autres enfin, de disputer et de chicaner K les interlocuteurs (ipirtxot). Dans les premiers, on
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IM nnrctaii rABTiB
c part des principes propm de chaque, science; et a Ton raisonne, sans s'occuperen rien de l'opinion c de celui qui apprend : car la première condition « pour apprendre , c'est d'avoir foi aux paroles B du maître (mrttiew). Dans les dialectiques, on « admet la contradiction , en partant de principes m probables. Dans les pirastiques, on admet aussi m les opinions de celui qui répond , opinions que « doit nécessairement connaître celui qui feint « d'en savoir plus que lui; et l'on a dit ailleurs « comment il fallait procéder dans ce cas (cviTfpoit). « Enfin, les éristiques sont des raisonnements, « réguliers ou irréguliers,qui procèdent de prin- « cipes probables à l'apparence, mais qui ne le sont « pas réellement. Quant aux raisonnements dé- « monstratifs, on en a parlé dans les Analytiques; « pour les dialectiques et les pirastiques , il en a «t été question dans d'autres traités (iv toî; âXT-oiç). * Ici l'on ^'occupera des raisonnements de chicane « etdeVispute [àrfaviçuiân xal tfiçixûv). »
Cette citation des Analytiques est exacte, mais elle est bien vague, puisqu'elle s'applique aux Derniers Analytiques tout entiers. Quant aux deux autres ouvrages dont parle Aristote , l'un, où il à traité de ta Dialectique , est sans nul doute la Topique ; pour le troisième, oti il avait exposé les règles de la Pirastique,c'est-à-dii^, de l'art de tenter les forces de son adversaire , nous ne l'avons plus, à moins qu'on ne prétende retrouver sous
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' AVAtTSS va kfipÙT. MA sopB. — imir. vn. iW ce tiom , lé huitième livre des Topiques. Le Catalogue de Diogène Laérce ne nous fournit siir ce p6int aucun reitseigneineot
Xh, 3, i65, b, 12. Les objets qu'on se phipdsé dans la dispute (çiXoveuwOvTeç), peuvent être au riombt^ de citiq : d'abord de réfuter l'iritei^ocutfeur (fktyyoç), puis de l'induire en erreur (^riîîbç); de lui faire Faire des paradoxes (içàpsfSoÇoy), de lui Ëire faire des sulécistnes, et enfin de l'amenël-à dire des choses vides de sens ( ièoXtaiVitiii )i oli à se répéter inutilement.
Ch. 4, i65, b, 23. La réfutation peut être deaevix sbrtes : ou elle s'attache aui mots , bu elle s'é ^ÏAce en dehors des mots (irapà -riv >fSiv, ^o» -riiç "ÀÏ^iMç ). Pour les mots , les moyens sont : l'homonymie, Tadiphibologie, là composition, la division, les fautes d'accent et de prosodie, et enfin la forme même du mol.
Aristbte cite des exemples de l'emploi que les Sophistes peuvent faire de ces diverses ressources (i66,a,i, i66,b, lo); il estiniitile de lesrapportei^ les idées .soht assez claires p»r elles-mêmes. Ce qu'il ehtetid par la forme du mot {T/Vutx tru T.^Çîmç')' est obscur; en voici l'explication : quelques mots ont entre edx tin rapport de formé dont lés Sdphistes profitent pour les identiflei- à certaiHs égards; ainsi, {lytatvEiv se rapporte pour la forme à Tfpttv, k oixoîopLEÏv ; mais cependant, il exprime . une certaine disposition et appartient à la qiialitë, tandis qite Ifes aUti^s appartiennent & F^fction. il
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4tt vBDZikHB rtxns. — BEcnoN i.
peut donc arriver q&e Ton confonde ainsi la qualité et la quantiré , la quantité et la qualité, l'action et la souffrance, etc., « selon les divisions, dit «Aristote, qui en ont été faites antérieurement « (ùç 5iiff)>iTai TCporepov). D
Ceci se rapporte évidemment aux Catégories; mais ce passage pourrait encore désigner celui des Topiques, où Aristole a fait une énumération complète des dix Catégories. \m première de ces deux indications est cependant la plus probable. (Voir plus haut, pag. 147O
j66, a, ai. L^ paralogismes, en dehors des mots, sont au nombre de sept, et se rapportent àTaccident, à l'absolu ou non-absolu, à l'ignorance de la réfutation , à la conséquence , à la pétition de principe , à la cause qui n'est pas réellement cause, et en6n à la réunion de plusieurs questions en une seule.
