‹ De la logique d'AristoteChapitre 179 sur 244 · DES ARABES* — CHAP. IX. -IBT · texte numérisé non relu

DES ARABES* — CHAP. IX. -IBT

et des sciences vint développer ce que le génie arabe renfermait de civilisateur. (Test sous Alroanzor, vers l'année 770, que les premières traductions directes du grec en arabe paraissent avoir étéfaites.Elles s'appliquèrent à tous les auteurs sans exception, et Aristote, qui jouissait déjà dans l'Orient d'une si haute renommée, dut certainement y être compris. Ces travaux continuèrent sans interruption sous le grand Haroun-al-Raschid et ses fils. Almamon surtout se distingua dans cette noble carrière , et il faut sans doute reléguer au nombre des fables, cette tradition qui l'accuse d'avoir fait brûler les originaux grecs , quand le^tradifctions en étaient terminées. Sous MotawaRKel , le travail de translation acquit une régularité et une impulsion qui devaient, ^n peu de temps, mettre l'Arabie en possession de tous les chefs-d'œuvre de l'esprit grec. Mésueh, médecin du calife, fut chargé de diriger cette entreprise scientifique. Des livres furent démandés à Constantinople, qui les accorda généreusement; des savants furent réunis pour les traduire ; des bibliothèques furent fondées. Honaïn , l'un des élèves de Mésueh, fut même envoyé en Grèce pour y faire une ample moisson ; et à son retour, il traduisit et fit traduire par son fils toute la logique d'Aristote en arabe. Il mourut vers 874 9 laissant ime famille entière adonnée , comme lui et sous la protection des califes , à la tâche de traduction qui avaient fait son mérite et sa fortune. Ses frères , ses sœurs comme ses fils et

•|H$ TROlSliSME PARTIE. — SSCTI05 m.

ses filles , s'étaient dévoués à ces labeurs. Il serait sans doute impossible de citer dans rhistoîre, un second exemple d'une nation s'appliquant avec tant d'ardeur à assimiler les pensées d'une autre nation. On sait du reste que ce zèle , tout louable qu'il pouvait être, fut peu fécond. C'est que les productions de l'esprit s'acclimatent pins difficilement encore que celles de la nature; mais il est probable que le génie arabe, livré à ses propres fiD^ ces, eut été moins puissant encore qu'il ne le fat avec l'appui des Grecs.

Cette protection éclairée des califes amenabientôt des résultats heureux , et l'on peut citer, dès le commencement du neuvième siècle, Al-Reddi, qui paraît avoir cultivé toutes les parties de la philosophie Qt commenté tout l'Organon*. Il est certain que de son temps, ou du moins peu de temps après lui, on enseignait déjà la Logique dans les écoles les plus célèbres de l'empire, et entr'autres à Bagdad, capitale des sciences, cooime die l'était du califat. Ce fut à l'école de Damas, qne fut formé et que vécut Alfarabi , l'un des premien commentateurs de la logique d'Ânstote, et qui mourut vers qdo.

Avicenne, qui vivait environ un siècle après, et qui avait étudié à Buchara , fit plusieurs ouvrages de Logique, dont l'un est parvenu jusqu'à nooSi C'est toute la doctrine aristotélicienne; maiselle

X. Hottingaer, BibljoUi. orient., p. 9119.— BnidLor, loa. 3|^6C.

Page 1