‹ De la logique d'AristoteChapitre 196 sur 244 · DE LA SCHOLASTIQUE. — CBAP. X · texte numérisé non relu

DE LA SCHOLASTIQUE. — CBAP. X

désigner les modes et les figures des syllogismes , remontait à la même source; ainsi , cette mnémonique, dont les beaux esprits se sont tant de fois raillés, n'appartient très probablement pas plus à la Scholastique, que les trois unités dramatiques n'appartiennent au Stagirite. Tennemann a eu tort d'attribuer les mots techniques à Pierre d'Espagne. Je n'oserais pas affirmer qu'ils ont été créés par Nicéphore Biemnidas, le premier abréviateur grec où on les trouve ; mais l'origine en est grec* que : et l'évêque de Braga n'eut que la gloire de l'importation. Saint Thomas parle de ces lettres (Opuscula 48, ch. 8), mais il n'en nomme pas l'inventeur, et il n'en fait pas usage lui-même, dans les commentaires qu'il a composés sur lllerméneia et les Derniers Analytiques. Duns Scot, mort en 1 3o8 , les emploie : mais l'habitude en était si peu régulière dans l'École, que plus de cinquante ans après , Occam ne parait point les connaître, ou plutôt il les néglige , puisqu'il ne s'en sert pas.

Quoi qu'il en puisse être, le manuel de Pierre d'Espagne eut la plus grande utilité. Cest là que, pour la première fois , furent exprimées en termes précis, la meilleure partie des règles, dégagées par une longue analyse, de la doctrine d'Aristote. L'emploi des mots techniques, inconnus jusqu'à* lors en Occident, contribua beaucoup à la clarté de ce petit ouvrage. Pierre d'Espagne partage là logique en vieille et nouvelle, division conservée jusqu'au milieu du seizième siècle. Du i^te cette

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distinction se rapporte non pas au temps , comme on'pourrait d'abord le croire, maisà la matière: ainsi la vieille Logique comprend l'Herméneia et les Catégories avec l'Introduction de Porphyre ; la nouvelle, les Premiers Analytiques, les Topiques, et les Réfutations des Sophistes. Quant aux Derniers Analytiques , Pierre d'Espagne n'en a pas fait mie analyse spéciale à cause des difficultés qu'ils offrent^ et sans doute aussi, parce que ce liTre, qui est, comme le dit Eckius, son commentateur, inter cœteros multiim magistralis ^ était trop profond pour les élèves auxquels le manuel (^sum* mulœ ) était destiné.

A la suite , Pierre d^Espagne a joint ce qu'on appelait déjà de son temps parva logicalia : ce n'est point l'analyse d'un ouvrage spécial d'Aristote; mais c'est un extrait de ses divers traités sur des matières qui n'avaient pu facilement trouver place dans l'enseignement ordinaire.

L'ordre que suit Pierre d'Espagne a ceci de ^^ marquable , qu'il commence par THerméneia et poursuit par l'Introduction de Porphyre, les Catégories , les Premiers Analytiques , etc. Cette disp(^ sition, toute singulière qu'elle puisse paraître, a été cependant suivie, jusqu'au commencement dnaei" zième siècle, par toute une école de commentateurs. Quant à la division de la Logique, en vieille et en nouvelle, il faut peutrétre lui accorder plus d'ipiportance que les philologues n'y en attachent or^nairement; peut^tre indiqiie-i-eUeqiief

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