‹ De la logique d'AristoteChapitre 100 sur 244 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

« Il est donc évident que nous avons accompli <c notre tâche : mais il faut aussi se bien rendre c compte des résultats que nous avons obtenus, c Parmi les découvertes les unes, reçues de mains « étrangères qui les avaient antérieurement traie vaillées , ont fait des progrès notables par les ' « soins de ceux auxquels elles avaient été transa mises ; d'autres, au contraire, n'ont pris d'abord , f entre les mains des premiers inventeurs, que a des accroissements, très faibles si Ton veut, <c mais beaucoup plus importants toutefois, que «c le développement qui devait plus tard en sorcc tir. La chose capitale en tout, c'est comme on tf dit, le début : mais c'est aussi la plus difficile, oc Plus la découverte a de valeur et de puisce sance^ plus il est malaisé de la faire, quand a l'objet échappe à la vue par sa petitesse même. « Le point de départ une fois trouvé, il est bien « plus facile d'ajouter le reste et de l'accroître. « C'est ce qui est arrivé pour l'étude de la Rhéto- « rique , et l'on peut dire pour presque toutes les « autres sciences. Ceux qui ont trouvé les prin-

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« cipes^ ne leur ont fait faire que bien peu de cr progrès; mais ceux, aujourd'hui, qui s'y sont «rendus célèbres , ont amené ces sciences au « point où nous les voyons , parce que de nom- « breux devanciers, dont ils les ont reçues, «c avaient peu à peu augmenté cet héritage. Ainsi, ce Tisias, après les premiers inventeurs, Thrasyoc maque après Tisias, Théodore après Thrasy* a maque, et tant d'autres qui ont cultivé les « diverses parties de la Rhétorique. Il n'y a donc « pas lieu de s'étonner que cette science en soit «arrivée à ce point de perfection. Quant à l'étude « dont nous nous occupons ici (TocutTiç ^è t^ç « irpayiiaTtiaç ) , on ne peut pas dire que telle partie et eut été travaillée et que telle autre ne l'eût pas « été; il n'y avait absolument point ici de travaux « antérieurs. I.^s gens, en effet, qui pour de Far- « gent montraient l'art de la dispute, n'avaient « qu'un enseignement pareil à la méthode de « Gorgias. Ils donnaient à apprendre, les uns, des « discours de Rhétorique, les autres, des séries « de questions, qui renfermaient, à leur avis, la « plupart des sujets à soutenir dans les deux sens. « Avec eux, on apprenait certainement fort vite, « mais on apprenait mal et sans art. Ce n'était pas « l'art proprement dit qu'ils s'attachaient à mon* « trer, c'étaient plutôt les résultats de l'art. Us n étaient comme un homme, qui, prétendant dé* « montrer scientifiquement à n'avoir pas mal aux « pieds, n'enseignerait pas la manière de faire ks

ANALYSE Mê RÉFCT. DES SOPH. -^ €SAV« Tn. 447

« chaussures et de s'en procurer de bonnes , mais c qui exposerait seulement quels sont les divers < genres de souliers. Ce serait certainement là d'ext oellents renseignements pour T usage habituel; « tnais ce ne serait point du tout un art. Ainsi donc, « pour la Rhétorique, on s'en était occupé dès long- « temps et Ton avait produit beaucoup de travaux, it Pour la science du R AxsoNweMïîfT , au contraire, t (irep* 4è ToO (ru^'XoYt^ec^ai), nous n'avions rien d'anté- *r rieur à nos propres recherches , qui nous ont € coûté tant de peine, et un temps si long. Si vous «reconnaissez que cette science, où tout était « ainsi à faire dès la base, n'est pas demeurée trop « en arrière des autres sciences, accrues par de tt successifs labeurs , il ne vous reste à vous tous , c ailisi qu'à tous ceux qui viendront à connaître t et traité , qu'à montrer de l'indulgence pour les (Bt lacunes de ce travail , et de la reconnaissance « pour toutes les découvertes qui y ont été faites. i»

Avec l'analyse du traité des Réfutations finît l'analyse de l'Organon. On l'a présentée avec un développement qui semblera peut-être trop étendu; mais il a paru que la meilleure façon de faire comprendre ce prodigieux monument, c'était d'en détruire, le moins possible , l'échafaudage et la construction. Le soin qui surtout m'a préoccupé, c'était de porter la clarté dans les diverses parties de ce travail. En abrégeant Aristote, comme l'ont fait, en général, tous ceux qui ont essayé

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