‹ De la logique d'AristoteChapitre 180 sur 244 · DE ARABES. — CHAP, IX · texte numérisé non relu

DE ARABES. — CHAP, IX

est déjà classée et analysée avec une précision et *une clarté qu'on n'obtint guèi'e en Europe, que quatre ou cinq siècles plus tard. La logique d'Âvicenneest divisée en trois parties: la première traite do raisonnement dans ses éléments et sa forme, la seconde de la définition, et la troisième dessophismes. Avicenne renvoie les Topiques à un autre ouvrage, où il devait traiter aussi de la rhétorique et de la poétique ; il cite, en outre,un de ses livres de Logique, intitulé : Traité des accidents. Du reste, il est parfaitement fidèle à la méthode du maître, et, comme lui, il admet quatorze modes du syllogisme, répartis en trois figures^

La logique d'Algazel, mort en iiay, a les mêmes mérites de clarté que celle d'Avicenne ; seulement la disposition en est un peu différente; et elle débute par quelques principes généraux sur les conditions de la science, tirés des Derniers Analytiques, qu'il cite^.Il exclut, comme Avicenne, les Topiques de la Logique, et ne fait que suivre Âristote pas à pas, en l'abrégeant. De plus, il a déplacé l'ordre des parties de TOrganon, et il traite des sophismes avant la démonstration, par laquelle il termine son ouvrage.

Ces deux abrégés d'Avicenne et d'Algazel supposent nécessairement des travaux plus étendus et des commentaires développés. Il est impossible

r . Voir k traduction française de la logique d'Avicenne.

à. Algazelis Logîca et Philosopbia , x5o6. Cologne, in-4*. f^ la»

TROISIÈME PARTIS. — SECTIOlf lU.

que dans l'étude, Tesprit débute jamais par le plos simple ; et, eu effet , il résulte d'une foule de passages des commentaires d'Averroës qu'AlfarabiuS| Avicenne , Abumazar, etc. , avaient fait aussi des travaux fort étendus sur tout TOrganon , à Texoeption peut-être des Derniers Analytiques. Averroes' nous apprend en outre qu' Avicenne, avec quelques autres commentateurs, voulait placer les Topiques avant les Analytiques. Cette assertion d'A verroës est contraire au témoignage d' Avicenne lui-même, comme on Ta vu un peu plus haut.

Averroës est, sans contredit, le plus complet de tous les commentateurs d'Aristote, grecs, latins ou arabes. Pour la logique en particulier^ il Ta eipliquée tout entière, et pour quelques parties même , il y est revenu à deux reprises différentes, comme Boëce pour l'Introduction de Porphyre et le Traité du langage. Il avait étudié à Séville sous Avenzoar et Tophaïl.

Les commentaires d'A verroës sont en général fort développés , prolixes même , et ne contribuent point à l'intelligence du texte autant qu'on pourrait le désirer. Souvent il se borne à le paraphraser ; mais le plus ordinairement , il l'explique à la manière des commentateurs grecs, et avec moins de précision encore. U a compris dans ses travaux l'Introduction de Porphyre, parce qu'il y avail déjà loig-temps, comme il le dit lui-même ^ que

1. ATenroci, Opcra, édit. dei Jumes, i55i , tm. s , I* 117, vffio*

DES iJUBIS.— CHAP. U. -IN

Ton commençait la logique par cet ouvrage '.

La partie la plus curieuse des ouvrages d'Aveproës est peut-être formée des résumés qu'il a faits de rOrganon et de ses diverses parties. Il y a toutà*£Bât suivi la méthode dî^vicenne et d'Algazel) mais l'habitude des longs commentaires ne lui a pas laissé toute la précision nécessaire à des abr^ gés. Cependant il y présente l'ensemble de la doc* ti^e avec une clarté qui prouve combien ces études lui étaient familières.

Cest Averroës qui nous apprend que la quatrième figure était attribuée àGalien ^; et ce renseignement , que les Arabes tenaient sans doute des Grecs de l'Asie mineure , peut passer pour authentique y bien qu'aucun commentateur grec ne le confirme. Averroës^ d'ailleurs/repousse cette quatrième figure, parce qu'il la trouve peu naturelle, et il ne conserve que les trois premières , formulées pai* Aristote.

Averroës était né en Espagne, et il y a passé la plus grande partie de sa vie. C'est que dès long-» temps les travaux entrepris à Bagdad et à Damas s'étaient répandus dans tout l'empire arabe; et la Péninsule en avait profité. Il serait du reste assez difficile de dire précisément, ce que l'Espagne dut à la conquête arabe sous ce rapport. Il est certain, ne serait-ce que par l'exemple d'Isidore de Séville,

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