Ch. 5, 166, b,3 5. Aristote donne ici, comme il l'a fait plus haut , des exemples de ces paralogismes.
i" L'accident. Si l'on dit que Coriscus est autre queSocraie, et qu'on ajoute queSocrate est homme, les Sophistes prétendront qu'on avoue , par cela même, que Coriscus est autre chose qu'un homme; car être homme est un accident de l'être, relativement auquel on a dit que Coriscus était autre.
166, b, S']. n° Absolu et non-absolu. Si l'on accorde une chose limitativement, les Sophistes la prendront à l'absolu, ou réciproquement: si l'on
ANiim'DES IlZPtT. DES SOPB. — CBAP. VU, 429
dit, par exemple, qu'un Indien qui est noir dans tout son corps, a les dents blanches, ils en concluront qu'on admet que l'Indien est à la fois blanc et non-blanc.
167, a, ai. 3° Ignorance de la Réfutation. Elle se rapproche des paralogismes de mots, et consiste à croire faussement qu prenant qu'une partie de t'asS' phiste prétendra qu'une sei peut être double et non-dou en effet , est le double de ui double de trois. J^ Sophiste p le voit, d*un simple défaut de iopu) ; il croit réfuter, et il montre par là qu'il ignore ce que sont précisément le syllogisme et la réfutation.
4' La pétition de principe n'a pas besoin d'expUcation.
i67,b,i.5'*IieparalogismeàlaconBéqueDCe,c*est de penser que la consécution de deux choses est réciproque quand elle ne l'est pas (Rvnçp^fuv t^ ôxo^oiïOiqffiv}: par exemple, comme la teire est mouillée quand il a plu , on suppose , si elle est mouillée^ qu'il a plu ; mais il n'y a lieu là de nét^saire. Ce paralogisme se présente souvent, et dans les discours de rhétorique, où l'on ne fait les démonstrations que sur de simples indices (xari ri «mjjieîov imBtiitii) , et dans les discours syllogistiquea (h mïi mHvfiçi'Kati) , où le raisonnement devrait cependant être plus fermement assis.
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166, b,, :ii. 6° Cause non-cause. P^r f^^pf^, s| Ton crq^t av9ir ppuvé (jue Tâme ef la v\ç spi^f yj^'Ç seule et même chose , parce qu'on aura état>ti que la mort est une destruction cpntrf^ire à la vie'} pta,ifs cette secopdo ç^ose n'est pas d^ tout cause
plusieurs questions çn uvfÇ le plusieurs choses bpnnes ande, en )es réunissant; ;|e sont-elles pas ? De quelle t on paraîtra se trompeif îur l'ensemble ; c'est là ^q : Sophistes.
îces paralogisi^espeureof
I a nonf mé l'ignor^ce de bf
i),soitd'ailleurs qu'ilss'^p-
l'ils soient placés ei^ dehors
arce qu'on ignorela nature
vraie du syllogisme et de ta réfutatictn, qu'op se
laisse tromper à ces paralogism^es , qui a'pilt pour
eux que l'apparence d'aine féfutatioq,
Çh. 7, i6g, a, 32. On peut aiséo^ent Ifis éviter QU les combattre, en ^'appliquant ^ connaître ay^ ewctitude la nature d« \a praposit^oi) et ^(^ S);}logisme'
Çh. 8, 169, b, 18. Tous les lieux dont on vient de parler, et qui ne peuvent former que des $;!• I^i^mes apparents , servent aussi mix Sophistes 4 fp'rn^ef leurs syllogismes et leurs prétendues réfutations. Ce qui ^i^tout dis^pgue ce«\ réfi^fi^tions
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AMUT8B DE! r£fOT. DK8 BOPH.— •CBiP. TH. 4ti
(170, a, la), c'est qu'elles n'ont rien d'absolu en ellès-niéraes (oi;^ iiul-ûç), et qu'elles n'ont de valeur que relativement à tet interlocuteur (itpiîî Twa), qui, piT impériùe, accorde ce qu'il ne devrait pas actorder.
Ch. 9, 170, a, 20. On sei des réfutations vraies comn et que les unes et les au comine les sciences spécial rapportent. Il ne faut donc courir toutes sans exceptio
celles qui , sans appartenir à aucune science particulière , leur appailiennent en commun (x«v£»v xdà imit [Lnèi^ion -rijyntjfet sont , par cela même , du . domaine de 'la Dialectique (tSv StoAsxTixûv),
Gh. 10, 170, b, II. 11 faut aussi se garder de croire, sans restriction, à cette différence profonde qu'on a cherché à établir (\i^a:i ttvsî) entre les T^isonnements de mots et les raisonnements dé pensée (irpô; TOuvofiK >.<îyou; xaî itfhi rilv ^lavouxv). 11
serait absurde de croire que les lins et les autres ne sont pas les mêmes {-nù; ucÛTovïf): La pensée est antérieure aux mot; qui ne sont rien sans elle , et Toilà pourquoi on a dû parler du syllogisme avant de liïiiter de la Kéfutatibn (17 r, a, i). Lors même que le mot a plusieurs sens , comment pourra-t-ofl dire qu'on a discutélapensée(i7i,a, 5), si l'on at s'est aperçu dé ces diverses signifiçàlious,el si l'oo n'en a pas tenu compte ?
