THEORIE DE LA CONNAISSANCE. — CHAP. IX
Un objet qu'on ne doit jamais négliger, car il est un des éléments essentiels de la méthode, c'est la clarté. Le premier mérite de l'expression c'est d'être parfaitement compréhensible ; et la preuve , c'est que le discours, du moment qu'il ne &it rien connaître, cesse absolument de jouer le rôle qui lui appartient , et de remplir sa Fonction.
On a déjà vu plusieurs fois, dans l'analyse des Topiques et des Analytiques , qu'Aristote insiste vivement sur ce point capital. C'est à ce titre qu'en philosophie, et dans la discussion sérieuse ^ il a proscrit la métaphore et rhomonymie,qui ne peyvent qu'obscurcir la pensée. C'est par le même motif qu'il montre ^ un si profond dédain pour les arguties des sophistes et pour celles de quelques pliilosophes, Mélissus et Parménide entre autres, qui, dans leurs subtilités sur l'être et l'unité, lui paraissent s'être complètement égarés, et avoir méconnu les lois du raisonnement (âcrj>-
L'un des grands moyens de clarté , c'est la division. Pour que Tesprit saisisse mieux les choses, il ne £Etut pas les considérer en masse , il faut pousser jusqu'aux parties irréductibles ^ et constitutives; et ce précepte si important, Aristote en
z. Rhét. y liv. 3 , ch. 9, x4o4t b, x. — Poët. ,ch. ai, i458, «, x8.
9. Phyi. , lir. i , ch. a , 184, b» a6. — Voir tout le début de U Physique.
3. Polit. , liy. X , ch. t , $ « f xa5i, a, x3. — Oa peut voir tutti Eitter , Hist. de la Pbilotop. , 3 » p. 84 , trad. franc.
a donné des exemples dans son Histoire des animauxi dans sa Morale, dans sa Politiquei etc.
Ici peut se terminer la première partie de là Théorie de la connaissance, c'est-à-dire, celle qui a rapport à l'entendement.
Le caractère général en est complètement spiritualiste. Le principe pensant est aux yeux d*Âristote, absolument distinct et indépendant de tout autre. Il a son mode d existence séparée: rien dans la nature ne saurait lui être assimilé. Il a par lui- même certaines qualités essentielles qu'il n^acquiert pas du dehors, et qu'il reçoit directement de la source divine dont il est émané.
 ce point de vue, la sensibilité, loin d être l'élément unique et dominant, est au contraîipe reléguée au quatrième ou cinquième rang , comme Tune des modifications du principe pensant, du vo-j;, qui occupe le rang suprême, et qui est en relation immédiate avec tout ce qui est supérieur k l'humanité, et lui donne la vie.
Il est à peine besoin de faire remarquer combien les principes de méthode indiqués par Anstote ont de ressemblance avec ceux qui, plus tard, ont fait la fortune de Bacon, et que l'on a généralement regardés comme une sorte de découverte toute nouvelle du philosophe anglais. Sans Toaloir contester les mérites de Bacon , on doit dire qu'on lui en a certainement attribué bon nombre qui ne lui appartiennent pas : U théorie de la mé*