‹ De la logique d'AristoteChapitre 190 sur 244 · DE LA SCHOLASTIQUE. — CBAP. X · texte numérisé non relu

DE LA SCHOLASTIQUE. — CBAP. X

dans un siècle plus heureux et plus éclairé , quand il en appelait de la foi mourante à la raison humaine qui Tit éternellement par la pensée.

Dans cette lutte du nominaUsme et du réaUsjtae , rinfluence d'Aristote est indirecte. Ce n'est pas Im •qui a posé la question dans les termes où la prend le douzième siècle; il n'a fait que l'indiquer dans ideux ou trois passages de sa logique f et ce n'est pas de là qu'elle est sortie pour le mo]ren<«àge. Mais Aristote n'en est pas moins» pour les deul partis extrêmes , et pour le parti mitoyen d' Abei* jard, le maître suprême de la dialectique. Le ré»* lisme lui demande des armes aussi bien que ses adversaires, et jamais on n'a pensé àproscrire cette autorité souveraine, appuyée sur un enseigne* osent public , et soutenue par les empereurs et par Ses papes. Le résultat le plus certain des discos^ eions de cette époque , c'est que la pratique dialectique se perfectionne par la nécessité même de la défense et de l'attaque. Il est vrai que saint Ber* nard j réfutant le péripatéticien de Palais, se vante de ne rien comprendre aux arguties d' Aristote ; mais ce superbe dédain était fort rare, et les^esprits ies plus orthodoxes de l'époque ne le partagèrent pas. On disait bien , en langage à demi biblique , qu'il ne fallait pas a planter la forêt d'Aristote au*" près de l'autel du Seigneur ; » on disait bien qu'A*' beilard, Gilbert de la Porrée et leurs pareib, étaient a les labyrinthes de la France ;p mais la plupart de ces adversaires de la dialectique la corn-

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battaient par la dialectique même ; ils étaient tout aussi habiles que leurs antagonistes sur les règles du syllogisme et de l'argumentation.

Une circonstance importante qui vint accroître ce goût de la dialectique, mais qui ne le créa pas, ce Ait la connaissance des travaux des Arabes sur ces matières. On peut placer vers lafin du xi^ siède et le commencement du xu^, les premières traductions d'ouvrages philosophiques Eûtes sur l'arabe. C'est à cette époque que vivait Constantinus Afer'y moine du mont Cassin; il avait, diton , étudié la philosophie et la dialectique à Babjlone, et il employa ses loisirs pieux, en Italie, à doter l'Occident de travaux inconnus jusque Uu Natif de Carthage, et contraint de fuir son pays, il avait trouvé un asile à Salerne, à la cour du comte Robert Dans le même temps , i peu près , Danid Morley, Adhélard et Robert de Rétine , tous trois Anglais , avaient voyagé en Espagne et en Arabie, d'où ils avaient rapporté des connaissances nouvelles et de nombreuses traductions.

D'autre part , les communications établies entre l'Orient et l'Europe par les croisades , durent né^ cessairement amener une connaissance plus £uâk et plus complète de la philosophie grecque; et, quoiqu'il soit difficile de retrouver les traces de ces relations dans les historiens contemporaÎDS, on ne peut douter qu'elles n'aient existé dès fe

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