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sûr de se fier à sa critique et à ses connaissances historiques; mais Ton a pu juger par les fragments qu'en a donnés M. Neiimann, dans le Journal asiatique de 1829 y qu'il y avait des renseignements nouveaux et assez curieux à lui emprunter.
David écrivait à la fois en grec et en arménien; plusieurs de ses ouvrages nous restent dans cette dernière langue , entre autres une traduction des Catégories^ d'après laquelle M. Neumann a essayé de retrouver quelques variantes du texte qui ne âont pas sans intérêt. Il faut ajouter que David avait ^ outre ses commentaires et ses traductions , composé des traités originaux, qui sont ' tous conçus dans l'esprit de la doctrine péripatéticienne.
On voit donc que, du moins pour l'histoire de la philosophie , David l'Arménien ne manque pas d'importance. Il a étendu le cercle de la philosophie d'Aristote ; il Ta fait connaître à son payS| et il a été l'un des anneaux de cette chaîne, qui des Grecs s'étend par les Syriaques jusqu'aux Arabes.
Le commentaire de Simplicius sur les Catégories est célèbre , et mérite de l'être par les renseignements historiques qu'il renferme. Quoique moins riche en ce genre que le commentaire do même auteur sur la Physique , c'est de là cependant que sont tirés presque tous les détails qne nous possédons sur les anciens commentateurs des Catégories. Simplicius croit à l'authenticité de celles d'Archy tas , il les cite souvent , et 3 serait
DB THEOPH. BT DES COMMENT. GRECS. — CIIAP. TI. -1 57
fort curieux, et assez facile à la fois, d'extraire de Sîmplicius la doctrine du pythagoricien. On sait du reste que les prétendues Catégories d'Archy tas ne sont qu'un de ces livres apocryphes qui furent publiés , environ deux siècles avant l'ère chrétienne^ par les rhéteurs et les philologues de cette époque. Au seizième siècle, on a donné un nouveau traité d'Archy tas , qui ne se rapporte pas à telui dont parle Simplicius, et qui n'est, comme lui, qu'un pastiche fait par des mains encore moins habiles que les premières.
On sait que Simplicius était au nombre des philosophes exilés d'Athènes, en 6129, par l'édit barbare de Justinien , qui ferma les écoles payennee.
Philopon doit avoir été contemporain de Simplicius , puisqu'on le fait habituellement disciple d'AnAionius; cependant on le reporte souvent jusqu'au milieu du septième siècle , c'est-à-dire, cent ans plus tard environ. Il parait avoir commenté les Catégories et le Traité du langage , et quelques bibliothèques d'Europe en possèdent des manuscrits '. liCS deux seuls ouvrages qui aient été imprimés sont les commentaires sur les Analytiques Premiers et Derniers. C'est, sans contredit, ce qae nous avons de plus complet. Philopon a fait usage des recherches de ses prédécesseurs, et entr'autres de celles d'Alexandre d'Aphrodise qu'il cite souvent. Il ajoute beaucoup aux éclaircisse-
!• Bohlei Catalogue des Commentateun , t. t de Tédit. d'Ariit
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raents déjà connus sur un sujet aussi embarrassé; il classe le texte en grandes divisions qui servent à mieux faire comprendre la marche et la déduction entière de la pensée ; il l'analyse avec soin, et le plus souvent avec intelligence. On peut dire, en un mot, qu'après Alexandre d'Apbrodise^ nul n'a contribué plus que Philopon à expliquer la partie la plus importante et la plus difficile de l'Orga* non. Il a, en outre, ici cet avantage que les ou* vrages de son devancier ne nous sont parvenus qu'en très faible partie, tandis que nous possédons tous les siens , sur les deux Analytiques. U ne nous semble pas qu'en général on accorde à Philopon toute l'estime qu'il mérite. C'est avec lui que se ferme la liste des commentateurs proprement dits; ceux qui suivirent ne furent ^ pour la plupart, que desabréviateurs, bien qu^ikconvienne de faire encore parmi eux une ou deux exceptions , ainsi qu'on le dira plus loin.
