CHAPITRE PREMIER
Division de la troisième partie.
Ici encore je crois nécessaire d'étendre le cercle des recherclies indiquées, quelque larges qu^elles soient déjà.L'influence de la logique d*A rîstote^c'està-dire, sa valeur relative, ne peut être complètement appréciée, que si Ton connaît le point précis où en était la science, quand Aristote vint à la traiter. Ce qui a précédé TUrganon importe , presque autant, à savoir, que ce qui Ta suivi. On a contesté au Stagirite la création de la science logique; on a même accusé d'orgueil et d'immodestie le célèbre épilogue où , dans les termes cependant les plus réservés, il a parlé de son œuvre et a revendiqué pour elle la priorité. Ainsi donc, voir ce qu'avait fait la philosophie antérieure, au moment où FOrganon fut composé, c'est à la fois justifier Aristote, et montrer la place suprême que doit lui dé- ^•emer l'équitable postérité.
D'une au t re part, comme l'influence de l'Organon se poursuit sans interruption jusqu'à nos jours, et que, grâce à un splendide et juste privilège , cette inQuence ne peut pas plus cesser que l'esprit hu-
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main lui même sur lequel elle agit, il s'ensuit qu'en remontant au-delà de l'Organon, on atteindra la source même du développement, et qu'on pourra suivre ainsi le fleuve, depuis son origine jusqu'au point que son cours immense atteint aujourd'hui.
Ce sujet est bien vaste, et c'est avec un sincère effroi qu'on l'aborde ici; mais c'est qu'il y a nécessité de l'aborder. L'histoire logique de Thumanilé se confond et s'identifie avec l'histoire de l'Organon; Kant, Ht'gel, tous les penseurs l'ont déclaré. 11 seruit donc impossible de disjoindre deux sujets aussi connexes; mais, néanmoins, en les menant tous les deux de front, on n'oubliera pas qu'il s'agit surtout ici d'Aristote, et que c'est sur sa doctrine que doit se porter l'attention principale.
On divisera donc cette seconde partie en deux sections : i^ De la Logique avant Âristote et dans Aristote; a® De la Logique après Aristote.
Un grand fait ressortira de cette étude , et , Ton ne craint pas de le dire , ce fait est absolument unique dans les fastes de la philosophie. Avant Aristote , il n'y a point de Logique : après lui^il n'y a que la sienne, éclaircie, mais non point étendue Quel est donc ce prodigieux génie, ce génie Sam égal, auquel il a été donné, dans une science tei9 que celle de^Tesprit humain, de la I^gique^ de faire la récolte à lui seul, et de laisser à peine i glaner aux siècles qui le suivirent? Et le même génie a créé, à côté de cette merveilleuse créaibn,
DX LA LOQipUB AVANT ARI8T0TI» <— GflAP. II. 95
trois OU quatre autres sciences fondamentales : la rhétorique I rhistoire naturelle, la polit ique^ la métaphysique, etc. I
On nous pardonnera si , dans un aussi magni* fique sujet, nous restons au-dessous de la tâche que nous nous imposons ; nous essaierons de l'ac complir dans toute son étendue , mais nous ne prétendons nullement Taccomplir dans toute 9a profondeur. Nous nous efforcerons d'indiquer toutes les questions, mais nous sentons trop vivement notre insuffisance, pour espérer faire quelque chose de plus que les indiquer.