‹ De la logique d'AristoteChapitre 154 sur 244 · DB LA LOGIQUE AVANT ARISTOTE. — CHAP. U · texte numérisé non relu

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tonner de l'espace immense que parcourut en peu de temps le Pythagorisme, avec un si puissant secours. La psychologie devint une des occupations les plus sérieuses de celte école; et , bien que sur ce point y comme sur tous les autres , sa doctrine, obscurcie par l'éloignement des temps et des traditions incertaines, soit confuse , il en est cependant quelques points à labi i de toute controverse, et qui sont du plus haut intérêt. Ainsi, les pythagoriciens distinguèrent, aussi nettement qu*on Ta pu faire après eux, l'âme du corps; ils lui accordèrent une vie séparée et indépendante, tout en reconnaissant que les sens lui étaient indispensables. Cette indépendance de l'âme était pour eux si cer- .taine, qu'ils en firent lefondement de leur doctrine de la vie future, des récompenses et des peines au-delà de l'existence terrestre. L'importance que les pythagoriciens accordaient à la setisation , ne parait point avoir dépassé le cercle des objets corporels et sensibles; l'âme seule, dans leur théorie, peut comprendre et faire connaître le rapport, dont la sensation ne peut lui fournir que les deux termes isolés.

On voit donc ai.^ément de con bien le Pythagorisme dépasse l'école ionniene; il* a la notion entière et parfaitement distincte de l'âme; cest par elle qu'il rattache le monde terrestre au monde supérieur, et la vie à la morale.

H restait , comme l'on voit , un dernier pas à faire; c'était d'arriver jusqu'au principe spécial

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qui constitue rame , jcisiju'à la pensée pure, dé* gagée et des liens physiques où renfermait Tionisme, et des liens mathématiques que lui lais» saient encore les pythagoriciens. Ce pas, ce fntU grande école d'Élée qui t^ut la gloire de le faire; cVst dans cette illustre école qut* la pensée prend définitivement possession d'elle-même '. C\*8t avec l'école d'Élée que commence li philosophie de l'esprit, de même que la philosophie de l«i nature prend naissance dans l'école d'Ionie. Alors, pour la première fois, les deux termes de toute philosophie sont distingués et connus; et depuis, l'antagonisme des deux directions n'a point cessé, et ne cessera sans doute pas plus que l'esprit hu* main qui les produit. L.es ioniens et les éléateseo Grèce, Fichte et Schelling, de nos jours, ont été les représentants de ces deux mouvements parallèles et contraires.

M. Cousin ^ a montré quel était le rôle spécial des trois philosophes qui créent et qui déve* loppent la doctrine d'Elée : Xénophane le fondateur, Parménide le législateur, Zenon le héros et le martyr. Une seule idée fondamentale semble avoir préoccupé Xénophane, c'est Tunité de Dieu, auquel il accoide la raison et la connaissance dans

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tonte leur plénitude. De là ses attaques contre le polythéisme^ et dans la sphère métaphysique, ses efforts pour prouver Tim possibilité de la multiplicité et de la contingence. Ce dernier point est, pour les recherches qui nous occupent ici, le point capital. M. Cousin a du reste parfaitement défendu Xénophane des accusations de panthéisme et de BCepticisme, si souvent dirigées contre lui. De cette négation delà multiplicité, devaient sortir tous leapiHîgrès de la philosophie intellectuelle, qu*a réellement créée l'école éléatîque. Les sens sont en opposition directe et permanente avec cette négation, puisqu'ils nous donnent l'idée de la pluralité et de la diversité des choses. Les éléates n'hésitèrent point à récuser le témoignage des sens, et de là vint la haute et décisive importance qu'ils accordèrent au témoignage de la raison. !^énophane fut, comme l'on sait, contemporain, à peu près , de Pythagore et d'Anaximène. Ainsi , la philosophie grecque, dès ses premiers pas, se trouva donc en possession des deux grands éléments de toute phlïdïsophie ; l'observation et l'intelligence , le monde et la pensée; mais le dernier élément ne parut qu'en second lieu; et l'autre, quoique de moindre valeur, l'avait cependant précédé.

On peut remarquer ici que tout ce mouvement philusophiqiie.de la pensée grecque, sort de l'Ionie, par Thaïes, qui est de Milet, par PythagOfe, qui est de Samos , par Xénophane, qui est de Colophon. Les systèmes de ces trois Ioniens

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sont différents ; les lieux oii ils se développent sont éloignés; mais tous trois sont partis de l'Asie mineure, terre féconde, où Homère aussi était né trois ou quatre siècles avant eux.

Parmônide, adoptant l'idée fondamentale de Xénophane, dont il n'est point sûr qu'il ait été le disciple, s'occupa moins di* l'idée de Dieu, établie par son prédécesseur. Il s'attacha surtout à la pensée , et les fragments qui nous restent de son poëme de la Nature, suffisent pour prouver que Parménide avait fait une théorie étendue de la connaissance. Il parait avoir soigneusement distingué le rôle de la sensibilité de celui delà raison« C'est dans la raison que réside suivant lui toute vérité, puisqu'il identifie la prnsée avec la conception même de Tétre. On voit sans peine quels pas im* menses la notion de l'idée a faits dans le système de Xénophaneet de Parménide. Mais c'est surtout dans ce dernier qu'ils sont évidents, et de là vient la haute valeur que lui accordent Platon dans le Théétète, et Aristote dans la Métaphyûqiie '• Parménide est en effet le premier qui reconnut la pensée comme une réalité incontestable.

On sait que Zenon, disciple et fils adoptif de Parménide, a été considéré par Aristote ' lui* même comme le fondateur de la dialectique. C'est lai qui le pi^emier s'est servi du dialogue pourTexpo»

r . Voir 1« i** lir. de !■ Mé'aphyt. , Iraduii ptr M. OmAk, p. s46. a. Aristote, apad Diof . Laërt. , 8 , 5? , cl Soit. Eoqpir. ?• 7«

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sitioD (les doctrines philosophiques. M. Cousin ', a vengé Zenon, regardé si long«femps, à tort^ <x>iimie un sophiste, en prouvant qu'il n'avait soutenu le pour et le contre que dans les idées de ses adversaires (oépi90Tep<^>.«i>TToç), mais que dans toute sa pol^^mique, il était resté constamment fidèle à la grande idée de Técole éléaticfiifi : la négation de ta multiplicité, et par suite , la négation de l'espace, de Tétendtie et du mouvement, contre lesqtiels portaient les arguments ccmnus sous son noiuk Ou ne peut mer que ces arguments, conformes à la manière adoptée plus tard par les Sophbtes, n'aient de lasubtiHté; mais il est certain aussi que cet emploi tout nouveau du raiscmnemeiit, cette souplesse et cette tactique d'argumeiitation, nées du besoin dedéfendre les doctrines éléatiques contre l'ionisme , ont été un pro* grès» très remarquable. Zenon n'a point formulé précisément les règles de la dialectique; mais il en a fait u^age le premier; et de là, le titre incontestable qui fait sa gloire en philosophie.

On' voit quelle clarté la notion de l'idée, si con* fîise au début , acquiert d'Anaximène à Zenon. Distinguée et rendue indépendante par Técole d'Eléev elle est dans une action pleine et entière pour Zenon; déjà elle a conscience liVlle-méme.

11 serait inutile de s'occuper ici deMéli;iSus.de Samos, d'Ëmpédocle dlAgrigente, qui se ratta^ cheot de fort près à l'école d'Elée, sous le point

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