Cb. »i, 17V, b, 3, Quand on recherche la. vé^
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4SS BXDXIËIIB PAETH. — SECnON I.
rite et la démoDstration , on u'attacbe pas autant de Valeur aux mots , et l'on ne va pas jusqu'à croire qu'on peut affirmer ou nier tout. Cette opinion convient uniquement à celui qui ne veut qu'essayer tes forcés de son adversaire («tpov la^L'oéimvii). L'objet spécial du Sophiste, sera surtout de paraître habile et sage, et c'est là auaai où tendront les syllogismes dont il se servira. Le syllogisme éristiquea toujours pour hut de montrer la prétendue victoire de celui qui l'emploie (vûuk 9(»vo[jUv^t). La Pirastique, aussi bien que la Dialectique , n'a point de sujet déterminé ( oùÂnô; ôp;'ff[jitvov, 17a, a, 28). Elle^pplique indifféremment à tous les sujets.
Toutes les considérations qui précèdent coocement les réfutations sophistiques , et il importe au dialecticien de les bien connaître; car la méthode complète des propositions embrasse aussi ' cett» étude (ji yctf ictflvxç Ttftytitstii ^bt^oç iieamn i-ftt xaï TCdknv T^v âïtdpiov). Il serait difficile de dire ce qu'Âristote entend ici précisément par la méthode des propositions. Il paraîtrait, d'après le conteztei qu'il la restreint à la Dialeclique(îut)L(XTvxoG}; mais cependant ceci n'est pas assez formel, pour qu'<Hi ne puisse point entendre cette pensée dans un sens plus iurge , et croire qu'elle comprend la logique entière. Ou verra, du reste, plus loin , une expression analogue à celle-ci, et dont le sens parait moins vague. (Voir dans ce traité, ch. 33.)
Ch. 12, 17a, b, 9. Ici commence Tétude des
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AHALISB DKS RBFDT, DES 80PH. -
autres objets que se proposent les sophistes. On a dit plus haut (page 4^7) , que c'était d'induire l'adversaire eu erreur , et de faire voir qu'il s'était trompé (<(<ïu$ô|iBV(>v -n ^sîÇat tuù liM X^ym si; M^oÇov cTfixrftiy ). Pour arriver à ce but, il faut amener la discussion sur le terrain où I'od a le plus d'ai^ments tout préparés.
17a, b, 86. Quant au troisième objet du sophiste, qui est de faire dire à l'adversaire des paradoxes, il l'atteindra facilement, en s'atta- ' chant à distinguer les opinions que chacun avoue et montre (ipowepwvâoÇGv), de celles qu'il cache et garde dans son cœur*: il prendra pour vraies tantôt les unes, tantôt les autres, selonl'occurrence. C'est ici surtout qu'il pourra se servir avec fruit des distinctions et des oppositions prétendues entre la nature et la loi (173, a,8). Calliclès,daa8 le Gorgias , en donne un bel exemple ; et l'on peut voir que cette opposition de la loi et de la nature est identique à cette autre opposition, du vulgaire et des sages ( 1 73 , a, a8 ) : le vulgaire se borne à la loi; les sages au contraire ne prennent pour guide que la nature et la vérité.
Ch. i3, 173, a, 3i. Le quatrième objet du sophiste, c'est de iaire bavarder son adversaire (àioXeuxerv). Il l'amène à des expressions vides 'de sens, surtout en substituant l'explication du mot au mot lui-même, et en ayant l'a^r de croire que c'est une seule et même chose. Ainsi, à double, il substitue: double de la moitié, qui I. aS
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m DBOSIEia PABTfB. — - SKCTWN I.
«8t l'explication de double; do sorte que, si on vient & adopter double de la moitié , on aura le double de la moitié de la moitié; et ceci pourrait aller plus loin, en substituant encore à double, double de la moitié, de sorte qu'on aurait Ukhs répétitions : double de la 'moitié de la moitié de la moitié. Cette ruse sophistique peut surtout s'appliquer aux relatifs, qu'on Êiit suivre de leur relatif réciproque. Mais ici l'interfocuteur a tonjours tort d'accorder au sophiste que la définition , et le nom mémtt du défini , puissent être emplc^fés l'utl pour l'autr^.