Au huitième siècle on trouve dans les œuvres de saint Jean Damascène, l'un des pères les phu célèbres de l'église d'Orient, et qui fit la plupart des cantiques dont elle se servait , une connaissance assez profonde de la dialectique d'Aria* tote. Dans sa iniyYl y^éGiiùç , Source de la connaissance, saint Jean a fait une sorte d'analyse des Catégories et de l'Introduction de Porphyre, mais il n'a guère poussé plus loin. Il est évident, du reste , qu'il a étudié les ouvrages du Stagirite i fond y et qu'il les possède assez bien ; il a donné i
DE THÉOPH. ST DBS COIOIENT. GRBC8. — CHAP. Tl. 4 59
outre .une analyse des Catégories , quelques ex* traitft de rép[x>lveta et de la doctrine du syllogisme ; Doais ce qui a surtout fait la réputation de saint Tean Damascène, c'est d'avoir Tun des premiers appliqué la dialectique à la théologie. L'on peut voir en effet dans son livre de la Foi orthodoxe ^ traduit plus tard en latin par Tordre de Frédéric Barberousse, qu'il se pose cette question : démonstration syllogistique (du^Xoyiçixv) ceTcd^eiÇiç) du verhe et du fils de Dieu. Ailleurs il essaie de démontrer par le même procédé l'existence (le Dieu. On voit qu'ici s'exerce déjà, dans toute son énergie , cette indépendance de raison, dont le premier éveil causa tant d'inquiétude à l'église d'Occident, vers la fin du onzième siècle.
Saint Jean ne se cache point à lui-même , ni sa faiblesse en dialectique , ni les dangers de sa mé* thpde ; il a bien soin de déclarer qu'il ne fera que recueillir dans les sages les règles qu'ils ont tracées, sans prétendre y rien ajouter de lui-même, et que, s'il emploie les formes de la dialectique, ce n'est pas pour tromper les simples. Ce qui explique cette direction de saint Jean , c'est l'enthousiasme qu'il a conçu pour la philosophie. Il ne craint pas de dire qu'elle est la science des choses divines et humaines, et il va même jusqu'à prétendre que la philosophie rend l'homme pareil à Dieu (çiXodoçia auôiç eçw ôpwvoQf^yfiai 6ew)'^. De sem-
X. Voir les Œuvres complètes de Saint- Jean Damascène. Paris, \*ji% , f* i8o.
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blables doctrines étaient encore tolérées en Occident à répoque où saint Jean les professait dam l'Asie mineure ; mais trois siècles plus tard , elles auraient pu coûter la vie, ou tout au moins le repos, aux audacieux qui les auraient soutenues en face de la théologie toute puissante.
Photius ' y vers la fin du neuvième siècle , donna un abrégé des Catégories et du Traité du langage. Cet exemple fut plusieurs fois imité ^ et il nous reste plusieurs ouvrages de ce genre, qui ont le mérite de la clarlé, sinon de la profondeur. Tel est l'abrégé d'un Grégoire , dont le surnom n'est pas connu , et qui s'est attaché surtout à compter le nombre de tontes les combinaisons possibles des syllogismes concluants et non concluants , recherche que Leibnitz ne dédaigna pas; tels sont les abrégés de George le diacre au x* siècle , de Psellns auxi^s'appliquant aussi Tun et Fautre à l'Organon tout entier : tel est l'abrégé de Nicéphore Blemmidas, remarquable en ce qu'il emploie déjà, au xiii^ siècle y des mots mnémoniques (Ypa(A|Mrne tyfOL^&j etc.), pour distinguer les figures et les modes du syllogisme , comme les Scholastiques employèrent plus tard Barbara , celarent , etc. ; tels sont aussi les abrégés de Georges Pachymère ^ au com* mencement du xiv^ siècle, et de Georges de Tré* bizonde , cent ans après.
De ces travaux , destinés sans doute aux débu-