‹ De la logique d'AristoteChapitre 112 sur 244 · PbytiogQom., ch. i, 8o5, a, 4. — Et ch. 4, 808, b^ za · texte numérisé non relu

PbytiogQom., ch. i, 8o5, a, 4. — Et ch. 4, 808, b^ za

44 DEUXIÈME PA|ITUS. — SBCTIOlf U.

dans ce qu'ils ont de plus extérieur et de plus saisissable , aussi bien que dans ce qu'ils ont de plus mystérieux et de plus obscur. La pensée et l'action ont toutes deux ce rapport qu'elles concernent ta production des choses et le mouvement. Mais la pensée procède du point de départ lui-même, de l'idée ; l'action , au contraire , ne part que de li limite extrême de la pensée ' , ei ne vient par con* séquent qu'après elle.

Cette liaison de la pensée avec le corps n'en suspend peut-être pas l'HCtivité constinte, et il serait possible de soutenir que, quand on dort % on a perpétuellement des songes , mais qne seulement on ne se les rappelle pas. Ce qu'il y a du moins de bien positif, c'est que le sommeil appartient à la sensibilité , qui se distingue entière* ment de l'esprit.

Il est inutile d'insister sur cette opinion d'Ans» tote; on en voit toute l'importance, bien qu'il n'ait feit que la jeter en passant, et qu'il ne s'y soit point arrêté. De nos jours, l'attention dei philosophes s'est de nouveau portée sur cette question délicate, et les plus éclairés l'ont à pea près résolue comme le Stagirite la résont icL Da reste, on verra plus loin comment il entend les rapports de l'entendement et de la sensibilités

On a beaucoup blâmé Aristote d'avoir comparé

t. Mélaph., Ut. 6, io3a, a, x5.

a. Da Sdnuiidl, ch. i, 453, b, tS.

THiO&tt DS LA COHNAISSAlfCS --^ CBAP. IZ. ^5

rentendement à une table rase , et d'avoir ainsi frit dériver toutes nos pensées de la sensation. Il était difficile de moins comprendre la pensée du philosophe. Déjà Hegel ' a essayé de faire voir que cette accusation était injuste, et il a montré dans quelles étroites limites il fallait la restreindre. Tout ce qui précède a du prouver que la théorie générale du Stagirite sur Tentenderoent était tout« à^fait opposée à celle-là. Mais citons le passage même où il a fait cette comparaison, et qui se trouve dans le Traité de Tàme ^. Il a été question précédemment de l'acte par lequel la pensée parvient à se penser elle-même, et Aristote ajon e: ce 11 arrive à l'entendement ce qui arriverait à ime « tablette où il n'y aurait point d'écriture z^*3lle. a L'esprit, quand il vient à se penser,joueleméme a fêle que les choses qu'il pense ordinairement. « Cest que ,»dans les choses immatérielles, l'être ic pensant et l'objet pensé sont identiques ; cdr la ce notion contemplative et la chose sue par conc.femplation sont une seule et même chose.» Ainsi, on le voit sans peine, Aristote a voulu seulement dire que la pensée, en tant qu'elle était pensée* par l'entendement, ou en tant qu'elle se pensait elle-même , était , comme tout autre ' objet, soumise à son regard. La pensée n'est paâ éetile à l'avance daiis la pensée ; elle n*y est pas

X. Hegel , œuvres complètes i tom. x4 , p. 386* a. De l'Ame, liv. 3, ch. 4, 43«y a^ r-.

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tracée en signes formels, positifs (evrsXe/eîa). Il faut que Inintelligence ly amène, l'y évoque, comme elle y fait comparaître tout le reste. Mais la pensée, en tant que principe, le vouç lui-même, n'en existe pas moins, à cet état de puissance que Leibnif z avait en vue dans la modification fameuse qu il apportait à l'axiome de Locke, attribué à tort au fondateur du Périp^^tisme.

Si donc la philosophie sensualiste a tâché de revendiquer pour elle l'autorité du nom d'Aristote, elle s'ei»t trompée; et à tout prendre, la théorie du Stagirite est fort loin de tendre au matérialisme, comme on l'a si souvent répété, sans jamais songer à véiifier Taccusation sur les pièces mêmes du procès.

De l'intelligence étudiée en soi, et dans sa nature générale , il faut passer à l'examen des modifications qu'elle subit, et principalement^ des divers degrés^ qu'elle peut acquérir.

■ La division la plus ordinaire qu'adopte Âristote est la suivante' : i^ D'abord, le vouç, l'entendement, cette partie spéciale de l'âme qui est en rapport avec les votitcc; a^ la science iT:\<r4[Lini 3^ la, pensée dans sa forme la plus vulgaire , sous Timprêssion des objets sensibles, et venant à leur suite ; 4^ enfin, raîffÔTiffiç, la sensation qu'il place au dernier rang, tout en en reconnaissant Timportance. Ce qui ressort le plus évidemment de cette classification,

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