' Ch. 1 4, 1 73, b, 1 8. 5" SoloBcisme (Toir plus haut page 437)- Pour le Solœcisme, il faut prendre garde qu'il peut être vrai ou simplement apparent. P^otftgore prétendait bien que {ji^i; était du masculin, et qu'Homère avait fait un solœcisme en disant ni/kta^rr». C'était un soloecisme aux yeux de Protagore, mais non aux yeax des autres. Le lieu commun où les Sophistes puisent le soloecisme, c'est te genre neutre , pour les objets qui ne soDt tti maaciiKns ni fêminlns.
H importe de remarquer pour tout ce qui précède que, comme dans la dialectique (iv to?; 9uz- XtMttxoS; ) , Tordre dans lequel les questions sont posées R une gronde influence (ÈM<fifa Si où (iixf àv ^ Un T*y&^ ihùç -rir «tpl ■rtv IfiSyrniv* }.
Otdoit faire ici deux remarques : c'est que, de ce passage qui 9e rapporte au huitième livre des Topiques (Voir plus haut page 4^9), il résulte
..gniod .yGoOgk'
ASALYSà DES EÉPOT. DES SOPH, — COUP. Vn. 453
d'abord que le huitième livre des Topiques est compris daos la dialectique, c'est-à-dire, dans la Topique, et qu'il n'en a probablement été jamais séparé, ainsi qu'on l'a cru souvent; en second lieu , qu^Aiistote isole le traité des Réfiitatiods des Sophistes, du traité qui précède et auquel il semble'si étroitement uni , comme on l'a remarqué ci-dessus ( Voir page 4^ i ).
Aristote va donc s'occuper de la marche qu'il faxit donner aux discussions sophistiques ; et ici il serait difficile quelquefois de décider , à la manière dont les choses sont présentées par lui , si ce sont des conseils qu'il donne aux Sophistes, ou k ceux qui veulent éviter leurs ruses. Tout ce qui précède prouve, au reste, que c'est en ce derni^ fiens qu'il faut entendre la pensée du philosophe. Ceci est d'ailleurs la seconde portion du traité (Yoir plus haut, page 4^4)-
Ch. i5, i74> ^T 17. Pour réfuter sophistiquetnent , il &Ut donner une certaine longueur à la discussion, parce qu'il est plus difficile de saisir un long ensemble de raisonnements (ifut inXkk ouvopSv). Il faut lui donner une certaine vitesse, car, si on la ralentit, on peut voir mieux quels en seront tes résidtats. Il ÙMt encore exciter la colère ou la bile de l'adversaire, parce que ta passion aveugle l'esprit.
174» a» 3o. Quand l'adversaire refuse ce qu'il croit utile à la discussion de son antagoniste, il &ut interroger négativement pour ne pas laisser
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4!HI DBUXIÈIIB PAKTTB. — SECIIOM I.
voir nettement sa pensée. Dans les inductions, lorsque quelques cas ont été accordés particulièrement, il faut prendre l'universel comme accordé par cela même, et sans qu'il soit besoin de le demander. Parfois , il faut prévenir soi-même les réponses, et les faire sans les attendre (i 74 tl>, 9). Une des ruses les plus habituelles, des Sophistes ( nuxof Kvrqpx [«.oXifa ooftçuwv ), c'est, sans avoir fait de syllogismes réels, de s'abstenir de la question qui devrait mettre fin à la discussion, et de procéder ensuite par conclusion, comme si le syllogisme avait été complet ( 7u|i,ircpavTwûï ).
Ch. 16, 175, a, I. Telles sont les règles de l'interrogation. Quant à celles de la réponse, on va les tracer; mais il convient, auparavant, de voir à qucà ces recherches peuvent être utiles. Elles le sont à la philosophie de deux manières : d'abord, eu faisant mieux connaître les significations diverses des mois; en second lieu, elles mettent en garde contre les paralogtsmes qu'on peut se faire à soi-même dans ses études personnelles ( xkQ' ajTÔv ^tiT^asxi ), en montrant comment on peut être trompé par les autres; enfin, ces recherches peuvent servir à la réputation de ceux qui y sont habiles, en montrant qu'ils s'y sont bien exercés, et qu'ils ne sont ignorants sur quoi que ce soit. En effet , si l'on blâmait une discussion sans pouvoir en indiquer les défauts , on paraîtrait la blâmer seulement par ignorance, et non point par amour de la vérité. ■
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