‹ De la logique d'AristoteChapitre 145 sur 244 · THÉORIE DE LU CONNAISSANCE. — CSAP. X · texte numérisé non relu

THÉORIE DE LU CONNAISSANCE. — CSAP. X

.sophistique ( ao(pt7i5t(o; ) , c'est à peine si on doit la faire figurer ici; son hut immoral semble lexclure de toute recherche sérieuse et loyale.

Ces! à l'Analytique eîi particulier qu*appartiennent le syllogisme et la démonstration; la dialectique se contente du syllogisme apparent (911-

Le syllogisme avec toutes ses lois, avec toutes ses modifications, a été étudié dans les Analytiques. Mais Aristote ne borne pas la valeur du syllogisme au raisonneirient; il le retrouve jusque dans les actions des êtres animés; et, pour lui, la perception et Tinstinct sont les prémisses, comme l'action est la conclusion. Cette théorie, qu'il applique aussi à la morale, se retrouve dans les passages suivants :

Le premier se rencontre dans le traité du Mouvement ' des animaux. « L'animal se meut et ce marche, soit par instinct soit par réflexion, a lorsque sa sensibilité ou son esprit viennent à te subir quelque modification.

«Mais pourquoi la pensée , tantôt produit-elle jM et tantôt ne preduit-elle pa>«, l'action ? pourquoi a provoque-t-elle, et tantôt ne provoque-t-elle pas, a le mouvement? On pourrait dire qu'il en est ici ce comme de la pensée et du Raisonnement appli- « qités aux choses immuables. Dans ce dernier cas, a notre but est là connaissance spéculative; car, du

f . Bu Mouv. des anîiiï, , ch. 7 , p. 701 , a, 6,

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« moment qu'on pense les deux premières propoa silionS) on pense aussi, et ron'compléte la conclua sion. Dans 1 autre cas, la conclusion qu'on tiredes a deux propositions, c'est l'action. Par exemple, on « pense que lout homme doit marcher; on pense a de plus que soi-même on est homme, et Ton a marche aussitôt. Si Ton pense, au contraire, que, «( pour le moment, aucun homme ne doit marcher, « et que soi-même ou est homme, l'on s'arrête sura le-champ: l'oii agit dans un sens, ou dans l'autret « à moins d'obstacle insurmontable. Je dois faire ce « qui est utile pour moi, se dit un homme; or, une « maison est une chose utile, et sur-le-champ , il « fait une maison. J'ai besoin d'un vêtement ; or, un « manteau est un vêtement. J'ai besoin d'un man- « teau , or je dois faire ce dont j'ai besoin : j'ai a besoin d'un manteau, je dois donc faire un man- « teau. Cette conclusion, on le voit : je dois faire un « manteau, est un acte , et l'on a^it en partant de ce fi principe. Si Ton fait le manteau, il faut qu'il y « ait eu ce raisonnement préalable; et s'il y a eu ce a raisonnement, le manteau sera fait, et l'on agit « en conséquence. On voit donc bien évidemmenL « que l'acte n'est qu'une conclusion. Les proposiP'* « tions qui mènent ainsi à l'action , sont au reste « de deux espèces^ les unes s'adressent à ce qui « est bien, les autres à ce qui est possible. La < pensée fait ici , comme on fait assez souYent « dans les interrogations , elle ne s'arrête point k € la proposition qui est de toute évidence; elle ne

THiORIX DS hk CONNAUSANCl. «- CjjUP. X. 61^

tr s'arrête pas à savoir, s'il est bon de marcher pour « rhommey si lëtre qui pense est aussi homme « lui-même ; et voilà pourquoi nous agissons sur^ « le-champf toutes les fois que nous agissons sans « raisonner aiiibi. En effet , quand la sensibilité « est mise en action parlolijet qui Taffecte, quand «l'imagination ou l'esprit se porte vers lobjet du « désir /nous agissons sur-le-champ. Ici Tacte de a Tinstinct tient lieu , et de Tiiiterrogation et de la « pensée. Il me faut boire , dit le désir; ceci est « buv^hle, dit la sensibilité, ou l'imagination, on « l'esprit ; et aussitôt on boit. Cest ainsi que les f êtres animés sont poussés au mouvement et à « l'action : c'est l'appétit qui est la cause dernière fc qui les m^ut, et cette cause est elle-même dét^r^ « minée , soit par la sensibilité, soit par l'imagina*- « lion , soit par la réflexion.

a Mais ces actes sont simultanés pour ainsi « dire, et aussitôt que l'être pense qu'il doit m^r» « cher, il marche, si toutefois aucun obstacle ff étranger ne s'y oppose, »

. Le second passage, qui a tout-à-fait le même objet que le précédent, est dans la Moral, à Nicomaque, liv. 7, ch. 5 et 6. Aristote y cherche à faire voir que l'homme ne se laisse jamais aller à l'intempérance que par suite d'un faux syllogisme.

« Pag. 1 147 9 a , 2i5. Noms agissons toujours, dites il, sous l'impulsion de deux idées, l'une générale, a l'autre particulière; et les sens sont seuk les c( maitres fit cette dernière idée. Quand ces deux

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ce idées viennent à se réunir en une seule , il faut « nécessairement que l'âme tire en elle-même la « conclusion, et que, dans les cho;ses d'application, «c Tacte succède aussitôt. Par exemple, s'il faut « goûter tout ce qui est doux, et que tel objet « pris en particulier soit doux , il y a nécessité te d'agir sur-le-champ dans ce sens, si on le peut, « et que rien ne s'y oppose. »

Même théorie dans la Grande morale , liv. a , ch. 6, pag. i2or ,b, ai. a La question que nous «c proposions d'abord , était de savoir, si dans le a moment où la passion l'emporte, l'intempérant « perd la conscience de ce qu'il fait, ou s'il la ce conserve tout en faisant le mal? De part et n d'autre, la chose parait embarrassante. Ce qui « pourra lever ici nos doutes, c'est ce que nous « avons dit dans les Analytiques. Le syllogisme « se forme toujours de deux propositions, l'une «c générale, l'autre subordonnée à celle-là, et parer ticulière. Par exemple , je sais le moyeu de guérir a la fièvre ; or, cet homme a la fièvre, donc je sais « guérir cet homme ; mais ce que je sais, par la « proposition générale , peut exister bien réelle- « ment; ce que je sais par la proposition particu- « Hère peut n'exister pas. On peut donc dans ce « cas se tromper, même quand on sait la chose; « par exemple, quand on sait guérir tout homme a qui a la fièvre, mai? qn*on ne sait pas que cet « homme, en particulier, en est atteint. Etde même «pour l'intempéraiit, il fera une faute toiit en

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