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Élit la plus grande estime. Cet ouvrage n'est point une traduction des Catégories d'Aristote, comme ou Ta souvent cru , ce n'en est qu'un abrégé, mais un abrégé fort bien fait, écrit dans un latin fort pur, et qui annonce dans Tauteur autant d'insiruction philosophique que d'élégance d'esprit.
Le Traité de Dialectique appartient à saint Aogustiuy et il dit lui-même qu'il l'écrivit à Milan; mais il paraît que cet ouvrage inachevé £Euisait partie d'un autre plus considérable : « Principia sola remanserunty» dit saint Augustin '. Ce n*est en e£Fet qu'une introduction , où il est traité des mots simples et des mots combinés , des pensées simples et complexes , de l'origine du langage , de Tambi* guité des mots, etc. Ce fragment , tout incomplet qu'il est, révèle une doctrine fort supérieure à celle de tous les commentateurs de ce temps, et l'on doit regretter que saint Augustin n'ait pu la compléter.
Ce sont ces deux ouvrages, dont l'un n'appar* tient pas h saint Augustin, qui forment ce qu'on appelle sa dialectique , et qui , sous le graiid nom qui les couvrait tous deux , ont exercé tant d'influence sur l'étude' de la Logique, parmi les chrétiens des siècles suivants. Saint Augustin témoigne lui-même , dans ses Confessions ', qu'il avait la les Catégories d'Aristote à vingt ans ; qu'il les avait
X. Aiigost. Opéra. Paris, i637 » ^* netract., Ut. i , cb. 6. 2. ItidL^ Confoss.y Uv. 4» ch. i6.
DES COmfXNTÀtEUHS tATlNs/— -"CBÀP. VU. ié^
fort bien comprises sans maître, et même sans le secours des figures dont on en accompagnait, dès lors, l'explication. Il parait estimer fort haut le génie d'Aristote, mais rien n'indique qu'à cette époque il songeât du tout k paraphraser cet ouvrage; et lorsque plus tard la Grâce l'eût touché, il dédaigna sans doute des théories, qui lui pd* raissaient jadis i^nfermer Dieu lui-même dans leurs classifications.
On peut remarquer ici que déjà , dans la dialectique de saint Augustin, se trouve formellement €aq>rimée la division des sept arts libéraux , qui 'composèrent un peu plus tard le Trivium et le QUadrivium. Pour saint Augustin, là grammaire vient en premier lieu, la dialectique en second, puis là rhétorique , la géométrie , l'arithmétique , lai musique, et enfin la philosophie.
• On peut placer entre saint Augustin et Boëce, l'ouvrage de Marcianus Capella , qui fit long-temps autorité dans les premiers siècles du moyen-âge* 'Son poème allégorique des Noces de Mercure et la Philologie; est foH bizarre et de très mauvais goût. Il est composé de vers et de prose entremêla, et ne manque ni de verve ni d'un certain esprit. Quand la Dialectique arrive à son tour après l Ahétorique et la Poésie, pour complimenter les éjpoilx, elle apparaît grand^et maigre, les yeux hagards et dans un mouvemlht perpétuel , tenant datis sa main gauche des serpents, et dans sa droite, des formules de raisonnements qui enveloppent
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un hameçon auquel doivent se prendre ses dupes: tout son corps est couvert d'épines efirayantes : et son langage d'une latinité plus que suspecte (quanquam parum digne latine loqui videretur ) a qudque chose d'aussi formidable que son aspect La Dialectique expose toutes ses richesses, et explique aux dieux les Catégories , l'Herméneia et le Syllogisme ; mais quand elle veut pousser plus loin, et qu'elle se prépare à développer les points les plus inextricables de son trésor^Minerve intervient pour lui imposer silence , en la flétrissant d'injures assez grossières ( pellex ) ; elle l'empêche d'arriver jusqu'aux sophismes , et les dieux « qui d'abord avaient ri de ses prétentions ^ ont horreur de ses funestes doctrines.
Telle était, à la fin du cinquième siècle « l'étude de la logique dans les écoles romaines : introduite d'abord par la rhétorique et cultivée surtout sous ce rapport , dédaignée des uns , suspecte aux autres, elle était loin d'y recevoir tous les développements qu'elle prenait dans les écoles grecques. Cependant , au milieu même des malheurs et des désordres de l'invasion , elle ne cessa de &ire des progrès, et au commencement du sixième siècle, elle intéressait assez les esprits éclairés» pour qu'un homme tel que Boëce lui consacrât la meilleure partie de sa vie ^et crût pouvoir l'associée asx occupations politiqltes qui lui étaient cx>QfiéeB« Us travaux de Boëce furent compléta ; comni»biircs et traductions, il employa tou^ l«a raoyew pour
DES CSOMMSKTAnUAS IiATD». «» «âP. TU. 474
révéler à ses compatriotes , une science jusque là trop négligée.
Voici rénumération des travaux de Boëce , panvenus jusqu'à nous :
I* Un commentaire sur Tlntroductiou de Por^ phyre , traduite par Marins Yictorinus. Ce commentaire y sous forme de dialogue , paraît être im coup d'essai.
a** Un commentaire en cinq livres sur cette Introduction , traduite par Boëce lui-même.
3* Un commentaire sur les Catégories, en quatre livres : il n'y traite pas les hautes questions qui se rattachent à ce sujet; mais, comme il le dit luimême, il veut, en termes fort simples, expliquer ce premier livre de la logique.
4* Un commentaire en deux livres sur l'Hermëneia : première édition , destinée surtout aux esprits peu familiarisés avec cette étude.
5* Un commentaire en six livres sur le même ouvrage : ce commentaire, beaucoup plus détaillé que le précédent, est aussi beaucoup plus profond. C'est l'editio secunda seu Commentaria majora.
6* Des traductions des deux Analytiques, des Topiques , et des Réfutations des Sophistes.
7^ Plusieurs ouvrages originaux : Du syllogisme catégorique, du syllogisme hypothétique, delà division, de la dâinition, des dififérenoes topi* ques.
On peut encore citer ses commentaires sor ks